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Friday, March 26, 2021

Thursday, September 08, 2011

Jacques Chirac, celui qui aura érigé la trahison en éthique politique



Le procès des emplois présumés fictifs de la Ville de Paris a commencé lundi sans son principal prévenu, Jacques Chirac, dispensé d'audiences en raison de son état de santé. Pour Périco Légasse, c'est l'occasion de tirer le bilan d'un personnage qui aura institué la trahison en politique....


Clin d’œil du destin que cette anosognosie de l’ancien président de la République à l’heure de comparaître devant ses juges. Il aurait été cité devant le tribunal de l’histoire qu’une bonne dose de vraie amnésie ne lui aurait pas fait plus de mal. Laissons aux politologues assermentés de la Chiraquie le soin de dresser l’homélie funèbre d’un personnage dont la mort mentale ne fait plus de doute. D’apologies en anathèmes sur celui qui rythma quarante années durant la vie de la République Française avec ses atermoiements, les experts sauront bien conclure qui fut le vrai Chirac. Finalement sauvé de façon assez inattendue par l’hôte actuel de l’Elysée dont le bilan, prouesse parmi les records, pourrait être encore plus calamiteux que celui de son prédécesseur, celui qui fut douze années durant le chef de l’Etat aura marqué beaucoup plus profondément qu’on ne le pense la glaise dans laquelle est inscrit le processus psychologique conduisant au pouvoir suprême.


Une des caractéristiques notoires de Jacques Chirac, c’est d’avoir su trahir. Des trahisons multiples et fulgurantes ayant donné de l’homme public une image de tueur mécanique et impavide, l’analyse politique a retenu le mythe d’un étalon fougueux broyant tout sur son passage pour satisfaire un destin grandiose au service de la France. Une lecture en ayant fasciné plus d’un et ayant valu à l’intéressé certaines indulgences, parfois admiratives, du fait que ces trahisons, paraît-il, intervenaient toujours au nom de l’intérêt supérieur du pays. Des générations de militants UDR, RPR puis UMP virent dans cette dextérité à poignarder ses amis le signe d’une puissance d’âme digne de la virilité avec laquelle la France aime à être gouvernée. Même ses opposants ont vu dans l’art de dégommer l’allié d’hier une dimension de génie visionnaire. Chirac trahissait à bon escient. Pour la France.


Au crépuscule d’un parcours assez cossu et parsemé de gloriettes, le verdict de la morale finale pourrait être tout autre. Non seulement les trahisons de Chirac furent viles et lâches, mais leur retentissement ont généré un style assez vite homologué par la classe politique française.


La spectaculaire trahison ourdie contre Jacques Chaban-Delmas, en pleine campagne présidentielle de 1974, au cours de laquelle Chirac lâcha le candidat officiel du gaullisme pour se rallier à Valéry Giscard d’Estaing avec 43 parlementaires de l’UDR, ne fut en rien guidée par le devoir de sauver une droite menacée par une gauche rassemblée derrière François Mitterrand. Elle obéissait à un simple désir de vengeance des deux mentors d’alors du député de la Corrèze, Pierre Juillet et Marie-France Garaud, qui s’étaient juré de faire la peau de celui qui avait osé leur tenir tête quand ils étaient les conseillers particuliers du président Pompidou à l’Elysée. L’opération fut un succès et, en reconnaissance, Giscard nomma Chirac à Matignon.


La deuxième méga-trahison intervint au printemps 1981 quand Jacques Chirac retourna la machine RPR, dont il était devenu le maître par un tour de force, contre Valéry Giscard d’Estaing. Du dîner secret avec François Mitterrand organisé par Edith Cresson à la veille de l’élection présidentielle découla la célèbre formule « Je laisse mes électeurs du premier tour décider selon leur conscience, je ne puis, pour ma part, que voter pour Valéry Giscard d’Estaing ». Le code était passé et la formule permit à la gauche de l’emporter. On se gaussa de la performance. Décidément, Chirac était un tueur d’Etat, un matador national. Faire voter contre son propre camp, sans aucune divergence idéologique de fonds, pour assouvir une vengeance personnelle, ce n’est peut-être pas exactement ce que le général de Gaulle aurait prôné à ses troupes, mais passons. La haute figure du gaullisme était désormais incarnée par un spécialiste du stylet. On pourrait s’en tenir à cette simple conclusion et clore le constat, mais on ne peut écarter que cette pratique, érigée en éthique, allait vite devenir le comble du chic pour prouver que l’on était forgé dans le même acier. Non pas celui du fier canon, mais de la perfide lame. Toute la vie politique française allait désormais être régentée par le protocole de la trahison. Trahir c’est gagner, aurait-on pu lire dans certains traités électoraux.


Chaque parti comptait désormais dans ses rangs celui qui porterait haut et fort la bannière de la félonie. Ce qui était montré du doigt jusqu’alors devenait soudainement la marque d’une grande intelligence stratégique. Quelle belle trahison, quelle classe ! Chirac l’apprit à ses dépends avec Edouard Balladur, «son ami de trente ans », qui n’hésita pas à présenter sa candidature contre le maire de Paris à l’élection présidentielle de 1995 bien qu’ayant solennellement juré qu’il ne le ferait pas. Il fut d’ailleurs suivi par la garde intime et rapprochée de Jacques Chirac au travers de Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy, qui n’hésitèrent pas à lâcher leur mentor au milieu du gué pour se rallier à celui que les sondages avaient scientifiquement installé à l’Elysée. La tactique devenait pratique, voire méthode pragmatique. Même la gauche ne fut pas épargnée, puisque François Mitterrand ne se priva pas de lancer un Bernard Tapie dans les pattes de Michel Rocard, pourtant tête de liste du Parti Socialistes aux élections européennes de 1994, pour lui faire mordre honteusement la poussière (14,49%). On ne saura jamais pour qui le vieux président malade opta l’année suivante entre Jospin et Chirac, mais il dissimula peu les marques d’estime apportées en public à ce dernier et le peu d’affection qu’il montrait à son successeur à la tête du PS. Il faut dire que le parcours du député de la Nièvre n’avait rien d’un serment prêté.


Ce fut ensuite une longue litanie de trahisons diverses et variées à l’intérieur de tous les partis. On fera sans doute remarquer qu’elles ont toujours existé dans cet univers-là, à ceci près qu’elle n’apparaissaient pas au grand jour comme un signe de talent. L’appareil du PS savonna autant qu’il put la candidature de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007. Plutôt Sarko que la quiche du Poitou. Et François Hollande ne fut pas en reste dans le lessivage de planche. Les querelles internes au Parti Socialiste n’opposent d’ailleurs plus les Fauristes aux Blumistes (1938), ni le courant A au courant C, mais Fabius à Strauss-Kahn, puis Valls à Montebourg et Aubry à Hollande, tous les coups étant permis pourvu que le meilleur perde. C’est tout juste si la loyauté ne devient pas ringarde et la fidélité une forme de veulerie réservée aux débiles. Jean-Louis Debré et Brice Hortefeux en savent quelque chose, Pierre Bérégovoy et François de Grossouvre les ont prises trop à cœur.


L’aura de Jacques Chirac fut tel que cette forme de comportement indiquait une largesse d’esprit, une capacité d’adaptation salutaire, une plasticité prouvant l’émancipation du traître vis à vis des clichés. La Ve République prit peu à peu l’habitude de voir le relaps récompensé.


Autant un leader de droite, Jean-Pierre Soisson, intégra-t-il un gouvernement «d’ouverture » suggéré par François Mitterrand en 1988, pour revenir à ses anciennes amours aux élections suivantes, quitte à accepter les voix du Front National pour obtenir la présidence de la région Bourgogne, autant Eric Besson et Bernard Kouchner passèrent-ils en quelques heures, avec armes et bagages, et sans autre consigne, du lit de Ségolène au harem de Nicolas. L’opprobre qu’ils suscitèrent fut sans commune mesure avec l’admiration inspirée aux médias du moment. « Il faut en avoir dans le calbar pour trahir avec un tel aplomb en gardant la tête si haute », aurait dit le mari de Bernie.


Autrefois, un renégat, ça se lynchait. Et bien aujourd’hui, ça se lèche.


Et si l’intelligentsia déteste le sinistre Eric Besson, ce n’est pas tant d’avoir rejoint celui qu’il fustigeait côté gauche avant de s’offrir à lui, que d’avoir tenu des propos faisant honte aux valeurs républicaines.


Tel sera le bilan philosophique de Jacques Chirac. Bilan dont on ne se souviendra pas forcément, mais qui aura conduit une partie de l’élite gouvernante à se prévaloir de la trahison pour plaire. Que voulez vous, ça fait moderne. Aucun de ceux la ne sont pour autant des salauds, ce ne sont que des enfants de Chirac. Il serait temps que la République se remette de cette déviance avant que le peuple ne lui tourne le dos. En effet, l’anosognosie n’a jamais été un bon remède pour la démocratie.
Wikio

Tuesday, July 21, 2009

Les Fossoyeurs Français du Congo Brazzaville TOUBON et compagnie, meilleurs amis du Congo de NGUESSO

Les Fossoyeurs Français du Congo Brazzaville
TOUBON et compagnie, meilleurs amis du Congo de NGUESSO

Par Th. FESSY - A. ZAJTMAN - C. NININ | Journalistes 


Contredisant l'Union européenne, l'ancien ministre et des députés ont applaudi les conditions de la réélection du président Congolais.
Le scrutin présidentiel du dimanche 12 juillet au Congo-Brazzaville a permis, sans surprise, à Denis SASSOU NGUESSO de s'offrir un nouveau mandat de sept ans.
Totalisant déjà vingt-cinq années au pouvoir, "Papa Sassou" (comme il se fait appeler) a donc été réélu avec 78,6% des suffrages pour un taux de participation s'élevant officiellement à 66%, bien surprenant quand on sait le peu d'électeurs qui se sont rendus aux urnes.
La question de la participation est cruciale : en appelant les électeurs au boycott des urnes, les principaux opposants en avaient habilement fait l'enjeu véritable du scrutin.
Si nous n'avons vu aucune file d'attente -hormis celle, très bien organisée, à la mairie de Ouenze quelques minutes avant l'arrivée du président sortant et de son épouse- nous avons cependant croisé quelques députés Français visiblement ravis de leur petite balade électorale dominicale.

"Ne soyons pas des Occidentaux arrogants. Essayons d'aider les Africains"
Ce qui nous a surpris : ni l'Union Européenne, ni la France n'avaient envoyé de mission d'observation pour ce scrutin. Ces élus répondaient en réalité à l'invitation de membres ou organes du gouvernement Congolais. Parmi eux, le député Européen UMP sortant Jacques TOUBON.
Ce proche de CHIRAC, ancien ministre de la Justice, a balayé devant la presse internationale les réservées émises par Miguel AMADO, le chef de la délégation de la Commission Européenne :
"Ne soyons pas des Occidentaux arrogants. Essayons d'aider les Africains et non de les condamner avant qu'ils n'aient fait quoique ce soit, ce qui a été le cas en particulier du représentant de l'Union européenne"
Miguel AMADO avait en effet expliqué l'une des raisons ayant poussé l'UE à ne pas envoyer d'observateurs :"Les corrections apportées depuis le scrutin de 2002 ne sont pas suffisantes" 
Le diplomate pointait notamment du doigt le recensement électoral qui "n'a pas été fait en bonne et due forme", faisant remarquer qu'un fichier électoral de 2.2 millions d'électeurs pour une population totale estimée à 3.8 millions d'habitants, "c'est trop, surtout en Afrique où un grand pourcentage de la population est jeune"
Regrettant de "ne pas avoir été préalablement informé de leur visite", l'ambassadeur de l'UE a reconnu avoir eu un "échange tendu"  avec les édiles français, et notamment avec Jacques TOUBON. Rappelons que ce dernier a été nommé le 21 juin par Nicolas SARKOZY à la tête d'une mission chargée de préparer et d'assurer la mise en œuvre d’une initiative "2010 – Année de l’Afrique"
 
"Un grand moment démocratique" pour le député-maire UMP d'Elancourt
A la tête d'une obscure Coordination des observateurs franco-africains (Cofa), se déplaçant dans le sillage de"Papa SASSOU" le jour de l'élection, on trouve Jean-Michel FOURGOUS, député UMP.
Le président du groupe Amitié France-Gabon de l'Assemblée nationale a expliqué qu'il était là pour représenter son homologue d'Amitié France-Congo (François Michel-GONNOT), ce dernier n'ayant pu faire le déplacement pour ce "grand moment démocratique".
Dès 11 heures du matin, le maire d'Elancourt affichait sa satisfaction devant la presse Congolaise : "L'élection est libre (…), le taux de participation va certainement dépasser les 50% (…), la démocratie fonctionne"
Le lendemain, il cosignait avec Jean-François MANCEL, député UMP de l'Oise faisant lui aussi partie de la Cofa, un communiqué dans la presse progouvernementale en forme de diatribe contre Miguel AMADO, indiquant même qu'ils demanderaient des "sanctions"  à l'encontre du représentant européen.
De son coté, l'ambassadeur de France Nicolas NORMAND, a refusé de répondre à une interview au sujet de ces députés et autres personnalités françaises venus observer les élections.
Nous recevant tout de même après que nous avons été brutalisés lors d’une manifestation d’opposition par les forces de l’ordre -nos équipements ont été confisqués et détruits-, Nicolas NORMAND affirme lui aussi ne pas avoir été mis au courant de l'arrivée des députés pour l'observation du scrutin.
 
FOURGOUS et MANCEL sont des proches du régime de Denis SASSOU NGUESSO
Amis de la famille KOLELAS -des opposants historiques ralliés à SASSOU-, les députés FOURGOUS etMANCEL constituaient ainsi la "délégation française"  lors de la création de la Conférence des démocrates humanistes africains (Codeha) fin avril. Son coordinateur n'est autre que Guy Brice Parfait KOLELAS, ministre Congolais de la Pêche.
De même, Jacques TOUBON, venu à Brazzaville en compagnie de Patrick GAUBERT, président de la Licra, ancien conseiller de Charles PASQUA et député européen jusqu'en juin dernier, répondait à l'invitation de la Commission nationale des droits de l'homme, contrôlée par le régime Congolais.
Patrick GAUBERT au Congo ? On se souvient de son rôle controversé dans l’affaire des disparus du beach, dénoncé par la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).
En 1999, ces 353 réfugiés, rapatriés du Congo-Kinshasa voisin  par le HCR après la guerre pour être remis aux autorités de Brazzaville, n'ont jamais été revus par leurs familles. Un procès tenu par la justice Congolaise en 2005 n'avait pas permis de faire la lumière dans cette affaire.
Selon la FIDH, GAUBERT a fait pression, en 2004-2005, sur les familles des disparus pour qu'elles abandonnent les poursuites intentées en France contre plusieurs responsables du régime de Denis SASSOU NGUESSO.

Le représentant des éditions L'Harmattan mélange les genres
Avant le scrutin, quelques 350 observateurs de la dite société civile -elle aussi sous contrôle du régime en place- ont reçu le manuel du parfait observateur, rédigé et signé par Anatole COLLINET MAKOSSO.
Ce dernier est aussi représentant des éditions L'Harmattan à Brazzaville, et co-auteur d'un livre sur l’affaire des disparus du beach publié par l'éditeur parisien, le seul ouvrage sur ce thème… qui nie la disparition des 353 réfugiés Congolais.
Interrogé sur la compatibilité de toutes ses fonctions en période électorale, Anatole MAKOSSO assure "être capable de dissocier" ses occupations pour livrer une analyse impartiale du scrutin.
La plupart des 350 observateurs, dont Geo-Ecostrapol compilera les conclusions, ont pourtant été recruté dans les rangs de l'association Concertation pour l'encadrement de la jeunesse, fondée et présidée par le mêmeMAKOSSO.

Pour TOUBON, "plus difficile d'avoir des cadenas à Brazzaville qu'à la Samaritaine"
Jacques TOUBON a lui aussi émis quelques réserves, pour la forme. L'ancien maire du XIIIe arrondissement de Paris a constaté que "beaucoup d'urnes n'étaient pas fermées, faute tout simplement de cadenas", avant d'ajouter qu'il est "probablement plus difficile d'avoir des cadenas à Brazzaville qu'à la Samaritaine à Paris".
Selon TOUBON, ce sont des élections qui "correspondent à l'état de la démocratie dans un pays comme le Congo". Les critères de démocratie et de droits de l'homme ne sont-ils pas universels ? Réponse : "Du haut de votre arrogance, vous jugez les Africains."
Dans un pays où, selon les Nations unies, 70% de la population vit encore sous le seuil de pauvreté, nombre de Congolais nous ont pourtant répété tout au long de notre séjour qu'ils voudraient percevoir les dividendes de la manne pétrolière et de la coupe du bois. Les entreprises françaises Total et Bolloré en ont les plus gros contrats.

Bourrages d'urnes, fichier électoral obsolète, dépouillement à la bougie…
La France continue-t-elle d'apporter un soutien infaillible au régime de Denis SASSOU NGUESSO ?
Ce serait critiquable, après les deux prises du pouvoir par les armes de l'intéressé -en 1979 lors d'un coup d'état, et en 1997 à l'issue d'une guerre civile qu'il a provoquée-, et après une élection considérée comme non démocratique par les observateurs internationaux en 2002.
Pourtant, les hommes politiques Français rencontrés le jour du scrutin encensaient la stabilité retrouvée sous le régime de SASSOU, refusant d'admettre que la confiscation de l'espace démocratique par le pouvoir porte en elle les germes même de la contestation par les armes, de la gabegie et du sous-développement.
Ce dimanche électoral, nous avons ainsi été témoins d'une distribution de billets par "des hommes du Rassemblement pour la majorité présidentielle", comme les décrivent les habitants, dans un quartier sud de Brazzaville, où l'abstention a été la plus élevée.
"Ils donnaient de l'argent en échange du vote pour Denis SASSOU NGUESSO", a expliqué un habitant. "On ne peut pas nous intimider avec de l'argent ! ", s'est exclamée une jeune fille.
L'Observatoire Congolais des droits de l'homme (OCDH), membre de la FIDH, a rapporté nombre d'irrégularités lors du scrutin, boycotté par six candidats de l'opposition. Bourrages d'urnes -peut-être facilités par l'absence de cadenas que relevait Jacques TOUBON-, fichier électoral non mis à jour, électeurs n'ayant jamais reçu leur carte, bureaux de vote installés chez des particuliers, dépouillement à la bougie à défaut d'électricité… la liste est longue.

Quand l'ambassadeur de France oublie d'inviter les médias internationaux
Surtout, l'OCDH, qui avait déployé 47 observateurs, estimait qu'il serait "un miracle de voir le taux de participation dépasser 20%", loin des 66% proclamés par la commission nationale électorale.
Cette faible affluence est pourtant signe de la désaffection des Congolais pour un exercice électoral proposé par "Papa SASSOU". Le président sortant avait au moins le soutien de ses thuriféraires venus de France, dont la liste comprend aussi Marcel CECCALDI, ex-conseiller juridique du Front national.
Au cours d'une conférence de presse à laquelle les medias internationaux n'ont pas été invités -sur consigne du Quai d'Orsay, comme on l'a appris de sources diplomatiques- l'ambassadeur de France a pourtant lui aussi salué"le bon déroulement et la bonne organisation de l'élection", qui devrait permettre au Congo "d'entrer dans une ère de stabilité favorable à son développement".
Pas de mot à la presse internationale donc. Cette dernière, et France 24 et RFI en particulier, ont pourtant été la cible d'éditoriaux enflammés de journaux progouvernementaux dont Les Dépêches de Brazzaville, dirigé par un Français et sponsor du centre culturel français de la capitale Congolaise, où l'on ne trouve pas, comme dans ses homologues des pays africains, de posters de RFI ou de France 24.
Menaces téléphoniques en pleine nuit, visite d'agents des services de renseignements à l'hôtel et autres intimidations ont suivi, jusqu'à l'agression policière contre France 24 et la BBC lors de la répression d'une manifestation pacifique d'opposants.

Quand l'ex-colonie érige une statue de son colonisateur français
Une anecdote pour finir : parmi les réalisations de "Papa SASSOU", on peut citer l'érection d'une statue et d'un mausolée, à la gloire de Pierre SAVORGNAN de Brazza, père de la colonisation Française au Congo et au Gabon.
Le monument, de dix mètres de haut, a été érigé et inauguré à grand frais en 2006, en présence de SASSOU, feu Omar BONGOPhilippe DOUSTE-BLAZY, alors ministre des Affaires étrangères, et même Bernard KOUCHNER, qui n'occupait pourtant pas de fonctions officielles à l'époque.
Le coût du monument, de plusieurs millions d'euros, avait été pris en charge par les gouvernements Congolais, Gabonais, et des entreprises Françaises.
Une ex-colonie qui célèbre son ancien colonisateur ! Voilà qui en dit long sur le mariage grassement consommé entre la France et le régime de SASSOU NGUESSO.
Nicolas SARKOZY avait promis qu'il y mettrait un terme, mais au Congo-Brazzaville, la Françafrique a de beaux jours devant elle.


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