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Thursday, December 08, 2011

Programme nucléaire de l’Iran : on recycle la propagande orchestrée pour la guerre en Irak (Democracy Now !)



Seymour HERSH
Alors que les USA, la Grande-Bretagne et le Canada comptent annoncer un ensemble coordonné de sanctions contre le pétrole et la pétrochimie iraniens aujourd’hui, le journaliste d’investigation chevronné SEYMOUR HERSH conteste le consensus croissant sur le présumé programme iranien d’armement nucléaire.


La pression internationale est montée sur l’Iran depuis qu’un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique de l’ONU a révélé la "possible dimension militaire" des activités nucléaires de l’Iran, citant comme "crédible" la preuve qui "indique que l’Iran a mené des activités liées au développement d’un engin nucléaire explosif ».
Dans son dernier article pour le blog du New Yorker, intitulé Iran and the I.A.E.I, Hersh affirme que le récent rapport est un « document politique » et non pas une étude scientifique. « Le commandement américain du groupe opérationnel interarmées [American Joint Special Operations Command (JSOC]) n’a rien trouvé. Rien. Aucune preuve d’armement », dit Hersh. » En d’autres termes, aucune preuve d’une installation pour la construction de la bombe. Les Iraniens ont des installations d’enrichissement, mais pas d’installations séparées pour construire la bombe. C’est un fait pur et simple." [Suit la transcription non éditée de l’interview de l’émission Democracy Now]

* * *

AMY GOODMAN : Aujourd’hui, les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada comptent annoncer un ensemble coordonné de sanctions contre l’Iran. ABC News et le Wall Street Journal rapportent que les sanctions viseront le pétrole et l’industrie pétrochimique de l’Iran. Le week-end dernier, le président Obama a affirmé que toutes les options restaient sur la table.
BARACK OBAMA : Les sanctions ont une ampleur énorme et étendue ; nous partons du programme qui a déjà été mis en place. La question est de savoir s’il existe des mesures supplémentaires possibles. Et nous allons explorer toutes les possibilités pour voir si nous pouvons résoudre ce problème par la voie diplomatique. J’ai dit à plusieurs reprises, et je le répète aujourd’hui, que nous n’excluons aucune des options possibles
AMY GOODMAN : La pression internationale a augmenté sur l’Iran depuis que l’Agence internationale de l’énergie atomique de l’ONU a révélé dans un rapport, "la possible dimension militaire" de ses activités nucléaires. L’AIEA a parlé de preuves "crédibles qui indiquent [que] l’Iran a mené des activités liées au développement d’un dispositif nucléaire explosif ". L’AIEA a adopté une résolution vendredi exprimant, je cite, « sa préoccupation croissante » au sujet du programme nucléaire de l’Iran suscitée par les conclusions du rapport.
Le président du parlement iranien a déclaré hier que l’Iran réviserait ses relations avec l’AIEA à la suite du rapport. Ali Larijani a indiqué qu’il pourrait être difficile à l’Iran de continuer à coopérer avec l’organe de surveillance nucléaire.
ALI LARIJANI : [traduit du persan] Si l’agence agit dans le cadre de la Charte, nous acceptons d’en être membre et nous assumerons nos responsabilités. Mais si l’agence veut s’écarter de sa mission, alors elle ne doit pas s’attendre à ce que nous coopérions.
AMY GOODMAN : C’était le speaker du parlement iranien. En attendant, certains Iraniens ont exprimé le souhait d’une coopération accrue avec l’AIEA.
SAID BAHRAMI : [traduction] Comme le gouvernement a apporté beaucoup de précisions, il vaudrait mieux élargir sa coopération avec l’AIEA et que celle-ci vérifie par elle-même, directement, afin de ne pas laisser de prétexte aux superpuissances .
AMY GOODMAN : La semaine dernière, le Pentagone a confirmé qu’il a reçu une importante livraison de nouvelles bombes bunker busters (défonceuses de bunkers) capables de détruire les sites souterrains, y compris les installations nucléaires iraniennes. Les bombes de 30.000 livres ont six fois la taille de l’arsenal actuel de la Force aérienne en "bunker busters".
Les nouvelles sanctions contre l’Iran découlent aussi des allégations US du mois dernier selon lesquelles les responsables iraniens ont été impliqués dans un complot avorté qui visait l’ambassadeur saoudien à Washington. Les USA comptent annoncer aujourd’hui que le secteur financier de l’Iran est « soupçonné au premier chef de blanchiment d’argent." Cette phrase déclenche l’application d’un article du PATRIOT Act qui avertit les entreprises européennes, asiatiques et latino-américaines, qu’elles ne pourront pas commercer avec les USA si elles continuent à travailler avec l’Iran.
Eh bien, pour développer la question des sanctions et des implications du rapport de l’AIEA, nous allons à Washington, DC, pour parler avec le journaliste d’investigation SEYMOUR HERSH, lauréat du prix Pulitzer. Il fait des reportages sur l’Iran et la bombe depuis 10 ans. Son dernier article est intitulé « L’Iran et l’AIEA." Il a été publié dans le New Yorker.
Bienvenue à Democracy Now !, Sy. Dites-nous ce que vous pensez de ce qui se passe actuellement en Iran dans le secteur de l’énergie nucléaire.
SEYMOUR HERSH : En introduction vous dites que l’article se trouvait dans le New Yorker ; en fait il a été posté sur la page Web.
Mais vous avez mentionné l’Irak. C’est exactement ça ; je ne sais pas si vous voulez parler de « psychose », mais c’est une sorte de pays imaginaire qui se construit ici, comme ce fut le cas pour l’Irak ; on n’a de toute évidence pas appris la leçon. J’écris des articles sur l’Iran, et je pourrais vous dire que depuis 2004, sous George Bush, et en particulier sous le vice-président, M. Cheney, Cheney se préoccupait particulièrement de l’existence d’ installations secrètes pour la construction d’une arme, activité très différente des activités d’enrichissement.
L’Iran fait de l’enrichissement d’uranium. C’est reconnu. il y a des inspecteurs sur place. Il y a des caméras là-bas, etc. C’est tout. L’Iran est signataire du Traité de non-prolifération. Personne ne l’ accuse de tricher. En fait, le dernier rapport qui enthousiasme tellement tout le monde dit une fois encore que nous n’avons pas trouvé de preuves que l’Iran ait détourné l’uranium qu’il enrichit. Et en outre, il l’enrichit à des niveaux très bas, à des fins pacifiques si l’on veut, à 3,8 % . Et il y a un petit pourcentage qui est enrichi à 20 % pour un usage médical, mais c’est une proportion très réduite et le traitement se fait sous notre inspection et sous l’oeil des caméras.
Pendant les années 2004,2005, 2006, 2007 et même jusqu’à la fin de son mandat, Cheney continuait à envoyer en Iran des Forces d’opérations spéciales, JSOC-. Elles travaillaient avec plusieurs groupes de dissidents , les Azéris, les Kurdes, même les Jundallah, (qui regroupe des sunnites de l’opposition, très fanatiques) et ces équipes faisaient tout ce qu’elles pouvaient pour trouver les preuves d’une installation souterraine non déclarée. Nous avons tout surveillé. Nous avons une surveillance incroyable. Ce que nous faisions à cette époque, nous le faisons encore mieux aujourd’hui. Et certaines activités sont très techniques, très secrètes, croyez-moi ; il n’y a pas grand chose que vous puissiez faire aujourd’hui en Iran sans que nous le sachions.
Or, ils n’ont rien trouvé. Rien. Aucune preuve de militarisation. En d’autres termes, aucune preuve d’une installation pour la construction de bombes. Les Iraniens ont des installations d’enrichissement, mais pas d’installations séparées pour la construction d’une bombe. Ceci est simplement un fait. L’installation, nous ne l’avons pas trouvée et elle n’ existe pas. C’est encore un fantasme. Nous voulons pourtant croire-et beaucoup de gens croient, que l’installation existe.
Le grand changement s’est produit les dernières semaines quand l’AIEA a publié un nouveau rapport. Et ce n’est pas un rapport scientifique, c’est un document politique. Le document reprend quantité d’anciennes allégations faites au fil des années, allégations qui ont été examinées par l’AIEA, sous le régime ou la direction de Mohamed El Baradei, qui a dirigé l’agence pendant 12 ans. Baradei était Egyptien et à reçu le prix Nobel de la paix pour son travail ; au début, il était très sceptique concernant l’Iran , et ses doutes se sont dissipés à mesure que l’Iran s’est ouvert davantage. Mais le nouveau directeur de l’AIEA , un officiel japonais appelé Amano, personnage conservateur du parti de centre droit au Japon, à mon avis certainement honorable, a toutefois ses convictions.
Il se trouve que nous avons une série de documents de WikiLeaks relatifs à l’ambassade US à Vienne qui signalent que c’était merveilleux d’avoir Amano dans l’agence. C’était l’année dernière. Ces documents ont été publiés par le groupe de Julian Assange et ils sont assez importants, parce qu’ils disent qu’ Amano a prêté allégeance aux USA. Je crois qu’il a été élu en tant que candidat marginal. Nous l’avons beaucoup soutenu ; il a eu six votes en sa faveur. Tout le monde le considérait comme un candidat faible, mais nous l’avons poussé pour qu’il obtienne le poste. Et nous avons réussi. Il a réagi en nous remerciant et en nous disant qu’il partageait nos vues. Il partage notre point de vue sur l’Iran. Il se montrerait reconnaissant. Il ferait ce que nous voulons.
Ce nouveau rapport n’apporte rien de nouveau. Ce n’est pas moi qui parle. C’est dans l’article que j’ai écrit pour le blog du New Yorker ; le blog est différent de la revue parce qu’il contient plus de renseignements. J’ai parlé à d’anciens inspecteurs. Ils expriment des opinions différentes de celles que vous lisez dans le New York Times et le Washington Post. Il y en a d’autres que l’on passe sous silence et qui sont beaucoup plus sceptiques au sujet de ce rapport, mais on n’en parle pas. Donc ce que vous obtenez , ce sont des bribes de nouvelles dans le journal de la grande presse d’ici sur l’analyse de ce rapport. Il y a une analyse complètement différente qui contient peu de nouveautés.
Et voici comment ça se passe, Amy : au fil des années un rapport fera surface dans un journal de Londres, rapport mensonger, de la propagande, que ce soit nous ou une agence de européenne de renseignements qui le diffusera, ce n’est pas clair. C’est déjà arrivé, rappelez- vous les trucs d’Ahmed Chalabi, pendant les préparatifs de la guerre en [l’Irak], les propos sur les grands arsenaux qui existaient dans le pays (Irak). C’est le même genre de propagande qui est utilisé maintenant et que divers journaux publiaient la dernière décennie.
L’AIEA examinait les documents, décidait qu’il s’agissait de propagande ou non, ou qu’il n’y avait pas de preuves. Tous ces anciens rapports, à l’exception d’une nouvelle étude publiée par l’AIEA, contenaient peut-être 30 ou 40 sujets, dont trois seulement se rapportaient à la période postérieure à 2008, et beaucoup de personnes de l’AIEA croient qu’ils sont fabriqués de toutes pièces et ne sont pas très fiables. Voilà où vous en êtes.
AMY GOODMAN : Donc, Sy Hersh, vous dites que ces informations ne sont pas nouvelles. C’est le nouveau chef de l’AIEA qui change la donne ici. Pouvez-vous parler davantage de l’infiltration américaine de l’Iran, des JSOC en Iran, de la surveillance en Iran ?
SEYMOUR HERSH : Bien sûr. C’est le genre d’activités que nous avions ; je peux vous parler de choses qui étaient secrètes il y a huit ou neuf ans. Par exemple, si nous soupçonnions l’existence d’une installation souterraine à un endroit où nous voyions des terrassements, dans une région montagneuse par exemple, nous bordions la route de cailloux qui étaient en fait des détecteurs qui mesuraient le poids des camions qui entraient et qui sortaient. Si les camions étaient plus lourds à la sortie, nous pouvions présumer qu’ils transportaient de la terre et donc que l’on creusait. Voilà le type de surveillance que nous faisions.
Nous avons aussi placé toutes sortes de compteurs de radioactivité passive. Cela, pour l’uranium, même le plutonium, car la plupart du matériel utilisé est de l’uranium enrichi. Les Iraniens ne fabriquent pas de plutonium. Mais il est repérable. À un certain moment, ils doivent le déplacer. Une fois que vous commencez à le déplacer, il peut être repéré. Vous pouvez utiliser des compteurs Geiger pour refaire les mesures à l’ancienne. Vous mesurez la radioactivité et vous pouvez voir si elle augmente. Nous entrions dans un bâtiment, avec nos soldats et parfois même avec des Américains à Téhéran quand nous pensions qu’il se passait quelque chose de louche ; nous créions une diversion dans la rue et en profitions pour prendre quelques briques, les mesurer avec un compteur Geiger pour voir si dans ce bâtiment on faisait de l’enrichissement à notre insu.
Nous avons également des compétences incroyables pour ce qui est de repérer les trous d’air à partir de satellites. Si vous construisez une installation souterraine, vous devez la ventiler. Vous devez y faire pénétrer de l’air. Vous devez trouver la manière d’éliminer l’air pollué et d’injecter de l’air frais. Et nous avons donc des spécialistes, des gens incroyables dans notre communauté. Certains sont à la retraite et ont créé une société privée pour faire ce travail. La surveillance se faisait en altitude pour trouver les trous d’air et le schéma d’une installation souterraine. Nada. Nous n’avons rien trouvé.
Et ce qui est le plus important, c’est que... si vous ne sortez pas de l’uranium du volume recensé pour le déplacer ailleurs de manière à pouvoir construire une bombe - et là, l’AIEA est absolument catégorique-tout ce que les Iraniens enrichissent, à quelque pourcentage que ce soit, ils le font sous l’oeil des caméras et sous inspection. Tout est fait au grand jour ; en vertu du traité de sauvegarde. Personne n’accuse l’Iran de violer le traité. L’Iran est simplement accusé de tricher. Et il n’y a aucune preuve que l’Iran détourne du matériau. Si vous comptez fabriquer une bombe, vous devez l’apporter d’un autre endroit. Étant donné le type de surveillance que nous avons, il sera difficile d’apporter la bombe d’un pays tiers, d’importer de l’uranium et de l’enrichir ou d’importer de l’uranium enrichi. C’est simplement trop difficile.
Nous avons une espèce d’hystérie comme celle que nous avions sujet de l’Irak et elle ressort au sujet de l’Iran. Et je ne plaide pas en faveur de l’Iran. Il y a beaucoup de choses contestables à lui reprocher comme la manière dont ce pays traite la dissidence etc. je parle simplement du contexte dans lequel se déroule le raffut actuel. Quant aux sanctions, vous savez, excusez-moi, nous avons imposé des sanctions à Cuba pendant 60 ans et Castro est toujours là, même s’il est très malade. Les sanctions ne marcheront pas. C’est un pays qui produit du pétrole et du gaz -en plus petite quantité il est vrai - mais il en reste beaucoup. Et les Iraniens ont des clients en Extrême-Orient. Ils ont des clients pour leur énergie. C’est nous qui allons perdre dans l’affaire
AMY GOODMAN : Comment comparez-vous l’administration Obama à l’administration Bush au sujet de l’Iran ?
SEYMOUR HERSH : il n’y a rien à comparer. C’est la même chose - le ton est un peu moins belliqueux. J’ai toutes les raisons de croire que, à l’encontre de M. Bush, le président Obama est a vraiment peur d’une attaque. Il ne veut pas que les Israéliens bombardent l’Iran. C’est ce que nous lisons dans la presse ces derniers temps.
Et il y a les nouvelles bombes de 30.000 livres construites par Boeing, je pense. Le problème est que la plupart des installations de l’Iran, celles que nous connaissons, les installations déclarées sous inspection par caméra, se trouvent dans un endroit appelé Natanz, à quelque 80, (entre 75 et 80 pieds) sous terre. Et il vous faudra bombarder massivement pour arriver à les endommager. Vous pouvez certainement faire des dégâts à Natanz, mais à coût international énorme. L’argument en faveur d’un bombardement est tellement vague qu’il en devient nul. Des études techniques ont été faites par le MIT et d’autres institutions auxquelles des scientifiques du gouvernement israélien ont également participé et ces études montrent qu’il serait vraiment difficile d’endommager significativement les installations étant donné la profondeur à laquelle elles se trouvent. Mais on en parle.
Et il y a le fait que ce président n’a de nouveau rien dit au sujet de ce qui se passe à Tahrir. Nous sommes muets. Il est resté muet sur ce genre de troubles. Toutefois, je crois savoir qu’il comprend mieux les problèmes. Je crois que sur la scène politique, il veut donner l’impression d’être un dur. Tout le monde fait la chasse aux voix indépendantes. Je ne sais pas pourquoi il est si important de d’obtenir les suffrages de gens qui ne savent pas s’ils sont démocrates ou républicains, mais on dirait que c’est ce qui se passe.
AMY GOODMAN : Bien, passons à la réaction d’Israël à l’égard du rapport de l’AIEA. Hier, le ministre de la défense Ehud Barak a déclaré dans une interview à CNN que le moment est venu de s’occuper de l’Iran. Lorsqu’on lui a demandé spécifiquement si Israël attaquerait l’Iran, voici ce qu’il a répondu
Le Ministre de la défense EHUD BARAK : je ne pense pas que ce sujet puisse faire l’objet d’une discussion publique. Mais je peux vous dire que le rapport de l’AIEA a fait réfléchir beaucoup de monde et de dirigeants mondiaux. Et les gens comprennent que le moment est venu. Amano l’a dit carrément contrairement à Baradei. Et c’est devenu un problème majeur, et je crois que des sanctions s’imposent, de même que des démarches diplomatiques intensives et de toute urgence. Les gens comprennent maintenant que l’Iran est déterminé à acquérir des armes nucléaires. Il n’y a pas d’autre explication possible ou concevable pour ce que l’Iran fait actuellement. Et il faut y mettre fin.
AMY GOODMAN : C’était le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak. Sy, votre réponse ?
SEYMOUR HERSH : Eh bien, ce qui me rend nerveux c’est que Barak et Bibi, Bibi Netanyahou, sont d’accord à ce sujet. Ils ne sont pas toujours d’accord sur beaucoup de choses. Mais ici, ils sont tous les deux d’accord, et c’est inquiétant parce que, encore une fois, c’est un problème politique là-bas. Israël glisse rapidement vers la droite. Et malheureusement, les règles du jeu sont tellement moches en Israël que je ne peux pas en parler par écrit ; mais j’ai parlé à des gens du renseignement très haut placés en Israël. Vous n’en entendez pas beaucoup parler , mais l’ancien chef du Mossad, Meir Dagan - le gars qui a orchestré la tentative d’assassinat à Dubaï, etc (donc pas une colombe) -a dit avec véhémence que c’était de la folie que de chercher l’Iran alors que l’on ne sait pas exactement ce qu’il possède. Les Iraniens sont encore très loin de la bombe. Cela fait vingt ans qu’Israël dit qu’ ils l’auront dans six mois.
J’ai parlé avec des officiers supérieurs israéliens qui m’ont dit d’abord qu’ils savent que l’Iran-comme la communauté du renseignement US le révélait- a fait l’objet en 2007 d’une estimation du renseignement national ((National Intelligence Estimate)) qui a été rendue publique et qui a dit essentiellement que l’Iran avait envisagé d’acquérir la bombe. L’Iran avait eu une guerre de huit ans avec l’Irak, une guerre terrible, de 1980 à 1988. Et soit dit en passant, à l’époque les USA ont pris le parti de l’Irak, de Saddam Hussein. Dans les années qui ont suivi, l’Iran a commencé à s’inquiéter des rumeurs au sujet de la construction par l’Irak d’armes nucléaires et par conséquent, pendant la période disons de 1987 à 1997 et à 2003, cela n’a pas soulevé des questions...
J’ai publié un article à ce sujet il y a un an dans The New Yorker. Mon article disait qu’effectivement les Iraniens avaient cherché une bombe-mais ils savaient qu’ils n’y arriveraient pas-il était exclu qu’ils puissent fabriquer une bombe pour dissuader l’Amérique ou Israël. Ce ne sont pas des imbéciles. Cette société persane existe depuis quelques milliers d’années. Ils ne peuvent pas nous dissuader. Nous avons un trop grand nombre de bombes. Ils pensaient pouvoir dissuader l’Irak. Après que nous avons battu l’Irak en 2003, ils ont arrêté de chercher. C’est vrai qu’ ils avaient fait des études. Nous parlons de modèles informatiques etc. mais pas de construction. Il n’y a pas de doutes qu’ ils ont envisagé l’idée d’acquérir une bombe ou d’arriver au point où ils pourraient en fabriquer une. C’est ce qu’ils ont fait, mais ils se sont arrêtés en 2003
Ceci est toujours le consensus US. Les Israéliens vous diront en privé qu’ils sont d’accord. Que les Iraniens ont arrêté la plupart de leurs plans et même leurs études en 2003. La position israélienne est que s’ils ont arrêté ce n’est pas parce qu’ils ont vu ce que nous avons fait en Irak, mais par ce qu’ils pensaient que nous pourrions détruire l’Irak. Un général m’a dit : nous avons détruit l’Irak en trois semaines et nous avons fait ce qu’ils n’ont pas pu faire en huit ans. Les Iraniens ont pensé qu’ils allaient être les suivants. Mais selon le consensus, c’est vrai qu’ils se sont arrêtés. Et aussi, si vous demandez sérieusement aux Israéliens avertis du domaine du renseignement- et ils sont nombreux - « croyez-vous vraiment que s’ils avaient une bombe-et ils n’en ont pas actuellement- croyez-vous qu’ils frapperaient Tel-Aviv ? » Leur réponse : « est-ce que vous pensez qu’ils sont fous ? On les réduirait en poussière. Bien sûr que non. Ils sont là depuis 2000 ans. Pas question que ça arrive ». La crainte, c’est qu’ils donnent une bombe à quelqu’un d’autre etc.
Il y a une rationalité dans la communauté du renseignement israélien qu’on ne retrouve pas au niveau du leadership politique. Nous avons le même genre de folie ici. Notre communauté du renseignement a dit en 2007-et à nouveau l’année dernière- que les Iraniens n’ont pas la bombe. Ils ne la fabriquent pas. Vous trouvez ça dans le NIE (National Intelligence Estimate) ; 16 agences ont voté dans ce sens (c’est-à-dire 16 à zéro) lors d’un vote interne et il y a eu une mise à jour du rapport de 2007 en 2011 concernant le même endroit. Il n’y a pas de bombe. Cela ne veut pas dire que les Iraniens n’en rêvent pas. Cela ne veut pas dire que des scientifiques ne font pas des études informatiques. Cela ne veut pas dire que des physiciens de l’université de Téhéran ne font pas ce que des physiciens aiment faire, à savoir écrire des articles et faire des études. Mais il n’y a pas de preuve d’un effort systématique visant à passer de l’enrichissement d’uranium à la fabrication d’une bombe. C’est un processus énorme et difficile. Vous devez prendre un gaz extrêmement chaud et le convertir en un métal et ensuite en fabriquer un noyau (core). Et vous devez le faire avec une télécommande parce que vous ne pouvez pas vous approcher du processus. Cela vous tuerait. Tellement c’est radioactif.
Je suis une voix isolée. Et vous connaissez la prudence du New Yorker, même pour un article sur le blog. L’article a été vérifié et revérifié. Et je cite mes références : Cirincione, un Américain qui a été impliqué pendant des années dans le désarmement. Ce sont des voix différentes de celles que vous entendez dans les journaux. Je suis parfois choqué par les voix qui s’expriment dans le New York Times et le Washington Post. Nous n’y lisons pas des points de vue différents. Il y en a, à l’intérieur , non seulement dans la communauté du renseignement américain, mais aussi à l’intérieur de l’AIEA à Vienne. Il y a beaucoup de gens qui ne supportent pas ce fait Amano, et depuis que cet article est sorti je reçois tant de courriels que c’est dingue, des gens de l’intérieur qui me disent " chapeau !". Je parle de l’intérieur de l’AIEA. C’est une organisation qui ne s’occupe pas de la presse, mais à l’intérieur, ils sont très gênés par la voie qu’Amano leur fait prendre.
Ce n’est pas une étude scientifique, Amy. C’est un document politique. Et c’est un document politique dans lequel Amano joue notre jeu. Et c’est le même jeu que les Israéliens reprennent, de même que ceux qui n’aiment pas l’Iran. Et je voudrais que nous puissions faire le tri de nos sentiments au sujet de l’Iran et des mollahs et de ce qui s’est passé avec les étudiants en 1979 ; il y a de fortes chances pour que les Iraniens nous donneraient le type d’inspection que nous voulons si nous leur montrions un peu de bienveillance - si nous mettions fin aux sanctions et que nous respections ce qu’ils attendent de nous. Et ce n’est pas ce que fait cette administration
AMY GOODMAN : Seymour Hersh, je tiens à vous remercier beaucoup d’être avec nous.
Son dernier article est sur le blog du New Yorker. Son titre : Iran and the I.A.E.I ; Seymour Hersh est lauréat du Prix Pulitzer.
Democracy Now ! est une émission américaine d’actualités, d’analyse et d’opinion diffusée en anglais et en espagnol. Elle prête une attention particulière aux sujets que ses producteurs considèrent comme ignorés ou insuffisamment traités par les médias de masse.
Democracy Now ! est diffusée par plus de 700 radios, chaînes de télévision, bouquets de télévisions (satellites et câblés).
ORIGINAL http://www.democracynow.org/2011/11/21/seymour_hersh_propaga...
TRADUCTION Anne-Marie Goossens - Info-Palestine
autre traduction La Revue des Ressources Traduction Régis Poulet
URL de cet article 15237
http://www.legrandsoir.info/programme-nucleaire-de-l-iran-on-recycle-la-propagande-orchestree-pour-la-guerre-en-irak-democracy-now.html

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Friday, October 01, 2010

Les armes de destruction massive de l’Occident.



Pascal SACRE
« L’Iran voudrait se doter de l’arme nucléaire. Et nous devons tout faire pour l’en empêcher. »
Effectivement, la majorité des médias et gouvernements occidentaux nous pousse à craindre cette menace qui ne ferait aucun doute. Ils sont très sûrs d’eux, péremptoires, catégoriques.
Pourtant, ces médias et gouvernements, toujours les mêmes, au Royaume Uni, et aux Etats-Unis en tête, nous ont déjà menti, de façon flagrante, ou ont substitué la propagande à l’information [1-2].
Par rapport au passé, la France a rejoint le groupe des gouvernements soumis au complexe militaro-industriel et au système financier anglo-saxons [3].
Ce complexe militaro-industriel et ce système financier veulent conquérir des marchés, détourner pour eux-mêmes des ressources énergétiques, dominer des populations, y compris les leurs, et surtout, justifier leur existence et préserver leur place, tout en haut de la chaîne alimentaire mondiale.
Dans la version psychologique de cette guerre contre la vérité, composante très importante de la guerre mondiale lancée par le tandem Bush-Cheney en septembre 2001, l’Iran est devenu une cible de choix, et subit des attaques de tous côtés.
Pour envahir la Yougoslavie, la faire éclater, et la soumettre au diktat occidental : diabolisation de la Serbie et de Slobodan Milosevic. Pour envahir l’Afghanistan, en faire une colonie anglo-saxonne et pouvoir voler ses précieuses ressources : diabolisation des Talibans, pourtant récemment connus comme très bons amis de l’administration US, jusqu’en août 2001.
Pour envahir l’Irak : diabolisation de Saddam Hussein, lui aussi un très bon ami des néoconservateurs US.
Pour ces deux derniers exemples, la créature mythique Ben Laden, sorte de Kraken moderne, et son club, Al-Qaida, sortis opportunément de leur boîte par l’Empire anglo-saxon, ont servi de mèche d’allumage… Maintenant, l’Iran.
Le gouvernement iranien aurait truqué le résultat des élections de juin 2009 [4].
Le président sortant, Mahmoud Ahmadinejad, aurait volé la victoire à son opposant, le favori des Occidentaux, Hossein Mousavi. Pour l’électeur occidental, tellement mieux loti, lui qui a la chance d’avoir des présidents comme Barack Obama, Nicolas Sarkozy ou des Premiers Ministres sincères, dévoués, et désintéressés, il est tout bonnement impensable de choisir le « terrible dictateur religieux antisémite » Mahmoud Ahmadinejad ! Comment est-ce possible ? Seul un bidouillage de l’élection peut l’expliquer.
Pourtant, de ce que nous savons grâce au travail de véritables journalistes et auteurs non inféodés aux puissances occidentales dominantes, il semble bien que la majorité du peuple iranien, 24,5 millions de voix (63,3% des suffrages), ait effectivement choisi de reconduire Ahmadinejad à leur tête [5].
Bien sûr, si cela est incompréhensible pour les Occidentaux, c’est tout à fait logique pour un grand nombre d’Iraniens.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le système iranien d’accès aux soins de santé a permis de réduire de 70% la mortalité infantile dans ce pays, l’Iran islamiste, en 30 ans [6]. Contrairement aux Etats-Unis où malgré les dizaines de millions de dollars injectés par le gouvernement fédéral, les soins médicaux primaires dans beaucoup de régions sinistrées et pauvres sont restés très peu performants, avec une mortalité infantile énorme dans certaines régions (comme le delta du Mississipi) et où l’espérance de vie reste trop faible pour un pays soi-disant si évolué.
C’est au point que des pédiatres étatsuniens s’intéressent au système des maisons de santé iranien et voudraient l’importer dans les régions du Sud des Etats-Unis, les plus frappées par la misère et les maladies [7].
De cela, les médias et gouvernements occidentaux, acharnés à répandre le bobard de l’élection truquée en Iran, ne nous disent rien.
Ahmadinejad est beaucoup plus proche, dans son programme électoral, des millions d’Iraniens habitant dans les provinces, dans les villes, petites et moyennes, et dans les villages, que Mousavi, le champion des classes moyennes et aisées minoritaires et qui voudraient imposer à tout le pays le système à l’occidentale, le meilleur (pour elles) et cela ne se discute pas [8].
L’ouragan d’austérité qui se prépare à fondre sur l’Europe, pulvérisant tous les garde-fous sociaux durement acquis et terrassant les plus faibles, les plus démunis, témoigne du contraire.
« Un sondage d’opinion publique effectué à l’échelle de tout l’Iran et de manière scientifiquement rigoureuse par deux experts états-uniens, trois semaines seulement avant le vote, […] montrait qu’Ahmadinejad avait une avance telle qu’il pouvait remporter plus du double des voix de son adversaire, c’est-à-dire une marge encore plus importante que celle de sa victoire électorale, le 12 juin.
Ce sondage montrait que chez les électeurs d’origine azérie [l’ethnie de Mousavi], Ahmadinejad bénéficiait de deux fois plus de voix que Mousavi, ce qui démontrait à quel point les intérêts de classe incarnés par un candidat sont capables d’occulter l’identité ethnique de l’autre » [9]
Mahmoud Ahmadinejad est le président légitime de la République d’Iran.
C’est lui que la majorité des Iraniens a choisi. Pas tous les Iraniens, mais la majorité. Les électeurs de Ségolène Royal, en France, en 2007, ont-ils violemment manifesté dans la rue, par millions, quand le résultat du scrutin fut connu ? Par Twitter, Facebook et des millions de sms, ont-ils alerté le monde entier du vol de leurs élections, chose forcément évidente puisque leur candidat n’avait pas gagné ?
Pour ceux qui diraient qu’un trucage électoral ne risque jamais d’arriver en Occident, le paradis des cures d’austérité, des patrons et des ministres intègres, le film « Hacking Democracy » [10] (« La Démocratie Piratée ») nous démontre toutes les zones d’ombre qui entachent les élections US de 2000, celles qui ont mené au pouvoir Georges W. Bush. En France, lors de la dernière élection présidentielle de 2007, près de 1,7 millions de Français ont voté à l’aide de machines électroniques [11], des machines à frauder selon l’association à but non-lucratif BlackBoxVoting.org.
Les médias français et anglo-saxons nous dépeignent un Iran totalitaire et répressif. Les manifestations des partisans de Mousavi auraient été réprimées dans le sang. Les minorités juives seraient durement opprimées. Ahmadinejad nierait l’holocauste et voudrait détruire Israel. Les femmes sont traitées de façon inhumaine et les condamnés à mort le sont par les moyens les plus barbares comme la lapidation.
L’enjeu n’est pas de faire de l’Iran un pays champion des droits de l’homme, d’ignorer la souffrance d’un certain nombre de femmes iraniennes, de nier que des mises à mort inhumaines y sont pratiquées…
Ceci dit, connaissez-vous une mise à mort…humaine ?
Le concept de « balle à blanc » [12], pratiqué aux Etats-Unis, rend-il la mort plus « humaine » à nos yeux ?
L’enjeu est de rétablir le gris et toutes ses nuances, là où les médias ne voudraient nous montrer que du « blanc » (le système à l’occidentale), ou que du « noir » (le système iranien d’Ahmadinejad à renverser absolument).
Les pays défenseurs du système à l’occidentale, ou présentés comme « blancs », irréprochables parles médias, n’ont aucune leçon à recevoir de l’Iran en matière de répression violente de manifestations de populations civiles, même pacifiques. Ainsi les Israéliens sont coutumiers de répression dans le sang de Palestiniens osant défier, même pacifiquement, leurs oppresseurs [13].
Un Palestinien, sa vie, sa dignité, valent-elles moins que celles d’un Tibétain ou celle d’un Juif ?
La réponse à cette question est fondamentale car si c’était le cas, les gouvernements et les philosophes occidentaux ne sont alors vraiment pas les preux chevaliers qui voudraient sauver les femmes iraniennes, ou les condamnés à mort de la lapidation, mais seulement des démagogues hypocrites pour qui la vie de certains humains, dans un certain contexte, est plus importante que celle d’autres humains.
A chaque réunion du G20, les manifestations sont réprimées en Occident avec une violence inouïe, sans distinguer hommes, femmes, enfants ou vieillards, par des forces de l’ordre de plus en plus équipées.
Les policiers sont désormais encadrés par des paramilitaires, équipés de Hummers avec canons à ultra-sons et toutes sortes d’armes sophistiquées, non létales mais pouvant infliger de terribles souffrances [14].
Si la Birmanie [15] et l’Arabie Saoudite ne menacent pas ouvertement Israel et ne veulent pas devenir nucléaires, ce sont des dictatures de type militaire, intolérantes à toute forme d’opposition, écrasant toute manifestation, traitant la femme comme un objet et mettant à mort leurs condamnés (parfois pour des broutilles) de la façon la plus barbare qui soit, par exemple en les décapitant avant de les crucifier, comme en témoigne certains rapports d’Amnesty International : « En Arabie saoudite, les peines de mort sont invariablement prononcées et appliquées à l’issue de procès iniques et secrets. » [16].
Pour terminer, la dernière propagande en date lancée à propos de l’Iran, par le « défenseur des opprimés », sauf ceux de Guantanamo, le « philosophe » Bernard-Henry Levy [17], serait la condamnation à mort par lapidation de Sakineh Mohammadi-Ashtiani, pour adultère [18].
Cela fait penser à l’histoire des couveuses du Koweït, renversées sans ménagements, selon les médias de l’époque, par les soldats irakiens de Saddam, avant la première guerre du Golfe, en 1991, une véritable intoxication médiatique qui avait néanmoins réussi à emporter l’adhésion des peuples occidentaux à une effroyable guerre asymétrique de plus [19].
Cela fait aussi penser aux charniers de Timisoara [20], aux armes de destruction massives bactériologiques de Saddam Hussein, à tous les mensonges sur le 11 septembre 2001, à toutes les morts soi-disant causées par la grippe H1N1 lorsque les médias furent pris de fièvre hystérique en 2009, pour le plus grand bonheur des multinationales pharmaceutiques.
Comme pour le bobard de l’élection truquée, il semble qu’on ne nous dise pas tout. Toujours grâce au travail de véritables journalistes et d’auteurs non inféodés aux puissances occidentales dominantes, nous savons que Sakineh ne sera pas lapidée [21] et que sa condamnation à mort n’est pas pour adultère, mais pour meurtre [22]. Cela ne justifie pas de mettre à mort cette dame.
Rien ne justifie, nulle part, la mise à mort d’un être humain, hormis la légitime défense peut-être.
Le débat devrait donc se situer à ce niveau : êtes-vous pour ou contre la peine de mort ? Dans ce cas, nous pouvons nous intéresser à la Birmanie, à l’Arabie Saoudite, aux Etats-Unis, dont le système juridique inique et cynique est reconnu par certains acteurs de ce système lui-même, comme étant l’un des plus injustes au monde [23].
Dans ce cas, nous pouvons nous opposer, ainsi que tous les gouvernements occidentaux, Nicolas Sarkozy, Bernard-Henry Levy, à la condamnation à mort aux Etats-Unis de Teresa Lewis, une autre pauvre femme, déficiente mentale, dont la vie sera bientôt effacée de la surface de la Terre, dans l’indifférence générale…(Cette mise à mort a eu lieu, ce 23 septembre 2010)[24].
Finalement, peu importe, si, grâce à ce tapage, une vie, en Iran, peut-être sauvée. En fait, cela importe.
Ce n’est pas un point de détail, un hasard sans conséquences, si cette empathie soudaine des médias occidentaux pour une femme, une meurtrière, concerne l’Iran. Cette femme-là, cette condamnation-là, dans ce pays-là. A ce moment-là. Il n’y a rien de fortuit.
Rien de sincère. Vos émotions en sont l’enjeu.
Si aucun référendum populaire ne précédera la mise à feu des missiles vers l’Iran, cela paraît clair, il ne faut toutefois pas sous-estimer la réaction des populations, une fois l’ampleur des pertes civiles connues, bien que les médias, CNN, BBC, TF1, fassent tout pour en camoufler la portée. Comptez sur les journalistes « intègres » qui nous désinforment à longueur de journée, pour cela.
C’est le mouvement anti-guerre, aux Etats-Unis, qui a fait cesser la geurre au Vietnam et a fait reculer Nixon [25].
Ce n’est pas le manque de balles ou d’idées dans l’esprit des stratèges US. La réaction populaire occidentale, sa force, sa vitesse d’apparition, dans le cas d’une guerre finalement déclarée contre l’Iran, seront conditionnées par l’image que tous auront de l’Iran d’Ahmadinejad à ce moment.
Ahmadinejad et son gouvernement, démocratiquement élus, ne veulent pas détruire tous les juifs et effacer Israel de la surface de la Terre.
Par contre ils veulent, comme une majorité d’Iraniens qui ont voté pour eux, faire cesser les guerres impériales menées par les Etats-Unis et Israel, dans la région.
Ils veulent que le génocide pratiqué à l’égard des Palestiniens, leur déportation, leur emprisonnement dans d’énormes enclos à ciel ouvert, sans infrastructures civiles que n’importe quel état mérite, cesse !
Le principal obstacle entre ce souhait et la réalité, c’est Israel. Ce n’est pas le Hamas. Ce n’est pas Ben Laden. Ce n’est pas Ahmadinejad.
Le dernier massacre, celui de Gaza, à coup de plomb durci et d’uranium appauvri, a ravivé la tension entre les deux pays, et l’a mené à son paroxysme.
Dans la région, l’Iran et ce gouvernement-là sont les défenseurs les moins hypocrites et les plus intransigeants des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza qui subissent, parce qu’ils sont dans le chemin des visées hégémoniques d’Israel, et non à cause de leurs roquettes artisanales, un véritable enfer.
Par ailleurs, plus de vingt-mille juifs vivent en Iran, sans subir la moindre humiliation de la part du régime dominant [26], même si, comme partout, en Iran moins que dans certains endroits du monde, des extrémistes se déchaînent parfois sur eux verbalement. Ces extrémistes, comme les médias en France ou aux Etats-Unis voudraient pourtant nous le faire croire, ne sont pas le régime au pouvoir.
Sur ce plan, si l’empathie occidentale pour Sakineh était vraiment sincère et non un coup de poker politique, les leaders européens et nord-américains devraient se joindre à l’Iran et faire cesser l’intolérable calvaire palestinien.
Un Iran nucléaire ne serait-il pas le meilleur antidote à la folie d’Israel (du gouvernement israélien actuel au pouvoir), une folie aujourd’hui insensible à tous les appels à la raison.
Israel est le véritable état religieux extrémiste de la région qui utilise des prétextes religieux pour justifier ses actes, son armement nucléaire clandestin et son attitude inhumaine vis-à-vis de minorités.
Ce n’est pas l’Iran.
Quant à ce désir d’armes nucléaires dont on accuse l’Iran, refusant de les croire quand ils disent vouloir disposer d’installations à visée civile [27], comme pour les armes de destruction massive irakiennes en son temps, ce projet militaire n’est pas prouvé aujourd’hui, ni par Israel, ni par les Etats-Unis, ni par l’AIEA, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.
Déjà en 1998, à l’époque, les inspecteurs des Nations Unies pour le désarmement en Irak avaient eu beau nier l’existence de cet arsenal fantasmé par les anglo-saxons, rien n’y a fait. La guerre était programmée de toute façon [28].
Petit voyage au paradis, les armes de destructions massives de l’Occident
Quittons l’Iran et visitons le fabuleux Occident, donneur de leçons et gardien de la morale mondiale.
La cure d’austérité préconisée par le FMI
Le Fonds Monétaire International, pas plus que la Banque Mondiale, n’ont rien d’International, ni de Mondiale.
Menés aujourd’hui par le « socialiste » Dominique Strauss-Kahn et par Robert Zoellick, deux « philanthropes » accomplis, le FMI et la Banque Mondiale sont toutes deux des organisations sous contrôle des Etats-Unis, et des Occidentaux [29].
Appelons un chat un chat. Ce sont le Fonds Monétaire Occidental et la Banque d’Occident. Tels sont les termes corrects, que tous les journaux honnêtes devraient utiliser. Ces organismes appliquent des mesures injustes et malhonnêtes à tout le monde (en ce sens, ils sont international, mondial) mais travaillent pour les riches, les 400 milliardaires étatsuniens et du reste du monde, un club transnational plus puissant que les gouvernements [30].
Pour que le monde comporte 400 supers milliardaires, comprenez-vous qu’il faut absolument des milliards de pauvres, et même très pauvres sur la Terre ?
Le FMI est un des nombreux moyens d’y arriver.
Après s’être occupé de nombreux pays, dont la Grèce récemment, il s’est jeté, tel un vautour affamé, sur le Pakistan déjà durement touché par des inondations [31].
Toute l’Europe se trouve à présent dans son collimateur.
Les médias occidentaux utilisent , pudiquement, le terme de « réformer » [32]. Entendez par là « baisser les prestations sociales, privatiser les services publics, démanteler le droit du travail. »
‘Réformer’ est en fait ‘piller’, ‘saigner’, ‘dévaliser’.
« Depuis la fin des accords de Bretton Woods, cette institution [le FMI] pilotée par les Etats-Unis (majoritaires en voix) a systématiquement prôné la privatisation et la suppression des politiques sociales (fin des remboursements des frais de santé, fin des services publics etc.). Il n’a jamais présenté un éventail de remèdes disponibles à chaque pays selon sa situation propre…
Les populations sont toujours ressorties appauvries de ces cures d’austérité, et cela a parfois été jusqu’à les priver de ressources vitales.
Ainsi au Ghana au début des années 2000, la privatisation de la compagnie nationale de distribution de l’eau, suite à un ajustement structurel, a contraint de nombreux villageois à devoir choisir entre boire de l’eau potable et manger.
L’entreprise nouvellement en charge de la distribution avait doublé les prix, voire triplé ou quadruplé selon les villes.
Systématiquement, l’élite locale s’est enrichie tandis que le peuple s’est appauvri. Cette politique est criminelle lorsqu’elle prive des citoyens de soins, d’eau potable, de nourriture, ou d’éducation. »
Le transfert de richesses s’opère des pauvres vers les riches.
L’argent prêté par le FMI doit être utilisé suivant les conditions fixées par l’organisme ‘international’ : constructions de centrales électriques, de routes, de barrages », par des entreprises occidentales, états-uniennes [33].
La guerre économique et la corruption des élites nationales suffisent souvent à l’empire anglo-saxon, qui sert les intérêts du complexe militaro-industriel et du système financier occidental, pour arriver à ses fins.
Si le FMI et les « assassins économiques » échouent, alors vient le temps des bombes et des assassinats, après une habile manipulation de l’opinion des masses populaires.
« Ce que l’on nomme ‘mondialisation’, à ce titre, n’est pas autre chose que l’expansion de l’Empire, le FMI étant une arme parmi d’autres ».
Les plans moralisateurs et culpabilisants du FMI, les discours des « experts » chargés de lui préparer le terrain, ne doivent pas faire oublier que c’est la recherche effrénée de profits, sans limites, avec la complicité de certains ministres, qui a mené des banques à la banqueroute, et qu’au lieu de sanctionner les irresponsables, juger les escrocs, responsabiliser les institutions fautives et les impliquer durement dans leur remise à niveau, c’est par un transfert de richesses publiques, appartenant à toute la population, que le sauvetage des banques et des gros actionnaires a eu lieu.
Le FMI, toujours aidé par les complices du premier vol, restés en place, parfois récompensés et promus, voudrait nous piller une deuxième fois.
« Par ailleurs, alors que le Fonds impose des gels -voire des baisses- de salaire un peu partout, celui de son directeur général, le socialiste français Dominique Strauss-Kahn, a connu une hausse supérieure à 7% lors de son arrivée, pour se stabiliser à un demi-million de dollars par an. » [34].
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Saviez-vous qu’en Ukraine, parce que le gouvernement de Viktor Iouchtchenko avait voulu augmenter de 20% le salaire minimum misérable de sa population, fin octobre 2009, le FMI avait de suite suspendu son programme de « sauvetage » ?
La Roumanie, l’Islande sont des exemples flagrants, récents, de prédation du FMI.
Pour obtenir l’argent du FMI, que celui-ci possède déjà par transfert des richesses des pays pauvres vers les pays riches, il faut augmenter ses impôts, tailler dans les dépenses publiques, diminuer les salaires des fonctionnaires et fermer des dizaines d’écoles et d’hôpitaux [35].
Le FMI est bien le meilleur ami des 400 milliardaires du monde entier et un des pires prédateurs de l’humanité.
Corexit et globules rouges, BP, une multinationale qui vous respecte
BP, tristement célèbre avec la catastrophe pétrolière dans le Golfe du Mexique, est le symbole de toutes ces multinationales qui détruisent le monde avec arrogance, BP, et ses partenaires, Halliburton, Anadarko, Transocean [36].
BP est le symbole de ces multinationales plus puissantes que les gouvernements, dictant leur conduite à des institutions fédérales normalement au service des populations, payées par leurs impôts, faisant de l’administration Obama, de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), de l’EPA (Environmental Protection Agency), de la Garde Côtière US, des pantins dans les mains de BP.
Le Corexit est un dispersant de surface pour marées noires.
Le Corexit 9500 décompose le pétrole brut en petites boulettes d’hydrocarbure et une bouillie de pétrole aqueux qui s’infiltre sous les barrages mis en place pour protéger les nurseries de poissons, les parcs à huîtres…Le propylène glycol, un composant majeur du Corexit 9500, est mesuré dans les eaux du Golfe à 150 fois la concentration létale [37].
Le Corexit est un pesticide neurotoxique, interdit dans d’autres pays.
BP est impliqué avec la société qui fabrique le Corexit [38] utilisé sous sa version interdite en Angleterre notamment, du moins près du littoral.
La doctoresse en toxicologie Susan Shaw, fondatrice et directrice de l’Institut de recherche environnementale marine dans le Golfe du Mexique a étudié les effets du produit utilisé par BP [39].
Le Corexit fait éclater les globules rouges, entraîne des hémorragies internes et des lésions hépatiques et rénales, dont souffrent des milliers de Louisianais aujourd’hui. C’est en se combinant au pétrole que le Corexit atteint sa toxicité maximale, passant directement à travers la peau.
Les solvants du dispersant font rentrer le pétrole à travers la peau et le font pénétrer dans les cellules, les organes.
Le docteur en biologie et toxicologie marine Chris Pincetich affirme que le Corexit disloque les membranes cellulaires [40].
Selon tous ces spécialistes, le remède utilisé est plus toxique que le problème à résoudre.
L’EPA, quant à elle, a basé ses conclusions sur la toxicité du Corexit de BP en étudiant les effets sur les poissons après seulement 96 heures d’exposition. Comme les poissons ne sont morts, tous, qu’après deux semaines, elle a conclu à l’innocuité du produit [41] !
Chez BP, comme chez toutes ses consœurs, le profit passe avant tout.
Comme le décrivait le Washington Post, sur base de documents internes provenant du pétrolier, BP « a bafoué la sécurité en négligeant l’équipement âgé, a fait pression sur ses employés afin qu’ils ne signalent pas les problèmes et a écourté voire retardé les inspections afin de réduire les coûts de production. » [42]
« Selon l’agence de santé de l’Etat de Louisiane, les ouvriers de BP deviennent de plus en plus malades après avoir respiré les vapeurs produites par les ‘dispersants’ toxiques et par le pétrole. Les émissions des deux produits combinés étant encore plus dangereuses pour la santé. En conséquence, BP a ordonné à ses employés de ne pas se présenter aux centres médicaux de l’Etat, mais à ceux de l’entreprise. Dans le même temps, la direction de BP interdisait à ces mêmes salariés, sous peine de devoir prendre la porte, de porter des appareils respiratoires pour se protéger des émanations, avec toujours le même souci, celui de l’image. »
« La plupart de ces ouvriers de nettoyage…ne peuvent pas non plus compter sur le soutien d’Obama. En dépit d’une pétition qui a recueilli les signatures de centaines d’associations et de dizaines d’hommes politiques, la Maison Blanche a refusé d’exiger de BP que ses ouvriers soient munis de respirateurs. » [43].
Quand l’EPA a essayé d’interdire à BP l’utilisation du Corexit, l’agence s’est fait remonter les bretelles et a dû baisser d’un ton et de toute façon, malgré ses recommandations revues à la baisse, les gardes-côtes fédéraux ont accordé à BP pas moins de 44 dérogations. [44]
Parce que le produit est fabriqué par une entreprise de laquelle BP est proche, la multinationale préfère l’utiliser, alors que d’autres dispersants seraient beaucoup moins toxiques et dans certains cas deux fois plus efficaces [45].
BP a fait utiliser des dispersants toxiques pour diminuer la masse visible de pétrole afin de diminuer les amendes dont la compagnie fait l’objet, et utilisé le Corexit en particulier, le plus toxique de tous, et un des moins efficaces, parce qu’il était produit par un de ses firmes associées.
Alors qui dirige vraiment les Etats-Unis ? Obama ? Ou BP ?
L’impact de cette catastrophe provoquée par les négligences d’une firme privée sans foi ni lois ne se limitera pas au Golfe du Mexique mais s’étendra au monde entier.
Ainsi,
« L’ensemble de la ‘rivière d’eau chaude’ qui s’étend des Caraïbes jusque sur les bords de l’Europe de l’Ouest se meurt à cause du Corexit que l’Administration Obama a permis à BP d’utiliser pour cacher l’ampleur de la catastrophe pétrolière du Deepwater Horizon de BP.
Les quelque deux millions de gallons du Corexit, ainsi que plusieurs millions de gallons d’autres dispersants, ont fait que la majeure partie des deux cents millions de gallons de pétrole brut, qui ont jailli depuis des mois de la tête du puits BP et des autres sites avoisinants, de surtout couler au fond de l’océan.
Cela a contribué à dissimuler une grande partie du pétrole, avec l’espoir que BP pourrait sérieusement réduire les amendes fédérales du désastre pétrolier.
Cependant, il n’existe actuellement aucune façon efficace de nettoyer le fond du Golfe du Mexique, dont environ la moitié est couverte de pétrole brut.
En outre, le pétrole s’est écoulé le long de la Côte Est de l’Amérique et jusque dans l’Atlantique Nord, et il n’y a aucun moyen de nettoyer efficacement ce pétrole des fonds marins.
Cette énorme quantité de pétrole brut recouvrant une zone aussi immense a sérieusement affecté les systèmes actuels du courant Loop, du Gulf Stream et de l’Atlantique Nord, en brisant les limites des couches du jet d’eau chaude. » [46]
Tout ce système est un des principaux processus de thermorégulation mondiale qui régularise les températures de la planète.
« Nous pourrions être en train d’entrer dans une toute nouvelle ère glaciaire complète…
L’utilisation du Corexit et des autres dispersants par BP, avec la pleine coopération de l’Administration Obama, a créé le danger le plus important dans toute l’histoire de cette planète. C’est ce qui arrive quand une grande nation glisse pour devenir un type de nation du Tiers-Monde, où l’argent seul est la force motrice essentielle dans toutes les actions du gouvernement. » [47].
Radiations, le cadeau de l’Empire occidental au monde entier
Pour terminer ce panorama non exhaustif de l’Occident et de ses ADM, parlons de l’uranium appauvri, le cadeau des armées occidentales au monde entier.
L’uranium appauvri permet d’augmenter la puissance de perforation des obus contre des cibles blindées ou des bâtiments.
Soyons certains que l’Iran aura sa ration d’uranium appauvri, si la « diplomatie » échoue.
Depuis le déferlement « libérateur » des hélicoptères et des tanks anglo-saxons, après la pluie de bombes offertes par les multinationales étatsuniennes de la même famille que BP, les habitants de Fallujah, une entité de 300 000 habitants de l’Irak dévasté, ont 4,22 fois plus de risques de développer un cancer que les Egyptiens ou les Jordaniens. Cette « probabilité est 12,6 fois plus grande chez les enfants de moins de 14 ans. Le risque de leucémie chez les personnes de 0 à 34 ans est 38,5 fois plus élevé. La mortalité infantile atteint des taux record : 80/1000, soit 4 fois les taux égyptien et jordanien. À partir de 2009, ce taux passe même à 136/1000 !! Le « sexe ratio » (le taux comparé d’hommes et de femmes au sein d’une population) est totalement anormal dans la tranche des 0-4 ans vivant à Fallujah où l’on enregistre un déficit de naissances de garçons de 18% ! D’une manière générale, le nombre de naissances a chuté, sans que l’on sache encore si cela est dû à une baisse de la fertilité ou à un nombre plus élevé de fausses couches... Ou aux deux. »
« Les radiations provoquent en effet des changements au niveau de l’ADN dont les effets se font en général sentir sur les descendants. C’est ainsi que des malformations génétiques sont observées sur les enfants des enfants des survivants d’Hiroshima. » [48]
À Fallujah, l’Iran doit sembler bien moins menaçant, même nucléaire, que l’Empire du Bien commandé par les 400 milliardaires de la planète.
Iran ou Occident ?
De qui avez-vous le plus peur aujourd’hui ?
Des armes de destruction massives de l’Occident, bien réelles, que l’Empire anglo-saxon utilise tous les jours devant vos yeux, certaines sur les habitants de pays lointains, d’autres sur leurs propres populations ?
Du FMI, du Corexit, de l’uranium appauvri ?
De BP, d’Halliburton, de Monsanto, d’Exxon, les véritables gouvernements de l’Occident, semeurs de guerres et de produits toxiques ?
Ou d’Ahmadinejad ?
Pascal Sacré
Sources :
[4] Iran : le bobard de l’ « élection volée », http://www.mondialisation.ca/index....
[5] Op.cit.
[7] Op.cit.
[8] Iran : le bobard de l’ « élection volée », op.cit.
[9] Op.cit.
[13] Répression israélienne sauvage contre les manifestations palestiniennes pacifiques : http://ism-france.org/news/article....
[15] Birmanie : répression contre les opposants, Rangoun est le théâtre de violents affrontements :http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-959911,0.html
[16] En Arabie saoudite un condamné a été décapité et crucifié : http://www.amnesty.org/fr/news-and-...
[17] Pour masquer les activités secrètes des médecins de Guantánamo, la Navy a organisé des voyages de presse à l’attention de journalistes complaisants. Ainsi, l’essayiste français Bernard Henry Lévy a-t-il volontiers joué le témoin de moralité en visitant ce qu’on a bien voulu lui montrer. Dans son livre American Vertigo, il assure que cette prison ne diffère pas des autres pénitenciers états-uniens et que les témoignages de sévices qu’on y pratiquerait « ont été plutôt gonflés » (sic) [American vertigo, par Bernard-Henry Lévy, Grasset & Fasquelle 2006.]
Le secret de Guantánamo : http://www.voltairenet.org/article1...
[18] Le scandale Sakineh : http://www.voltairenet.org/article1...
[19] 17 janvier 1991, Opération Tempête du désert, Piège et désinformation, paragraphe 5 :http://www.herodote.net/histoire/ev...
[20] Le charnier de 1989, une falsification célèbre.
Article détaillé : Affaire des charniers de Timişoara.
On rapporta qu’il y aurait eu 1 104 tués et 3 352 blessés pendant l’insurrection contre le chiffre réel de 93 morts à la fin. Les images de cadavres dont l’origine véritable avait été cachée furent abondamment diffusées dans le monde entier. Ce n’est qu’en février 1990 qu’il fut officiellement enfin établi qu’il s’agissait là d’une intoxication. Le nom de Timişoara est dès lors resté associé aux manipulations dont les médias sont toujours susceptibles d’être à la fois les dupes et les relais3. Surtout les relais, car dès la première diffusion des images au public de télévision il était parfaitement visible, pour un observateur un tant soit peu attentif et les journalistes se devraient de l’être professionnellement, que les corps déterrés portaient de nombreuses cicatrices, qui plus est de plaies soigneusement recousues trahissant des interventions chirurgicales. http://fr.wikipedia.org/wiki/Timi%C...
[21] Les autorités iraniennes n’ont pas l’intention de lapider Sakineh (communiqué) : http://www.aps.sn/aps.php?page=arti...
[22] Le scandale Sakineh , op.cit.
[23] The Triumph of Evil : http://www.globalresearch.ca/index....
[24] Teresa Lewis risque d’être exécutée dans 48h aux Etats-Unis dans l’indifférence médiatique générale :http://www.futurquantique.org/?p=11560
[25] Richard Nixon, the memoirs of Richard Nixon, New York, Grosset and Dunlap, 1978. “Bien que j’aie publiquement persisté à ignorer la controverse anti-guerre, […] je savais que, après toute cette contestation et après le Moratoire [les manifestations nationales d’octobre 1969], l’opinion publique américaine serait profondément divisée à propos de toute escalade militaire. »
La loi et la justice, Law and Justice, © Howard Zinn, 1990.
[26] Nucléaire iranien, Yves Bonnet, Editions Michel Lafon, 2008, pp. 354-355
[27] Absence de l’élément clé : la preuve, dans les estimations alarmistes sur le programme nucléaire iranien :http://www.mondialisation.ca/index....
[28] Guerre à l’Irak, ce que l’équipe Bush ne dit pas, William River Pitt, entretien avec Scott Ritter, ancien inspecteur des Nations Unies.
[29] Le FMI veut saigner un Pakistan déjà ravagé par les inondations : http://www.wsws.org/francais/News/2...
[30] Bill Gates, Warren Buffett et les 400 milliardaires : http://www.mondialisation.ca/index....
[31] Le FMI veut saigner un Pakistan déjà ravagé par les inondations, op.cit.
[32] Le FMI attaque l’Europe : http://www.internationalnews.fr/art...
[33] Op.cit.
[34] Ouragan d’austérité sur l’Europe : http://www.cadtm.org/spip.php?page=...
[35] Révolte contre l’UE et le FMI : la Grèce, l’Islande et la Lettonie pourraient montrer la voie :http://www.oxygene.re/exportation/p...
[36] The Gulf oil disaster truth, By Wayne Madsen : http://onlinejournal.com/artman/pub...
[37] Op.cit.
[38] Ce que les grands médias ne disent pas sur le nettoyage de la marée noire, Paul Fassa
[39] Le Dr Susan Shaw expose les dangers du Corexit : http://www.youtube.com/watch?v=Oeea...
[40] Le Dr Chris Pincetich donne son point de vue : http://www.youtube.com/watch?v=1Fxf...
[41] Toxicologists : Corexit “Ruptures Red Blood Cells, Causes Internal Bleeding”, "Allows Crude Oil To Penetrate “Into The Cells” and “Every Organ System" http://www.washingtonsblog.com/2010...
[42] BP, entreprise sado-mazout !
[43] Op.cit.
[44] Exceptions swallow the rule : "Rare cases" turn into daily approvals for dispersant use :http://blogs.edf.org/nanotechnology...
[45] Marée noire : les dispersants utilisés par BP sont-ils toxiques pour l’environnement ?http://www.20minutes.fr/article/405...
[46] Le Gulf Stream et le courant de l’Atlantique Nord à l’agonie : http://pleinsfeux.com/gulf-stream-c...
[47] Op.cit.
[48] L’héritage cancérigène de l’armée américaine en Irak : http://www.bastamag.net/article1165.html
URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Les-armes-de-destruction-massive-de-l-Occident.html

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Monday, November 09, 2009

Israël avertit que l'IDF est prêt à attaquer l'Iran



Israël continue à mettre la pression sur le reste du monde dans le but que de nouvelles sanctions soient voté contre l'Iran. Israël persiste dans sa stratégie de diaboliser l'Iran et d'évoquer la menace Iranienne dans quasiment toutes ses interventions, pour faire oublier le rapport Goldstone et pour saper les accords entre l'Iran et le P5+1 sur le nucléaire. Pour Israël il ne s'est rien passé, les négociations avec l'Iran ne sont qu'une mascarade de l'Iran pour gagner du temps. Contre vent et marée, faisant fi des efforts diplomatiques internationaux, Israël continue de chercher à imposer sa propagande basé sur le mensonge, et reste sur son objectif initial de vouloir détruire la puissance Iranienne. Voyez donc l'article qui suit dans un journal Israélien, un nième article ou Israël menace d'attaquer l'Iran et demande plus de sanctions.



Israël avertit que l'IDF est prêt à attaquer l'Iran
Les avertissements d'Israël, indiquant qu'ils ne toléreront pas de menace existentielle sous forme d’un Iran nucléaire, devraient être pris au sérieux, a averti l’adjoint au Ministre des Affaires Etrangères, Danny Ayalon, dans une interview avec Sky News, en Grande-Bretagne Vendredi.

« Celui qui bluffe est l'Iran, qui essaye de jouer avec des cartes ils n'ont pas, » a déclaré Ayalon. « Toutes les bravades que nous voyons et les essais et une rhétorique très dangereuse et dure, cachent beaucoup de faiblesses. »

Israël a à plusieurs reprises averti la République Islamique -- et le reste du monde -- qu'il ne permettra pas à l'Iran de terminer son programme de développement nucléaire et de créer une arme atomique visant l'Etat Juif.

« Si le comportement et la conduite des Iraniens continue comme ce qu’ils ont montré jusqu'ici, il est clair que leur intention est de gagner du temps et de temporiser, » a déclaré Ayalon. Il a précisé que les négociations avec les nations occidentales n'ont eu comme conséquence aucune réduction des activités nucléaires Iraniennes.

L'Iran se voue à poursuivre tous ses programmes de développement nucléaire, sans tenir compte des propositions pour des solutions de rechange qui ont été offertes par les nations occidentales dans les entretiens diplomatiques. Le Président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré Dimanche dernier que l'Iran est en position de force dans les pourparlers avec l'Ouest, et a comparé la puissance des ennemis de l'Iran à celle « d'un moustique. »

Le chef de l’Armée Israélienne, Gabi Ashkenazi, a poliment averti la République Islamique en Septembre que l'Etat Juif est préparé à se défendre contre toute attaque nucléaire ou autre, qu'ils pourraient être enclins à lancer.

« Nous comprenons tous que la meilleure manière de faire face [à la menace nucléaire Iranienne] passe l’imposition de sanctions internationales] » a déclaré Ashkenazi à un journaliste sur la radio de l'Armée Israélienne. Il a cependant ajouté, « Israël a le droit de se défendre, et toutes les options sont ouvertes. »

Traduction Alter Info




Lundi 9 Novembre 2009



Wikio

Thursday, October 29, 2009

Israël, les Etats-Unis et le droit international





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Mondialisation.ca, Le 29 octobre 2009



En réaction à la sanction par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies du rapport Goldstone qui accuse Israël d’avoir commis des crimes de guerre durant son assaut sur Gaza en 2008-09, ce dernier a dénoncé l’ONU et tente de renverser le droit international en vigueur.

L’objectif explicite de Tel-Aviv est de fournir carte blanche aux Forces de défense israéliennes (IDF) pour qu’elles puissent faire ce que bon leur semble au nom de la « lutte contre le terrorisme ».

Le rapport du juge sud-africain Richard Goldstone dit que la guerre contre Gaza était « une attaque délibérément disproportionnée conçue pour punir, humilier et terroriser une population civile, pour réduire dramatiquement son pouvoir économique régional pour travailler et subvenir à ses besoins, ainsi que pour lui imposer un sentiment sans cesse croissant de dépendance et de vulnérabilité ».

Goldstone a affirmé que le Conseil de sécurité de l’ONU devrait transmettre l’affaire à la Cour pénale internationale si Israël ne procédait pas à une enquête indépendante sur la conduite de l’armée. Les pays signataires des Conventions de Genève de 1949 avaient le devoir d’user de leurs pouvoirs de « compétence universelle » afin de chercher et de poursuivre les responsables de crimes de guerre, a-t-il ajouté.

Le président Shimon Pérès et le premier ministre Benyamin Netanyahou se sont immédiatement opposés au vote du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, ont qualifié le rapport de biaisé et ont refusé de se conformer à ses recommandations. Ehoud Barak, ministre de la Défense et architecte de l’attaque sur Gaza, a refusé même de permettre une discussion au sein du cabinet sur la tenue d’une enquête. Le gouvernement voulait donner à l’armée israélienne « un plein appui pour permettre toute liberté d’action », a-t-il dit.

Netanyahou a insisté qu’aucun officiel israélien n’allait être jugé pour crimes de guerre et a promis qu’un veto (c’est-à-dire celui de Washington) allait rejeter la résolution au Conseil de sécurité. Il a donné l’ordre à son gouvernement de préparer une « campagne mondiale » de lobbying pour modifier les lois internationales de guerre « dans l’intérêt de quiconque luttant contre le terrorisme » et dans le but de s’assurer que les pays abandonnent ou modèrent leurs lois de compétence universelle.

Israël bénéficie du soutien inconditionnel de l’administration Obama, qui a qualifié le rapport Goldstone d’inégal tout en faisant du lobbying pour s’assurer qu’il soit rejeté. Depuis que le rapport a été sanctionné, Washington a réitéré à maintes reprises son appui à Israël et a publiquement critiqué l’ONU.

Cela a atteint un point culminant la semaine dernière, lorsque le président Barack Obama a envoyé à Pérès une vidéo de salutation flatteuse pour la conférence présidentielle de 2009 à Jérusalem, à laquelle avait assisté en son nom Susan Rice, l’ambassadrice américaine aux Nations unies.

Prenant la parole lors d’une conférence, Rice a montré clairement l’attitude de Washington vis-à-vis l’ONU, une institution qu’elle a décrite comme étant « manifestement imparfaite ». Elle a rendu clair que l’autorité de l’ONU doit être invoquée seulement lorsqu’elle s’accorde avec les intérêts américains et qu’elle doit être écartée lorsqu’elle ne correspond pas à ces mêmes intérêts.

« Rien ne peut remplacer la légitimité que l’ONU peut transmettre ou la tribune qu’elle peut offrir pour mobiliser les coalitions les plus larges possibles pour s’attaquer aux défis mondiaux, de la non prolifération nucléaire à la santé mondiale », a-t-elle dit.

« Mais les Nations unies sont une institution composée de nations », a-t-elle poursuivi. « Elle s’élève ou s’écroule selon la volonté de ses membres. Et les Nations unies doivent faire plus, beaucoup plus, pour vivre à la hauteur des braves idéaux de sa fondation — et ses états membres doivent, une fois pour toutes, remplacer le venin anti-Israël par une reconnaissance de la légitimité d’Israël et de son droit d’exister en paix et en sécurité. »

Pour Obama, comme pour le président Bush avant lui, les Nations unies sont un outil utile lorsqu’elles soutiennent et légitiment les intérêts géopolitiques de Washington. Elles le sont également lorsque les résolutions onusiennes fournissent un prétexte pour le lancement d’une guerre illégale d’agression contre l’Irak.

Cependant, lorsqu’une instance de l’ONU tente de rappeler Israël à l’ordre, son action est dénoncée par Rice comme étant « fondamentalement inacceptable ». Cela contraste profondément avec l’attitude de Washington envers l’Iran.

À l’instant même, les Etats-Unis tentent d’invoquer l’autorité des Nations unies, à travers l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et du Conseil de sécurité, pour menacer l’Iran et aller de l’avant avec ses projets pour la domination stratégique des régions riches en énergie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale.

Lorsqu’il est question de Téhéran, qui n’est pas accusé de crimes de guerre, mais tente de développer un programme nucléaire comme le permet le Traité de non-prolifération nucléaire (un programme pour lequel, selon l’AIEA, on n’a pas de preuve nette qu’il vise à acquérir l’arme nucléaire), Obama a affirmé sans équivoque « Le gouvernement iranien doit maintenant faire la preuve par ses agissements qu’il a des intentions pacifiques ou alors il devra se soumettre aux normes internationales et à la loi internationale. »

La politique de Washington, comme celle de Londres, de Berlin ou de Paris, est entièrement déterminée par ses ambitions impérialistes de contrôler les ressources et les marchés mondiaux. L’ONU n’étant en réalité rien d’autre qu’une couverture pratique ou un endroit où marchander pour la satisfaction de ces ambitions. Le régime actuel en Iran est vu comme un obstacle à ces visées.

Israël a longtemps été le gardien des intérêts des Etats-Unis dans la région et, aujourd’hui, il offre une voie probable d’attaque militaire sur Téhéran et ces installations nucléaires, si Washington en décidait ainsi.

Tout en cherchant à défendre un allié stratégique, les Etats-Unis et l’Europe sont déterminés à éviter la création d’un précédent dangereux pour eux qui pourraient mener à des poursuites pour leurs propres crimes de guerre en Irak, en Afghanistan et au Pakistan.

Netanyahou sait tout cela. Il a averti les grandes puissances dans sa réponse au rapport Goldstone : « Il ne s’agit pas d’un problème seulement pour nous. S’ils accusent des officiers de l’IDF, des commandants de l’IDF, des soldats de l’IDF, des pilotes de l’IDF et même des dirigeants, ils vont vous accuser vous aussi. Quoi, l’OTAN ne combat-il pas en plusieurs endroits ? Quoi, la Russie ne combat-elle pas en plusieurs endroits ? »

Une telle connivence politique explique pourquoi les Etats-Unis laisse Israël défier aussi ouvertement l’ONU, alors que l’Iran est proclamé l’ennemi du monde. C’est ce qui explique qu’Obama déclare que les Etats-Unis et Israël sont des « démocraties » qui « peuvent modeler leurs propres destinées », alors même que Netanyahou cherche à légitimer des crimes de guerre et qu’au contraire l’Iran est l’objet de sanctions et de menaces.

Et c’est pourquoi le premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy ont écrit à Netanyahou pour déclarer qu’ils reconnaissaient à Israël « le droit à l’auto-défense » après l’adoption du rapport Goldstone alors que Brown demande que l’on trace « les limites à ne pas dépasser » sur la question des « violations des engagements internationaux » de l’Iran.



Article original en anglais, WSWS, paru le 28 octobre 2009.


Articles de Jean Shaoul publiés par Mondialisation.ca

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