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E. do REGO

IL EXISTE MILLE MANIERES DE MENTIR, MAIS UNE SEULE DE DIRE LA VERITE.

Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










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Monday, April 12, 2010

13 avril 1943 Katyn, pomme de discorde entre Russes et Polonais

Le 13 avril 1943, la radio allemande annonce la découverte d'un charnier dans la forêt de Katyn, près de Smolensk, entre Pologne et Biélorussie. Il s'agirait des restes de 4.143 officiers polonais exécutés par les Soviétiques lorsque ceux-ci s'étaient emparés en 1939-1940 de la partie orientale du pays, conformément au pacte germano-soviétique.
Pendant plusieurs décennies, les communistes persisteront à rejeter le crime sur les nazis.
En 2007, le grand cinéaste polonais Andrzej Wajda (82 ans) a tiré un film témoignage remarquable de ce drame dont son propre père a été l'une des victimes.
Benjamin Fayet et André Larané.
Une révélation gênante
Dès l'été 1941, après leur entrée en guerre contre l'URSS, les Allemands avaient découvert dans la forêt de Katyn les dépouilles de quelques centaines de jeunes officiers polonais en uniforme, assassinés d'une balle dans la nuque et jetés dans des fosses communes. Les découvertes se multiplient dans les premiers jours d'avril 1943.
Le régime hitlérien, qui vient de subir à Stalingrad une cuisante défaite, décide de porter cette découverte sur la place publique avec l'espoir de dissocier les Soviétiques de leurs alliés anglo-saxons.
L'URSS nie immédiatement l'imputation du crime mais le gouvernement polonais en exil à Londres, dirigé par le général Wladislaw Sikorski, demande dès le lendemain une enquête de la Croix-Rouge internationale. Staline, fâché, rompt les relations diplomatiques avec lui le 23 avril.
Churchill, qui a besoin de Staline pour combattre Hitler, s'émeut de cette écharde au sein de l'alliance... Fort heureusement pour celle-ci, l'intransigeant Sikorski périt dans un accident d'avion à Gibraltar le 4 juillet 1943.
Pour plus de sûreté et afin d'affaiblir le gouvernement polonais en exil à Londres, Staline va créer le 31 décembre 1943 un Comité de Libération Nationale composé de communistes polonais (il sera plus tard appelé «Comité de Lublin»). Ce comité accepte sans sourciller la version soviétique sur les massacres de Katyn.
Un crime réfléchi
En attendant, dès mai 1943, une commission de la Croix-Rouge mène une enquête sur place avec, on s'en doute, l'aide diligente des Allemands. Elle aboutit à la conclusion irréfutable que les massacres ont été commis en avril et mai 1940, au moment où les Soviétiques occupaient la région. Mais par souci de ne pas alimenter la propagande nazie, la Croix-Rouge garde le secret sur le rapport.
Il apparaîtra plus tard que, dès mars 1940, les hommes du NKVD (la police politique soviétique) avaient reçu du Politburo (le gouvernement soviétique) et de son chef Staline l'ordre d'exécuter comme «contre-révolutionnaires» ceux de leurs prisonniers polonais qui appartenaient à l'élite intellectuelle du pays. C'était une mesure motivée d'abord par la volonté de revanche sur la défaite subie par l'Armée Rouge en 1920, ensuite et surtout par la volonté de préparer la mainmise soviétique sur la Pologne en éliminant d'emblée les fortes têtes susceptibles de s'y opposer !
C'est ainsi que sont exécutés à Katyn plusieurs milliers d'officiers extraits du camp de Kozielsk. Des massacres similaires ont lieu dans d'autres forêts du pays... On évalue au total à 22.000 le nombre d'officiers et de jeunes gens issus des élites intellectuelles et politiques du pays sommairement exécutés dans l'ensemble de la zone occupée par les Soviétiques.
Katyn et la guerre froide
Après la guerre, lors du procès de Nuremberg, les procureurs soviétiques tentent de faire inscrire le massacre de Katyn parmi les crimes de guerre imputables aux accusés nazis. Le tribunal se refuse heureusement à cette mascarade qui eut jeté le doute sur l'ensemble du dossier d'accusation.
Pendant plusieurs décennies, les Soviétiques et le gouvernement communiste de Varsovie vont tenter contre vents et marées d'effacer le souvenir de Katyn, allant jusqu'à ériger en symbole de la barbarie nazie un village homonyme, Khatyn, rasé par les Allemands.
Quand le crime paie...
Notons pour conclure que Staline a, d'une certaine manière, hélas, atteint son but : par le massacre délibéré des Polonais instruits, de concert avec Hitler, il a transformé le visage de la Pologne.
Celle-ci était avant la Seconde Guerre mondiale une société relativement moderne, tirée par des élites urbaines attachées à la laïcité, qu'elles fussent juives ou catholiques. Leur massacre délibéré et leur remplacement par des nouveaux venus issus du monde rural ont fait de la Pologne, en l'espace de deux générations, une société anachronique au cœur de l'Europe, attachée à la petite propriété paysanne et à une pratique religieuse traditionnelle, sinon passéiste.
Il a fallu attendre l'avènement de Karol Wojtyla (Jean-Paul II), la chute de l'URSS et l'adhésion de Varsovie à l'Union européenne pour que change cet état de fait.
Une archive vidéo de l'INA
En URSS, à Smolensk, découverte de corps de 10.000 officiers prisonniers de l'armée polonaise assassinés par les Soviets...


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Wednesday, October 07, 2009

Marek Edelman, une vie exemplaire

mardi 6 octobre 2009


Avec Marek Edelman, mort à 90 ans le 2 octobre dernier, disparaît une des figures les plus originales du mouvement ouvrier juif.

Toute sa vie, Marek Edelman resta fidèle à son engagement au Bund, un parti ouvrier laïque de Russie et d’Europe centrale qui combattait l’antisémitisme, mais aussi les formes traditionnelles de vie juive ainsi que le sionisme. Pour lui, la solution de la question juive passe, non par la construction d’un Etat spécifique, mais par une révolution socialiste démocratique assurant la plus grande autonomie des minorités.

En avril 1943, les Waffen SS encerclent le ghetto de Varsovie, dont les trois quarts des habitants ont déjà été assassinés ou déportés vers le centre d’extermination de Treblinka. Rassemblant essentiellement bundistes et communistes, l’Organisation juive de combat (Żydowska Organizacja Bojowa) décida de déclencher une révolte armée, dont Marek Edelman prit la direction après la mort de Mordechaï Anielewicz. Trois semaines durant, en avril et mai 1943, quelque deux cents combattants mal armés tinrent tête à deux mille Waffen SS chargés de liquider les derniers survivants du ghetto (1). Ayant réussi à fuir par les égouts, Marek Edelman rejoignit l’Armia Ludowa et participa, en 1944, au soulèvement de Varsovie, en 1944, qui fit deux cent mille victimes. Après-guerre, conformément à ses convictions, Marek Edelman demeura en Pologne, où il suivit des études de médecine - il devint d’ailleurs un cardiologue réputé. Politiquement, il se battait à la fois pour la démocratisation du système communiste et contre ses dérives antisémites. Un temps membre du Parti ouvrier unifié polonais (communiste), il passa ensuite à l’opposition, incarnée par le Comité de défense des ouvriers (KOR). Lors de l’état de siège déclaré fin 1981 par le général Wojciech Jaruzelski, il fera même quelques jours de prison en tant que militant de Solidarnosc, dont il sera sénateur après la chute du régime, en 1989. Il rejoindra ensuite l’Union démocratique fondée par le premier ministre catholique Tadeusz Mazowiecki.

Non seulement Marel Edelman a toujours refusé d’émigrer vers Israël, mais il ne cessa de durcir sa critique de la politique d’occupation et de colonisation des territoires palestiniens. En 2002, il suscita la polémique en s’adressant aux « partisans » palestiniens pour leur demander de mettre un terme aux attentats-suicides tout en exigeant d’Israël qu’il reconnaisse le droit à l’autodétermination des Palestiniens. « De quel peuple juif parle-t-on ?, déclarera-t-il dans une interview au quotidien israélien Yediot Aharonot. Israël s’est créé sur la destruction de cette immense culture juive multiséculaire qui s’était épanouie entre la Vistule et le Don. La culture israélienne, ce n’est pas la culture juive. Quand on a voulu vivre au milieu de millions d’Arabes, on doit se mêler à eux, et laisser l’assimilation, le métissage, faire leur œuvre (2). »

Dominique Vidal

(1) En 2007, Marek Edelman avait signé la préface du livre de son ami Bernard Goldstein, L’Ultime combat — qui raconte l’insurrection du ghetto de Varsovie —, publié en français par Zones/La Découverte (texte en libre accès en ligne).

(2) « L’insurgé perpétuel », Courrier international, 13 avril 2006.


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