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Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










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Monday, October 12, 2009

Déconstruire le discours israélien (Dissident Voice)


Dan LIEBERMAN
photo : des militants suisses pendant un match de qualification pour la coupe du monde en 2007 http://www.bdsmovement.net/
Alors que se pose de plus en plus la question de la démocratie en Israël, son aura de mystère est de plus en plus surfaite. Pour légitimer ses méthodes, les partisans d’Israël s’en tiennent aux trois éléments qui constituent la détermination d’Israël à devenir un pays accompli : l’importance de la mission sioniste, Israël en tant qu’état juif, et la non-culpabilité d’Israël dans le déplacement des Palestiniens.

Tous ces sujets, qui avaient tenu un rôle lors de la création de l’état d’Israël, font l’objet de généralités évasives dépourvues de données et de faits précis. Les écrans de fumée, le manque de transparence et le postulat que tout ce qui est dit est exact caractérisent souvent les discussions sur ces questions. Aucune remise en cause et rien à justifier. Les faits contredisent pourtant les histoires que les partisans d’Israël s’évertuent à inventer.

Il est indispensable de déconstruire les discours mensongers débités en Israël si on veut ensuite poser les fondations sur lesquelles la paix au Moyen-Orient pourra se construire.

La mission sioniste

Les sionistes se veulent les précurseurs de la pensée et des aspirations juives, conduisant le peuple juif vers la liberté et accomplissant les promesses qu’un monde hostile n’avait pas tenues.

L’histoire contredit cette image, en particulier celle qui présente le sionisme comme un mouvement de masse du peuple juif.

La doctrine sioniste n’attirait pas beaucoup les populations juives à la fin du XIX°s. Le premier congrès sioniste (1887) devait avoir lieu à Munich, en Allemagne. Toutefois, devant la vive contestation des responsables locaux de la communauté juive, que ce soient les juifs orthodoxes ou réformés, il avait été décidé de transférer la conférence à Bâle, en Suisse.

Le judaïsme réformé, avait maintes fois récusé publiquement, en particulier lors de la conférence de Pittsburgh, le programme sioniste (rejeté en 1999 par le judaïsme réformé contemporain) :

"Nous ne nous considérons plus comme un peuple, mais comme une communauté religieuse ; et donc, nous n’aspirons ni à un retour en Palestine, ni à un culte sacrificiel consacré aux fils d’Aaron, ni au rétablissement d’une des lois concernant un état juif". Les mouvements d’émancipation du XIX°s avaient libéré les Juifs d’Europe occidentale et d’Europe centrale, ce qui leur avait permis de s’intégrer à la société européenne.

"Les Juifs se sont fait connaître dans la littérature, enrichissant la littérature française, anglaise et allemande de romans, de nouvelles, de poésie, et d’essais. En Grande Bretagne, Benjamin Disraeli, qui s’était converti au christianisme, avait écrit des romans populaires avant de devenir premier ministre. Heinrich Heine, qui s’était converti au christianisme afin de pouvoir faire des études de droit en Allemagne, est devenu l’un des poètes allemands les plus appréciés."

Le programme sioniste aurait préféré de toute évidence que Disraeli conserve la religion juive et ne devienne pas Premier Ministre en Grande-Bretagne.

Les Juifs rejetaient le programme sioniste, qui, estimaient-ils, pouvait inciter les états à douter de la loyauté de leurs concitoyens juifs, retarder leurs progrès et renforcer la théorie raciste qui consistait à accuser les Juifs de faire partie d’un complot international. Les rabbins antisionistes ne cessaient de dire : "Sion existe partout sauf à Sion".

Voyons les Juifs russes. Ils avaient bien plus de problèmes que les autre Juifs européens. Néanmoins, ils ne considéraient pas que le sionisme était la solution à leurs difficultés. Entre 1881 et 1914, 2,5 millions de Juifs ont quitté la Russie – 1,7 millions pour se rendre aux Etats-Unis, 500.000 en Europe occidentale, et près de 300.000 dans d’autres pays. Jusqu’en 1914, à peine 30000 à 50000 Juifs russes ont répondu à l’appel des sionistes de s’installer en Palestine, et 15.000 d’entre eux ont fini par retourner en Russie.

Et donc, sans le sionisme, comment l’état d’Israël est-il parvenu à atteindre une population de millions d’habitants ?

En 1914, le sionisme stagnait. D’une manière ou d’une autre, quelqu’un tirait parti de la victoire des alliés à la fin de la Première Guerre mondiale pour soutenir la déclaration de Balfour, qui autorisait "l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif ".

Le mandat sur la Palestine accordé par la Société des Nations à la Grande Bretagne avait empêché la formation d’un gouvernement national palestinien et de nombreux juifs européens anglophones étaient venus collaborer avec l’état britannique derrière un rideau de propagande et de rhétorique. Et c’est là qu’a commencé la phase principale du programme initial sioniste : des gens dont on ne savait pas grand chose (pas des sionistes fanatiques), poussés par les sionistes, avaient été transférés sur un nouveau territoire, pendant que d’autres dont on connaissait mieux l’origine, mais qui n’étaient pas sous la protection des sionistes, étaient expulsés de leur terre natale. Ces défavorisés étaient devenus des réfugiés et, dans de nombreux cas, avaient été réduits à la misère.

Les Juifs qui partaient pour Israël tout de suite après 1948 émigraient essentiellement pour des raisons économiques et politiques et non pas par convictions sionistes. Israël affirme même que le nombre impressionnant d’immigrés originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (les Juifs mizrahim) n’étaient pas venus de leur plein gré mais avaient été chassés de leurs terres.

Le sionisme n’est pas parvenu à convaincre un grand nombre de Juifs de quitter leurs pays occidentaux, ni à les dissuader de participer aux avancées économiques et sociales de leur pays, ni à les empêcher de s’intégrer dans la culture de leur pays. L’Economist (Jan. 11, 2007) dit que seuls 17% des Juifs américains se considèrent comme pro-sionistes et seulement 57% disent qu’"aimer Israël est une partie importante de leur identité juive".

Au cours des dernières décennies, ce sont les Russes de l’ex-Union Soviétique, dont la plupart ont choisi d’émigrer aux Etats-Unis, qui ont été les immigrants en Israël les plus nombreux. Beaucoup d’entre eux sont des Juifs douteux ou qui avaient perdu leurs racines juives pendant l’ère communiste. Les Juifs orthodoxes, qui sont venus pour des motifs religieux, et non pas pour participer à des activités communes avec leurs compatriotes laïques, sont le segment de la population qui s’accroît le plus rapidement. Quand ils s’installent quelque part, les laïques ont tendance à partir. Plus proches des rabbins qui prêchent une doctrine mystique du XIX°s, ces Juifs orthodoxes s’isolent de leurs compatriotes israéliens et de la communauté juive internationale. Les sionistes douteux ont créé un état juif douteux.

Quelle autorité a donc conféré au premier ministre Benjamin Netanyahu le droit de déclarer : "les Palestiniens doivent reconnaître Israël comme étant l’état du peuple juif", et "Jérusalem est la capitale unifiée de l’état d’Israël et du peuple juif" ?

La communauté juive n’a pas d’autorité centrale et les 15 millions de Juifs n’ont pas été consultés par référendum. Le P.M Netanyahou s’en fiche peut-être, mais beaucoup de Juifs de l’extérieur craignent qu’un jour leurs compatriotes leur disent : "Vous avez un pays, que faites-vous donc ici ?" ou qu’ils ne laissent entendre que les Juifs sont plus loyaux envers un pays étranger et travaillent pour ce pays.

Il est difficile de qualifier Israël d’état juif. Avraham Burg, l’ancien président de la Knesset et ancien président de l’Agence Juive dit : "Avoir défini l’Etat d’Israël comme un Etat juif est la clef de sa perte". Le terme de "nation juive" n’a jamais été défini de façon satisfaisante et il n’y a rien d’exceptionnel en Israël qui lui confère une moralité et une culture spécifiquement juives ou une atmosphère judaïque.

L’état juif

La façon tranquille et légère avec laquelle les Juifs disent "état juif" vise à produire une impression agréable : rien d’hostile vis-à-vis de quiconque, juste une note de satisfaction à l’adresse de leurs concitoyens juifs.

Les motifs d’inquiétude sont nombreux. Israël n’a pas de constitution écrite, ses lois sont discriminatoires envers les minorités et créent une ségrégation entre les citoyens.

1- l’ensemble de la population juive a quitté Nazareth, il y a de nombreuses années et créé un nouveau Nazareth. La ville nouvelle de Nazareth reçoit des subventions publiques importantes et est devenue prospère et moderne. La ville ancienne est, elle, habitée par les Arabes et n’a pas été rénovée.

2- A Haïfa, la population arabe vit au bord de mer. La population juive sur les collines.

3- Peu de Palestiniens ont trouvé un logement à louer ou à acheter à Jérusalem-ouest.

4- A Acre, les immigrés juifs peuvent acheter des biens immobiliers mais n’ont pas le droit de revendre à des citoyens arabes.

5 - A Tel-Aviv, les différentes populations vivent côte à côte mais ne se mélangent pas.

6 - Peu d’Arabes, si ce n’est aucun, ont pu acheter des logements subventionnés par l’état.

7 - Le cloisonnement des populations entraîne la séparation pour les activités et les études, dans les centres de loisirs et les écoles.

8 - Si certains Arabes ont la possibilité de recevoir des bourses d’études universitaires, la grande majorité des bourses qui sont accordées nécessitent d’avoir fait le service militaire. Et comme les Arabes n’ont pas le droit de servir dans l’armée israélienne, peu d’Arabes peuvent bénéficier d’une bourse d’études.

9 - Les Arabes ont du mal à obtenir des prêts immobiliers.

10 – L’état d’Israël possède plus de 90 % des terrains. Les citoyens non-juifs ne peuvent pas, sauf en de rares occasions, acheter de terrain.

11 – Chaque fois que l’armée israélienne veut récupérer du terrain pour construire une base militaire, ce sont les Arabes qui sont expropriés.

12 – Dans la mesure où les mariages sont célébrés par un rabbin, un Juif ne peut pas épouser un non-juif sur le territoire israélien.

Là où la séparation entre communautés est le plus évidente, c’est dans la façon dont Israël conçoit la nationalité par rapport au reste du monde. Ce n’est pas seulement une séparation. C’est un véritable apartheid, que le terme d’"état juif"tendra à renforcer. Tous les Américains ont à la fois la nationalité et la citoyenneté américaines. Les Israéliens ont la citoyenneté israélienne, mais ne possèdent pas la nationalité israélienne. Les citoyens israéliens sont juifs, arabes, druzes, samaritains, circassiens, karaïtes, ou de nationalité étrangère.

Ajoutez à ce mélange dangereux de lois qui favorisent les citoyens privilégiés les déclarations des dirigeants israéliens.

D’après le quotidien Jewish Daily Forward du 18 mars 2009, "le ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman a été élu à la Knesset sur un programme électoral qui promettait d’imposer à tout citoyen israélien de prêter serment de loyauté à Israël. Il proposait de transférer les localités habitées par des Arabes sous l’autorité d’un futur état palestinien."

Israël est aujourd’hui un pays où les gens ont des conditions de vie, des problèmes, des aspirations, des valeurs autres de ceux des Juifs dans le monde. Le caractère d’Israël n’est pas le produit dérivé d’une société mi-urbaine mi-tribale d’il y a 3000 ans – mais résulte d’une société industrielle spécifique du XXI°s. Ces spécificités créent une identité israélienne différente de celle des Juifs dans les autres pays. Israël cherche à transformer tous les Juifs en bons Israéliens et à redéfinir la notion de Juif. Ce qui se traduit, par exemple, par un rapprochement avec les chrétiens fondamentalistes, qui sont les meilleurs amis d’Israël, ce qui ne plaît pas à la communauté juive à l’extérieur.

Rappelez-vous les conclusions de la commission King-Crane qui avait été nommée par le président Wilson en 1919 :

" … ’Un foyer national pour le peuple juif’ ce n’est pas la même chose que transformer la Palestine en un état juif ; de même que la construction d’un tel état juif ne peut se réaliser sans les pires violations des ’droits civils et religieux des communautés non-juives existantes en Palestine’. Ce qui est revenu maintes fois au cours de la conférence de la commission avec les représentants de la communauté juive c’est que les sionistes avaient à l’idée de déposséder les habitants non-juifs de la Palestine de pratiquement tous leurs biens, par diverses formes d’acquisition ".

"Etant donné toutes ces considérations, et avec une profonde sympathie pour la cause des Juifs, les commissaires se sentent obligés de recommander que ne soit entrepris par la Conférence pour la Paix qu’un programme sioniste extrêmement réduit, et même cela ne devrait être mis en œuvre que très graduellement. Ce qui implique que l’immigration juive devra être absolument limitée, et que le projet de faire manifestement de la Palestine un Commonwealth juif doit être abandonné".

Les Israéliens se comportent également comme si le chemin qui menait à un "état juif" était tout tracé ; et en fermant les yeux sur leurs rôles dans le déplacement des populations autochtones et la confiscation des terres de près d’un million de palestiniens.

Les personnes déplacées

Israël n’a pas autorisé les Palestiniens qui sont partis ou ont été expulsés au cours des agressions de 1948 et de 1967 à revenir sur leurs terres.

Leurs biens, leurs entreprises, leurs équipements ménagers ont été confisqués et ils n’ont jamais été indemnisés.

L’historien Benny Morris résume bien ces expulsions :

"J’ai de la peine pour les Palestiniens, qui ont véritablement connu une terrible tragédie. J’ai de la peine pour les réfugiés eux-mêmes. Mais si le vœu d’établir ici un état juif est légitime, il n’y avait pas d’alternative. Il était impossible de garder dans le pays une grande cinquième colonne. A partir du moment où Yichouv (implantation juive en terre d’Israël, NDT) avait été agressé par les Palestiniens, puis, plus tard, par les états arabes, la seule solution était d’expulser la population palestinienne. La déraciner au cours de la guerre".

Benny Morris avait utilisé la bonne expression : "… si le vœu de créer un état juif ici est légitime".

Ce n’était pas légitime. Le choix n’était pas entre "avoir un état juif" et "ne pas déposséder les Palestiniens". Le choix était entre "ne pas avoir le vaste état qu’Israël s’était approprié" et "déposséder les Palestiniens". Presque tous les Palestiniens qui avaient été expulsés vivaient sur le territoire qui avait été accordé aux Palestiniens. Jamais, depuis l’époque de l’expansionnisme américain, un groupe d’individus (Israël n’était même pas un pays officiel quand les confiscations ont commencé, et les armées arabes n’avaient pas non plus attaqué à cette époque) n’avait envahi un autre territoire, s’était saisi des terres et en avait chassé les populations autochtones.

Qui peut croire qu’Israël n’est pas directement responsable de l’exode des Palestiniens ?

Ces gens auraient-ils donc décidé de leur propre chef de quitter leurs maisons, de s’exposer à la famine, de voir des familles entières poussées au suicide par désespoir et d’accepter ensuite de s’installer tranquillement dans des camps de réfugiés ?

Tous ces récits avérés d’expulsions forcées, ces massacres abominables et la destruction de plus de 400 villages palestiniens ne sont-ils qu’une fable ? Pourquoi donc les villages ont-ils été détruits ? Pourquoi les villageois n’ont-ils pas été autorisés à revenir ? Pourquoi les maisons vides étaient-elles aussitôt occupées ? Au Rwanda, en Bosnie, au Kosovo et ailleurs, les pays occidentaux ont adopté une attitude ferme pour exiger le retour rapide des réfugiés et se sont démenés pour que cette demande soit exécutée.

Dans d’autres situations, il y avait bien des réfugiés, mais la saisie de leurs biens n’était pas de règle. En Palestine, Israël s’est emparé de tous les biens et a autorisé les nouveaux arrivants à s’installer dans les maisons inoccupées. Il n’y a aucun précédent à ces opérations illégales dans le monde civilisé occidental de l’après-Seconde Guerre Mondiale. Nous avons affaire ici à des escrocs qui disent à leurs victimes : "Ecoutez, c’est de l’histoire ancienne, maintenant. Laissez tomber. Vous voulez la restitution de vos biens, de toute façon, vous ne l’aurez pas".

Israël a révélé sa vraie nature : un pays bâti sur des actes que les institutions mondiales qualifient normalement de crimes de guerre, un pays qui ne respecte pas les lois internationales, et un pays qui ne se soumet pas aux résolutions de l’ONU. Distraire et tromper le monde en leur racontant des histoires fabriquées de toutes pièces permet à Israël de poursuivre ses agissements illégaux. Il faut mettre les choses à plat pour que le chemin vers la paix au Moyen-Orient soit moins sinueux.

Dan Lieberman

Dan Lieberman est rédacteur en chef du site Alternative Insight http://www.alternativeinsight.com/. Il a publié de nombreux articles sur le Moyen-Orient.

Source : Dissident Voice
http://dissidentvoice.org/2009/10/deconstructing-the-israeli-narrative/
Titre original : Deconstructing the Israeli Narrative
Publié le 5 octobre 2009

Traduction et notes annexes : des bassines et du zèle http://blog.emceebeulogue.fr/ pour le Grand Soir

Pour plus d’informations :

Voir :

Partage du butin de guerre : Saisies, confiscations et ventes des biens palestiniens par Israël, Par Salman Abu Sitta
Un dossier très complet et édifiant sur le site d’ISM
http://www.ism-france.org/news/arti...

Le droit de retour du peuple palestinien
http://members.tripod.com/ PSC_McGill/refugees.html

Et aussi, derniers rebondissements : l’autorité palestinienne a accepté le report de plusieurs mois de faire transmettre au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU les conclusions du rapport Goldstone.

Du rapport Goldstone à la campagne contre Agrexco
Monde Diplomatique
http://blog.mondediplo.net/2009-10-06-Du-rapport-Goldstone-a-la-campagne-contre-Agrexco








Wikio

Israël en Afrique, à la quête d’un paradis perdu (partie 2/2)


La jonction entre sionisme et panafricanisme



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Mondialisation.ca, Le 12 octobre 2009




La jonction entre sionisme et panafricanisme, les excroissances doctrinales des deux points noirs de l’Occident de l’époque contemporaine,-la persécution des Juifs et la traite négrière-, a longtemps été caressée par les pères fondateurs du sionisme désireux de fonder avec les peuples africains, une communauté des persécutés. Léon Pinsker dans l’Auto émancipation (1882), le philosophe Martin Bubber à la tête du Die Welt, journal de l’organisation sioniste mondiale, dont il assura la rédaction en chef de 1889 à 1901, et, Golda Meir, ancien premier ministre israélien, ont plaidé en faveur d’un tel projet. Juifs et Noirs américains ont longtemps constitué d’ailleurs, avec les confédérations syndicales américaines, l’ossature du Parti Démocrate américain. Ailleurs, dans le monde occidental, des tentatives se font régulièrement jour pour associer Juifs et Noirs dans des démarches revendicatives communes. Tel est le cas par exemple en France du mouvement anti-raciste «SOS-Racisme» qui opère en concertation étroite avec l’Union des Etudiants Juifs de France.

Le mot d’ordre Back to Africa (retour en Afrique), lancé par Marcus Gravey, en 1920, avait d’ailleurs été perçu, à l’époque, par bon nombre d’observateurs comme l’équivalent africain du mot d’ordre sioniste «retour à Sion». Mais le rêve d’une fraternité de souffrances s’est brisé sur les amers constats des dures contraintes de la Realpolitik. Ainsi, durant la période de la décolonisation, Israël s’est en effet systématiquement rangé du côté occidental, c’est à dire, dans le camp de ceux qui étaient perçus par les Africains comme des oppresseurs coloniaux, allant même jusqu’à concevoir avec la France et le Royaume Uni, une «expédition punitive» contre l’Egypte, en 1956, en vue de briser la base arrière de soutien à la Révolution algérienne. Cela a été le cas aussi avec l’Afrique du sud, où l’Etat hébreu, au mépris de sa philosophie affichée, a été un des principaux soutiens au régime d’apartheid, engageant même avec lui une coopération nucléaire. Cela a été enfin le cas avec la Turquie, où les rescapés du génocide hitlérien ont constamment refusé de reconnaître aux survivants arméniens du génocide turc, premier génocide du XX me siècle, le qualificatif de «génocide», tant par égard pour leur alliance stratégique avec la Turquie, que par souci de réserver au génocide hitlérien son caractère exclusif et exemplaire au bénéfice de la thématique victimaire de la diplomatie israélienne.

Dans son inoubliable «Discours sur le colonialisme», Aimé Césaire dénoncera le primat accordé par les Européens à l’expiation du génocide hitlérien dans une démarche visant à occulter ce qu’il estime être le plus grand génocide de l’histoire moderne, la mise en esclavage de l’Afrique et la traite négrière. La rupture entre Juifs et Noirs est intervenue précisément durant la période de la décolonisation de l’Afrique. Afficher un soutien résolu à l’indépendance d’Israël, et, carboniser, dans le même temps, les Algériens à Sétif et à Guelma, faucher à la mitraille les Sénégalo-maliens à Thiaroye, les Camerounais et les Malgaches sur leur sol national, pour étouffer toute velléité d’indépendance africaine, a paru aberrant à bon nombre d’Africains, qui y ont vu la marque d’une collusion entre les pays occidentaux et le nouvel Etat juif naissant.

Israël est alors apparu comme une créature de l’Occident, un instrument de répression dans le tiers monde, le protecteur des dictateurs africains à l‘instar de Joseph Désiré Mobutu au Zaïre et plus récemment de Laurent Gbagbo, en Côte d’Ivoire.

L’Afrique est partiellement redevable de son indépendance au Vietnam et à l’Algérie. N’était-ce la défaite française de Dien Bien Phu (1954), première défaite d’une armée blanche face à un peuple basané, et, l’hémorragie de la guerre d’Algérie, la colonisation de l’Afrique aurait perduré. Les Africains en ont conscience de cette fraternité d’armes. Sans parler de la rupture collective des relations diplomatiques des pays arabes avec Israël, en 1973, dans la foulée de la 4me guerre arabo-israélienne, le Mali, à titre d’exemple, a, dès son indépendance, dépêché un contingent symbolique de sa jeune armée pour se ranger aux côtés des combattants Algériens. Et c’est un psychiatre antillais, compagnon de route de la Révolution algérienne, Frantz Fanon, qui théorisa le mieux la nouvelle alliance entre Arabes et Africains, scellée sous l’emprise coloniale, dans un retentissant ouvrage au titre ravageur «Les Damnés de la Terre».

La rupture judéo africaine a donné naissance aux Etats-Unis au mouvement des Blacks Muslims et au ralliement à l’Islam d’une frange de la communauté noire américaine, notamment de mythiques personnalités tel le boxeur Cassius Clay, alias Mohamad Ali, et vraisemblablement Jermaine Jackson, frère aîné de Michael Jackson, le roi de la pop music, et, sur le plan international, à une convergence arabo-africaine. Nostalgique des temps anciens, Israël, telle une incantation, célèbre chaque année la fête de l’Afrique, le 21 juin, jour de la fête de l’été, alors que partout ailleurs sur la planète est célébrée, ce jour là, la fête de la musique.

ISR AFR

La Chine, un frein à la progression israélienne

L’avènement de la Chine comme acteur majeur du continent, comme en témoigne son récent succès au G20 de Pittsburgh (Etats-Unis), le 25 septembre 2009 (1), l’attractivité de ce nouveau partenaire majeur de l’Afrique, sans passif colonial, a modifié la donne sur le continent au point d’entraver la progression israélienne, plaçant Israël en porte à faux avec une diplomatie d’ouverture en ce qu’elle heurte de front la stratégie du géant chinois.

Via l’Iran, le Soudan et l’Arabie saoudite, la Chine vise à sécuriser son ravitaillement énergétique de l’ordre de dix millions de barils/jour en 2010, en vue de soutenir sa croissance et de réussir l’enjeu majeur de sa diplomatie attractive, le développement sud sud. Mais la croissance exponentielle de ses besoins pourrait exacerber la tension sur les cours du brut et les marchés pétroliers fragilisant davantage les économies occidentales déjà déstabilisées par l’effondrement du système bancaire. Le commerce bilatéral Chine Afrique a été multiplié par 50 entre 1980 et 2005. Avec 1.995 milliards de dollars de réserve de change, une main d’œuvre bon marché exportable, une absence de passif colonial, la Chine a déjà supplanté la France et les Etats-Unis en tant que principal partenaire commercial de l’Afrique et se pose en puissance mondiale.

La concurrence entre la Chine et l’Europe en Afrique a conduit onze pays africains producteurs de matières premières à remettre à plat les contrats qui les lient aux compagnies exploitantes depuis les années 1990.Tel est le cas du Liberia (contrat du fer avec Mittal), de la Tanzanie (Aluminium), de la Zambie et de l’Afrique du sud (platine et diamant) notamment. Emboîtant le pas aux producteurs du pétrole, les Etats africains entendent mettre à profit l’envolée des prix des matières premières pour procéder à des ajustements de prix davantage conformes aux lois du marché. Dans ce combat spectaculaire sur «la vérité des prix», le plus en pointe se trouve être Joseph Kabila, Président de la République Démocratique du Congo, un pays jadis en faillite sous le règne de Joseph Désiré Mobutu, le protégé des Américains et des Français. Dans un geste d’une audace inhabituelle, Kabila Jr. a remis en cause pas moins de soixante et un (61) contrats miniers. Cette nouvelle donne placerait la Chine en meilleure posture dans la bataille pour le contrôle des sources d’énergie et expliquerait sa discrétion dans sa percée capitalistique, en faisant un facteur majeur de recomposition de la géo économie mondiale (2).

Premier détenteur de bons de trésor américain, de l’ordre de 727 milliards de dollars, devant le Japon (626 milliards de dollars), la Chine y a déjà adopté le ton, invitant, le 13 mars, les Etats-Unis à «honorer ses engagements, à se comporter en une nation en qui on peut avoir confiance et à garantir la sécurité des liquidités chinoises», dans une admonestation jamais subie par la puissance américaine.

Le commerce des Etats-Unis avec l’Afrique s’élevait à 104 milliards de dollars en 2008, soit une augmentation de 28 pour cent, mais le commerce de la Chine avec l’Afrique a grimpé à 107 milliards de dollars. Le commerce bilatéral Chine Afrique a été multiplié par 50 entre 1980 et 2005, décuplant rien que pour la dernière décennie (1998-2008).

La double tournée africaine du président Barack Obama, en juin 2009, et du secrétaire d’état Hillary Clinton, deux mois plus tard, en Août, de même que l’investissement massif des fonds philanthropiques américains de l’ordre de 90 millions de dollars sur cinq ans en vue de contribuer au fonctionnement de 24 think thank de onze pays d’Afrique (3) témoignent du souci des Etats-Unis de contenir la percée chinoise. Un quart du ravitaillement énergétique américain proviendra d’Afrique au cours de la prochaine décennie (2010-2020).

La militarisation de la politique étrangère américaine en Afrique via la mise sur pied de l’AFRICOM (African command) reflète ainsi l’incapacité des Etats-Unis à gérer de manière purement économique leur compétition avec la Chine. Dans cette perspective, des stratèges occidentaux n’hésitent pas à prédire un affrontement majeur entre la Chine et les Etats-Unis pour le leadership mondial, à l’horizon de l’an 2030.

L’hostilité affichée par Israël aux principaux fournisseurs d’énergie de la Chine, notamment l’Iran et le Soudan, les liens de proximité établis entre Israël et M. Abdel Wahed Nur, chef de la Sudan Liberation Army (SLA), en conflit avec Khartoum, un proche de Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, constituent autant d’handicap à une percée diplomatique israélienne en Afrique, de même que l’évolution de l’Islam dans l’Afrique subsaharienne pourrait freiner quelque peu la progression israélienne en Afrique, au même titre que son bellicisme anti-palestinien, que l’aura dont bénéficie l’Iran, première puissance émergente de l’hémisphère sud à accéder au seuil nucléaire en dépit du blocus occidental.

M. Abdel Wahed Nur, chef de la Sudan Liberation Army (SLA), qui dispose d’un bureau de représentation à Tel Aviv depuis février 2007, a d’ailleurs affirmé sans ambages que s’il parvenait au pouvoir à Khartoum, il installerait une ambassade soudanaise en Israël (4).

La Chine a engagé un partenariat militaire avec 43 pays africains. Principal fournisseur d’armes légères à l’Afrique tant pour des groupes armés que pour les gouvernements, la Chine a aménagé trois sites de fabrication, au Soudan, près de Khartoum et deux usines de munitions et d’armes légères au Zimbabwe et au Mali. La coopération militaire concerne la fourniture d’armes et la formation du personnel. Des accords de fourniture de matériels militaires ont été conclus avec la Namibie, l’Angola, le Botswana, le Soudan, l’Érythrée, le Zimbabwe, les Comores ou la République du Congo.

La Chine n’a pas hésité à vendre au Soudan des avions de surveillance F-7 et des avions de transport Y-8 en pleine guerre civile, pendant la période où ses compagnies pétrolières étaient engagées dans l’exploitation des gisements pétroliers de Muglad. Ces ventes sont réalisées le plus souvent par la North Industry Corporation (NORINCO) et Polytech Industries, la plus importante firme de vente d’armes de l’armée chinoise (5).

Au total, la Chine consacre 45% de son aide au développement à l’Afrique grâce à une politique d’investissement multiforme qui a permis à l’Afrique d’atteindre un taux de croissance de l’ordre de 6%, son taux le plus élevé de ces trente dernières années. Dans le domaine des services, la Chine a déclaré huit Etats africains comme destinations touristiques officielles. Elle exporte son savoir faire industriel et de la main-d’œuvre, envoie des docteurs et des infirmières sur le continent et forme des fonctionnaires ainsi que des hommes d’affaires. Elle s’est engagée à former 10 000 cadres africains entre 2004 et 2007, un programme qui s’ajoute aux échanges traditionnels déjà existants. Depuis 1963, plus de 15 000 docteurs chinois ont opéré sur le continent, traitant près de 180 millions de malades atteints du SIDA et plus de 5 000 étudiants africains ont été envoyés dans les universités chinoises.

L’Afrique, du fait de l’Occident, est le continent qui a connu la plus forte dépossession de l’histoire de l’humanité et continue de servir de dépotoir de la planète et d’exutoire à ses maux. Dans l’esprit des Occidentaux, et de leurs alliés israéliens, elle demeure un champ expérimental privilégie de leur expertise. C’est en Afrique que l’on teste les médicaments comme tend à le prouver l’admirable film anglais « la constance du jardinier ».

C’est l’Afrique qui détruit sa faune et sa flore pour nourrir quotidiennement les européens de poissons frais, comme tend à le démontrer le film « le cauchemar de Darwin » et les ravages de la perche du Nil sur l’écosystème du bassin du Lac Victoria. C’est l’Afrique aussi -mais pas uniquement- qui fait office de dépotoir des déchets toxiques comme le révèle le scandale du cargo panaméen Probo-Kaola à Abidjan (Côte d’ivoire) (6). C’est l’Afrique enfin qui fait office de continent de l’immigration choisie et des sinistres écologiques ciblés, le continent au patrimoine artistique pillé pour l’édification de grands musées à la gloire de la culture universelle, comme c’est le cas pour le musée du Quai Branly en France, mais dont les ressortissants sont renvoyés chez eux en guise de déchets de l’humanité.

Dans ce contexte, ce qui pourrait compromettre le plus les efforts de rapprochement entre Israël et l’Afrique pourrait être le choix malencontreux de l’émissaire israélien pour cette opération de séduction: Avigdor Liebermann, un ultra faucon réputé pour sa xénophobie rance, écarté de ce fait de la gestion des dossiers du monde arabe et des pays occidentaux, au profit de Ehud Barak, le ministre israélien de la défense, dont l’affectation à l’Afrique pourrait apparaître comme un pis aller, une sous-traitance au rabais du continent africain, la marque d’un mépris suprême, un geste d’autant plus durement ressenti en Afrique qu’il émane d’un pays au lourd passif ségrégationniste, ignoré de ce fait par l’Afrique du Sud, l’autorité morale du continent.

Références

1- Le G20 va remplacer le G8 pour gérer les problèmes économiques de la planète et les pays émergents vont monter en puissance au sein du Fonds monétaire international (FMI) au détriment des Européens en vertu d’un accord conclu jeudi 24 septembre à Pittsburgh (Etats-Unis). Le compromis est, avant tout, une victoire pour la Chine, premier bénéficiaire de la réforme des institutions internationales. La répartition des droits était jugée inéquitable: la Chine (3,7 % des droits de vote) pesait nettement moins lourd que la France (4,9 %) avec une économie une fois et demie plus grande selon les chiffres du FMI.

2- «La République Démocratique du Congo tente d’empêcher le pillage de ses ressources: Manœuvres spéculatives dans un Katanga en pleine reconstruction», Colette Braeckmann in «Le Monde diplomatique» juillet 2008 ainsi que l’étude de Raf Custers, chercheur à l’International Peace Information Service (IPIS) d’Anvers-Belgique, «l’Afrique révise ses contrats miniers » paru dans le même périodique français à la même date.

3- Le Centre de recherche pour le développement international (CRDI), la Fondation William et Flora Hewlett et la Fondation Bill et Melinda Gates ont annoncé le 12 mai 2009 à Dakar l’octroi d’une subvention de 30 millions de dollars américains en faveur de 24 Think Tanks d’Afrique de l’Est et de l’Ouest. Les trois bailleurs de fonds se sont engagés à y consacrer 90 millions USD au total. L’Initiative Think tank se veut un investissement à long terme, sur une période d’au moins 10 ans. Pour les cinq premières années, le CRDI s’est engagé à verser 10 millions USD, la Fondation Hewlett, 40 millions USD, et la Fondation Gates, également 40 millions USD. Les 24 Think Tanks bénéficiaires appartiennent aux onze pays suivants:

•Bénin, l’Institut de Recherche Empirique en Economie Politique (IREEP)

•Burkina Faso, le Centre d’étude, de documentation et de recherche économique et sociale (CEDRES)

•Éthiopie, l’Ethiopian Development Research Institute (EDRI) et l’Ethiopian Economic Association/Ethiopian Economic Policy Research Institute (EEA/EEPRI)

•Ghana, l’Institute of Economic Affairs (IEA) et l’Institute of Statistical, Social and Economic Research (ISSER)

•Kenya, le Centre for Research and Technology Development (RESTECH Centre), l’Institute of Economic Affairs (IEA), l’Institute of Policy Analysis and Research (IPAR) et le Kenya Institute for Public Policy Research and Analysis (KIPPRA)

•Mali, le Groupe de recherche en économie appliquée et théorique (GREAT)

•Nigeria, l’African Institute for Applied Economics (AIAE), le Center for the Study of the Economies of Africa (CSEA), le Centre for Population and Environmental Development (CPED) et le Nigerian Institute of Social and Economic Research (NISER)

•Ouganda, l’Advocates Coalition for Development and Environment (ACODE), l’Economic Policy Research Centre (EPRC) et le Makerere Institute of Social Research (MISR)

•Rwanda, l’Institute of Policy Analysis and Research (IPAR)

•Sénégal, l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR) et le Consortium pour la recherche économique et sociale (CRES)

•Tanzanie, African Technology Policy Studies (ATPS), l’Economic and Social Research Foundation (ESRF) ET Research on Poverty Alleviation (REPOA).

4- Dans un entretien diffusé le 10 octobre 2008 sur la chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya, Abdel Wahed Nur, le leader du Mouvement de libération du Soudan, a assuré que son mouvement «proclame haut et fort: si nous arrivons au pouvoir, nous ouvrirons une ambassade israélienne à Khartoum». Une conférence sur le Darfour avait d’ailleurs été convoquée, en hâte, en juillet 20O6, à Paris, par l’écrivain Bernard Henry Lévy et Jacky Mamou, ancien dirigeant de «Médecins sans frontières», trois jours après le déclenchement de la guerre de destruction israélienne contre le Liban dans une tentative de détournement de l’opinion publique européenne sur les agissements israéliens à Beyrouth.

5- «L’évolution des relations de l’Union Européenne et de la Chine avec l’Afrique subsaharienne» de Joël Biova Dorkenoo, Mémoire ILERI – Paris (Institut des Relations Internationales) Automne 2008.

6- Affaire du Probo-Koala: Les résidus pétroliers se trouvant à bord du Probo-Koala, qui avaient été déversés en 2006 dans des décharges d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, provoquant une dizaine de décès par empoisonnement, contenaient environ deux tonnes de sulfure d’hydrogène, un gaz mortel en cas de fortes inhalations, affirme le quotidien britannique The Guardian, dans son édition du jeudi 14 mai 2009. Une analyse effectuée aux Pays Bas sur un échantillon des quelque 500 tonnes de déchets du navire a relevé également la présence d’importantes quantités de soude caustique. La société Trafigura, affréteur du Probo-Koala, fait l’objet d’une plainte collective déposée par plusieurs milliers de citoyens ivoiriens.


René Naba est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de René Naba publiés par Mondialisation.ca

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Thursday, August 20, 2009

Israël Plaque Tournante D'un Trafic D' Organes? Un Pionnier Du Sionisme Renonce Au Sionisme

PROCHE ORIENT



Après les scandales de trafic d'êtres humains, notamment de femmes d' Europe de l'Est, pour lequel Israël constituait une plaque tournante, c'est maintenant l'accusation de trafic d'organes qu' éclabousse le régime sioniste corrompu. Une corruption qui provoque des réactions lourdes de conséquences pour le futur du régime sioniste puisque récemment l'un de ses pionniers a publiquement rejeté ce pour quoi il a lutté: "Moi, un vieux Sabré ( juif né en Israël) de 95 ans.... déclare ici même que je renonce à ma croyance dans le Sionisme qui a échoué, que je ne serai pas loyal à l'état juif fasciste et ses folles visions..."



Copie d'écran de l'article du Aftonbladet
Copie d'écran de l'article du Aftonbladet
Un Journal suédois, Aftonbladet, vient d'accuser les soldats israéliens de kidnapper des Palestiniens, de voler et de vendre leurs organes. Sous le titre " ils pillent les organes de nos fils", ce quotidien suédois à grand tirage a consacré deux colonnes entières à cette information s'attirant bien sûr immédiatement le qualificatif "d'antisémite".

Cet article est basé et cite des témoignages de Palestiniens affirmant que de jeunes hommes en Cisjordanie et à Gaza avaient été kidnappés par l'armée d'occupation israélienne, et que leurs dépouilles avaient été rendues à leurs familles avec des organes en moins.

L'auteur de cette article, Donald Boström, a compilé des témoignages accablants de familles palestiniennes. "Nos fils sont utilisés comme donneurs d'organes involontaires" ont dit des proches de Khaled, de la ville de Naplouse avec qui Donald Boström s'est entretenu. Idem pour les oncles de Machmod et Nafes de Gaza tous deux disparu pendant quelques jours et dont les corps autopsiés ont été retournés à leurs familles.

L'auteur de l'article cite également une affaire survenue en 1992, lors de la Première Intifada. Il dit que l'armée israélienne s'était emparé d' un jeune palestinien connu pour jeter des pierres sur les soldats israéliens dans la région de Naplouse, après lui avoir tiré dessus le touchant à la poitrine, aux deux jambes et à l'estomac. Mortellement blessé son corps avait été transporté par un hélicoptère militaire à "un endroit non connu de ses proches". Cinq nuits plus tard, le corps du jeune palestinien a été rendu à sa famille enveloppé dans des draps verts d'hôpital.

"Au bruit stridents des pelles se mêlaient le rire occasionnel des soldats qui plaisantaient entre eux attendant de rentrer chez eux. Quand Bilal a été mis en terre, sa poitrine s'est découverte et cela est devenu soudain évident à la personne présente qu'on avait abusé de son corps. Bilal est loin d'être le seul qui a été enterré le corps entaillé de l'estomac jusqu'au menton et les spéculations sur les raisons de ces entailles avaient déjà commencé" écrit-t-il.

Cet article établit un lien avec une scandaleuse affaire récemment dévoilée aux Etats Unis, de l'existence d'un syndicat du crime comprenant cinq rabbins américains du New Jersey et de New York, ainsi que des fonctionnaires de d' état du New Jersey (le maire de la ville de Jersey, et son 1er adjoint). Ils sont accusés de blanchiment d'argent et de trafic d'organes, de même que de vente de contre façons de sacs Gucci et Prada et autres produits. Ce réseau de rabbins opérant de Brooklyn au New Jersey est accusé d'avoir blanchi des dizaines de millions de dollars via des associations de bienfaisance qu'ils contrôlaient. Les rabbins envoyaient une partie de leurs recettes à des yeshivas ( écoles religieuses) en Israël liées au parti politique religieux extrémiste Shas, dirigé de facto par le rabbin extrémiste Ovadia Yosef. Ce dernier a de nombreux adeptes ici en France au sein de la communauté sioniste qui le considère comme un grand "sage".

Les autorités policières ont également découvert qu'une partie de l'argent blanchi par ces rabbins provenait de la vente d'organes humains par un rabbin orthodoxe de Brooklyn, Levi Izhak Rosenbaum. Dans cette affaire de trafic d'organes, le suspect N° du blanchiment d' argent, Rabbi Elyahu Ben-Haim oeuvrait en Israël en étroite collaboration avec le Rabbi David Yosef, qui n'est autre que le fils de ce grand "sage" Ovadia Yosef. Celui-ci s'est fait remarqué à de multiples reprises pour avoir traité les Palestiniens de noms d'oiseaux, les comparant notamment à des cafards. Ben Haim et David Yosef appartiennent à un centre d'études avancées du Talmud à Jérusalem dirigé par la famille Yosef et donc financé par cet argent sale.

Un procureur général de l'état du New Jersey a dit : " il semble que chacun voulait une part du gâteau. La corruption était largement répandue, et envahissante". Les politiciens vendaient leurs services aux rabbins qui " dissimulaient leur activités criminelles derrière une façade de droiture". L'argent blanchi venait d'Israël, via des banques suisses, puis était ensuite transféré au New Jersey.Les complices israéliens achetaient des reins en Israël pour 10 000 $ pièce de "personnes vulnérables", et puis les envoyaient à leurs associés rabbins qui les revendaient aux Etats Unis 160 000 $ pièce selon ce qu'a dit le procureur, ses propos ayant été repris par une dépêche d'AP du 25 Juillet 2009.

Levy Izhak Rosenbaum, Juif orthodoxe de Brooklyn et trafiquant en chef se considérait comme un "entremetteur". Lors d'une conversation secrète enregistrée - car ce réseau de blanchiment et de trafic d'organes avait été infiltré par une taupe du FBI - Rosenbaum s'était vanté de s'arranger pour que les reins des "donneurs" (volontaires, involontaires ?) soient compatibles avec les receveurs. " J'ai amené à un type ce que je crois être compatible pour son oncle" a-t-il dit. Rosembaum avait déjà été repéré pour trafic d'organes en 2002. Il utilisait des paysans pauvres de Moldavie ( d'où est originaire l'actuel ministre israélien des affaires étrangères d'extrême droite, Lieberman, lui même accusé d'un autre type de corruption) comme donneurs. Il leur promettait un travail aux USA puis faisaient pression sur eux pour qu'ils soient "donneurs" de reins pour des receveurs qui se faisaient passer pour des membres de leurs familles. Il lui arrivait de menacer les récalcitrants avec un pistolet. Rosenbaum montrait alors son véritable pistolet et puis mettant ses doigts en forme de pistolet, le pointait à la tête du donneur contraint. ( (Somatosphere: Science, Medicine and Anthropology. July 27, 2009, http://www.somatosphere.net/).

Certaines des transplantations utilisant les donneurs de Rosenbaum étaient pratiquées au Mount Sinai Hospital à New York. Dans des enregistrements secrets du FBI, Rosembaum disait qu'il distribuait généreusement de l'argent aux médecins israéliens, à ceux qui préparaient des visas et à ceux qui s'occupaient des donneurs d'organe dans le pays. " L'une des raisons pour laquelle c'est si cher c'est qu'il faut tout le temps verser des pots de vin" a-t-il dit ( AP 25/07/09)

Dans ce contexte, l'information publiée par le journal suédois qui s'appuie aussi sur des témoignages de familles de victimes palestiniennes est tout à fait plausible. Des soldats et milices sionistes, conditionnés à considérer les Palestiniens comme des sous humains avec la bénédiction de rabbins haineux, corrompus, peuvent s'être faits une "spécialité" de ce genre de trafic d'organes avec la complicité de médecins véreux généreusement récompensés par Rosenbaum.

Un Pionnier Du Sionisme Renonce Au Sionisme

Il est rare qu'un Sioniste, surtout ceux de la première heure, les plus endoctrinés, ceux qui ont lutté pour établir en Palestine un état juif par un processus de nettoyage ethnique mené contre les Palestiniens et qu'ils ont eu le culot d'appeler " guerre d'indépendance" rejette définitivement ce pour quoi il a lutté. Le rejet du Sionisme par Dov Yermiya, un vétéran sioniste de 94 ans, est la preuve que cette idéologie politique disparaîtra à terme des pages de l' Histoire, signalant la fin du colonialisme, et, pour le Judaïsme, la fin de ce qui est une véritable Shoah/Nakba/Catastrophe.

Traduction d' extraits de l'article d' Helen Cobban 17/08/09 www.counterpunch.org intitulé "Zionist Pioneer Renounces Zionism"


Je n'ai jamais rencontré Dov Yermiya, un pacifiste israélien qui a maintenant 94 ans. Mais bien sûr j'ai lu son livre qu'il a publié en 1983 dans lequel il relatait sa colère contre la torture et d'autres mauvais traitements des civils dont il avait directement été témoin lors de l'invasion israélienne du Liban l'année précédente. J'ai son livre en main.

Je viens juste d'apprendre dans une lettre ouverte publiée par Uri Avnery, que Yermiya a récemment renoncé à l'idéologie et la pratique du Sionisme avec ces mots de révolte :


"Moi, un vieux Sabre ( juif né en Israël) de 95 ans, qui a labouré ses champs, planté ses arbres, construit une maison et suis le père de fils, le grands père de petits fils et l'arrière grande père d' arrière petits fils, et qui ait aussi versé son sang sur le champ de bataille pour la création de l'Etat d'Israël,

"déclare ici même que je renonce à ma croyance dans le Sionisme qui a échoué, que je ne serai pas loyal à l'état juif fasciste et ses folles visions, que je ne chanterai plus l'hymne national, que j'observerai une minute de silence seulement les jours de commémoration pour ceux qui sont tombés des deux côtés dans les guerres, et que j'observe le coeur brisé un Israël qui est entrain de se suicider et les 3 générations de descendants que j'ai nourris et élevés en son sein.

"...Pendant 42 ans, Israël a transformé ce qui devait être la Palestine en un immense camp de détention, et maintient captif tout un peuple sous un régime oppressif et cruel, avec comme unique but de leur prendre leur pays, quelque soit ce qui arrive !!!

"L'IDF supprime avec empressement leurs efforts de rébellion, avec l'aide active des colons voyous, avec des moyens brutaux d'Apartheid et un blocus choquant, un harassement inhumain des malades et des femmes sur le point d'accoucher, la destruction de leur économie et le vol de leurs meilleures terres et de leur eau.

"Au dessus de tout cela flotte le drapeau noir d'un mépris effrayant pour la vie et le sang des Palestiniens. On ne pardonnera jamais à Israël cette terrible quantité de sang répandu, spécialement le sang des enfants, dans des proportions qui font se dresser les cheveux sur la tête...."


Yermiya avait déjà publié dans l'hebdomadaire communiste israélien, Zo Hadereth, en Juin 2008, une lettre très critique dans laquelle il avait annoncé qu'il renvoyait au ministre de la défense Barak, une lettre d'invitation que ce dernier lui avait envoyé pour participer à la cérémonie pour honorer tous les vétérans de la guerre de 1948 appelée par les Sionistes " Guerre d' Indépendance".

Dans cette lettre il écrivait :

"...En tant que vétéran de la guerre de 1948, qui avait déjà été blessé dans un combat au corps à corps deux semaines avant la déclaration d'indépendance, je me sens obligé ici même de vous retourner cette invitation, à vous ministre de la défense. Je le fais à regret, mais je le considère comme mon devoir.

"Je vous considère vous, Ehud Barak, comme l'un des hauts commandants militaires et hauts dirigeants politiques responsables d'avoir transformé l'armée dite "forces de défense israéliennes" en une armée d'occupation et d'oppression du peuple palestinien, et comme défenseur des colonies criminelles dans leur pays.

"40 ans d'occupation ont profondément corrompu l'armée israélienne et toutes les couches de la société israélienne. Toutes deux sont caractérisées par le "vent d'est " nationaliste ( qui apporte vagues de chaleur et sauterelles) qui souffle et allume des guerres sans fin, qui menace notre peuple et notre terre d'une troisième et dernière destruction. Votre part de responsabilité dans tout cela est énorme et par conséquent je vous retourne votre invitation, sans remerciement....".



Article intégral en anglais : http://www.counterpunch.org/cobban08172009.html

Jeudi 20 Août 2009
Myriam Abraham




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