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E. do REGO

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Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










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Friday, April 23, 2010

Nouvelles de la Guadeloupe






Claude Ribbe
Vendredi 23 Avril 2010

Nouvelles de la Guadeloupe
n se doute que je ne suis pas déplacé en Guadeloupe pour bronzer. De retour sur le terrain, j’ai eu le plaisir de me rappeler pourquoi les racistes me vouent une telle haine. J’aurais dû comprendre plus tôt que le 3 juillet 1974, le jour où un Guadeloupéen (d’origine) est enfin entré à l’École normale, était évidemment pour eux (les racistes) un jour de deuil. Mais quel plaisir de croiser les gens pour la dignité desquels je me bats. Il me semble, d’après les réflexions des plus jeunes qui me saluent, que ce combat a du sens et que ce sens est bien compris. En fait, mon travail ne consiste qu'à servir de contrepoids à ceux qui tirent l’outre-mer vers le bas pour mieux l’exploiter ou pour mieux permettre à leurs maîtres de l’exploiter. Nous les connaissons bien. Ici, en Guadeloupe, le malaise est partout perceptible. Le racisme ? Un tabou dont il n’est sans doute pas prudent de parler sur cette île. Sur les affiches des publicités, ceux qui représentent l’ « identité guadeloupéenne » sont toujours très clairs de peau. Les Békés, les « Syriens » (pour les non initiés : commerçants d’origine syro-libanaise), les élus, les « expats », ceux qui voyagent dans les classes supérieures d’Air France aux frais de la République, vont très bien. RAS. Les autres, les « noirs », la plèbe, le lumpen, n’ont pas l’air d’exister. Un euro le yaourt ? Les plus pauvres - c'est à dire à peu près tout le monde - se nourrissent de patates, de racines au chlordécone. Ils deviennent obèses à force d'avaler ce qu’ils peuvent et s’efforcent de croire qu’ils sont des Français à part entière. Ils sont calmes. Pour l’instant. Vingt cinq à trente pour cent de chômeurs. Six exportations pour cent importations de métropole. Tout va bien. Merci Paris. Pour résumer : malgré les luttes menées l’an passé, les gendarmes, les préfets et les magistrats sont toujours métropolitains, les hôpitaux psychiatriques certainement bien remplis et la vie toujours aussi chère. Une fois et demie à deux fois plus chère qu’en métropole, d’après mes vérifications ! Comment les gens d’ici peuvent-ils arriver à se nourrir ? Mystère et bouche cousue. Il n’y a que le rhum qui soit meilleur marché, ce qui est une incitation, pour ceux qui se posent trop de questions, à trouver, sinon des réponses, du moins une échappatoire. Ici, sous l’un des volcans les plus dangereux du monde, en pleine zone de risque sismique maximum, avec la dengue en prime (400 cas par semaine dans l’indifférence complète de la métropole), en attendant que ça pète (car si ça continue, c'est inévitable) la culture, c’est le luxe. Et le luxe, forcément, c’est cher. Un livre vendu à 19,90 euros à Paris – le mien par exemple - arrive en Guadeloupe avec un retard d’une semaine à un mois, augmenté de 3 euros qui représentent, paraît-il, le prix du transport. Une contradiction flagrante au principe du prix du livre unique imposé par la loi Lang. Et tout est comme ça. Il me semble que la moindre des choses serait que, pour les ouvrages ayant une valeur culturelle, et en particulier un intérêt pour le département d’outre mer concerné, l’État prenne au moins en charge le coût de ce transport de sorte que le principe du prix unique du livre et celui de la continuité territoriale soient respectés. N’est-ce pas Monsieur le ministre de la Culture ? Votre dernier voyage en Guadeloupe remonte à quand, au fait ? Le secteur du livre est très menacé en Guadeloupe comme dans tous les DOM. Je ne m’explique toujours pas que les radios nationales France Culture et France Musique ne soient pas diffusées en Guadeloupe, ce qui ne peut être un hasard. Sans doute, l’État et Radio France considèrent-ils que les Français d’outre mer son trop arriérés pour mériter de capter des radios dites « culturelles ». À moins que l’on craigne que les Guadeloupéens s'aperçoivent qu'on les méprise à Paris dans les sphères du pouvoir économique, politique et culturel; qu’un Finkielkraut dispose d’une tribune sur France Culture tandis que les Antillo-Guyanais (je ne parle pas des imbéciles dont le métier est de se prosterner devant le maître) y sont généralement traités comme des étrangers dérangeants et problématiques. En ce qui me concerne, non seulement, je n’y dispose pas de tribune, mais en dix ans, je crois n’avoir été invité qu’une seule fois sur France Culture. On y a cependant plus d’une fois cité mon nom pour m’insulter, en particulier au moment de la sortie du Crime de Napoléon. Ici pas de journaux, sauf France Antilles et les innombrables publications hippiques. Et Internet – pour celui qui ne fait que passer - c’est quand on peut. Le haut débit est plutôt moyen. La télévision reste allumée toute la journée. On y voit des séries lamentables achetées à bas prix où des héros et des héroïnes à la peau claire totalement décérébrés évoquent leur misère affective. Pour les mères, un seul espoir : avoir un enfant sportif. Le football. Normal, avec la sélection naturelle de l’esclavage, seuls les plus costauds ont survécu. Les plus révoltés, eux, sont passés à la casserole. Malgré tout, Guadeloupéens, on compte sur vous pour que ça change. En douceur, je l’espère.



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Wednesday, July 08, 2009

La lettre d’Elie Domota, a Marie Luce Penchard:que la lumière soit faite sur les massacres de mai 1967 à Pointe à pitre.






Par Elie Domota 07.07.2009 l 20h00



GUADELOUPE.Pointe à Pitre Mardi 7 juillet 09.Caribcreole.com. Le leader du LKP, Elie Domota a adressé une « lettre ouverte » à sa compatriote, la Guadeloupéénne Marie Luce Penchard, nouvellement promue secrétaire d’état. Dans ce courrier , que nous publions ci dessous le LKP, réclame une fois de plus , que la lumière soit faite sur les massacres de mai 1967 à Pointe à pitre.


Marie luce PenchardMadame Marie-Luce Penchard

Secrétaire d’Etat chargée des DOM

Rue OUDINOT

75351 Paris

Pointe-à-Pitre, le 01 Juillet 2009

Objet : Vérité – Justice - Réparation – Réhabilitation pour les victimes des massacres des 26 et 27 Mai 1967 à Pointe à Pitre.

Madame la Secrétaire d’Etat,

Les 26 et 27 Mai 1967, à Pointe à Pitre, à l’occasion d’une grève d’ouvriers du bâtiment, les CRS, Gendarmes mobiles (Képis Rouges) français perpétrèrent un véritable massacre contre le Peuple Guadeloupéen.

« Le massacre commença le 26 mai 1967 au début de la matinée et dura jusqu’au lendemain soir. Pointe-à-Pitre martyrisé. Ces morts ne furent pas les victimes accidentelles d’un combat sans merci. Ces êtres furent assassinés de sang froid avec méthodes. Ce crime fut décidé, organisé, planifié dans le cadre d’une politique de terreur. »

Le Préfet Pierre BOLOTTE, inhumé le 27 Mai 2008 (41 ans jour pour jour après le massacre des Guadeloupéens), décoré commandeur de la légion d’honneur, demanda de faire usage de toutes les armes contre tous ceux qui bougeaient, qui étaient noirs ou tiraient leur origine de cette couleur. Plusieurs centaines de Guadeloupéens furent traqués, blessés ou tués par balles. L’armée Française tirait sur les ambulances et même dans la veillée mortuaire d’une des premières victimes. L’hôpital était débordé. Des exécutions sommaires ont été perpétrées aussi bien à la gendarmerie du Morne Miquel qu’à la Sous-préfecture de Pointe-à-Pitre où des dizaines de corps jonchaient le sol.

Depuis 2005, des organisations regroupées au sein de diverses structures (Komité Mé 67, Anmwé 67, …), ont entrepris des démarches auprès de l’Etat Français pour qu’une enquête soit diligentée sur les tueries de Mai 1967. Jusqu’ici, aucune réponse.

Toutes les archives des hôpitaux et mairies relatives à cette période ont mystérieusement disparu et les archives françaises nous sont interdites.

Face à ce mépris, les investigations se sont poursuivis directement sur le terrain même, en Guadeloupe, et ont permis de rencontrer des témoins visuels, des parents et amis de victimes, des blessés, des emprisonnés, ….. Aux dires d’un ancien ministre des DOM, M. Lemoine, il y eut 87 morts et des centaines de blessés. Mais le nombre réel de morts va bien au-delà et dépassera la centaine de Guadeloupéens tués.

Aujourd’hui, 42 ans après, nous poursuivons notre combat pour la vérité, la reconnaissance de ce massacre, la justice, le jugement et la condamnation des coupables, la réhabilitation des victimes, la réparation des préjudices, l’accès aux archives et dossiers de l’époque et à l’écriture de cette page de notre histoire.

Depuis plusieurs mois maintenant, nous suivons avec intérêt les prises de position de la France sur tous les dossiers relatifs à la défense des droits de l’homme à travers le monde.

L’Archipel de Guadeloupe, Pays Caribéen, inclus unilatéralement dans les Régions Ultrapériphériques Européennes (RUP), serait de ce fait un régime de droit.

Or les faits : Affaires MADASSAMY, SELBONNE, LEFORT, SENAR, …, licenciement abusif et condamnations arbitraires de syndicalistes, racisme à l’embauche contre les Guadeloupéens d’origine Africaine et Indienne en Guadeloupe, ….. ; confirment que notre vie quotidienne est tissée, depuis tantôt, de longues suites de brimades, d’injustice, de répressions et de discriminations de tous ordres.

Ainsi, les représentants de l’Etat Français nous abreuvent de discours officiels vantant « la France patrie des droits de l’homme » (pour rappel, la déclaration des droits de l’homme date de 1789 et l’abolition de l’esclavage de 1848, sic !!) et du caractère infaillible de la société de droits.

Disons le, l’exercice de la justice à nos actes ordinaires est fondée sur la plus flagrante des discriminations coloniales : celle de la couleur !

Sommes-nous confrontés à un phénomène marginal ?

Notre vision de la réalité sociale et politique est-elle à l’excès réductrice ?

Sommes-nous victimes d’un mirage ?

Certainement pas.


Ce dont nous sommes sûrs, c’est d’aspirer à une société plus égalitaire contrairement à ce que les faits nous imposent aujourd’hui. Voila pourquoi notre présente requête ne se fonde pas sur des considérations vagues et générales.

Nous exigeons du Gouvernement de la France des réponses claires et précises sur les évènements de Mai 1967, survenus à Pointe à Pitre, en Guadeloupe.

Nous exigeons la vérité, la reconnaissance de ce crime colonial, la justice, le jugement et la condamnation des coupables, la réhabilitation des victimes et emprisonnés, la réparation des préjudices, l’accès aux archives et dossiers de l’époque.

Pourquoi le massacre de centaines de Guadeloupéens ?

Pourquoi n’y a-t-il que des victimes qui ont été condamnées ?

Pourquoi les criminels ont-ils été décorés ?

Pourquoi ce black out ?

Le Porte parole,
Elie Domota


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