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Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










Friday, August 21, 2009

LA SAPOLOGIE : "La jeunesse Congolaise Piégée"


Ngombulu Ya Sangui Ya Mina Bantu LASCONY

Ecrivain, documentariste, historiographe

Le mouvement de la sape est indissociable du Parisianisme qui émerge à la M.E.C. (Maison des Etudiants Congolais), située au 20 rue Béranger dans le 3e arrondissement de Paris. Un immeuble Haussmannien de 5 étages acquis par l’Etat Congolais au début des années 60, pour héberger ses boursiers résidant en France.

C’est sous le règne du P.C.T. (Parti des Contentieux Tribaux) que ce bel édifice perdra tout son lustre. Sans changer de sigle, la M.E.C. deviendra la Maison des Exclus Congolais. Avec cette nouvelle dénomination, elle va complètement échapper au contrôle de l’Etat Congolais.

Les étudiants proches du pouvoir se verront proposer des postes à responsabilités au pays, tandis que les récalcitrants, pour survivre, vont abandonner leurs études et se lancer dans diverses activités pas toujours recommandables.

Petit à petit, des choses bonnes et moins bonnes vont s’y mêler jusqu’à ce qu’elle soit vendue en 1983.

A quel prix SASSOU NGUESSO l’a-t-il bradé ? Top secret, le brocanteur demeure silencieux.

Pendant des années, le ménage n’y sera plus assuré, si ce n’est épisodiquement par la seule volonté d’un résident bénévole nommé Ya Léonard. Souris et cafards vont parader dans les couloirs ; l’arrière cour sera transformée en dépotoir, des gens peu soucieux d’hygiène vont y balancer des ordures depuis leur fenêtre. Pour fuir la pestilence, des résidents souvent tirés à quatre épingles la journée, vont se pavaner au Café Béranger situé au N° 1 de la même rue et devant les chaînes métalliques faisant face au magasin TATI. Cet endroit baptisé "Hâ chaînes" par les exclus, deviendra le lieu de rencontre des "Parisiens". C’est là que tout dandy Congolais viendra tâter le pouls de la mode. La M.E.C. ne sera plus qu’un dortoir pour les "Parisiens" sapeurs habitués aux contrastes.

Au début des années 80, la classe dirigeante Congolaise dans son ensemble, assimilait les sapeurs, majoritairement originaires des quartiers sud de Brazzaville (Bakongo, Makélékélé, Météo, Mukunzingouaka…) à des délinquants juvéniles qu’il fallait appréhender, pour ne pas amplifier le phénomène de la sape. Nombreux sont ceux parmi les sapeurs qui se sont fait fouetter dans les P.S.P. (Postes de Sécurité Publique) pour renoncer à leur look jugé extravagant.

Aujourd’hui, cette même classe dirigeante, qui ne s’est pas renouvelée depuis, semble participer au phénomène. Plusieurs ministres et notables se dépigmentent la peau et s’habillent comme des sapeurs (veste avec poches en billet et surpiqures sur les revers, paire de chaussures de grande marque et chemise à boutons de manchette).

Pour contrer leur impopularité grandissante, ces personnalités politiques devenues elles-mêmes extravagantes, vont arroser de millions de Francs Cfa, les musiciens des deux rives du Congo. A chaque sortie d’album, leurs noms seront scandés par un griot nommé Atarabou dans des chansons en guise de refrain. Certains barons du régime sont de coureurs de jupon et des amateurs de bordels et hôtels de passe qui pullulent un peu partout à Brazzaville et Pointe-Noire.

Par discrétion, ces derniers évitent de fréquenter les mêmes bars que les "Parisiens". A bien voir de près, rien ne distinguent les uns des autres. Le ministre de la communication et porte-mensonge du gouvernement Alain AKOUALA-ATIPO, a été désigné (ou s’est autoproclamé) président d’honneur des sapeurs. Une journée a même été décrétée en l’honneur des sapeurs, journée à laquelle des jeunes Brazzavillois désœuvrés prennent part, en se dandinant dans les ruelles dégelasses de la capitale.

Pour ajouter la cerise sur le gâteau, le Premier Ministre anticonstitutionnel Isidore MVOUBA, lui a initié la soirée des "Parisiens", c'est-à-dire des sapeurs résidant en France, qui généralement approvisionnent en habits et chaussures de marque, ceux restés au pays. Cette soirée mondaine se déroule régulièrement au mois d’août depuis 4 ans, à l’hôtel Méridien de Brazzaville, où un fastueux banquet attend les fameux "Parisiens".

Pendant ce temps, les riverains affamés se contentent de l’odeur. Ce qui est tout de même étonnant, c’est que la plupart de ces "Parisiens" récemment débarqués en France, sont réfractaires à la modernité, préférant les ngandas aux bistrots Parisiens. Mais une fois au Congo, ils changent d’attitude pour épater leurs compatriotes démunis.

"Au pays des aveugles, les borgnes sont rois" dit-on ! Or, les ngandas que ces derniers ont l’habitude de fréquenter en France et ailleurs, sont souvent des buvettes crasseuses et enfumées, où les toilettes n’ont ni lunette, ni papier hygiénique. Pour ceux qui n’ont pas le réflexe de se promener avec des paquets de kleenex, c’est le désastre.

J’en sais quelque chose pour les avoir fréquenté de temps à autre. Dans les ngandas, les "Parisiens-Sapeurs" boivent comme des trous. Certains peuvent ingurgiter jusqu’à 12 litres de bière brune (8 à 6, Pelfort…) par soirée ; cette même bière affectionnée par les clochards pour se protéger du froid. Avec une sono souvent mal réglée qui diffuse un bruit assourdissant, les sapeurs sont tout heureux de mâchouiller quelques morceaux de mouton rassis (ntaba). Comportement étrange, pour des gens qui se prennent pour des gentlemen.

Hormis, leurs belles fringues, ces gens ne cultivent aucune finesse. Les "Parisiens", tout comme leurs collègues sapeurs restés au pays, semblent s’accommoder de la saleté. Avec leur démarche décalée, ils enfoncent leurs souliers coûteux dans les immondices et la boue occasionnée par les pluies diluviennes au Congo Brazzaville. Les fondateurs de Weston, John Lobb ou Berlutti, marques préférées des sapeurs, doivent se retourner dans leur tombe en voyant cela.

Dépourvus d’imagination, les "Parisiens" ont transformé la sape en sapologie. Ce nouveau fléau est à combattre autant que la pandémie du sida. Le Congo-Brazzaville a pendant longtemps été considéré comme un modèle en matière d’éducation, affichant constamment jusqu’au milieu des années 90, un taux de scolarité remarquable (supérieur à 90 %), faisant des Congolais l’un des peuples les mieux éduqués du Tiers monde.

Grâce à ses multiples écrivains et artistes talentueux, tels que les Sylvain MBEMBA, Jean MALONGA, TCHICAYA U’ TAMSI, SONI LABOU TANSI, THEOPHILE OBENGA, Emanuel DONGALA, Franklin BOUKAKA, Pamelo MOUNKA, ZAO le Congo Brazzaville a jouit d’une très bonne réputation artistique au niveau mondiale. Mais avec l’arrivée de la sapologie (dont on se serait bien passé), le Congo Brazzaville, immense pépinière culturelle risque de perdre définitivement sa belle image déjà ternie par les guerres.

N’ayant aucun programme économique viable pour créer des emplois, le gouvernement Congolais n’a pas trouvé mieux que d’institutionnaliser la sapologie pour occuper les jeunes chômeurs. Les 15 août 2008 et 2009, lors de la fête nationale, une forte délégation de sapeurs s’est dandinée sur le boulevard Alfred Raoul. L’attitude ridicule de ces pauvres jeunes sans repères semble bien amuser les officiels Congolais se trouvant à la tribune.

Cela montre à quel point l’Etat est en déliquescence dans notre pays. Personne ne récuse l’élégance et l’art de bien s’habiller, dont de nombreux Congolais sont friands. C’est plutôt l’ampleur que prend la sapologie qui provoque un malaise sociétale.

En deux ans, les supports audio-visuels consacrés à la fois, aux sapeurs de France, d’Angleterre et de Brazzaville rivalisant de fringue et de frime, se multiplient pour vanter "les trésors" de leur Eldorado. Au lieu de s’exprimer dans leur langue maternelle qu’ils maitrisent à merveille, ces derniers, pour se donner une posture d’intellectuel, s’obstinent à s’exprimer dans un charabia insaisissable.

Ces Congolais, pourtant marginaux, ont réussi à inonder de nombreux sites internet et médias complaisants. Bientôt, tout Congolais coquet se verra attribué l’étiquette de sapeur à cause de la Sapologie.

Que se trame t-il réellement derrière la sapologie ?

Pour s’éterniser au pouvoir, SASSOU NGUESSO a adopté une nouvelle stratégie, celle qui consiste à encourager une frange de la jeunesse Congolaise (vivant dans les bastions hostiles à son régime) à se divertir, au lieu de s’éduquer pour ne pas prétendre un jour au trône qu’il espère léguer à sa progéniture.

Pendant que les barrons du régime envoient leurs enfants étudier en Europe, en Amérique et au Maroc (pour ceux qui ne peuvent leur obtenir les visas des pays occidentaux), puisqu’au Congo Brazzaville, les écoles sont en lambeaux, des opportunistes mandatés par le gouvernement s’attèlent à organiser des concours de mode dans les quartiers déjà cités.

Les enterrements qui sont depuis toujours, un lieu de deuil et de recueillement, se transforment progressivement en terrain d’exhibition. On y croise des jeunes demoiselles élégantes portant des grosses lunettes de soleil et des sacs Chanel ou Dior. Toute occasion est bonne pour frimer, pourvu d’être endimanché.

Ces sapeuses souvent incultes, n’ont pour seul loisir, que de scruter des catalogues de mode. Si le fléau de la sapologie n’est pas aussitôt éteint, dans une décennie, les quartiers sud de Brazzaville détiendront la plus forte densité d’analphabètes du pays.

Les "Parisiens" n’ont pas encore réalisé, qu’en privilégiant l’habillement à la formation professionnelle, ils se retrouveront demain, démunis face aux étudiants pour qui ils ont peu de considération. De retour au pays, les premiers disposeront peut-être des malles d’habits griffés, mais les seconds eux, n’en n’auront qu’une, c'est-à-dire, un bagage intellectuel bien pesant. Qui dit mieux ?

Les Evêques, Papes, et autres gurus de la sapologie (puisque certains en ont fait un véritable culte), devraient comprendre, qu’en participant aux défilés de sape, ils jouent le jeu du gouvernement et contribuent à compromettre leur propre avenir.

La sapologie n’est rien d’autre qu’un cirque animé par une bande de clowns. Avec leur peau décapée et leur attitude ridicule, ils inspirent aux masses laborieuses une vague compassion. Il n’y a que le sot qui se complait de sa misère.

Nous Sommes le Congo !
C
essons d'Avoir Peur !
P
our un Etat de Droit au Congo !


"Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission"

Celui qui lutte peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !


Patrick Eric Mampouya
http://mampouya.over-blog.com/


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