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E. do REGO

IL EXISTE MILLE MANIERES DE MENTIR, MAIS UNE SEULE DE DIRE LA VERITE.

Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










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Wednesday, June 24, 2009

LES INTELLECTUELS AFRICAINS SONT-ILS DES CAISSES DE RAISONNANCES ?


Par : Ngombulu Ya Sangui Ya Mina Bantu LASCONY

Ecrivain, documentariste et historiographe

En 2005, lorsque Faure GNASSINGBE, en quête de légitimité, a été installé sur le trône laissé par son père, afin de maintenir la dynastie EYADEMA au pouvoir depuis 38 ans, le premier à lui venir en aide, n’était autre qu’un intellectuel, et pas le moindre, le Pr Edem KODJO, énarque et ancien Secrétaire général de l’O.U.A. Après avoir servi le père, celui-ci acceptera à nouveau de servir le fils, en devenant Premier Ministre d’un gouvernement issu d’une mascarade électorale. Persuadé de ne jamais diriger le Togo un jour, le Pr Edem KODJO privilégia l’oseille à l’éthique. Faure GNASSINGBE, une fois légitimé, l’enverra quelques mois plus tard à la retraite, en guise de récompense. Après s’être bien sucré à la Primature, le Pr Edem KODJO a décidé de consacrer son temps à la rédaction de ses mémoires, qui vont certainement inspirer d’autres opportunistes.

Le 5 mai 2009, le Professeur Théophile OBENGA, le pape de l’Afrocentrisme en milieu "Francophone", a dressé un portrait idyllique de Denis SASSOU NGUESSO dans un article publié par l’hebdomadaire La Semaine Africaine. L’article a été révélé sur le site Congopage. A ce jour, le Pr Théophile OBENGA n’a pas jugé utile d’affirmer ou de démentir être son auteur, car certains de ses disciples refusent toujours de croire en cette volte face. Le Pr Théophile OBENGA, qui aux yeux d’une frange de la jeunesse Africaine du continent et de la Diaspora, incarnait une Afrique débarrassée de complexe et de division, a perdu tout son prestige en flattant l’égo d’un kleptocrate vomi par l’écrasante majorité de ses concitoyens. Quel motif aurait poussé ce dernier à retourner casaque, lui qui pourtant s’était insurgé avec virulence à l’érection du Mémorial Pierre Savorgnan De Brazza dans la capitale Congolaise ?

On ne peut s’insurger contre l’asservissement et la prédation, et en même temps soutenir des personnages comme Denis SASSOU NGUESSO. Nous sommes assez nombreux à reconnaitre que, si le Congo Brazzaville est au bord du gouffre, c’est en partie à cause de SASSOU NGUESSO, dont les 25 ans au pouvoir pèsent lourdement sur la vie de chaque citoyen Congolais. Lorsqu’on est adulé par la jeunesse de tout un continent, il vaut mieux préserver son prestige en restant fidèle à ses convictions, au risque de le perdre pour toujours.

Le Pr Théophile OBENGA a été à plusieurs reprises ministres dans des gouvernements corrompus, qui ont d’ailleurs entraîné la mort de nombreux Congolais. Même si ce dernier n’a jamais été directement impliqué dans ces crimes, "qui participe, vole" dit l’adage. A force de vouloir manger à tous les râteliers, on devient complice du chaos provoqué par le régime que l’on sert.

L’Eté 2008, on a vu le Pr Théophile OBENGA esquisser quelques pas de danse à Edou (village natal de SASSOU NGUESSO). Les images de cette bamboula ont fait le tour des sites internet, mais ses mêmes disciples avaient minimisé ce geste, le mettant sur le compte des rites traditionnels.

Malheureusement, peu de temps après les pas de danse, s’en est suivi l’article élogieux en question, où le Professeur a assimilé le pyromane du Congo Brazzaville à un twéré (un modèle en langue mbochi). L’absence d’une sévère critique à son égard, a été interprétée par le Professeur Théophile OBENGA comme une prime à la récidive. Moins d’un mois après, le voilà trimballant sa silhouette d’exilé épuisé à la tribune présidentielle, le 6 mai 2009, pour soutenir la candidature du despote en fin de parcours. Désormais, il ne fait aucun doute dans l’esprit de tout observateur de la politique Congolaise, qu’après la mascarade électorale de juillet 2009, le Professeur Théophile OBENGA sera gratifié d’un strapontin pour son soutien au tyran. Probablement, le Ministère des boukouteurs (voraces).

Comment un érudit de la trempe d’OBENGA, peut se complaire dans le rôle de ramasseur de miettes, après avoir occupé autant de fonctions dans des établissements internationaux ?

Que Parfait KOLELAS, Hellot MAMPOUYA (novices en politique), YHOMBI OPANGO (girouètte de toujours), BOKAMBA YANGOUMA, Victor TAMBA-TAMBA, Christophe MOUKOUEKE (éternels loosers), Claudine MOUNARI, Grégoire LEFOUOBA (moutons de panurge), Bernard NTCHIBAMBELELA et consort, capitulent, en composant un poème nuptial (épithalame) en l’honneur du tyran, ne surprendrait personne, compte tenu de leur appétit du pouvoir.

Mais dans le cas d’OBENGA, on perd le Nord (même doté d’une boussole léguée par un pharaon).

Si le Pr Théophile OBENGA souhaite réellement que la Jeunesse Africaine, à qui il a lancé un vibrant appel, l’entende, qu’il commence d’abord par lui indiquer clairement, dans quel camp il se positionne. Celui des pilleurs de l’Afrique ou des progressistes ?

Pondre des volumes d’écritures sur la Renaissance Africaine, et terminer sa carrière en faisant l’éloge d’un piètre chef d’Etat, celui qui en 25 ans à la tête du Congo Brazzaville, n’a eu pour seul programme économique, que de l’assigner définitivement dans le club des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Chapeau, monsieur le Professeur !

Après la compromission du Pr Théophile OBENGA, le mercredi 10 mai 2009, c’est au Professeur Elikia MBOKOLO, historien de formation et directeur d’études à l’E.H.E.S.S, de déclamer sur les ondes de France Culture, une élégie au Mollah Omar BONGO, qui selon lui n’était pas le mauvais dirigeant décrié par les médias. Et notre professeur-perroquet de poursuivre son plaidoyer en faveur du défunt roitelet, en déclarant solennellement, que ce dernier avait su stabiliser son pays, du fait d’avoir convié au gouvernement, tous les pourriticiens Gabonais. Pour le Pr MBOKOLO, il valait mieux avoir une pléthore de ministres inutiles au gouvernement, plutôt que d’avoir une guerre civile dans le pays. Malgré son bagage intellectuel, le Pr MBOKOLO ne sait toujours pas distinguer corruption et générosité.

Selon le Professeur MBOKOLO, concernant la guerre du Biafra (1967-1970), le bonhomme disparu, ne s’y était pas engagé de son propre gré ; qu’il se serait fait manipuler par le Général De GAULLE, raison pour laquelle le Mollah Omar BONGO fut le seul dirigeant Africain à bouder ses obsèques ; que la part des revenus pétroliers perçut par le Mollah pendant les 42 ans qu’il a dirigé l’Emirat Gabonais, n’était pas fantastique. La part du lion serait revenue aux compagnies pétrolières. Certes, mais malgré la "petite" part accordée au Gabon, le roitelet aurait pu bâtir l’équivalent de plusieurs "clinique Quiron" (dans laquelle il s’est éteint en Espagne) au Gabon, par exemple.

Le Pr MBOKOLO, très à l’aise dans son rôle de perroquet, a également ajouté, que le Mollah Omar BONGO était loin d’être une marionnette Française, pour s’être affranchi tôt de la tutelle de ses parrains politiques ; que par ses actes de médiateur impartial, il méritait le titre de sage de l’Afrique, d’où la publication de son dernier ouvrage : "Médiations diplomatiques" (1) consacré exclusivement aux " exploits" du regretté "bienfaiteur".

Mais enfin ! Le Professeur Elikia MBOKOLO n’a-t-il pas lu dans la presse Française que le Mollah Omar BONGO, fut un agent secret de la France, avant d’être mis au pouvoir par cette même France ?

Aurait-t-il oublié, que les sommes d’argent dilapidées par le Mollah Omar BONGO à financer les campagnes présidentielles de ses "amis" Français, auraient mieux servi à améliorer les conditions de vie de son peuple ? Lui qui est un habitué de Libreville, n’a-t-il jamais fait un tour à Venez voir, un taudis similaire à ceux de Calcutta ?

Interrogé par un journaliste au cours de l’émission : "Et la morale dans tout ça ?".

Voici la réponse du Pr Mbokolo : "Il ne faut pas mêler morale et recherche".

Entendez par là, qu’un intellectuel ne devrait pas se préoccuper de la mauvaise gouvernance, au nom de la recherche. On croirait entendre un collégien devant une telle ineptie.

Pendant les 60 minutes d’antenne, le Professeur MBOKOLO n’a pas été capable de relever un seul méfait du Mollah Omar BONGO. On dirait qu’il était en train de dresser le portrait d’un dévot.

C’est comme si, le défunt dirigeant n’avait pas affrété des cargaisons d’armes destinées à son beau-père SASSOU NGUESSO, qui ont tué des milliers de Congolais en 1997 ;

que les aéroports du Gabon n’auraient pas servi de bases arrière au clan d’Edou, au lieu d’empêcher cette guerre ;

que l’opposant Gabonais Joseph RENJAMBE serait mort naturellement et que le Gabon, qui occupe actuellement la 119e place sur 177 au classement des Nations Unies, serait plutôt un eldorado comparable au Koweït ou Lichtenstein ;

que les agents de la police judiciaire Française qui ont minutieusement recensé une myriade de comptes et biens mal acquis appartenant au seul Mollah Gabonais, auraient agi sous l’emprise de la cocaïne ;

que les plaintes des O.N.G, tels que Transparency International et Sherpa auraient été uniquement motivées par la jalousie des sans abris, enviant le patrimoine d’un Président méritant ;

que le régime afrikaner avec lequel le Mollah Omar BONGO fleurtait pendant l’apartheid, était généreux à l’égard des Noirs, pourtant opprimés et parqués dans les townships ;

que le nombre croissant de jeunes chômeurs Gabonais ne serait dû qu’à leur paresse chronique.

Il y a de quoi se demander, si faire des hautes études pour certains Africains n’équivaut pas à se faire amputer la moitié du cerveau à l’école.

Au lendemain de l’émission sur France culture, le Pr Elikia MBOKOLO devait s’envoler pour Libreville, officiellement pour donner une série de conférences, soit la veille du rapatriement de la dépouille du défunt roitelet. Drôle de coïncidence !

Avant la fin de l’émission, le Professeur MBOKOLO a avoué, qu’il avait été reçu par le Mollah Omar BONGO dans son Palais du Bord de mer (probablement, plus d’une fois). En pareille circonstance, on sait qu’une présence remarquée aux obsèques du roitelet, augmente la côte auprès de ses rejetons et pérennise les privilèges.

En effet, l’université instruit, mais ne procure pas la vertu qui fait défaut à tant d’intellectuels Africains. Lui qui était pourtant critique au régime de Sa Majesté MOBUTU, a été bizarrement clément à l’égard du Mollah Omar BONGO, alors que ces deux individus ont été des agents secrets des puissances étrangères. Le premier en servant la CIA et le second, le SDECE.

Ce qui est étonnant, c’est que le Pr MBOKOLO, dont le prénom Elikia signifie « espoir » en langue lingala, ne suscite aucun espoir pour notre génération. Le mieux, c’est de ne plus prêter l’oreille aux discours de ces intellos de pacotille. Autrement, comment concilier leurs écrits mielleux et leurs pratiques si compromettantes ?

D’après une information annoncée sur RTL, rien que la note des gerbes (toutes importées de France s’il vous plait !, puisqu’il n’y a pas de fleurs assez belles au Gabon ) qui vont fleurir le mausolée du Mollah Omar BONGO, s’élèverait à 158 000 euros, celle-ci sera réglée par le contribuable Gabonais, bien sûr ! Décidément, les élites Africaines ne savent pas trop, quoi faire de l’argent public.

Chagriné par la disparition de son gendre, SASSOU NGUESSO a décrété un deuil national de 7 jours au Congo Brazzaville, et la journée du 18 mai (celle des obsèques) sera chômée et payée. Si après le décès de chaque membre de la famille présidentielle, on doit décréter autant de journées chômées et payées, vu l’enchainement des décès, les Congolais de la rive-gauche se croiraient définitivement en vacances. Mais SASSOU NGUESSO est au moins excusable, puisqu’il n’est pas intellectuel.

Pour ne pas déroger à la règle, moi aussi je voudrais rendre un hommage aux roitelets Africains vivants et disparus, à défaut d’être un jour invité à déclamer une prose à leurs obsèques :

ALLELUIA ! (2)

Merci bon Dieu

Qu’ils s’en aillent petit à petit

Même si les trônes sont échus

Aux princes héritiers

Qui snobent le scrutin

J’ai songé d’être cuistot au palais

Afin d’éviter des présidents à vie

A mon peuple réduit à la dèche

Le café à l’anthrax se prépare

Plus vite qu’un coup d’Etat

Au royaume de la misère

La mort du roitelet est une délivrance

Pour l’indigent qui ignore la jouissance

En voici un et deux et trois

Délaissant la Cadillac

Pour un corbillard flambant neuf

Pendant que les croque-morts

Déchargent le colis dans le caveau

Les opprimés souhaitent

Bon appétit aux termites

Avant qu’ils ne s’emparent du cadavre

Quel que soit l’emballage,

Les bestioles acceptent le cadeau

Que c’est étrange

Pour les grands de se faire bouffer par les petits

Sans doute trop vaniteux pour saisir

Que sous terre les rôles sont inversés

Flambeurs,

Que rapporte l’égoïsme

Si ce n’est l’obésité

Sous le regard impuissant des oubliés

Sans méditer sur la faim

Alors que tout a une fin

Les nantis pleurent

Les affamés se réjouissent

Les bestioles se régalent

Les princes n’y comprennent rien

Serait-il évident pour le nanti de dissocier :

Eloquence et arrogance ?

La terminaison en serait peut être la raison

Pendant l’inhumation du roitelet

Le bas peuple entame la danse du ventre

Pour signifier au successeur

Que ventre vide n’a point de pitié pour l’obèse

A chaque fois que le corbillard s’approche du cimetière

Les affamés reprennent en chœur :

"Bon débarras !"

Dommage pour le roi

Malgré l’effigie remarquable frappée sur sa monnaie

La mort reste incorruptible

Ouf ! Eliott NESS (3) les a précédés

Sinon les mafieux s’échapperaient de leur caveau.

Alléluia !

(1) éditions de l’Archipel

(2) Poème tiré du recueil de l’auteur « Requiem pour le repos de mes anges gardiens » éd. Cercle-Congo

(3) Inspecteur de la brigade anticorruption (tombeur d’AL CAPONE).

Nous Sommes le Congo !
C
essons d'Avoir Peur !
P
our un Etat de Droit au Congo !


"Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission"
Celui qui lutte peut perdre ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !

Patrick Eric Mampouya
http://mampouya.over-blog.com/

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Wednesday, June 10, 2009

La santé des chefs d'Etat africains


mobutuuJ’invite tous mes congénères à prier pour que nos chefs d'Etat s’éteignent chez eux...

La santé des présidents africains : « véritable tabou ou sujet de discorde ? ». La santé des rois africains. Deux titres pour une même réalité. Celle des chefs d'Etat africains obligés d'aller se faire soigner à l'étranger faute de structures adéquates dans leur pays.

La santé des présidents africains : « véritable tabou ou sujet de discorde ? »


Chaque chef d’Etat africain voit son nom précédé d’un titre de civilité prestigieux, tel que son « Excellence » ou « Honorable ». Comment peut-on honorer de si beaux titres, des hommes qui brillent souvent par leur médiocrité ? L’excellence ou l’honorabilité se méritent, et ne peuvent s’en prévaloir que ceux ou celles qui pendant leur (s) mandat(s) ont multiplié des actions positives et patriotiques. Or, si l’on fait l’inventaire politique des Présidents africains, très peu s’en tireront avec un bilan positif.

Le très controversé président ivoirien Félix Houphouët Boigny, longtemps qualifié de moderniste ou de vieux sage par ses pairs françafricains, est mort dans une clinique en Suisse, faute d’avoir construit des vrais hôpitaux en Côte-d’Ivoire. Il a préféré laissé à son pays, une gigantesque basilique comme héritage, croyant obtenir la miséricorde divine, oubliant que le Très Haut est incorruptible. Selon le communiqué officiel, il serait décédé dans son village natal Yamoussoukro. Mais en fait, le vieux crocodile s’était éteint depuis plusieurs semaines. Comme le veut la tradition dans une dictature, il fallait d’abord régler les problèmes de succession avant d’annoncer sa mort. Ainsi, lui succéda le père de l’ivoirité, Henri Konan Bédié.

Mobutu, vers la fin de sa vie
mobutuuLe Président camerounais Amadou Ahidjo, lui, s’est fait avoir par les services secrets français, en se faisant diagnostiquer une fausse maladie, ce qui l’avait contraint à céder son fauteuil à son Premier Ministre, un certain Paul Biya. Si Ahidjo avait été moins idiot, il aurait doté les hôpitaux camerounais d’équipements modernes. Les médecins camerounais, qui ont étudié dans les mêmes facultés que leurs collègues européens, lui auraient certainement évité une fin de parcours aussi pitoyable. 27 ans après sa disparition, sa dépouille n’est toujours pas autorisée à être inhumée au Cameroun. Soi-disant, son exhumation dans un cimetière dakarois risquerait de faire perdre le pouvoir à Sa Médiocrité Paul Biya. Nos dirigeants sont si superstitieux, qu’ils redoutent les fantômes de leur prédécesseur. En Afrique, on n’est pas encore sorti de l’auberge des sorciers !

Malgré ce qui est arrivé au Président Ahidjo, son dauphin Paul Biya n’a pas tiré de leçon, puisqu’à ce jour le Cameroun, comme beaucoup d’autres pays africains ne disposent toujours pas d’hôpitaux dignes de ce nom. Après un séjour prolongé de Sa Médiocrité Paul Biya en Suisse, le journaliste Pius Njawe s’est vu interdire la publication de son quotidien « Le Messager », pour avoir révélé l’état de santé du dictateur camerounais. Pire encore, le pauvre journaliste s’est retrouvé derrière les barreaux pendant plusieurs mois. Sans la grande mobilisation des Associations de défense des droits de l’Homme, Pius Njawé aurait moisi dans les geôles de Yaoundé.

Les Chefs d’Etats africains sont tellement imbus de leur personne, en partie à cause des griots qui chantent en permanence leurs louanges, qu’ils se croient immortels. Autrement, pourquoi évoquer leur santé serait tabou ?

Le Président togolais Gnassingbé Eyadema, lui, a rendu l’âme en plein vol, lors de son évacuation vers un hôpital parisien. Ça n’a pas dû être plaisant pour l’équipage de l’avion médicalisé, de faire un aller-retour pour rien. Lomé-Paris, ce n’est pas la porte à côté, croyez-moi ! Désormais, il faudra peut-être aussi prévoir une morgue dans les avions.

A ses heures de folies, Mobutu Sesse Séko Kuku Ngbendo Wa Zabanga, roi du Zaïre, s’était fait construire deux splendides palais dans la jungle équatoriale, mais celui-ci n’avait pas non plus trouvé nécessaire de se faire construire un hôpital à l’image de ses palais. Sans doute trop habitué à se faire consulter à l’étranger, même pour des soins élémentaires. La construction d’un tel hôpital aurait au moins permis aux habitants de Gbadolité (son village natal) d’avoir accès aux soins de qualité, à défaut d’avoir suffisamment à manger et à boire. Avant que le vieux dictateur ne soit bouté dehors par Laurent Désiré Kabila, il s’était fait ridiculiser par les autorités françaises qui ne lui auraient délivré un visa que pour raison médicale. Sa Majesté Mobutu avait l’habitude de se faire consulter par un dentiste résidant à Nice. Mobiliser un Boeing, juste pour aller soigner un mal de dent à l’étranger, ça fout la rage. On
connaît la suite.

En août 2008, c’est au tour du Président zambien, feu Levy Mwanawassa d’être foudroyé par une crise cardiaque en plein Sommet de l’Union Africaine à Charm El Cheikh. Evacué d’urgence en France, ce dernier n’a pu survivre, après quelques semaines d’hospitalisation.


Mme Antoinette Ndoh, chef du protocole du président gabonais

bongoooAujourd’hui, c’est au tour du Mollah Omar Bongo d’être évacué en Espagne. A la tête de l’Emirat pétroclanique du Gabon depuis 42 ans, ce dernier comme ses homologues africains, n’a pas lui aussi pensé à se faire construire, ne fut-ce qu’un hôpital personnel pour éviter de faire de longs trajets. Décidément, même malade, nos Chefs d’Etat n’ont pas peur de prendre l’avion.

Harcelé par un cancer de la prostate, le Mollah Omar Bongo agonise depuis le 4 mai dernier, dans une clinique 5 étoiles de Barcelone, pendant que son fils et très probable successeur, le Mollah Ali Ben Bongo ronflait dans un lit de l’hôpital américain de Neuilly sur Seine. D’après les récentes nouvelles, ce dernier s’en serait tiré. Aussitôt sorti de l’hôpital, Bongo Jr est vite rentré au Gabon, histoire de ne pas voir le fauteuil paternel lui échapper. Mais comment tous ces Chefs d’Etats débiles peuvent encore aspirer à la respectabilité ?

L’exemple le plus patent de la bêtise de nos Présidents, est celui de l’ancien président malawite Hasting Kamuzu Banda. Voilà un brillant intellectuel, qui à une époque où l’Afrique coloniale, comptait peu de cadres, détenait déjà une panoplie de diplômes.

Docteur en médecine depuis le milieu des années 30, ce dernier s’autoproclamera monarque, lors de l’accession de son pays à l’indépendance en 1962. La mayonnaise n’ayant pas pris auprès de l’ancienne métropole coloniale (c'est-à-dire la Grande-Bretagne qui est-elle-même une monarchie), le Dr Banda convertira tout simplement son titre de monarque en présidant à vie. Ecarté du pouvoir en 1994, alors que celui-ci était âgé (officiellement) de 90 ans, il tentera 3 ans plus tard de se représenter à l’élection présidentielle, en étant à moitié sourd et aveugle.
C’est vrai que le pouvoir rend sourd et aveugle, particulièrement en Afrique !

Sékou TOURE, Seyni Kountché et bien d’autres présidents africains en exercice sont mort dans des hôpitaux étrangers. Qu’avons-nous (Africains) fait au bon Dieu pour mériter des présidents aussi médiocres ?

En attendant que d’autres tyrans africains soient évacués à l’étranger, j’invite tous mes congénères à prier pour qu’ils s’éteignent sur place, pour éviter des frais supplémentaires aux contribuables. Il y’en assez de se faire plumer par des vauriens.

Ngombulu Ya Sangui Ya Mina Bantu LASCONY
Ecrivain, documentariste, historiographe.

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Les rois nègres et la santé


Dans son livre « Afrique pillage à huit clos », l’auteur, Xavier Harel, citant un autre livre (celui de Pierre Péan « Affaires africaines ») rapporte que la construction du palais présidentiel d’Omar Bongo Ondimba dans les années 70 aurait couté 1,5 milliards de f français. " Pour tenir les délais, le marbre de Carrare a été transporté par avions depuis l’Italie ". Plus loin, il parle du sommet de l’OUA de Libreville de 1977, dont l’organisation aurait mis le Gabon au bord de la faillite. Avant de conclure que dans les pays d’Afrique centrale riche en pétrole, les milliards de dollars sont dilapidés dans un train de vie fastueux et dans des projets aussi pharaoniques qu’inutiles.

Je suis allé lire, de nouveau, ces lignes, parce que je ne comprends toujours pas, pourquoi les chefs d’Etat africains ne se donnent pas les moyens de se soigner chez eux. Comment comprendre que l’on trouve de l’argent pour acheter des armes, pour accumuler des biens immobiliers de luxe, pour acquérir des jets privés, des voitures de sport, ou pour organiser des festivités somptueuses et… ne rien pour la santé ? Pourquoi ne construisent-ils pas des cliniques privées dans leurs pays, au lieu d’avoir recours systématiquement aux cliniques des pays d’Europe ?

Les organes de presses internationaux ont longuement repris l’information : Omar Bongo Ondimba à faillit connaitre le même sort que son homologue togolais Etienne Eyadema, décédé quelques années plutôt, dans un avion qui le transportait chez les Blancs où il allait chercher la guérison. Notre grand père Omar, au pouvoir depuis 41 ans et, considéré comme l’un des chefs d’état les plus riches d’Afrique a été transféré en urgence dans une clinique privée espagnole dans un état jugé grave par les autorités ibériques.

C’était quelques jours seulement après le décès de son épouse, fille du chef de l’Etat congolais Denis Sassou N’guesso, décédée au… Maroc, après un séjour de plus de 3 ans entre les hôpitaux marocains et parisiens. Le président du Congo est lui-même un habitué des hôpitaux parisiens, tout comme l’ensemble de la classe politique congolaise. Ces trois dernières années, plusieurs membres importants de la classe politique congolaise y en rendu leur dernier souffle : 3 anciens Premiers ministres, 2 anciens présidents de l’assemblée nationale et un président du sénat.
Bongo
bongooEst-ce par souci de discrétion, dans une société où les questions de santé sont tabou, délicates et teintées d’un soupçon de mysticisme, ou expression d’un complexe d’infériorité qui les poussent à croire que les vrais médecins et les vrais hôpitaux ne peuvent être qu’en Occident?

Les africains devraient, pourtant, prendre exemple sur Cuba. Leur homologue cubain Fidel Castro, sénile et sérieusement malade, a refusé toutes les propositions de soins à l’extérieur de son pays. Et pour cause, malgré près de 50 ans d’embargo américain (ancienne puissance coloniale et principal partenaire commercial de l’ile) et qui s’est accentué avec la chute du bloc soviétique, les 11 millions des cubains sont en bonne santé.

Avec une espérance de vie de 77 ans et un taux de mortalité infantile de 5,8 par 1000 naissances vivantes, ce pays pauvre se démarque radicalement des autres. Les paramètres reflétant le niveau de santé à Cuba se comparent à ceux des pays riches et développés. On dit que les Cubains vivent comme des pauvres, mais meurent comme des riches, puisque les causes principales de mortalité sont les mêmes que celles prévalant dans les pays développés, soit les maladies cardio-vasculaires et les cancers.

Comment les Cubains, pourtant plus pauvres que certains africains, font-ils pour avoir une santé de riches ? C’est simple, les questions de santé sont un vrai enjeu d’Etat. Il se dit qu’à Cuba il y a deux ministres de la santé, le ministre et… Fidel Castro.

Sans risque de se tromper et en se permettant de parler pour les pays d’Afrique centrale, riches en pétrole, on peut dire que si le système de soins est en si piteux état, c’est d’abord par manque de volonté politique. Les autorités congolaises se foutent totalement de l’état des infrastructures sanitaires, parce qu’ils n’y mettent pas les pieds.

Au cours d’une conférence-débat, le conseiller du président de la république du Congo et délégué général aux grands travaux, se vantait d’avoir construit en 7 ans, 7 aéroports dans le pays. On aurait préfère que M. Bouya nous dise qu’en 7 ans, il avait construit 7 grands centres hospitaliers. Dans un pays où les indicateurs en matière de santé sont tous au rouge, le taux de fréquentation de ses hôpitaux n’aurait fait l’objet d’aucun débat. On ne peut pas en dire autant pour un aéroport comme celui d’Ollombo, où les avions qui y atterrissent sont, uniquement, ceux des invités du chef de l’Etat dans son village.

Quel président congolais avait pour habitude de dire qu’un pays qui ne peut pas nourrir son peuple n’est pas un pays libre ? Qu’en est-il, alors, d’un pays qui n’est pas capable de soigner ses citoyens, en commençant par le premier d’entre eux ? Se soigner dans son pays, lorsqu’on est chef d’Etat ou principal responsable politique, ne devrait-il pas être une question d’honneur et de dignité ?

Quand j’étais petit les parents mettaient un point d’honneur à ce qu’on n’aille pas manger chez les voisins, car cela sous-entendait que leurs enfants n’étaient pas correctement nourris à la maison. Un état de fait qui remettait en cause leur qualité de parents responsables. C’était considéré comme une humiliation. Moi, en tant qu’africain, voir autant de responsables du contient mourir en Europe, me met mal à l’aise. Je pense, malheureusement, être le seul.

Osalikongo



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