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Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










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Tuesday, November 01, 2011

Le plan secret d'Olmert pour un Etat Palestinien raconté par Condoleeza Rice


En juin 2007, en présence de Condoleeza Rice, le premier ministre israélien Ehoud Olmert et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas conviennent de se revoir pour discuter d'une "solution à deux Etats".
En juin 2007, en présence de Condoleeza Rice, le premier ministre israélien Ehoud Olmert et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas conviennent de se revoir pour discuter d'une "solution à deux Etats".AP/ODED BALILTY
L'ancienne chef de la diplomatie américaine Condoleezza Rice assure dans ses mémoires que l'ancien premier ministre israélien Ehoud Olmert a fait en mai 2008 une proposition secrète incluant un Etat palestinien avec des lieux saints placés sous tutelle internationale. Dans son ouvrage intituléNo Higher Honor, à paraître chez la maison d'édition Crown Publishers, Mme Rice écrit que M. Olmert était prêt à offrir aux Palestiniens, dirigés par Mahmoud Abbas, quelque 94 % de la Cisjordanie avec des terres en échange des colonies israéliennes.
JÉRUSALEM ADMINISTRÉE PAR UN "COMITÉ DE SAGES"
Dans son plan, il y aurait eu deux capitales, une pour Israël dans Jérusalem-Ouest et une pour les Palestiniens dans Jérusalem-Est, avec un conseil commun dirigé par un maire israélien et un adjoint palestinien. Quant à la vieille-ville de Jérusalem, elle aurait été administrée par un "comité de sages" de Jordanie, d'Arabie saoudite, de l'Autorité palestinienne, des Etats-Unis et d'Israël. "Est-ce que j'ai bien entendu ? Je me suis posé la question, écrit Mme Rice au moment de se souvenir de sa réaction de l'époque. Le premier ministre israélien est-il bien en train de dire qu'il va diviser Jérusalem et mettre en place une instance internationale pour superviser les lieux saints ?" Et Olmert aurait permis à 5 000 Palestiniens de retourner sur des terres qui appartiennent dorénavant à Israël.
RENCONTRE OLMERT-ABBAS
Mme Rice raconte également qu'elle a ensuite présenté la proposition de M. Olmert à Mahmoud Abbas, le lendemain. Ce dernier a tout de suite commencé à négocier, écrit-elle en précisant qu'il ne voulait pas accepter le retour de seulement 5 000 Palestiniens sur les quatre millions de réfugiés, et la responsable américaine d'organiser une rencontre entre MM. Abbas et Olmert. En septembre, selon Condoleezza Rice, M. Olmert a donné à M. Abbas une carte mettant en évidence ce que seraient les frontières d'un Etat palestinien.
"Tous les autres éléments étaient toujours sur la table, y compris la partition de Jérusalem. M. Olmert avait insisté pour qu'Abbas signe tout de suite", raconte-t-elle, selon les extraits présentés à la presse. "Quand les Palestiniens ont soulevé des objections, demandant à consulter leurs experts avant de signer, Olmert a refusé de lui donner la carte, écrit l'ancienne diplomate, Olmert craignant manifestement des fuites. Le dirigeant israélien m'a dit que lui et Abbas étaient d'accord pour faire venir leurs experts le lendemain. Apparemment cette rencontre n'a jamais eu lieu."
Ehoud Olmert avait déjà révélé dans ses propres mémoires, publiés début 2011, qu'il avait proposé en 2008 aux Palestiniens une tutelle internationale sur le "bassin sacré" incluant la vieille-ville et les lieux saints de Jérusalem.

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Friday, October 14, 2011

Qui sont les Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes ?



Un Palestinien quitte le camp de prisonniers Ketziot, dans le sud d'Israël, à bord d'un camion militaire pour rejoindre la bande de Gaza avec 28 autres détenus libérés, le 2 octobre 2007.
Un Palestinien quitte le camp de prisonniers Ketziot, dans le sud d'Israël, à bord d'un camion militaire pour rejoindre la bande de Gaza avec 28 autres détenus libérés, le 2 octobre 2007.AP/TSAFRIR ABAYOV

La question des libérations réciproques de prisonniers a toujours été un thème central du conflit israélo-arabe. Mais l'accord d'échange entre le caporal israélien Gilad Shalit et 1 072 détenus palestiniens est historique à plus d'un titre.

Il s'agit du huitième échange de prisonniers accepté par Israël depuis 1974. Mais alors que la plupart des Israéliens capturés jusqu'ici l'avaient été au Liban, Gilad Shalit est le premier à être détenu sur le territoire palestinien et donc à faire l'objet d'une négociation directe entre Israël et des groupes palestiniens ne vivant pas en exil. Jamais, par ailleurs, un soldat israélien n'avait été gardé captif vivant aussi longtemps.
Cet accord est en outre le plus "généreux" de l'histoire des transactions de prisonniers entre l'Etat juif et ses voisins arabes, avec un ratio de mille Palestiniens pour un Israélien. Il dépasse celui de 1983, qui avait abouti en pleine guerre du Liban à la libération de 4 500 prisonniers arabes en échange de six Israéliens.
Enfin, jamais la capture d'un Israélien n'avait été accompagnée d'une campagne de presse aussi intensive au niveau international. Le visage de Gilad Shalit est aujourd'hui connu de tous. Le combat de ses parents pour faire pression sur le gouvernement israélien a forcé l'admiration, la mobilisation médiatique et diplomatique, de Paris à New York, n'a échappé à personne. Plus rares, par contre, sont les médias qui se sont penchés sur le profil des Palestiniens emprisonnés en Israël, considérés comme des héros dans leur camp, et du millier qui a servi de monnaie d'échange.
  • 5 000 prisonniers palestiniens
Le président de l'Autorité palestinienne s'est félicité de la libération annoncée de 1 072 Palestiniens. Mais il a aussitôt insisté sur le fait qu'il restera "dans les prisons israéliennes 5 000" de ses compatriotes "attendus impatiemment par leurs familles". L'organisation israélienne B'Tselem, la seule a tenir un recensementfaisant autorité concernant les détenus palestiniens, estimait le chiffre à 5 204 en août dernier. Une ONG palestinienne, Addameer, en comptait 5 554 en juin. Un chiffre en forte baisse si on le compare aux quelque 10 000 détenus pendant la première Intifada (1987-1993).
L'évolution de la population carcérale montre que la capture de Gilad Shalit s'est soldée par une augmentation instantanée des arrestations de Palestiniens. Le 28 juin, deux jours après son enlèvement, Israël lance l'opération Pluie d'été, qui se soldera par des centaines de morts et d'incarcérations. Plusieurs dizaines de députés du Hamas seront arrêtés, dont une quinzaine sont toujours incarcérés, selon Addameer.
Les chiffres n'étant pas disponibles entre février et juin 2006, il est difficile demesurer l'impact exact de l'opération sur l'augmentation de la population carcérale. Tout juste peut-on constater que sur un an (janvier 2006-janvier 2007), le nombre de détenus passe de 5 100 à 9 100. Quatre mille arrestations à mettre en regard avec les 1 072 libérations annoncées mardi.
  • La détention administrative
Affrontements entre Palestiniens et forces de l'ordre israéliennes, mardi 16 mars, à Jérusalem-Est
Affrontements entre Palestiniens et forces de l'ordre israéliennes, mardi 16 mars, à Jérusalem-EstAFP/DAVID FURST
Sur les 5 204 détenus recensés en août, 272 étaient en détention administrative, incarcérés jusqu'à parfois plusieurs années sans être jugés. "Israël ne reconnaît pas aux prisonniers palestiniens le statut de prisonniers de guerre. Dans la pratique, des ordres militaires israéliens régissent les conditions de détention et notamment le régime de la détention administrative, qui permet de détenir une personne durant une période qui peut atteindre six mois renouvelables, sans obligation de jugement", explique la FIDH.
"La détention administrative est la seule caractéristique juridique, avec la peine de mort, qu'Israël ait conservée de l'époque du mandat britannique en 1948", souligneFrédéric Encel, spécialiste du Proche-Orient. Elle permet à la puissance mandataire d'incarcérer tout fauteur de trouble présumé, sans qu'aucune date soit fixée pour son procès.
  • 176 mineurs en prison
Des heurts ont éclatés à Hébron, en mars 2010, entre jeunes Palestiniens et soldats israéliens. Les Palestiniens protestaient contre la construction de nouvelles colonies à Jérusalem-Est.
Des heurts ont éclatés à Hébron, en mars 2010, entre jeunes Palestiniens et soldats israéliens. Les Palestiniens protestaient contre la construction de nouvelles colonies à Jérusalem-Est.AFP/HAZEM BADER
En août, B'Tselem recensait 176 mineurs palestiniens dans les prisons israéliennes, dont 31 avaient moins de 16 ans. En vertu des règlements militaires appliqués dans les territoires palestiniens, Israël a longtemps considéré comme adulte tout individu de plus de 16 ans, et ce alors que la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, dont Israël est signataire, tout comme sa propre loi nationale, fixe la majorité à 18 ans (lire le rapport de la FIDH sur ce sujet). Face aux critiques que suscitait cette disposition, le gouvernement israélien a fini par semettre en conformité avec le droit international. Un amendement du 27 septembre dernier a relevé l'âge de la majorité de 16 à 18 ans.
Les mineurs restent en général en prison pour un temps assez bref et sans êtrejugés, ce qui complique leur recensement. "Il y a beaucoup de turn over, mais le chiffre reste constant, explique Frédéric Encel. Il s'agit souvent de délits à peine caractérisables, comme des jets de pierre ou une participation à une manifestation. L'objectif est évidemment de se montrer dissuasif, même si l'effet est inverse."
  • Qui sera libéré ?
Un prisonnier palestinien libéré embrasse le sol au checkpoint de Beituniya avant de partir pour le QG de l'Autorité palestinienne à Ramallah, le 25 août 2008.
Un prisonnier palestinien libéré embrasse le sol au checkpoint de Beituniya avant de partir pour le QG de l'Autorité palestinienne à Ramallah, le 25 août 2008.AP/ARIEL SCHALIT
Aux termes de l'accord conclu mardi, les 1 027 prisonniers palestiniens seront libérés en deux phases : environ 477 seront relâchés "dans une semaine" et les 550 autres "dans deux mois". Le ministère de la justice israélien a précisé qu'il publierait "au plus tard dimanche matin" sur Internet la liste nominative des Palestiniens libérables dans le cadre de la première phase.
Tout juste sait-on que le premier groupe comprend 27 femmes, soit la totalité des femmes emprisonnées par Israël, selon le gouvernement.
Israël a longtemps refusé que soient libérés des détenus ayant "du sang sur les mains", c'est-à-dire ayant effectué ou commandité des attaques contre l'armée ou des colons, ou des attentats contre des civils. Mais le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, sous la double pression de la rue israélienne et de l'offensive deMahmoud Abbas à l'ONU, a finalement accepté d'en libérer certains. A condition qu'ils soient bannis de Cisjordanie.
Un peintre réalise le portrait de Marouane Barghouti, le chef du Fatah, qui purge depuis 2002 cinq peines de prison à perpétuité, sur le mur de séparation entre Ramallah et Jérusalem.
Un peintre réalise le portrait de Marouane Barghouti, le chef du Fatah, qui purge depuis 2002 cinq peines de prison à perpétuité, sur le mur de séparation entre Ramallah et Jérusalem.AFP/ABBAS MOMANI
Dans ce premier groupe figurent ainsi 280 prisonniers condamnés à la prison à perpétuité. 203 résidents de Cisjordanie seront ainsi expulsés, pour 163 d'entre eux vers la bande de Gaza, et pour 40 vers l'étranger. En revanche, 131 détenus de Gaza, 96 de Cisjordanie, 14 de Jérusalem-Est et 6 Arabes israéliens pourrontretrouver leur foyer. Certains des plus importants détenus palestiniens ne figurent en revanche pas dans l'échange. En particulier Marouane Barghouti, un des dirigeants de la deuxième Intifada, qui purge cinq peines de prison à perpétuité, etAhmad Saadat, secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).
Soren Seelow
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Wednesday, July 13, 2011

La Nakba effacée d’un manuel scolaire français


A en croire une dépêche de l’Agence France Presse (AFP) datée du 4 juillet, « des passages de nouveaux manuels d’histoire contemporaine à destination des classes de première générale, contestés par des associations juives, vont être “modifiés” à l’occasion de l’impression des versions définitives, a indiqué lundi l’éditeur Hachette Education ».
Ces modifications concerneraient la description du « partage de la Palestine » par les « manuels de premières L, S et ES à la rentrée 2011 ». Et l’agence de citer le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), qui dénonce une« présentation du conflit israélo-palestinien tout à fait scandaleuse ». M. Richard Prasquier voit notamment dans l’emploi du terme Nakba (« catastrophe », en arabe) une« idéologisation » et s’en prend à des « erreurs factuelles », sans toutefois, observe l’AFP, « préciser lesquelles ». Pour sa part, note enfin la dépêche, « le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a reproché aux auteurs du manuel d’“interpréter les faits historiques, de tronquer la vérité, de prendre parti” ».
A défaut de précisions du ministère de l’éducation nationale, qui a refusé de commenter ces informations, on se perd en conjectures.
Responsable, en dernier ressort, du contenu des manuels scolaires destinés aux lycéens français, le ministère ne tombe-t-il pas dans le communautarisme, si souvent vilipendé par le président de la République et le premier ministre, en acceptant de laisser un éditeur en réviser le contenu à la demande d’associations ou de groupes d’influence représentant (ou prétendant représenter) diverses « communautés » ?
La question se pose d’autant plus que la prise de position du CRIF rejoint la loi récemment votée par l’Assemblée nationale israélienne interdisant la commémoration, sous le nom de Nakba, de l’exode des Palestiniens durant la guerre judéo-palestinienne, puis israélo-arabe de 1947-1949… Ce qui pose une question supplémentaire : le CRIF a-t-il pour objectif de faire appliquer en France la législation israélienne et la République française doit-elle se plier à cette exigence, notamment en matière d’éducation ?
S’agissant enfin de manuels d’histoire, le plus raisonnable ne serait-il pas que le ministère exige de l’éditeur qu’il s’appuie sur les travaux des historiens, en premier lieu des plus concernés : les chercheurs palestiniens et israéliens. Or l’immense majorité d’entre eux affirment (pour les premiers) et reconnaissent (pour les seconds) que la plupart des Palestiniens ayant dû quitter leur foyer à cette époque y ont été contraints, souvent à la suite de massacres.
Même l’Israélien Benny Morris, qui a justifié en 2004 la politique du gouvernement Sharon, a réaffirmé, sur ce point, les résultats de ses vingt années de plongée dans les archives israéliennes. L’homme qui est allé jusqu’à défendre le « nettoyage ethnique » –« Un Etat Juif n’aurait pas pu être créé sans déraciner 700 000 Palestiniens. Par conséquent, il était nécessaire de les déraciner », avait-il déclaré dans une interview au quotidien Haaretz le 8 janvier 2004 – serait-il, aux yeux du CRIF, un « antisémite » ?
M. Richard Prasquier, qui prétend parler au nom des Juifs de France (voir Le Monde diplomatique de juillet 2011), est sans doute un bon cardiologue. Cela ne suffit pas, de toute évidence, à faire de lui un bon historien…
Dominique Vidal

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Thursday, March 25, 2010

Coup de froid entre les Etats-Unis et Israël


mercredi 24 mars 2010

Coup de froid entre les Etats-Unis et Israël

« C’est merveilleux de revenir parmi vous et de retrouver tant d’amis. » Ainsi s’exprima la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton lors de son discours devant le congrès de l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), le 22 mars. Même si Mme Clinton compte au nombre des amis les plus fidèles du gouvernement israélien au sein de l’administration de Barack Obama, les rapports se tendent néanmoins entre Tel-Aviv et Washington. Il n’est en effet pas courant que les Etats-Unis utilisent les termes « condamner », « affront », « insulte », pour qualifier une décision de leur allié (en l’occurrence l’annonce, lors de la visite en Israël du vice-président Joseph Biden, de la construction de 1 600 habitations dans la partie arabe de Jérusalem). Et le caractère glacial de la rencontre à la Maison Blanche entre M. Benyamin Nétanyahou et le président Obama conforte l’idée que les deux dirigeants s’insupportent, le premier ministre israélien étant l’enfant chéri de la droite républicaine et de Fox News (alors que la très grande majorité des juifs américains a voté pour M. Obama en 2008). Entre les dirigeants français et israéliens, tout va très bien en revanche (lire l’article d’Alain Gresh dans Le Monde diplomatique d’avril, en kiosques le 31 mars).
Les Etats-Unis n’entendent assurément pas remettre en cause l’aide militaire annuelle qu’ils versent à Israël – Mme Clinton a même indiqué que son montant (3 milliards de dollars), qui avait augmenté en 2010, augmenterait à nouveau en 2011. Mais quand ils évoquent le « partenariat stratégique global entre Israël et les Etats-Unis » (Mme Clinton vient encore de le faire devant l’Aipac), il arrive désormais aux dirigeants américains de suggérer, voire de dire carrément, que les provocations répétées du gouvernement de M. Nétanyahou nuisent à cette stratégie globale. Et fragilisent par conséquent le partenariat. La secrétaire d’Etat américaine ne peut pas ignorer qu’elle aura du mal à être prise au sérieux par nombre de pays quand, ovationnée par une association, l’Aipac, qui a appuyé la répression souvent meurtrière des manifestants palestiniens, elle fustige le fait qu’en juin dernier « des Iraniens qui protestaient en silence ont été matraqués ». « Dans le monde entier, ajoute-t-elle, les gens ont été horrifiés par la vidéo d’une jeune femme tuée en pleine rue. »
Plus fondamentalement, l’analyse régionale des Etats-Unis ne coïncide pas avec la politique actuelle de la droite et de l’extrême droite israéliennes. « Il est vrai, a indiqué Mme Clinton, que les mesures de sécurité [israéliennes] ont réduit le nombre d’attentats suicide. […] Au point que certains imaginent que le statu quo peut être perpétué. Mais les dynamiques de la démographie, de l’idéologie et de la technologie rendent cela impossible. D’abord, nul ne peut ignorer les tendances à long terme de la démographie, nées de l’occupation israélienne. Ainsi que le ministre de la défense Barak et d’autres l’ont signalé, l’heure se rapproche où les Israéliens devront choisir entre la préservation de leur démocratie et leur fidélité au rêve initial d’un foyer juif. Compte tenu de cette réalité, la solution impliquant deux Etats constitue le seul chemin viable permettant à Israël de demeurer à la fois une démocratie et un Etat juif. […] Enfin, nous devons admettre que l’évolution des technologies militaires va compliquer la sécurité d’Israël. Pendant six décennies, les Israéliens ont défendu leurs frontières avec vigilance. Mais les progrès technologiques accomplis en matière de roquettes signifient que les familles israéliennes sont dorénavant menacées à l’intérieur même de ces frontières. »

Le Pentagone donne à son tour
des signes d’exaspération

Autant dire que, selon Washington, la politique des faits accomplis de Tel-Aviv radicalise une opposition arabe qui demain disposera des moyens militaires de ses ambitions. Par conséquent, cette « politique de sécurité » nuit … à la sécurité d’Israël. Et, autre paradoxe, les Etats-Unis doivent, pour conserver dans la région un crédit dont profite ensuite l’Etat hébreu, prendre leurs distances avec lui. « Les nouvelles constructions à Jérusalem ou en Cisjordanie, a répété Mme Clinton dans son discours devant l’Aipac, portent atteinte au climat de confiance nécessaire et à la perspective de négociations auxquelles les deux parties [Israël et Palestine] se proclament attachées. Et ces constructions ont pour conséquence de rendre visible le désaccord entre les Etats-Unis et Israël, que d’autres parties dans la région espèrent exploiter. Cela entame la capacité unique dont disposent les Etats-Unis, celle de jouer un rôle essentiel dans le processus de paix. Notre crédit dépend en effet dans une certaine mesure de notre capacité à pouvoir saluer les deux parties lorsqu’elles font montre de courage. Et, quand nous ne sommes pas d’accord, à le faire savoir sans hésiter. »
Le compliment – empoisonné… – à M. Nétanyahou suit : « Nous félicitons le premier ministre Nétanyahou d’avoir repris à son compte la vision d’une solution comportant deux Etats, d’avoir décidé la levée de barrages et de faciliter les déplacements en Cisjordanie. Et nous continuons d’attendre qu’Israël prenne des mesures concrètes pour transformer cette vision en réalité, afin de créer une dynamique qui ira dans le sens d’une paix globale en respectant les aspirations légitimes des Palestiniens, en arrêtant toute colonisation et en se souciant de la crise humanitaire à Gaza. »
On comprend qu’une phrase de Mme Clinton ait été diversement accueillie par les militants de l’Aipac : « Si vous doutez de la détermination du président Obama, regardez ce que nous venons de réaliser en faisant passer un texte offrant à chacun une couverture médicale financièrement accessible et de qualité. » La « détermination » du président américain ne peut en effet que le conduire à prendre davantage de distances avec les projets de la droite israélienne et du lobby américain qui la soutient.
Pour eux, la situation devient d’autant plus sérieuse que le Pentagone donne à son tour des signes d’exaspération. Le 16 mars,témoignant (PDF) devant la commission des affaires armées du Sénat, le général David Petraeus, commandant des forces américaines dans une région qui va de l’Egypte au Pakistan (et qui couvre donc à la fois l’Irak et l’Afghanistan), a eu ce propos qui n’est pas passé inaperçu : « La poursuite des hostilités entre Israël et quelques-uns de ses voisins met en cause notre capacité à défendre nos intérêts. […] Le conflit [au Proche-Orient] alimente un sentiment antiaméricain lié à une perception de favoritisme des Etats-Unis envers Israël. La colère arabe née de la question palestinienne limite la puissance et la profondeur du partenariat américain avec les gouvernements et les peuples de la région, en même temps qu’elle affaiblit la légitimité des régimes arabes modérés. Al-Qaida et les groupes militants tirent parti de cette colère afin de mobiliser de nouveaux appuis. Le conflit au Proche-Orient favorise l’influence de l’Iran dans le monde arabe à travers ses clients le Hezbollah libanais et le Hamas. »
Au moment où M. Nétanyahou voudrait que Washington durcisse le ton contre Téhéran, la déclaration de M. Petraeus est redoutable pour Tel-Aviv. Elle suggère en effet que l’allié stratégique des Etats-Unis, Israël, complique dorénavant la tâche des militaires américains. Il sera d’autant plus difficile au parti républicain, inconditionnel de M. Nétanyahou, de négliger un tel avertissement qu’il y a quelques mois il pressait M. Obama de suivre sans hésiter les recommandations afghanes du général Petraeus. Ce que fit le président des Etats-Unis en déployant des milliers de nouveaux soldats dans ce pays. Le général Petraeus vient de suggérer que leur mission était mise en péril par les politiques du gouvernement israélien. Ce n’est pas rien…

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Serge Halimi


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