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Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










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Saturday, August 06, 2011

Pourquoi l’Afrique ne se développe pas



Le continent n'exploite pas ses nombreuses richesses et n'a pas su tirer les leçons des modèles sociopolitiques expérimentés à travers le monde.


View of Kigali, Rwanda, by oledoe via Flickr CC

C’est une lapalissade de dire que l’Afrique est un continent riche, tant elle regorge de ressources naturelles. Même ci celles-ci ne sont pas inépuisables, l’Afrique est encore riche de ses terres en grande partie cultivables et de ses ressources humaines. Et pourtant, elle peine à se développer —c’est le moins que l’on puisse dire.
Au lieu de tirer leçon des succès et des échecs des modèles de développement qui ont été expérimentés de par le monde, elle continue à s’engluer dans ses politiques stériles. Plusieurs facteurs essentiels sont la cause de cette situation.

La faillite des politiques

Depuis la fin de la colonisation, presque tous les pays africains ont été dirigés par une élite sans vision politique à moyen ou long terme. Cette élite, qui s’est substituée aux anciens colonisateurs, a été incapable d’ambition et s’est davantage préoccupée d’elle-même que des peuples dont elle prétend défendre les intérêts. Résultat: le système colonial a été purement et simplement perpétué sous une autre forme dans les domaines politique, économique et culturel au fil des années. A cela, il faut ajouter l’insécurité de l’environnement économique qui ne favorise pas les investissements, et le règne de l’informel.
L’indépendance est donc devenue une véritable dépendance vis-à-vis des puissances étrangères, en particulier des anciennes puissances coloniales. Faute de réflexions endogènes ou prospectives et de volonté politique en vue d’amorcer un changement par une synergie d’actions, les politiques actuelles sont une navigation à vue. Les Etats sont gérés à la petite semaine par les dirigeants, juste le temps d’accomplir les hautes charges qui sont les leurs.

Le marché de consommateurs

Il n’y a pas meilleur marché de consommation que l’Afrique. C’est ce que nous appelons, avec un certain humour, dans nombre de pays africains les «receveurs universels». Comment peut-on se développer quand on consomme tout ce qui vient de l’extérieur sans distinction et qu’on ne produit rien, ou pas grand-chose?
Le comble, c’est que beaucoup d’Africains ont le complexe suranné de la préférence étrangère. Même quand ce qui est produit localement est de bien meilleure qualité que ce qui est importé. L’extraversion est non seulement un phénomène économique, mais aussi culturel. Et cette tendance doit être inversée par la création et la recherche de qualité, afin que les produits africains puissent être concurrentiels à l’échelle internationale.
L’Afrique ne doit pas être uniquement un marché de consommateurs —bien au contraire, elle a tout intérêt à se lancer dans la production tous azimuts. En effet, les Africains doivent encore prouver, comme qui dirait, qu’ils ne savent pas jouer que du banjo.

La négligence de l’agriculture

L’agriculture a toujours été reléguée au dernier rang des activités humaines en Afrique. Le paysan est considéré comme un citoyen de seconde zone. C’est le moins que rien. La plupart des Africains veulent être des commis de l’Etat. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, tous les pays africains font de l’agriculture la base de leur développement. Mais ils ne font rien pourtant pour développer cette agriculture. Et ce n’est qu’un euphémisme.
Il faut bien le dire, depuis l’époque de la pierre, l’Afrique n’a remplacé l’outil agricole que par le fer. Rien de plus. Ce n’est pas avec la houe et la daba que l’Afrique peut se rendre autosuffisante alimentairement avant de parler de développer son agriculture à des fins de commercialisation ou de transformation. Comme les résultats d’investissements dans ce secteur ne s’obtiennent qu’à moyen ou long terme, cela intéresse peu les investisseurs étrangers et les Etats eux-mêmes.
Pourtant, cela concerne la presque totalité de la population du continent. Avec une démographie galopante et un dérèglement climatique qui s’accentue d’année en année, les moyens agricoles traditionnels ne peuvent plus nourrir les nombreuses bouches du continent tant qu’ils n’évolueront pas. Et un homme qui a faim est un homme qui ne pense pas, et par conséquent ne se donne pas les moyens de son développement.

L’inadéquation du système éducatif

Plus de cinquante après les indépendances de la plupart des pays d’Afrique, le système éducatif ne s’est toujours pas adapté aux réalités du monde actuel et à l’évolution des sociétés africaines. L’enseignement élémentaire reste encore un luxe pour la majorité. Et l’enseignement supérieur ne forme en grande partie que des diplômés sans emploi, incapables d’entreprendre ou de s’insérer dans la vie active dès qu’ils quittent leur formation.
Malheureusement, dans un tel contexte, l’enseignement technique et professionnel qui devrait être privilégié demeure le parent pauvre du système éducatif africain. C’est une des questions essentielles du développement de l’Afrique à laquelle il convient absolument d’apporter une solution adéquate.

L’instabilité sociopolitique

On peut compter sur les doigts d’une seule main les pays africains qui peuvent se targuer d’avoir connu une longue stabilité sociopolitique. Or celle-ci est une condition sine qua non du développement. L’Afrique souffre de la faiblesse de son organisation sociale et politique. Tant et si bien que la conjugaison des conflits internes et des appétits voraces externes que suscitent ses richesses ne sont pas pour la prémunir de crises plus ou moins graves.
L’une des raisons à cette instabilité chronique et récurrente est la difficulté à s’approprier les principes de la démocratie. Qu’ils accèdent au pouvoir, au pire par un coup d’Etat, succession dynastique ou au mieux par des élections passablement démocratiques, les chefs d’Etat africains finissent la plupart du temps par succomber à la tentation de la dictature. Grâce à l’absence d’armées républicaines, à la corruption, à l’analphabétisme d’une grande partie des peuples, au clientélisme, au culte de la personnalité et tutti quanti. Toutes choses qui engendrent des conflits sociopolitiques. De manière inconsciente ou non, les peuples africains sont eux-mêmes des usines à dictateurs.

La corruption

La corruption est un véritable fléau en Afrique, qui touche particulièrement les élites. En l’absence d’initiatives individuelles ou collectives de production de richesses, l’Etat reste la seule vache à lait. La politique est ainsi le plus grand pourvoyeur d’emplois et le seul moyen de s’enrichir de façon licite ou illicite sans travailler. Cet état de fait inhibe toute initiative et transforme certains agents de l’Etat, mais surtout ceux qui sont au pouvoir ou proches, en de véritables sangsues. Les économies en sont du coup gangrénées.
Si l’argent qui part en fumée au moyen de la corruption était effectivement investi en faveur des populations, l’Afrique aurait fait un grand bond en avant sur la voie du développement. Mais qui refuse de gagner de l’argent sans travailler? Ils ne sont pas légion, ces agents de l’Etat ou hommes politiques en Afrique. De nos jours, ils sont malheureusement comme des espèces humaines en voie de disparition.
La bonne gouvernance n’est pas le fort des dirigeants africains. Bien au contraire, c’est ce qui leur permet de rester au pouvoir en organisant des élections truquées d’avance par l’achat de conscience non seulement des électeurs en majorité analphabètes, mais aussi de ceux qui organisent les élections. Quand ils ne sont pas purement et simplement des dignes représentants de groupements économiques et politiques étrangers qui font feu de tout bois à cet effet.
Marcus Boni Teiga

Saturday, May 29, 2010

La Banque mondiale favorise l’accaparement des terres africaines



Ouestafnews   



Un rapport accablant, produit par un « think tank » (centre de recherche) américain a accusé la Société financière internationale (SFI, filiale de la Banque mondiale) de faciliter « l’accaparement des terres » en Afrique par des groupes privés étrangers.


Le rapport, obtenu par Ouestafnews, passe en revue les réformes foncières dans près d’une trentaine de pays, dont près d’une vingtaine en Afrique et une demi-douzaine en Afrique de l’Ouest, dénonce l’action de la Banque mondiale à travers sa composante privée, la SFI.
Ce rapport est produit à un moment où l’insécurité alimentaire se pose avec acuité dans les pays du Sahel, ramenant à l’ordre du jour la question de l’accaparement des meilleures terres agricoles en Afrique, à la faveur de la nouvelle ruée vers ce continent, favorisée par les politiques libérales imposées par la Banque mondiale aux Etats africains.
« Suite à la crise alimentaire et financière de 2008, la Banque devait jouer un rôle central dans ce qui aurait dû être une offensive en faveur de la sécurité alimentaire dans les pays en développement», affirme les deux rédactrices du rapport de l’Oakland Institute, Anuradha Mittal et Shepard Daniel.
Basé aux Etats Unis, le Oakland Institute s’est donné comme mission de favoriser « la participation publique et un débat démocratique sur les problèmes cruciaux au plan social , économique et environnemental », à l’échelle nationale ou internationale.
Toutefois, accusent les deux auteurs, « les faits révèlent que le Groupe de la Banque mondiale est justement en train de faire le contraire, par le biais de ses programmes "Access to land’"(accès à la terre) et "Land market for investment" (marché foncier pour l’investissement) ».
Les agissements de la SFI, notamment la promotion des « investissements directs dans le secteur agricole, posent la dangereuse question de la terre dans des pays déjà parmi les plus vulnérables », note par exemple Shepard Daniel, co-auteur du rapport.
« Près de 50 millions d’hectares de terres cultivables dans les pays en développement sont actuellement aux mains d’investisseurs privés », a-t-elle encore affirmé.
Ces accusations sont corroborées par des informations obtenues par Ouestafnews à partir d’autres sources.
Ainsi, selon un article daté du 25 mai 2009 et publié sur le site internet du journal « Les Afriques », depuis 2004, ce sont « au total de 2,49 millions d’hectares de terres qui ont fait l’objet de transactions, soit des concessions, soit des ventes » rien que dans cinq pays africains, dont deux en Afrique de l’Ouest.

Les cinq pays concernés sont l’Ethiopie, le Ghana, Madagascar, le Mali et le Soudan.
L’article en question cite un rapport commandité par le Fonds international pour le développement agricole (Fida) et l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), qui averti contre le risque d’accentuation de la situation de pauvreté dans laquelle se trouve des populations déjà démunies.
Ces transactions, à l’origine de la dépossession des petits propriétaires africains, sont rendues possibles, selon le rapport de l’Oakland Institute, par les pratiques de la SFI, qui pousse les Etats à modifier leur législation en matière d’investissement dans le but de faciliter l’implantation de groupes privés issus des pays du nord.
En Afrique de l’ouest, le texte cite les cas de la Sierra Leone et du Liberia où « 21 modifications ont été opérées sur les textes régissant les affaires en un temps record de quatre mois» et au Mali où le programme de réforme de l’environnement des affaires imposé au gouvernement n’avait d’autre but que de « favoriser l’investissement privé dans le secteur de l’agro-business, du tourisme et des mines…»
D’autres pays ouest africains (Guinée Bissau, Bénin), où l’action de la Banque mondiale et de sa filiale a des effets néfastes sur la propriété et le contrôle des terres, sont aussi cités dans le document.
Les accusations de collusion entre les intérêts de la Banque mondiale et ceux du secteur privé, que ne sont pas nouvelles, sont fondés sur le fait que sa filiale SFI a parfois des intérêts dans les projets d’investissements ou détient des parts dans les sociétés qui investissent.
«La SFI conseille ainsi les gouvernements en étant dans la position d’un investisseur et dans le but d’accroître et de renforcer non seulement les investissements directs étrangers mais aussi son propre programme d’investissement et de croissance », affirment les auteurs du rapport.
Interrogés par Ouestafnews, les responsables de la SFI n’ont pas totalement nié les accusations sur la question des investissements privés étrangers dans les terres. 

Elle a plutôt tenté de minimiser les accusations, en arguant que la question foncière est « compliquée », assurant même vouloir aider la Sierra Leone, par exemple à « atteindre son objectif de créer 25.000 emplois directs dans les zones rurales ». 

« Notre objectif premier est de favoriser les investissements privés, qu’il soient locaux ou étrangers afin d’encourager la croissance économique et la création d’emplois », a affirmé la SFI dans sa réponse transmise par email à Ouestafnews.
La même source précise qu’au Libéria tout comme en Sierra –Léone, le but est de «simplifier la (procédure pour) la création d’entreprises.»
Pourtant selon le Oakland Institute, « plusieurs exemples de grands projets » existent qui prouvent que les terres vont aux étrangers.
Au Mali par exemple, plus de « 160.000 hectares » ont été cédés à un groupe privé pour développer la culture du Jatropha, plante utilisée dans la production de biocarburants.
En Sierra –Leone, une multinationale helvétique va produire « 100.000 mètres cubes de bioéthanol à partir de la canne à sucre locale».
Cette compétition entre biocarburants et produits alimentaires est l’un des gros arguments de ceux qui s’opposent à l’expropriation des petits exploitants agricoles.
En dehors de ces deux pays d’Afrique de l’ouest, ailleurs sur le continent, les rapporteurs ont mis en relief le cas éthiopien « un pays où plus de 13 millions de personnes souffrent de la faim et paradoxalement où le gouvernement a mis plus de 7,5 millions d’acres (soit un peu plus de 3 millions d’ha) de terres aux mains de groupes étrangers qui exportent la nourriture vers leurs propres pays ».
En République démocratique du Congo (RDC), le gouvernement devrait « céder à partir de 2009 près de dix millions d’hectares de terres cultivables à des exploitants étrangers ».

Selon certains analystes, cette dépossession des terres est porteuse de réels dangers pour le continent.
Ainsi dans sa préface au rapport de l’ Oakland Institute, Howard G. Buffet, homme d’affaires, philanthrope, avertit que si « l'Afrique a besoin d'investissements dans l'agriculture », elle n’a pas besoin, par contre, « de politiques qui permettent aux investisseurs étrangers de cultiver et d’exporter la nourriture vers leurs propres peuples au détriment de la population locale ». 

« Je vais être encore plus audacieux », écrit le préfacier, par ailleurs fils du milliardaire Warren Buffet : « de telles politiques vont nuire à l’Afrique, en aggravant les conflits liés à l'eau, à la terre » avant de rappeler que « l'Afrique n'est pas une marchandise avec une étiquette ‘ouverte à tous’ ».
Ce n’est pas la première fois que la SFI est accusée de collusion avec les intérêts privés, dans des secteurs où elle sert aussi de « conseiller » aux Etats, en Afrique principalement.

Avant le foncier et l’agriculture, de pareilles objections étaient apparues dans ses opérations dans le secteur minier africain, où certains experts du continent ont souvent dénoncé une véritable situation de « conflit d’intérêts ».

Source: Ouestaf


Wikio

Wednesday, May 19, 2010

Sénégal : Ces prix de misère qui ruinent les paysans et tuent l’agriculture



par Sidy Bâ   
Depuis la période coloniale, l'arachide a été la mamelle nourricière du monde rural sénégalais, la principale source de revenus des paysans. Aujourd'hui, produire dans ce secteur revient à entamer un chemin de croix. L'Etat, qui assurait la stabilité des prix et la sécurité des revenus pour les producteurs, s'est effacé pour laisser ces derniers entre les mains des industriels de l'huilerie et les intermédiaires qui jouent avec les prix sur le marché. La campagne de commercialisation de cette année vient de s'achever et n'échappe pas à la règle. Encore une fois, note Sidy Bâ, les paysans ont travaillé à perte.

Les années se suivent et se ressemblent pour les producteurs d’arachides du Sénégal. Cette campagne 2009 /2010, ils ont travaillé dur pour faire des productions records. Mais pour récompenser leurs efforts, les huiliers, grands maîtres du jeu au sein du Comité National Interprofessionnel de l’Arachide (CNIA) ont fixé le prix du kilogramme à 165 francs CFA. Tous les producteurs ont manifesté leur déception à l’annonce de ce prix qui les appauvrit et accentue leur misère.


Pour rappel, le Cadre Concertation des Producteurs d’Arachide (CCPA) organisation faîtière, leader de la filière arachide au Sénégal, a commandité une étude sur les coûts de production de l’arachide d’huilerie, menée par une institution indépendante, l’Ecole Nationale Supérieure d’Agriculture, avec le soutien du CECI une ONG canadienne basé au Sénégal. L’étude a révélé que le prix du kilogramme d’arachide est de 192 francs CFA bord champ.


Les producteurs se sont rendu compte qu’ils travaillent à perte depuis la nuit des temps. Seules les huiliers, qui alignent leurs prix sur le cours mondial des oléagineux (soja et colza) qui sont de 120 francs le kilogramme, et les intermédiaires, tirent de super profits sur le dos des braves agriculteurs. A titre d’exemple, cette année, le Sénégal a eu une production estimée à 1 million 175 000 tonnes. Les huiliers n’achèteront que 300 000 t, correspondant au montant de la subvention de 13,5 milliards de francs accordé par l’état, ce qui ouvre la voie à une spéculation préjudiciable au producteur.


Sur chaque kilogramme vendu à 165 francs, le producteurs perd 27 francs. Soit une perte sèche de 8 milliards de francs pour la présente campagne. Elle allait être de 21, 6 milliards, n’eut été la subvention de 45 francs par kg consentit par le contribuable sénégalais.


On peut affirmer que les industriels travaillent objectivement pour la mort de l’arachide. Les profits qu’ils tirent de la vente de «l’or du Sénégal», ils ne le réinvestissent pas dans la filière. L’état du Sénégal devait obliger la SUNEOR (société d’huilerie) à respecter son cahier de charges et acheter au moins plus de la moitié de la production nationale, le reste de la production étant écoulé au niveau des autres unités industrielles que sont NOVASEN, le CAIT, ou par l’autoconsommation et les réserves personnelle de semences.


Le décret 2010 -15 du 13 janvier 2010, portant libéralisation de l’exportation des arachides de bouche et d’huilerie, est une solution très simpliste et un aveu d’échec de taille du régime libéral sénégalais pour une filière qui régente la vie de tout un peuple depuis plus deux siècles. Et si par malheur les productions chutent l’année suivante, on prendra certainement un autre décret pour protéger la SUNEOR.


Le CNIA est un précieux cadre pour les huiliers et les intermédiaires, pour faire valoir les décisions qu’ils prennent à l’encontre des masses paysannes laborieuses. L’essor de l’arachide avait permis au monde paysan de connaître des mutations importantes dans le sens de l’amélioration du niveau de vie en milieu rural et avait fortement contribué à la stabilité économique des ménages paysans. Mais aujourd’hui, le constat est amer. Car, selon le rapport du Service Régional de la Statistique et de la Démographie de Kaolack en cours de validité, les surfaces cultivées en arachide ont connu une baisse drastique de 28%, passant de 288 406 ha en 2007 à 207 417 ha en 2008. Cette région est la principale productrice d’arachide au Sénégal.


L’arachide reste au cœur de l’économie rurale sénégalaise et même celle de l’ensemble du Sénégal. En milieu rural, plus de 350 000 exploitations familiales sont engagées dans la culture de l’arachide, ce qui lui confère un rôle essentiel dans la lutte contre la pauvreté. Plus de 4 millions de Sénégalais tirent leurs revenus de l’arachide et la région de Kaolack en est la locomotive.


Avec les politiques d’ajustement structurel, l’État s’est désengagé de la culture de l’arachide depuis le début des années 1980, avec ce qui fut l’application de la Nouvelle Politique Agricole (NPA). L’option choisie alors par les huiliers, pour ce qui est la principale filière agricole au Sénégal, pourvoyeuse de revenus monétaires pour la majorité des paysans, a été d’importer de l’huile végétale (huile brute de soja ou colza Ogm) pour la consommation nationale et d’exporter l’huile et les tourteaux d’arachide.


Par conséquent, les revenus des producteurs ne cessent de s’éroder, parce que les prix qu’ils reçoivent ne reflètent pas leurs coûts. Cette érosion des revenus empêche la majorité des exploitations familiales de réaliser des gains de productivité et de faire des investissements. Il s’en suit que le marché des intrants, des semences, des engrais et du matériel agricole n’arrive pas non plus à se structurer adéquatement. Par ailleurs, faute de pouvoir fournir les garanties de paiement exigées, cette baisse de revenus limite grandement l’accès au crédit.


Voici la vraie raison qui vide nos campagnes, encourage l’exode rural et l’immigration clandestine. Aucun entrepreneur, fut-il agriculteur ne veut et ne peut travailler à perte. Pour joindre les deux bouts dans l’année, ils sont obligés de vendre les productions des cultures vivrières (mil, niébé et sorgho). Ce qui risque de compromettre la souveraineté alimentaire des ménages en milieu rural.
 
Sidy Bâ est secrétaire général du Cadre de Concertation des Producteurs d’Arachides du Sénégal
Source: Pambazuka 
Wikio

Wednesday, December 02, 2009

Monday, August 03, 2009

Le lobby écolo-agricole occidental veut-il la mort de l’Afrique ?L’aide aux pays pauvres est une duperie



Une des conclusions du sommet organisé par le G8 début juillet en Italie a été la décision de relancer l’aide internationale aux pays en voie de développement et, entre autres, aux pays de l’Afrique sub-saharienne. Les chefs d’Etat de l’Europe, de l’Amérique du Nord et des autres pays riches on accepté les « conseils » des grandes stars de la musique pop internationale et l’effet sera, tout simplement, que de l’argent des contribuables des pays riches sera prélevé pour le donner à ceux qui, surtout en Afrique, très souvent condamnent à la famine leurs propres concitoyens par des décisions criminelles, une fermeture du marché et un interventionnisme irresponsables. Pop-stars et politiciens se sont dits satisfaits. Pourtant, alors qu’ils vont maintenant montrer au monde leur « générosité », une partie significative du continent africain semble connaître des problèmes toujours plus importants.

Vendredi 31 juillet 2009, par notre partenaire Un Monde Libre, pour l'autre afrik

Par Carlo Lottieri, professeur de philosophie politique à l’Université de Sienne en Italie et directeur de l’Institut Bruno Leoni.

A l’encontre de ce discours à la mode, il faut répéter que l’aide aux pays pauvres est une duperie. Il s’agit tout simplement d’une fausse générosité financée aux dépens d’autrui (les contribuables des pays occidentaux) qui se transforme immédiatement en un solide soutien à des régimes qui ont déjà fait trop de mal.

Le sentimentalisme irrationnel que les chefs d’État de l’Occident ont exploité pour imposer la logique des aides internationales a tout simplement financé des gens comme Jean-Bédel Bokassa ou Idi Amin Dada : les politiciens occidentaux se sont auto-congratulés de ces décisions, mais la conséquence a été de multiplier les souffrances en Afrique. Dans le bavardage quotidien qui domine souvent la presse occidentale, la rhétorique des aides est toujours destinée à être préférée aux choix politiques responsables, qui visent à respecter la dignité des femmes et des hommes de l’Afrique, en leur permettent d’avoir une réelle opportunité de croissance.

Par ailleurs, même si toutes les ressources destinées aux gens pauvres de l’Afrique étaient effectivement affectées aux populations dans la détresse, il y aurait très peu – pour les gouvernements occidentaux – de quoi être satisfaits : au cours de l’histoire on a en effet du mal à repérer un seul exemple d’une région qui se soit développée grâce aux aides venant de l’étranger. Au contraire, l’aide d’Etat crée toujours une dépendance et étouffe tout penchant à créer, travailler, imaginer de nouvelles initiatives et prendre des risques. Encore une fois, l’aide des Etats riches aux Etats pauvres a souvent l’effet de renforcer des régimes oppressifs, en leur offrant l’opportunité d’accroître encore plus le contrôle qu’ils exercent sur la société, la circulation des idées, et la vie économique.

Pour les occidentaux, il n’y a pas de raison de croire qu’on puisse se donner bon conscience en répétant des programmes qui ont déjà échoué par le passé : on enlève un peu d’argent aux pauvres des pays riches pour le donner aux riches des pays pauvres (comme avait coutume de le dire l’économiste anglais et grand spécialiste de ces problèmes, Peter Bauer). Tout cela peut suffire à se sentir bons et généreux, mais cela n’aide pas les gens dans la misère, parce que pour intervenir de manière efficace il faut surtout donner plus d’opportunités aux individus et aux communautés africaines. Il est donc important de comprendre les principaux problèmes de cet univers et intervenir avec le plus grand courage.

Les dégâts du protectionnisme

Contrairement à ce que disent les protectionnistes en Europe, il serait beaucoup plus sérieux – dans le but de promouvoir le développement de l’Afrique – d’abolir toute forme de protectionnisme et ouvrir la porte à une intégration croissante des économies. Mais tout cela ne plait pas à ceux qui tirent d’énormes avantages de la fermeture des marchés les plus riches et même aux militants de l’écologie anti-libérale comme le célèbre José Bové. Dans une interview très récente, le député français au Parlement européen a farouchement défendu les subventions destinées aux agriculteurs européens : un système qui pourtant empêche les producteurs d’autres pays de vendre leur produits sur le marché italien, français, anglais etc. Selon M. Bové, « le marché mondial n’est pas une réponse à l’alimentation » parce qu’il met en risque la position, l’état de perfusion, des paysans européens et de toute la bureaucratie qui s’engraisse aux dépens de l’économie du Tiers Monde, des contribuables et des consommateurs occidentaux.

La politique économique agricole de l’Union européenne dévore plus du tiers du bilan de cette institution, mais ce qui est pire est qu’elle empêche les consommateurs des 27 pays qui composent l’Union de s’adresser aux producteurs africains, asiatiques, etc. Les conséquences sont néfastes pour tout le monde - même pour les agriculteurs français ou italiens, qui, au cours des dernières décennies, ont perdu leur qualité d’entrepreneurs et leur capacité d’être efficaces, alimentés par les subsides publiques.

Pour vaincre cette bataille, il faut une alliance entre les consommateurs et les contribuables de l’Occident et les agriculteurs et les entrepreneurs du Sud. Plutôt que faire l’aumône aux pays en voie de développement, il faut donner de vraies opportunités aux travailleurs de la Côte d’Ivoire ou du Sénégal. Mais il est évident que pour réaliser cet objectif il faut avoir le courage de défier le grand lobby écolo-agricole qui domine en Europe et en Amérique du Nord.

Le pacte d’acier entre les agriculteurs européens et l’idéologie protectionniste des écologistes a déjà fait beaucoup de mal aux Africains. Il faut s’opposer à tout cela, au nom du futur et de l’espoir de millions d’européens et d’africains qui ont le droit d’interagir et d’échanger le fruit de leur travail.

Publié en collaboration avec UnMondeLibre.org


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