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E. do REGO

IL EXISTE MILLE MANIERES DE MENTIR, MAIS UNE SEULE DE DIRE LA VERITE.

Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










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Wednesday, April 04, 2012

Qui sont les riches soutiens des candidats américains ?

Depuis le 21 janvier 2010, les citoyens américains peuvent financer, sans limitation, les campagnes électorales. Seule règle : pas de lien "direct" entre donateurs et candidats. Les fonds transitent par un Super Political Action Committee, ou "super-PAC"


Parmi les donateurs figurent des syndicats, des entreprises, mais aussi certaines grandes fortunes. Tour d'horizon de quelques-uns de ces (très) généreux mécènes, qui jouent un rôle clé dans la course à la Maison Blanche.
SHELDON ADELSON, LE PRO-ISRAÉLIEN


Le milliardaire Sheldon Adeslon.

Le magnat des hôtels-casinos Sands, Sheldon Adelsona déjà donné 16,5 millions de dollars à la campagne de Newt Gingrich. Agé de 78 ans, il est le huitième homme le plus riche des Etats-Unisselon le classement du magazineForbesavec une fortune estimée à 21,5 milliards de dollars.
Fin mars, il a estimé que son candidat pour la présidentielle américaine de novembre n'avait aucune chance de remporter l'investiture lors de la convention républicaine, en août. Interrogé sur son choix de financer la campagne de M. Gingrich, M. Adelson, connu pour ses positions pro-israéliennes, a affirmé : "Je le soutiens car j'aime les gens qui prennent des décisions. Et il prend des décisions." Ajoutant, "il ne faut pas avoir peur d'utiliser le mot islamo-fasciste ou islamo-terroriste, quand c'est ce dont il s'agit. Tous les islamistes ne sont pas des terroristes, mais tous les terroristes sont islamistes."
FOSTER FRIESS, L'ULTRA-RELIGIEUX


Le multimillionnaire Foster Friess.

Le multimillionnaire Foster Friess a construit son empire sur la gestion de fonds. Il est le plus grand contributeur de la campagne de Rick Santorum et a engagé 1,6 million de dollars pour soutenir l'ultra-conservateur. A 72 ans, sa fortune est estimée à près de 500 millions de dollars. Originaire du Wyoming, M. Friess partage avec le candidat sa dimension religieuse. Selon le New York Times, il répète à qui veut l'entendre que Dieu est "le président de [son] conseil d'administration". Il affirme que Santorum est le meilleur candidat pour battreBarack Obama, à qui il reproche d'avoir renforcé le pouvoir de l'Etat fédéral.
Il est devenu l'un des cauchemars des équipes de communication du candidat, en prenant position dans le conflit opposant l'administration Obama et les lobbys religieux sur les questions de contraception. Dans une interview à la chaîne MSNBC, il a ainsi affirmé qu'un simple cachet d'aspirine, placé entre les jambes, pouvait faire office de contraceptif. Des propos qui ont fait grand bruit dans lesmédias et qui ont été condamnés par Rick Santorum, mais n'ont pas empêché ce dernier d'accepter, quelques jours plus tard, une nouvelle donation de près de 600 000 dollars.
PETER THIEL, LE LIBERTARIEN 


Le milliardaire Peter Thiel.


A 44 ans, le cofondateur de PayPal est le principal contributeur de la campagne deRon Paul et un libertarien convaincu. Peter Thiel, qui a également investi dansFacebook, LinkedIn et Zynga, est à la tête d'une fortune estimée à 1,5 milliard de dollars. Il a investi 2,6 millions de dollars dans le super-PAC "Endorse Liberty", qui soutient le représentant du Texas à la Chambre des représentants, soit 76 % des fonds collectés, indique CNN Money. Peter Thiel et les cofondateurs de PayPal, Luke Nosek et Scott Banister, qui ont également investi dans la campagne du libertarien assurent l'importante présence d'Endorse Liberty sur la Toile.
L'objectif de Peter Thiel n'a jamais été de faire élire Ron Paul, précise le site Slate."La campagne porte plus sur 2016, explique le businessman. Je pense que nous sommes seulement en train de construire une base libertarienne pour la prochaine fois."
BOB PERRY, LE FINANCIER COMPULSIF


Le promoteur immobilier Bob Perry.


Le favori à la course à l'investiture républicaine est lui-même multi-millionaire, ce qui ne l'empêche pas de recevoir des soutiens financiers d'autres de ses très riches compatriotes. Le plus grand contributeur de son super-PAC, "Restore Our Future", est le promoteur immobilier texan Bob Perry qui lui a octroyé au total 4 millions d'euros. Présenté comme un homme peu attaché à l'"orthodoxie conservatrice", il n'a pas hésité à engager un des lobbyistes les plus influents d'Austin pour mettre à mal un projet de loi limitant l'immigration au Texas. Il lui est arrivé de soutenir lors de scrutins régionaux les candidats démocrates.
Agé de 80 ans, Bob Perry est connu pour avoir régulièrement injecté des fonds dans les campagnes politiques. Comme le rapporte The Texas Tribune, entre 2000 et 2010, il a ainsi dépensé 38 millions de dollars pour soutenir des candidats ou des groupes en lice dans des scrutins nationaux et 28 millions de dollars dans le cadre d'élections dans son Etat natal du Texas. Le promoteur avait d'abord financièrement soutenu l'ancien gouverneur texan Rick Perry - avant que celui-ci ne se retire de la primaire - accordant à son super-PAC "Make Us Great Again" la coquette somme de 100 000 dollars.
BARACK OBAMA ET SES SOUTIENS HOLLYWOODIENS
Le président sortant n'a jamais caché son hostilité à la dérégulation de l'argent électoral. "C'est une victoire majeure pour les multinationales du pétrole, les banques de Wall Street (...) et les puissants intérêts qui mobilisent leur pouvoirtous les jours à Washington pour étouffer la voix des Américains ordinaires", réagissait-il après la décision de la Cour suprême. Pourtant, face à des opposants républicains réunissant de plus en plus de fonds, les responsables de sa campagne ont annoncé, en février, qu'ils accepteraient l'argent de Priorities USA Action, le super-PAC créé par deux de ses anciens conseillers pour le soutenir.


Le réalisateur Steven Spielberg (à gauche) et le PDG de DreamWorks Animations, Jeffrey Katzenberg.

Plusieurs personnalités du monde du cinéma et de la télévision ont ainsi fait des dons. Parmi elles, le réalisateur Steven Spielberg. Ce dernier, dont la fortune est estimée à 3 milliards de dollars, a octroyé 100 000 dollars au super-PAC pro-Obama. Le PDG de DreamsWorks Animations, Jeffrey Katzenberg, a lui contribué à hauteur de deux millions de dollars. Bill Maher, comédien et présentateur du show télévisé de HBO "Real Time with Bill Maher", a pour sa part fait un don d'un million de dollars.
Si le camp démocrate se félicite du succès obtenu auprès des petits donateurs, il s'inquiète aussi du retard pris par la collecte de fonds parmi les quelques grandes fortunes qui soutiennent traditionnellement le parti. D'autant que, selon le New York Times, deux de ses plus grands financiers, les milliardaires Peter Lewis et George Soros ont fait par à leur proches de leur réticences à contribuer au super-PAC "Priorities USA Actions".



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Thursday, September 22, 2011

Mise à mort aux Etats-Unis


jeudi 22 septembre 2011


Emprisonné depuis vingt-deux ans en Géorgie, dans le sud-est des Etats-Unis, Troy Davis a été exécuté par injection létale le 21 septembre 2011. Cet Afro-américain des quartiers pauvres de Savannah, condamné pour le meurtre d’un policier blanc en 1989, n’a jamais cessé de clamer son innocence, et ses avocats de pointer les faiblesses de l’accusation : l’arme du crime n’a pas été retrouvée ; aucune empreinte digitale ou ADN n’a été relevée ; sept des neufs témoins sont revenus sur leur déclaration, certains désignant même un autre tireur. Mais Troy Davis « avait la mauvaise couleur de peau, au mauvais endroit, au mauvais moment, avec le mauvais compte en banque et la mauvaise équipe d’avocats », comme l’écrit Dave Zirin, journaliste à l’hebdomadaireThe Nation.
Malgré le soutien de nombreuses personnalités et associations humanitaires et religieuses, qui ont fait de cette affaire le symbole de la lutte contre la peine de mort et du racisme du système pénal américain, les recours en grâce déposés par ses avocats ont été rejetés. M. Barack Obama — qui n’avait pas les moyens légaux de s’opposer à la sentence — est resté, comme à son habitude sur ce sujet, très silencieux, tandis que le gouverneur du Texas James Richard Perry (234 exécutions depuis sa prise de fonction), l’un des principaux prétendants à l’investiture républicaine, a réaffirmé sa confiance dans le système judiciaire du pays.
Troy Davis est le 52e mis à mort en Géorgie depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, la 4e en 2011. En trente-cinq ans, 1 268 personnes ont été exécutées aux Etats-Unis. Seuls la Chine, l’Iran, l’Irak et l’Arabie Saoudite ont fait pire.

Dans « Le Monde diplomatique » :

  • « Les lents progrès du mouvement abolitionniste »
    par Philippe Rekacewicz, Visions cartographiques, 10 mars 2011.
    Le 10 mars 2011, l’Etat de l’Illinois, aux Etats-Unis, a officiellement aboli la peine de mort et commué en détention à vie la condamnation à la peine capitale de quinze prisonniers. Il devient le seizième Etat abolitionniste après le Nouveau Mexique (2009).
  • « Aux Etats-Unis, une double peine pour les délinquants sexuels »
    par Jérémie Droy, mars 2010.
    L’enfermement est à la mode. Pour les malades mentaux ou les délinquants ordinaires, c’est en tout cas une option répandue, tant aux Etats-Unis qu’en Europe. L’idéal de réhabilitation a presque partout laissé place à la mise à l’écart pure et simple.
  • « Pas de nouveau procès pour Mumia Abu-Jamal »
    par Marie-Agnès Combesque, La valise diplomatique, 31 mars 2008.
    La décision rendue par la Cour d’appel du troisième circuit de Pennsylvanie ne met pas un terme à la campagne internationale pour sauver Mumia Abu-Jamal.
  • « Répression des mineurs : le contre-exemple américain »
    La valise diplomatique, 16 juillet 2007.
    Au cours des dernières décennies, les Etats-Unis ont jugé un nombre croissant de mineurs comme des adultes, en les enfermant dans les mêmes prisons que ces derniers. Et il est établi que les mineurs noirs ont davantage de « chances » d’être jugés et condamnés.
  • « Les contes de Mumia Abu-Jamal »
    (M.-A. C.), novembre 2006.
    Compte rendu de deux livres récents de Mumia Abu-Jamal, En direct du couloir de la mort et We want freedom— mémoire de maîtrise consacré aux Panthères noires (voir aussi la première recension de ce livre par Schofield Coryell, en octobre 2004).
  • « Dans les couloirs de la mort »
    par Marina Da Silva, décembre 2005.
    Incarcéré au Texas à 17 ans, en 1995, puis condamné à mort pour un crime qu’il n’a pas commis, Nanon McKewn Williams a vu sa peine commuée en prison à vie après l’abolition par la Cour suprême des Etats-Unis, le 1er mars 2005, de la peine capitale pour les mineurs au moment des faits. Il revient sur ses dix années passées dans les couloirs de la mort dans son livre, Tenir debout.
  • « Les Etats-Unis malades de leurs prisons »
    par Megan Comfort, juin 2003.
    On compte, aux Etats-Unis, près de deux millions de personnes incarcérées — 700 détenus pour 100 000 habitants. Mais cet emprisonnement de masse des pauvres pose plus de problèmes qu’il n’en résout.
  • « Sauver Mumia Abu-Jamal »
    (M.-A. C.), La valise diplomatique, 27 octobre 1999.
    Thomas Ridge, gouverneur de l’Etat de Pennsylvanie, vient de signer un nouvel ordre d’exécution. Si la personnalité du condamné est exceptionnelle, de nombreux procès n’ont, comme le sien, que les apparences de la légalité, et la peine de mort ne fait guère plus débat dans la vie politique américaine.
  • « Comment le FBI a liquidé les Panthères noires » et « Un lynchage judiciaire »
    (M.-A. C.), août 1995.
    Mumia Abu-Jamal devait être exécuté le 17 août 1995 ; il obtint un sursis six jours avant cette date. L’affaire incite aussi à s’interroger sur les procédés employés par les autorités du pays, de 1968 à aujourd’hui, pour liquider les mouvements révolutionnaires américains et leurs militants.

Dans notre DVD-ROM d’archives (1968-2010) :

  • « Mortelles surenchères électorales aux Etats-Unis »
    par Serge Halimi, juillet 1990.
    L’Amérique « plus douce et plus tendre » de M. George H. Bush est aussi celle du retour de la peine capitale. Jamais elle n’a été aussi populaire, au point que les hommes politiques en ont fait l’un des thèmes favoris de leurs surenchères électorales.

Toujours disponible :

  • « Demain, l’Amérique... », Manière de voirnº 101, octobre-novembre 2008.
    Embourbée dans deux conflits simultanés et confrontée à une crise majeure de l’immobilier et du système financier, l’Amérique réapprendrait l’humilité ?

Wednesday, July 15, 2009

Santé aux Etats-Unis : « La réforme arrive »…

mercredi 15 juillet 2009

« La réforme arrive. Il nous faut réparer un système cassé. Le statu quo ne peut plus être admis », a annoncé le vice-président américain Joseph Biden le 8 juillet. Il faisait référence à la réforme du système de protection médicale, dont nul n’ignore plus qu’il accomplit le prodige d’être à la fois (de loin) le plus coûteux du monde (1) et l’un de ceux qui laissent totalement à l’écart une proportion considérable de la population (47 millions d’Américains avant la crise). Avec l’escalade impressionnante du chômage, qui a officiellement doublé depuis un peu plus d’un an (de 4,8 % de la population active en février 2008 à 9,5 % en juin 2009), ce sont chaque jour des milliers de familles supplémentaires qui se retrouvent non seulement sans emploi, mais aussi sans couverture médicale, laquelle est aux Etats-Unis très souvent payée par les employeurs.
Pour le parti républicain, qui affecte de croire que M. Barack Obama serait un dangereux révolutionnaire, le problème est ailleurs. Le 15 juillet, M. Michael Steele, son président administratif, s’est adressé aux souscripteurs habituels du parti : « Le président Obama et les démocrates du Congrès veulent un système de santé gouverné par l’Etat qui interposera un bureaucrate de Washington entre les familles américaines et leurs docteurs (...). Faites entendre votre voix avant que les démocrates d’Obama ne nationalisent un cinquième de l’économie américaine, ne nous engagent à des milliers de milliards de dollars de dépenses supplémentaires et de dette et ne commencent à rationner les soins administrés au peuple américain. (...) Ils avancent à marche forcée pour nous imposer un système de médecine socialisée à l’européenne (...) et entendent vous soutirer une fraction encore plus importante de vos revenus pour payer les soins des autres tout en rationnant les vôtres. »
Peu importe a priori ce que proclament les républicains, très minoritaires au Congrès, puisque, c’est certain, « la réforme arrive ». Soit, mais laquelle ? Dans son allocution hebdomadaire du 11 juillet, largement consacrée à ce sujet, le président Barack Obama a présenté avec beaucoup d’optimisme le calendrier à venir et les perspectives : « Le Sénat et la Chambre des représentants viennent d’adopter des textes qui vont réduire les coûts [de la protection médicale], garantir de meilleurs soins et endiguer les pratiques les plus scandaleuses des compagnies d’assurance afin que ces dernières cessent de refuser une couverture aux Américains sur la base d’un niveau de prévalence existant [un risque de maladie plus grand]. C’est un plan qui permettra aussi aux Américains de conserver leur protection médicale s’ils perdent leur emploi ou s’ils en changent. »
Le problème, c’est que pour parvenir à ce résultat et pour assurer la totalité de la population américaine « sans ajouter au déficit », le président démocrate a choisi de louvoyer avec les lobbies qui « tiennent » financièrement nombre de parlementaires. Et qui disposent par conséquent des moyens de veiller, comme ils le firent en 1993-1994 grâce à des campagnes publicitaires massives, à ce que leurs privilèges soient bien défendus. D’abord le lobby médical, qui devra s’engager à réduire le rythme d’augmentation de ses honoraires et la fréquence des hospitalisations et analyses prescrites aux patients (2), souvent pour prémunir les médecins contre d’éventuelles poursuites engagées par des avocats prédateurs (qui, eux non plus, ne manquent pas d’avocats au Congrès….) Ensuite, le lobby des assurances, lesquelles doivent cesser de n’assurer – à des prix exorbitants – que des malades en excellente santé. Celui, enfin, des laboratoires pharmaceutiques, capables à la fois de produire des médicaments beaucoup plus chers qu’ailleurs et d’interdire aux Américains de les acheter… ailleurs.
La solution envisagée pour le moment par l’administration démocrate, si elle implique davantage l’Etat, ne renonce pas pour autant à des solutions de marché dans un secteur, la santé, qui a tout intérêt à leur échapper. Bientôt, a expliqué le président Obama, les Américains pourraient donc « comparer les prix et choisir le plan qui répond le mieux à leurs besoins. L’un de ces choix serait un système public, dont la présence rendra les soins moins coûteux en créant une concurrence obligeant les compagnies d’assurance [privées] à rester honnêtes. »
Il n’est pas acquis que ce plan présidentiel, soucieux de ménager la chèvre et le chou, ne débouchera pas sur une usine à gaz, surtout quand tous les amendements des parlementaires auront été pris en compte. Au demeurant, que signifie vraiment « choisir le plan qui répond le mieux à ses besoins » dès lors que le « besoin » fondamental de chacun – demeurer en bonne santé – ne varie guère d’une personne à l’autre ? Or, pour remplir cet objectif élémentaire et universel, il faut cesser de réserver une place de choix à des compagnies d’assurance privées qui considèrent la santé d’abord comme un commerce. Cela, contrairement à ce que prétendent les criailleries républicaines, le plan annoncé ne le prévoit pas.
Pourquoi les médecins, assureurs et laboratoires pharmaceutiques américains réaliseraient-ils demain ce qu’ils n’ont jamais accompli hier, en particulier en matière de maîtrise des coûts ? M. Obama espère que la concurrence inédite d’un système public (aujourd’hui réservé aux très pauvres et aux personnes âgées), la détermination de la Maison Blanche et l’impatience de l’opinion apporteront la réponse. C’est un pari risqué. Compte tenu des enjeux sociaux et financiers qui en découlent, c’est aussi l’un des plus décisifs de sa présidence (3).
(1) En 2006, les dépenses médicales étaient de 6714 dollars par habitant aux Etats-Unis, de 4056 dollars en France, de 3912 dollars au Canada, de 3669 dollars en Allemagne, de 3361 dollars au Royaume-Uni et de 2690 dollars au Japon. Les résultats en matière de santé publique étaient en revanche presque toujours plus mauvais aux Etats-Unis, en particulier dans le domaine de la mortalité infantile (8 pour 1000 aux Etats-Unis, contre 5 pour 1000 en France, 6 au Canada, 5 au Royaume-Uni, 5 en Allemagne et 2,8 pour 1000 au Japon). Source : système d’information statistique de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS). Selon une étude de cette même OMS couvrant dix-neuf pays industrialisés, la France est le pays qui a le plus faible taux de décès lié à des maladies curables, les Etats-Unis, le plus élevé.
(2) Depuis 1975, les dépenses de santé augmentent chaque année, en valeur réelle, à un rythme supérieur de 2,1 % à celui du reste de l’économie. Le président des Etats-Unis escompte que, dans les dix prochaines années, la seule maîtrise des coûts de santé pourrait permettre de réaliser 2 000 milliards de dollars d’économie.
(3) Dans un entretien accordé à Business Week, le 6 juillet 2009, M. Lawrence Summers, directeur du Conseil national économique de la Maison Blanche (President’s National Economic Council), a résumé ainsi l’impact financier de cette question de la maîtrise des dépenses de santé aux Etats-Unis : « Lorsqu’on établit des projections budgétaires à long terme, tout se résume aux dépenses de santé. Si nous pouvons modifier les projections de progression de dépenses ne fût-ce que de 1 % ou 1,5 % par an, nous pouvons réduire considérablement le niveau des déficits. »


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