22/Bibliographie
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#Bénin,#BurkinaFaso, #CôtedIvoire,#GuinéeBissau,#Mali,#Niger, #Sénégal #Togo #Cameroun,#CentrAfrique, #Congo, #Gabon,#GuinéeEquatoriale #Tchad #France
Faire savoir la vérité et être à sa recherche tel est le but de mon blogue. Je vous invite donc à faire jaillir la vérité par chacune de vos interventions sur ce blogue que vous rendrez plus éclairant. Soyez les bienvenu(e)s.
22/Bibliographie
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21/Le Futur de la Zone CFA:un avenir incontournable.
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20/La souveraineté passe par la Création d’une monnaie africaine
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2/Anticonstitutionnalité du franc CFA.
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février 21, 2009
En atteignant en 2008 le chiffre record de 20,5 milliards de dollars, Total a fait le plus gros profit jamais réalisé par un pétrolier français. Principalement en puisant sans retenue le pétrole des pays du golfe de Guinée et sur le dos des consommateurs.
Les dirigeants du pétrolier français peuvent croisés les doigts sans faire la fine bouche. L’année 2008 a été très bonne en ceci que les bénéfices ont progressé de 22% pour atteindre 20,5 milliards de dollars.
Un montant en hausse obtenu en grande partie grâce à la flambée des cours du pétrole sur le marché l’année écoulée. C’est le plus gros profit jamais réalisé par un groupe français. C’est pratiquement le quart des bénéfices réalisés par les 40 plus grands groupes privés français en 2008 : 85 milliards d’euros.
En effet,Total doit ses bénéfices record à l’envolée des prix du baril du brut qui, en juillet 2008, ont atteint les 147 dollars. Une véritable euphorie qui a duré huit mois dans le secteur pétrolier et permis aux compagnies pétrolières de réaliser des profits importants. Le géant américain Exxon mobil est arrivé en tête avec 45, 2 milliards de dollars de bénéfices. Des bénéfices jamais réalisés par une entreprise.
Afrique mamelle et souffre-douleur
Il importe de souligner que l’Afrique est, comme en 2007, le plus gros contributeur en 2008, avec 783.000 barils par jour. Elle est suivie par le Moyen-Orient avec 432.000 barils par jour. Total exploite des champs de pétrole et vent également l’essence. La hausse des marges liées aux raffinages a battu les records. Notamment sur le diesel.
Les Africains continuent pourtant de vivre dans la faim, la misère, la pauvreté et sont terrassés par des maladies telles que le paludisme, le Vih-sida, la tuberculose…Tandis que leur pétrole est exploité et surexploité par des pétroliers qui font de gros profits et ne se distinguent même pas par des activités humanitaires.
Derrière Total, c’est la France qui pille le pétrole africain dans l’ensemble des pays producteurs de pétrole du golfe de Guinée. Des pays qui comptent presque essentiellement sur l’or noir pour réaliser des grands projets nationaux. Le pétrole est la principale source de revenus dans des pays comme le Nigeria, le Congo, le Gabon, le Cameroun, Le Tchad,Sao Tomé et Principe, l’Angola et désormais la Guinée équatoriale dont le statut de nouvel eldorado pétrolier du Golfe de Guinée est connu de tous. En 1998, la Guinée équatoriale produisait 90 .000 barils par jour. Elle produit trois à cinq fois plus aujourd’hui. Cette production pourrait décupler en 2020 selon les prévisions.
L’année 2008 a été mauvaise pour les consommateurs dans plusieurs pays dans le monde entier. A commencer paradoxalement par les pays producteurs de pétrole en Afrique. Au Cameroun, la grève des transporteurs qui revendiquaient la baisse des prix du carburant a ouvert la voie aux “ émeutes de la faim ” qui ont secoué le pays du 25 au 29 février 2008 et entraîné la mort de plusieurs dizaines de personnes qui manifestaient leurs mécontentements dans les rues de plusieurs capitales régionales du pays.
En France, des associations de défense des consommateurs accusent Total de faire des profits sur le dos des consommateurs. Dans la mesure où les prix à la pompe ne baissent jamais à hauteur de la baisse du pétrole sur le marché international. Certaines associations proposent la création d’une taxe sur les pétroliers que l’Etat français pourrait prélever au profit de la création des emplois supplémentaires ou de la mise en œuvre des programmes sociaux…en France ! Et l’Afrique alors ?
Le prix du baril est tombé à 35 dollars en décembre 2008. Au dernier trimestre de l’année dernière, un climat d’insécurité dans les zones pétrolifères de la côte et du Delta du Niger a entraîné des arrêts de production qui ont débouché sur une baisse de production de 1% du nombre de barils extraits sur la période concernée. Cette baisse de production a conduit à une baisse des bénéfices de 8%. Total a aussi procédé à un arrêt de la production en Libye. A cause du tarissement naturel des exploitations et surtout le respect de la régulation de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).
Selon Christophe de Margerie, le Directeur général de Total, les résultats de 2009 ne seront pas aussi performants que ceux de 2008. D’abord, à cause de la chute du baril du pétrole dont le prix est en ce moment inférieur à 40 dollars, mais ensuite et surtout le ralentissement de la demande liée à la crise économique mondiale.
Total dont le niveau de production est resté le même qu’en 2007, à savoir 2,34 millions de barils par jour, table sur la prévision d’un baril à 60 dollars en 2009. Il maintient ses investissements à 18 milliards de dollars, comme l’an dernier. Les trois quarts consacrés à l’exploration et à la production.
En Angola, Total maintient son projet de gaz naturel liquéfié dont la production doit débuter en 2012. Au Nigeria, Total poursuit des travaux pour porter d’ici à 2010 la production du champ d’Ofon à 100.000 barils par jour, contre 40.000 actuellement.
Un autre champ basé à Akpo, en off shore profond, doit entrer en production au second semestre de cette année, avec la prévision de 225.000 barils par jour. Il y’a enfin des études d’ingénierie qui doivent continuer au champ d’Egina.
Total est un pétrolier français bien connu dans le monde entier et en Afrique en particulier; notamment dans l’exploration et l’exploitation de l’or noir partout où il a pu s’établir. Grâce au régime des concessions qui datent des années de l’indépendance sur le continent africain.
Depuis bientôt un demi siècle, des pays africains ont cédé des exploitations, à des compagnies pétrolières. En échange des royalties reversées souvent de manière opaque aux gouvernants des pays dont ces compagnies exploitent les sous-sols. Ce que Total fait en Afrique est pareil à ce qui se passe dans les pays comme l’Arabie Saoudite, au Moyen-Orient et le Venezuela, en Amérique latine.
Sortir de l’engrenage comme la Sonara
Par la suite, il y’a eu le régime dit de partage de la production et de la vente dont les modalités d’application ont rarement été favorables, sur le terrain, aux pays producteurs de pétrole africains. Sans oublier une assistance technique, soit pour la formation des cadres dans la commercialisation du pétrole brut - ce fut le cas au Congo-, soit en matière de maintenance des installations qui était chèrement payée, pour ce qui concernait jusqu’à récemment la Société nationale de raffinage de pétrole (Sonara) du Cameroun. Société qui raffine le pétrole d’autres pays, mais pas le pétrole brut du Cameroun qui est raffiné ailleurs.
Un véritable paradoxe qui pourrait être corrigé si le Cameroun est déterminé dans sa volonté de raffiner enfin son pétrole brut. Ce qui lui permettrait non seulement de gagner davantage dans la production, mais surtout de créer de nombreux emplois. En utilisant des géologues pétroliers camerounais dans l’exploration ou la prospection pétrolière d’une part, et d’autre part, des ingénieurs et techniciens hautement qualifiés ou compétents dans les domaines de la production et de la pétrochimie.
Les compétences ne manquent pas au pays et au sein de la diaspora camerounaise. Certains Camerounais occupent d’ailleurs des fonctions de directeurs techniques dans des sociétés pétrolières étrangères basées en Afrique et au Moyen-orient. L’arrêt du contrat d’assistance technique relatif à la maintenance des installations de la Sonara avec le pétrolier français est une opportunité pour le Cameroun qui va économiser des milliards, envisager rapidement le raffinage de son pétrole brut avec tout ce que cela comporte comme gains issus des produits dérivés du pétrole et enfin valoriser des compétences locales. Les Compatriotes qui travaillent à Total ne sont aussi bien rémunérés que les expatriés français, même lorsqu’ils ont de l’expérience et les meilleures qualifications.
Cela fait penser à la décision stratégique et patriotique du Cameroun de créer la compagnie Cameroon Airlines (Camair). Il y’a une trentaine d’années, le Cameroun se retirait alors de Air Afrique pour créer sa propre compagnie nationale. Ce fut une décision courageuse de feu président Ahmadou Ahidjo qui avait vite compris les enjeux et la nécessité de ce projet. Malgré la disparition de la Camair qui vient d’être remplacée par la Camair -Co, c’est l’Afrique toute entière qui est fière de la qualité et de la compétitivité des pilotes camerounais dans le monde de l’aviation internationale.
© Quotidien La Nouvelle Expression : Écrit par Edmond Kamguia K.
Port, Rail, Plantations : Le triste bilan de Vincent BOLLORÉ au Cameroun
Par Thomas DELTOMBE
"Il est difficile de regarder en conscience les gens et les choses des Tropiques à cause des couleurs qui en émanent" Louis-Ferdinand Céline
Grâce au rachat de vieilles entreprises coloniales Françaises et à la privatisation d’une part importante du patrimoine économique national, le groupe BOLLORÉ est devenu un acteur incontournable dans le tissu économique comme dans la vie politique du Cameroun.
Concessionnaire de la société de chemin de fer Camrail depuis 1999 (jusqu’en 2034), il a obtenu la concession du terminal à conteneurs du port de Douala en 2005 (jusqu’en 2020).
Ses diverses agences, regroupées sous la marque corporate Bolloré Africa Logistics depuis septembre 2008, sont présentes dans la capitale économique, Douala, dans la capitale politique, Yaoundé et dans le nord du pays, à Garoua. La gestion de l’ensemble des flux de production d’aluminium produit à l’usine d’Edéa, gérée par le géant Canadien Rio Tinto-Alcan, la logistique de la construction du pipeline Tchad-Cameroun, opéré par Exxon-Mobil, et la logistique "door to door" pour le compte de Total font partie des "références" Camerounaises dont se flatte le groupe sur son site internet.
S’il a abandonné les chantiers forestiers après avoir participé, selon certaines ONG, au "pillage" de la forêt Camerounaise, le groupe gère toujours un parc à bois, grâce à sa Société d’Exploitation des Parcs à Bois du Cameroun (SEPBC).
Il contrôle par ailleurs d’immenses plantations, soit directement, via Safacam qui exploite 8 400 hectares de palmiers à huile et d’hévéas, soit indirectement, via la société belge Socfinal qui gère 31 000 hectares de palmiers à huile dans le pays. Les responsables du groupe BOLLORÉ jurent ne pas "contrôler" les plantations de Socfinal. Ce que contestent la plupart des observateurs (5).
La mainmise progressive du groupe BOLLORÉ sur ce vaste patrimoine et la "rationalisation" à marche forcée de ces "actifs" ne sont pas sans poser d’importants problèmes.
Le premier d’entre eux est d’ordre symbolique et politique. L’accaparement d’entreprises coloniales par de lointains jeux financiers et la cession de secteurs stratégiques des économies nationales Africaines par le biais des privatisations, ne peut qu’inciter une partie des Camerounais à considérer l’intrusion de Vincent BOLLORÉ comme une forme de néo-colonialisme. Et cela d’autant plus que le Cameroun, ancien territoire sous tutelle Française pendant la période coloniale, reste géré par une élite locale qui, héritière d’une indépendance dessinée par les Français eux-mêmes, agit plus en fonction de ses intérêts propres que de l’intérêt général.
Alors que les dirigeants du groupe BOLLORÉ s’affichent fréquemment avec le président Paul BIYA, sa femme Chantal ou certains autres hauts responsables du régime, beaucoup de Camerounais se demandent jusqu’où va l’ingérence de Vincent BOLLORÉ dans les affaires intérieures de leur pays.
Nombreux sont ceux, par exemple, qui se sont interrogés, début 2008, sur le limogeage du directeur général du Port Autonome de Douala (PAD), Emmanuel ETOUNDI OYONO, par le président Paul BIYA... alors même que ce dernier venait publiquement de le féliciter pour sa gestion du PAD.
Paie-t-il la remise en cause de certains avantages obtenus, les années précédentes, par le groupe BOLLORÉ ?, se demande alors le quotidien Camerounais Mutations.
Allégations aussitôt démenties par le groupe, avec modestie : "Ce serait prétentieux de croire que le président de la république du Cameroun est à la solde du groupe BOLLORÉ"… Pour Pius NJAWÉ, l’emblématique directeur du journal "Le Messager", l’ingérence du groupe BOLLORÉ dans la vie politique du Cameroun ne fait pourtant aucun doute. "C’est une sorte d’Etat dans l’Etat, explique-t-il dans un récent reportage diffusé sur France Inter. Vincent BOLLORÉ, c’est une illustration parfaite de la Françafrique !".
Quand bien même on exagérerait l’influence politique de Vincent BOLLORÉ, il est indéniable que son implantation au Cameroun est ressentie comme une mutilation par une partie de la population locale.
C’est le cas par exemple depuis que le groupe a obtenu, en partenariat avec le groupe sud-africain Comazar, le contrat d’exploitation de la Regifercam (devenue Camrail).
Construit dans le sang à l’époque coloniale, nationalisé à l’indépendance en 1960, et étendu au Nord et à l’Ouest du pays par la suite, ce réseau ferré était devenu un des symboles de la souveraineté économique et de l’intégration nationale du pays. La cession de sa gestion à un groupe Français apparaît dès lors comme un triste retour au passé.
L’amertume est d’autant plus grande que la mise en concession a eu pour conséquence l’augmentation des tarifs pour le transport voyageurs et la fermeture des lignes "non rentables" : offrant de bien meilleurs retours sur investissement, c’est surtout le "réseau utile", c’est-à-dire le transport des marchandises, qui a profité en priorité de la mise en concession. "Du fait de la participation des ancêtres aux travaux forcés qui ont permis la pose du rail, l’on s’est approprié ce dernier comme un héritage, observe ainsi le chercheur Claude ABÉ en étudiant la situation autour du tronçon Yaoundé-Douala.
La suppression des arrêts et des gares est vécue comme une fabrique de l’oubli et du dépaysement de l’identité de soi ; c’est-à-dire comme une brouille du lien culturel et historique qui unit les vivants aux morts".
Le ressentiment est tout aussi profond autour des plantations industrielles récupérées par le groupe BOLLORÉ.
Personne n’oublie les conditions de travail qui y régnaient il y a seulement soixante-dix ans. Comme l’a rappelé dans son autobiographie l’ancien syndicaliste Gaston DONNAT, qui vécut au Cameroun dans les années 1940, des villageois étaient désignés par les chefs traditionnels, sur ordre des administrateurs coloniaux, pour être déportés vers les plantations, corde aux cous et encadrés par des miliciens. Installés dans des baraquements, retenus prisonniers par des clôtures, et toujours surveillés par des gardes armés, nombre d’entre eux ne sortirent jamais des plantations.
Compte tenu de ce lourd contexte historique, la "gestion sociale" dans les filiales Africaines du groupe BOLLORÉ se devrait donc d’être irréprochable. Elle est loin de l’être. "Sa gestion des ressources humaines est du cuir dont on fait les cravaches", note le journal d’enquêtes sociales "Le Plan B", qui constate qu’en moins de dix ans de concession un tiers des trois mille six cents salariés de la Camrail ont été licenciés.
En conséquence, ces dix années ne furent pas de tout repos pour les leaders syndicaux de Camrail qui durent subir des infiltrations patronales, des mutations forcées, des licenciements punitifs et même, pour certains, des mois d’emprisonnement.
A certains égards, les syndicalistes sont devenus les souffre-douleur de l’entreprise, au moment où toutes les populations villageoises sacrifiées sur l’autel de la "modernisation" protestaient, par des marches pacifiques ou en élevant des barricades sur les voies ferrées, contre "le caractère asocial de certaines restructurations (…) et les visages inhumains de la privatisation".
Sur le port de Douala, les relations sociales ne sont pas non plus au beau fixe. Dominante à travers ses différentes filiales enchevêtrées, la multinationale BOLLORÉ y est notamment suspectée de chercher à asphyxier les acconiers Camerounais. Que nenni, rétorque le conglomérat, qui trouve de bon ton de reprocher aux contestataires une "utilisation maligne d’arguments nationalistes"…
La situation n’est pas meilleure dans les plantations de la Société Camerounaise des palmeraies (Socapalm), ancienne société publique, privatisée en 2000 et détenue depuis à 38,75 % par Vincent BOLLORÉ via le groupe belge Socfinal. Les syndicats reprochant entre autres au groupe "le limogeage en série des cadres Camerounais au profit des cadres Belges", les grèves et protestations se multiplient.
Dans la plus grande plantation de palmiers à huile du Cameroun, à Kienké, on assiste même, selon la correspondante au Cameroun du journal Français "Libération", à "un Germinal sous les tropiques".
Des milliers d’ouvriers y travaillent, six jours par semaines, sans couverture sociale et sans même de gants, pour 22 francs CFA par régime de 15 kg récolté.
Les plus privilégiés peuvent de cette façon gagner 53 euros par mois… quand la cascade de sous-traitants qui les emploient n’oublient pas de les payer. Et lorsque, fin 2007, le leader d’un syndicat improvisé – les autres sont souvent achetés – s’élève contre ces pratiques, et contre l’insalubrité et la surpopulation des baraquements où les travailleurs sont parqués, il est prestement arrêté par la police. Et les autorités lui glissent à l’oreille : "Si tu continues, on va te tuer".
Les choses ont peu de chances de s’améliorer. Car si Vincent BOLLORÉ a conservé ses exploitations de palmiers à huile malgré le recentrage de son groupe sur le secteur des transports et de la logistique depuis le début des années 2000, c’est qu’il mise sur les agro-carburants, censés servir dans un avenir proche de substituts "écologiques" aux énergies fossiles.
Aussi les plantations de palmiers à huile du groupe au Cameroun (Socapalm, Safacam, Ferme Suisse), ne cessent-elles de s’étendre, provoquant l’expulsion des populations, manu militari et sans dédommagement, et la destruction progressive des forêts et des cultures traditionnelles locales.
Principales victimes : les Bagyeli, plus connus sous le nom de "pygmées". "Certains d’entre eu" sont maintenant entourés de toute parts par les plantations, dans lesquelles on ne leur permet pas d’entrer, s’inquiète par exemple Julien-François GERBER qui a enquêté sur la plantation de Socapalm à Kienké. S’ils le font et si les gardes les attrapent, ces derniers les expulsent à coup de bâtons. Ils sont forcés de vivre dans une zone marécageuse inondable où pullulent moustiques et maladies associées (choléra, paludisme)
Mettant en danger la souveraineté alimentaire des populations, l’expansion des plantations et le détournement de l’huile de palme pour la fabrication d’agro-carburants menacent aussi l’environnement. L’usine installée dans la plantation de la Socapalm à Kienké rejette ainsi une huile souillée, probablement mélangée à des produits chimiques, qui se déverse dans les cours d’eau environnants. "Les habitants interviewés sont parfaitement conscients du danger que cette pollution peut représenter pour la santé, et la pêche est évidemment devenue impraticable dans l’affluent en question", poursuit Julien-François GERBER. "Mais ils se débrouillent comme ils peuvent, notamment en recyclant cette huile de mauvaise qualité et en la vendant à des huiliers et savonniers artisanaux".
Le Cameroun ne fait malheureusement pas exception. Sur le port d’Abidjan (Côte d’Ivoire) aussi, les conflits sociaux sont fréquents entre les travailleurs locaux et le groupe BOLLORÉ, gestionnaire du port depuis 2004. S’agissant de la Sitarail, société de chemin de fer Ivoiro-Burkinabé qu’exploite le groupe depuis 1994, les griefs des syndicalistes ne sont pas sans similitudes avec ceux qu’expriment leurs homologues Camerounais.
Quant aux plantations, on trouvera sur internet un rapport édifiant réalisé en 2005 par la Mission des Nations Unies au Liberia (UNMIL) sur la situation des droits de l’homme dans cinq plantations d’hévéas libériennes. Y sont décrites, noir sur blanc, les méthodes utilisées par la plantation gérée par Socfinal : compression des coûts grâce au recours massif à la sous-traitance, utilisation de produits cancérigènes malgré le manque de formation et d’équipement offerts aux ouvriers, travail d’enfants de moins de quatorze ans, bâillonnement des syndicats, licenciements arbitraires, maintien de "l’ordre" par des milices privées, évictions des villageois gênant l’expansion de la zone d’exploitation.
Un seul détail manque dans cet exposé accablant, constatent les journalistes Nicolas CORI et Muriel GREMILLET : le nom de Vincent BOLLORÉ. Certes, le rapport mentionne que la plantation Libérienne appartient à une société basée au Luxembourg, Intercultures. Mais il n’est nulle part précisé qu’Intercultures appartient au groupe belge Socfinal, dont le groupe français BOLLORÉ détient 38,75 %. "Pourtant, c’est bien Vincent BOLLORÉ qui est derrière tous ces événements, précisent les deux journalistes. Grâce à l’opacité de son groupe il peut engranger de l’argent au Libéria, sans que son image en soit altérée".
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Fcfa
Pour l'alter mondialiste Français, les financements extérieurs pour le développement sont une source de tarissement des économies Africaines, contrairement aux financements autonomes.
Qu'est qui motive vos actions?
Nous avons commencé à travailler pour le développement sur deux sujets il y a quelques années. Nous voulions d'abord obtenir l'annulation de la dette. On s'est rendu compte que les financements extérieurs étaient une source de tarissement des économies des pays du Sud. Avec des aides qui servent le plus souvent aux bailleurs de fonds sous la tutelle du Fmi/Banque Mondiale.
C'est la raison pour laquelle depuis quelques années, on s'oriente beaucoup plus vers le financement autonome du développement, en s'attaquant aux flux sortants plutôt que ceux entrants, aux questions de détournement de fonds, mais aussi et surtout aux questions de fraude fiscale qui représente des volumes très colossales.
Nous estimons que sur 15 Euros versés pour le développement dans certains pays d'Afrique, 5 à 10 de cet argent disparaissent dans les poches des gens par le vol et la corruption. Le Camerounais se voit pratiquement confisquer sa souveraineté, sa liberté et même sa politique.
La dette est le cœur de l'injustice entre le Nord et le Sud. On a des prêteurs ; un certain nombre de banques qui prêtent aux gouvernements qui s'avèrent finalement soit insolvables, soit corrompus.
Ces prêts servent aussi à promouvoir les exportations de la France, des Etats-Unis, bref, des grandes puissances économiques qui prêtent. A leur actif aujourd'hui, ils savent que ce sont les populations des pays endettés qui payent la facture.
Pour nous, société civile Française, il y a là un véritable scandale, une double peine. Les populations des pays endettés ont dû payer la corruption et la répression des gouvernements, et maintenant, ils doivent payer la dette. Pour nous, il est temps que les créanciers assument leur responsabilité en annulant toutes les dettes.
Qu'en est-il du problème des Présidents indexés par la justice Française ?
Le 5 mai 2009, la juge parisienne Françoise DESSET a décidé de la recevabilité d'une plainte de l'ONG Transparency International, à l'encontre de trois chefs d'Etat d'Afrique Centrale pour les détournements des fonds publics. Le parquet qui est sous la tutelle directe du gouvernement veut empêcher l'ouverture de l'enquête. Une attitude révélatrice à plusieurs égards ; d'abord on estime que cette crise est une crise de l'argent, de l'argent flou, de l'argent du profit qu'on recherche à n'importe quel prix (capitalisme), et qui fait qu'on sacrifie les ressources de la planète, les règles les plus élémentaires de la morale, des droits de l'Homme, c'est là les motifs de la crise.
Révélatrice aussi pour ce qui est des biens mal acquis. Un pays comme le Congo Brazzaville a 70% de sa population qui vit avec moins de 500 francs Cfa par jour. Pendant ce temps, l'argent de la dette sert à financer les armes qui vont massacrer une partie de cette population. Et bien, le financier ferme les yeux, le gouvernement aussi et c'est là pour nous le vrai problème.
Qui est-ce que le gouvernement français protège?
Au Congo Brazzaville, la majorité des entreprises sont Françaises, que ce soit dans le transport, le bois avec BOLLORE, Total et la grande distribution. Ce sont des entreprises qui ont l'oreille attentive de l'Elysée. Nicolas SARKOZY s'est vu offrir des vacances dans un yacht par Vincent BOLLORE qui est comme on le sait quelqu'un qui est solidement implanté économiquement en Afrique. La France ne peut pas continuer de briser sa relation avec l'Afrique à cause des affaires. On observe une montée en puissance dans certains pays d'Afrique Centrale un sentiment anti-français. On les comprend tout à fait, parce que l'histoire entre la France et l'Afrique est douloureuse et sentimentale. Maintenant, il faut que cette relation et cette solidarité puissent continuer.
Pourquoi le chef de l'Etat du Cameroun n'a-t-il pas été cité?
Nous sommes une ONG; nous faisons avec nos moyens. Nous n'avons pas accès aux comptes bancaires de tout le monde; nous ne pouvons pas être très affirmatifs sur ce cas précis maintenant; nous avons cependant eu des rumeurs faisant état de la fortune du président Paul BIYA.
A l'heure de boucler notre rapport en 2007, nous n'avions pas d'éléments suffisamment probants pour en parler. J'espère que l'affaire des biens mal acquis des présidents permettra aux langues de se délier. Nous nous intéressons pour l'heure sur la présence des comptes de Franck BIYA logés en Principauté Monaco. On entend parler des biens immobiliers d'une grande valeur en Suisse et en France. Je ne peux pas être plus explicite maintenant. Les enquêtes suivent leur cours ; le moment venu, nous tiendrons les médias informés.
On évoque très souvent une forme de complicité entre Transparency International et le gouvernement Camerounais. Qu'en dites vous?
J'ai dirigé les rapports sur les biens mal acquis; cela a abouti au dépôt d'une plainte en 2007. Nous avons recensé des informations qui étaient disponibles sur un certain nombre de chefs d'Etat. En tête de classement, ce ne sont pas les Africains. Ce sont les Indonésiens, les Irakiens, (avec Saddam Hussein notamment)… Sur ces cas-là, il y avait déjà des processus de restitution des biens qui étaient en cours. On a réussi à rassembler davantage d'informations sur le Cameroun, nous avons eu vent d'un certain nombre de rumeurs. Nous n'avions pas d'éléments suffisamment solides à l'époque pour écrire quelque chose à ce sujet.
Maintenant, les choses se précisent de plus en plus. Manifestement, nous savons que la corruption est un problème au Cameroun, et que des procédures doivent être intentées à l'égard des dirigeants Camerounais ou de leurs complices en France sur la question. Nous veillerons pour que les choses se passent bien
Comment le Cameroun doit-il gérer la crise financière?
Le Cameroun est devenu très vulnérable depuis 30 ans. A cause de la dette avec la Banque mondiale, l'économie Camerounaise est devenue totalement dépendante du système international, tourné vers l'exportation. L'ouverture des frontières est presque totale et les paysans font face à une concurrence dure, avec les produits d'une agriculture ultra mécanisée, ultra subventionnée.
Pour nous, la solution doit être la reprise en main du destin des paysans par le gouvernement Camerounais s'il veut demeurer crédible auprès de sa population. On estime que le salut du Cameroun viendra d'une meilleure exploitation de ses richesses, d'une répartition équitable des revenus aux Camerounais, et non par une sécurisation exclusive des entreprises des puissances étrangères comme c'est le cas actuellement.
Quel message adresseriez-vous aux dirigeants Africains accusés de détournements?
Nous avons notre travail à faire en France pour qu'il n'y ait plus de complaisance avec le pillage en Afrique. Maintenant, je vais aussi adresser un message aux dirigeants Africains, Mgr TUMI l'a dit en janvier dernier dans un message: "Rendez les fonds que vous avez détournés, car il est encore temps! Vous y sauverez votre honneur, vous pouvez le faire avant que la justice vous rattrape".
Les fortunes qui sont faites sur le dos des populations Africaines sont des fortunes mal acquises (fraude fiscale, manne pétrolière, commissions perçues). Ce sont ces fortunes là que nous souhaitons voir restituer aux populations.
Nous Sommes le Congo !
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Pour un Etat de Droit au Congo !