Thursday, March 29, 2012
Maturité de la démocratie sénégalaise
Wednesday, December 02, 2009
Friday, November 20, 2009
Le soldat Guissé reconnu français au terme d’une embarrassante affaire
La cour d’appel de a reconnu mercredi la nationalité française du soldat Ounoussou Guissé. Une procédure la remettait en cause en même temps que celle de son père, accordée il y a près de 50 ans et aujourd’hui décédé.
On ne peut pas retirer la nationalité d’une famille, près de cinquante ans après l’avoir accordé. C’est ce principe que la cour d’appel de Rouen a confirmé, à propos du cas du Brigadier Ounoussou Guissé, 29 ans, à qui les autorités françaises voulaient retirer la nationalité française.
Imbroglio judicaire
Le ministère public contestait la nationalité française d’Ounoussou Guissé, qu’il avait obtenu de son père, Daouda Guissé. Ce dernier, né au Sénégal mais travaillant en France au moment de l’indépendance était devenu français comme il en avait le droit à l’époque. La nationalité française est donc logiquement accordée à ses fils.
Ce n’est qu’une fois adulte, et engagé dans l’armée – tout comme son frère Amara, dans une situation similaire – que sa nationalité est contestée par les autorités. Selon elles, Daouda Guissé n’aurait pas dû obtenir la nationalité française car sa famille n’habitait pas en métropole. Conséquence : on devait donc retirer la nationalité à Ounoussou.
Ce raisonnement est invalidé une première fois par la justice en 2008, mais le parquet fait appel.
Soutien du ministère de la Défense
Jean Glavany, le député socialiste des Hautes-Pyrénées (sud-ouest), où stationne le régiment d’Ounoussou Guissé, dénonce alors cette situation devant l’assemblée nationale. Ces procédures sont « saugrenues » et « incongrues » réagit le ministre de la Défense, Hervé Morin.
La qualité de soldat d’Ounoussou (il notamment combattu en Afghanistan) et d’ancien soldat de son frère, ne leur était d’aucun secours devant la justice. Hervé Morin avait dû promettre « une nouvelle procédure »dans le cas où « la justice viendrait à refuser la nationalité française à nos deux soldats ».
Le ministère français de l’immigration, alors contacté par Jeune Afrique, était alors resté ferme : « ce choix se heurte à l’absence de la nationalité française de leur père, qui n’a pas fixé son domicile en France ce qui a empêché de lui reconnaître la nationalité de plein droit ».
La cour d’appel de Rouen, lui a donné tord une deuxième fois : la nationalité accordée à son père il y a plus près de 50 ans ne peut plus être remise en cause, il y a prescription.
Ounoussou Guissé peut maintenant se considérer comme pleinement français, enfin. Et l’issue devrait être la même pour Amara
Thursday, September 24, 2009
Rising amid squalor, Senegal monument stirs anger
DAKAR, Senegal – Towering on a hilltop overlooking the Atlantic, the 160-foot-high bronze statue depicting a family rising triumphantly from a volcano is supposed to symbolize Africa's renaissance.
But on a rutted trash-strewn path below, the old Africa is still in view: one where a poverty-stricken population endures incessant power blackouts and flooding — and considers the $27 million monument just another outrageous example of wasteful government spending.
"Senegal is going through a profound crisis," said Djiby Diakhate, a sociologist at Dakar's Cheikh Anta Diop University. "Our economy is dying. People are struggling to eat. We should be spending money helping people survive."
Perched on the westernmost tip of the continent, Senegal has gained notoriety as a launchpad for migrants who risk their lives crossing the high seas on flimsy wooden boats bound for Europe, hoping for a better life — or at least illegal employment. Countless numbers have died attempting the voyage.
They have left behind a capital filled with jobless university graduates, half-day power outages and rains that wreak havoc on the city's outdated infrastructure, flooding homes with stinking, shin-high sewage that has to be scooped out by hand.
The mammoth statue, atop a 330-foot hill, shows a muscular man in a heroic posture, outstretched arms wrapped around his wife and child, who is balanced on one of his biceps. It is to be completed in December.
Octogenarian President Abdoulaye Wade has compared the work to France's Eiffel Tower and America's Statue of Liberty; it is 13 feet taller than the latter.
And he has sparked outrage by maintaining he is entitled to 35 percent of any tourist revenues it generates because he owns "intellectual rights" for conceiving the idea, with the rest to go to the government.
Local media have lampooned the monument. One cartoon depicted its figures as a ragged, dripping family climbing onto a tin roof surrounded by flood waters. Another replaced them with Wade's own family, alluding to allegations it was his way of leaving a mark on the nation before he dies.
Presidential spokesman Sitor Ndour defended the project, saying unoccupied government land was sold to fund the endeavor and no state funds were used.
Critics say the money from the sale could have been put to better use — like purchasing badly needed medicine for public hospitals, assisting families who eat only one meal a day or helping combat rising crime.
"Before we spend money on prestige, or tourism, we have to deal with local emergencies," Diakhate said. "Why not use that money where we need it more?"
Ndour countered that the government already spends money helping Senegalese and "we believe culture is also a factor of development."
Wade's administration has plans for a series of major projects, of which the monument is but one. He has called for a new airport and a cultural center that will house a national theater and a museum of African culture.
Last year, the government completed other ambitious infrastructure, including a highway that cuts through the traffic-clogged heart of the city. It has also sold public land to developers building the country's first mall and international hotels.
Only the wealthy, however, can enjoy the $15 pina coladas overlooking the seaside Radisson SAS's Olympic-sized pool, and rains have flooded the tunnels of the new palm-tree-lined seaside artery, engulfing cars up to their windows.
Nearly 50 North Korean workers from the state-run Mansudae Art Studio in Pyongyang were brought in to build the statue because of their expertise with bronze art, and some Senegalese have complained of its communist-era design.
Abdoulaye Elimane Kane, a former culture minister and spokesman for the main opposition Socialist Party, said it reminds him of statues in North Korea — which he visited while a Cabinet member — and not of African art.
The statue has also drawn complaints from Muslims — who make up 94 percent of Senegal's population — because of Islamic prohibitions on works that represent the human form.
Wade insists any money he makes from the project will go back to the people, channeled through a foundation to help children's schools and education.
And he says he hopes the monument will show the world that Africans are rebounding from a history of enslavement, subjugation and neglect, that "after six centuries of darkness, we are headed toward the light."
To critics like Kane, it smacks of "unlimited presidential power, an absence of consultation, state privilege" — the autocratic tendencies Africa is trying to shed.
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Thursday, September 17, 2009
Sénégal:Polémique autour d'une candidature virtuelle
Article publié le 17/09/2009 Dernière mise à jour le 17/09/2009 à 08:37 TU
De notre correspondant à Dakar, Laurent Correau
Le président sénégalais aura plus de 86 ans en 2012 quand aura lieu la prochaine élection présidentielle. Pourra-t-il, devra-t-il porter les couleurs du camp libéral lors de ce scrutin ? Le débat a été lancé ces derniers jours par plusieurs cadres du régime. Pour Babacar Gaye, le porte parole du PDS (Parti Démocratique sénégalais), le parti au pouvoir, « la seule alternative pour le Parti démocratique sénégalais et la majorité présidentielle en 2012, c’est de porter maître Abdoulaye Wade candidat à la présidentielle. D’abord la loi le lui permet, ensuite maître Abdoulaye Wade se porte très bien. »
Aliou Sow, le ministre en charge des Collectivités locales et de la Décentralisation explique être allé solliciter du chef de l’Etat qu’il se représente pour un troisième mandat en 2012 : « Nous avons demandé au président Abdoulaye Wade d’être prêt à répondre à l’appel du devoir comme il l’a toujours fait, c'est-à-dire accepter de se présenter en 2012 si Dieu nous prête santé et vie. » Les Sénégalais ont également pu lire dans les colonnes du quotidien L’Observateur l’appel de Pape Samba Mboup, le ministre, chef de cabinet du président : « La Constitution permet à Me Wade, s’il le désire, de briguer un nouveau mandat à la magistrature suprême. Le président est en bonne santé, il a la tête bien faite et bien pleine. Ensuite, il a entamé de grands travaux qui vont transformer le Sénégal sur tous les plans. Je ne vois donc pas pourquoi en si bon chemin, il quitterait le pouvoir. (…) Pour moi, il doit se représenter devant les Sénégalais. »
Enfin, le ministre de l’Education, Kalidou Diallo, s’est prononcé en faveur d’une 3e candidature du chef de l’Etat sur les ondes de la radio Futurs Médias, lors de l’émission le Grand Jury : « si on voit la tradition politique au Sénégal, Blaise Diagne a fait vingt ans de pouvoir (1914-1934). Senghor a fait vingt ans (1960-1980). Abdou Diouf a fait vingt ans (1980-2000). Je ne vois pas pourquoi Abdoulaye Wade ne ferait pas dix-neuf ou ou vingt ans. D’abord quand je regarde l’envergure de l’homme, quand je regarde son bilan et quand je regarde bien sûr le rôle qu’il est en train de jouer aujourd’hui non seulement au plan national, mais au plan de la sous-région, au plan africain. Donc moi je considère qu’en 2012 la candidature de Wade est évidente. »
« Cicaw 2012 »
Les défenseurs d’une candidature d’Abdoulaye Wade en 2012 ne font pas que s’exprimer dans les médias, ils s’organisent. Aliou Sow affirme mettre en place un comité national de gestion de cette candidature. Pendant le mois d’août, un Comité d’initiative pour la candidature d’Abdoulaye Wade (CICAW 2012) a également vu le jour. Il est coordonné par Mouhamadou Moustapha Dieng, président du conseil d’administration de la RTS (Radio Télévision sénégalaise). Cet ancien du journal Sopi reçoit dans un bureau où trône le portrait du président sénégalais. Les membres du comité, dit-il, se sont penchés sur la liste des candidats potentiels au sein du PDS et en sont arrivés à la conclusion que le nom d’Abdoulaye Wade continuait à s’imposer. « C’est trop tôt pour d’autres candidatures, explique Mouhamadou Moustapha Dieng, je pense que le président se porte très bien, il a toute sa lucidité. Il peut solliciter un troisième mandat comme l’autorise la constitution. »
Certains de ces cadres politiques expliquent les raisons de leur choix. Le président sortant, disent-ils, est le seul à pouvoir rassembler le camp libéral pour cette échéance électorale. En creux, ils contestent la candidature d’Idrissa Seck qui a déjà manifesté ses ambitions présidentielles. Ils contestent de même celle de Karim Wade, le fils du chef de l’Etat, que beaucoup d’observateurs présentent comme un autre prétendant à la succession.
« une candidature inacceptable »
Abdoulaye Wade ne s’est pas encore prononcé publiquement sur ces appels. Pourtant, l’opposition s’attaque déjà à cette candidature virtuelle. « Ce sont des appels téléguidés par la présidence », estime ainsi Moustapha Niasse, le chef de l’AFP, l’Alliance des Forces de Progrès. Il s’interroge sur les raisons de ces sorties dans les médias : « Ca peut être un ballon de sonde qu’il lance comme ça, dit-il. Ca peut être également une volonté de noyer le poisson face à tous les problèmes que les Sénégalais connaissent actuellement. Et puis ça peut aussi mettre au second plan un certain type de débat sur la succession du président Wade. Vous savez bien ce qui s’est passé avec l’ANOCI et le livre de Latif Coulibaly... »
Pour Moustapha Niasse, une telle candidature demanderait de toute façon une réforme de la constitution : « il aura fait deux mandats et la constitution limite le nombre des mandats du chef de l’Etat à deux », explique-t-il. « Il y a déjà eu 13 modifications de la constitution du Sénégal depuis neuf ans, on voit ce qui se passe au Niger et qui est décrié par le monde entier… Est-ce que cette hérésie-là, Abdoulaye Wade va franchir maintenant le Rubicond pour la commettre ? »
Le maire d’opposition de Saint-Louis, Cheikh Bamba Dièye, s’interroge plutôt sur la pertinence d’une nouvelle candidature à 86 ans passés : « Le président de la République, maître Abdoulaye Wade, a déjà donné. Il a donné 26 ans de sa vie en tant qu’opposant. Depuis déjà 2 mandats il est au pouvoir. Qu’est-ce que les gens veulent ? Ce pays est un pays jeune. Il y a énormément de gens qui sont capables de tous les côtés du pays. »
Selon Cheikh Bamba Dièye, « Pour sa propre sécurité, pour sa santé et pour la santé et la sécurité de ce pays, [une telle candidature] est quelque chose d’inacceptable »
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Thursday, September 10, 2009
REVELATIONS EXPLOSIVES SUR SES RELATIONS AVEC WADE : CE QUE AMINATA TALL N'A JAMAIS DIT
Aminata Tall. C’est un nom, mais aussi une histoire. Une histoire qui se confond avec celle du Parti démocratique sénégalais (Pds) dans lequel elle a presque grandi aux côtés de son secrétaire général national, Me Wade. Mais, aujourd’hui, tout semble l’opposer à ce dernier qu’elle dit ne plus reconnaître. Toujours fidèle à sa réputation de rebelle, la « dame de fer », telle qu’on la surnomme livre ses intimes convictions. Imposante dans son boubou brodé de couleur blanche qui contraste avec sa noirceur bien entretenue, elle débite ses vérités, dans une expression fluide et assurée. Lesquelles vérités risquent de faire trembler les états-majors politiques du fait de leur crudité. Position par rapport au Pds, ses relations avec Wade, son avenir politique, son analyse de l’horizon incertain de 2012, l’ex-maire de Diourbel n’occulte aucun point. Et quand elle assène ses vérités avec le franc parler qui la caractérise, bonjour les révélations. Madame Aminata Tall, vous êtes restée trop longtemps silencieuse après votre limogeage du gouvernement en mars 2006. On ne vous a pas sentie sur le front politique. Seriez-vous dégoûtée par la politique telle qu’elle se mène au Parti démocratique Sénégalais ? Les vacances présidentielles se sont prolongées au moment où les populations pataugeaient dans les eaux, plongées dans l’obscurité, avec une recrudescence de la violence en Casamance. Pensez-vous que cela est normal en République ? Il y a trois éléments qui sont soulignés à la fois. Il y a les vacances présidentielles, le problème des inondations et celui de l’électricité. S’agissant des vacances présidentielles, nous sommes là, inscrits dans une tradition installée depuis le Président Senghor, tradition ininterrompue, en Europe pour ne pas dire en France. Une bonne image de l’alternance aurait cependant voulu d’autres formes de repos sur le territoire national ou en Afrique. En tous les cas, une présence immédiate sur le territoire national en cas de catastrophe ou de menaces sur la sécurité et la stabilité du pays (Casamance) s’imposait avec des mesures concrètes. Il est quand même étonnant, pour quelqu’un qui a toujours dénoncé la léthargie des autorités de l’époque avant l’alternance et leur manque d’initiatives politiques devant les catastrophes naturelles qui ont été les hantises permanentes des populations de Dakar banlieues, St-Louis, Kaolack et autres lieux d’inondations, il est désolant qu’il n’ait pas écourté ses vacances. Et qu’une véritable politique de solutions durables n’ait pas été définie en lieu et place des actions du plan Orsec qui n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan des difficultés qui assaillent les populations sinistrées. Le Président a quand même à son retour de vacances des projets d’envergure qui vont mobiliser près de 270 milliards de francs Cfa provenant du Millenium challenge account (Mca). L’accord devrait d’ailleurs être signé le 16 prochain... (Elle coupe). J’ai un peu suivi à travers la presse, mais de quoi on nous parle dans ce projet ? Il nous parle de routes vers Kolda, vers le Fouta, etc. On ne parle pas encore d’inondations de Dakar et des autres zones qui sont concernées. C’est un problème pourtant très sérieux. Concernant l’Energie, l’opposition dénonce un lobbying politico-affairiste qui prendrait le secteur en otage. Qu’en pensez-vous ? L’énergie d’une manière générale, devenue aujourd’hui un facteur structurant de l’économie sénégalaise mérite une politique cohérente, des décisions concrètes, et une gouvernance transparente. Ce qui est loin du cas aujourd’hui. Il est en effet inadmissible qu’en 2009, Dakar, première grande ville de l’Afrique de l’Ouest, première tête de pont de l’industrie dans cette partie du continent, plonge ses nuits dans l’obscurité par le déficit et la vétusté de ces installations de production énergétique. La SAR comme la SENELEC doivent être inscrites dans une orientation claire : étatisation ou privatisation, dans tous les cas pour une solution définitive... C’est aujourd’hui une priorité. Par contre, je trouve que le Monument de la renaissance sur les Mamelles n’est pas une priorité. Vous êtes donc contre l’érection du Monument de la renaissance ? Bien sûr que je suis contre. Pour moi, ce n’est pas une priorité. En faire une priorité est une non-reconnaissance des préoccupations réelles des Sénégalais et des Sénégalaises. Il y a pourtant des gens qui pensent que cela participe à redorer l’image de l’homme noire et redynamiser la mémoire de l’Afrique qui a connu des siècles d’oppression de toutes sortes ? La mémoire de l’Afrique, il y a plusieurs moyens de la restaurer. Je pense que l’homme noir est dans la mémoire de toutes les consciences collectives du monde. Pensez à toutes ces conférences qui se sont tenues ici ou ailleurs, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud. Mais aujourd’hui que nous vivons une situation précise, il faut trouver une solution précise. Justement parmi les raisons avancées pour justifier votre mutisme, on a cru entendre que vous étiez en attente votre poste de vice-présidente de la République ? La promesse de vous nommer au Conseil économique et social ne tenant plus, comment vivez-vous cette déception ? Vous semblez dévaloriser la fonction ? La fonction aurait pu avoir de la valeur, mais c’est le texte de loi même qui l’a dévalorisée. Si vous avez été nommé à la place, vous ne l’aurez sans doute pas dit ? Sans le cadrage constitutionnel, qu’est ce qu’on aurait pu faire ? C’est vrai que c’est l’homme toujours qui fait la fonction, c’est tellement vrai qu’à plusieurs reprises des postes qui m’ont été donnés, ont été privés de leur substance. Mais chaque fois, on a essayé de leur donné du contenu. Mais aujourd’hui ne regrettez-vous de voir cette affaire vous échapper ? Regretter ? Mais il faut d’abord espérer. Et vous n’avez jamais espéré ? Pas du tout. Sincèrement. Le Conseil économique et social, vous y étiez annoncé, mais… ? Mais moi je vous dis que je n’ai pas de déception avec le président Wade. Comment avez-vous vécu le fait qu’il ait nommé Ousmane Masseck Ndiaye ? Je l’ai vécu le plus naturellement au monde, mais comme je vous dis encore une fois, je ne commente pas les promesses de Me Wade. Et je ne me mets en situation que quand les choses sont entre mes mains de manière officielle. Donc je l’ai vécu le plus naturellement du monde. Comme s’il ne s’agissait pas d’une Aminata Tall qui était pressentie au départ. Il y a aussi le livre de Latif Coulibaly « Compte et Mécompte de l’Anoci », quel commentaire en faites-vous ? Qu’attendez-vous du président de la République après ces révélations sur la gestion de son fils si vous continuez à penser qu’il reste attaché aux idéaux pour lesquels vous l’avez choisi comme leader politique au départ ? Juste un rappel à ce propos : dans un engagement politique, on affirme toujours qu’il s’agit de servir : « la Cité, les Citoyens, l’Etat et la République ». Aussi Rousseau parle-t-il de citoyen comme participant à l’autorité souveraine et de sujet comme soumis aux lois de l’Etat. Il convient donc de garder en mémoire l’essence du politique pour prévenir la démocratie des dangers les plus corrosifs qui la guettent comme le mensonge politique. On parle ainsi de contre-pouvoir pour éviter les abus de pouvoirs. Intervient alors l’exercice du droit à l’information comme un devoir sacré pour vivifier la démocratie et rendre au citoyen sa dimension d’acteur central. C’est pourquoi dans le cas que vous évoquez, les autorités politiques qui ont reçu mandat de leurs concitoyens pour gérer des deniers : dans les règles de l’art, disposant d’outils de contrôle et de procédure, doivent éclairer l’opinion publique ; et les protagonistes de l’agence répondre de leurs actes en sanction positive ou négative. Personnellement, en tant que responsable politique, je n’aurais pas encouragé ou suscité, toutes les déviances, des procédures de la République, qui ont permis la mise en place de telles monstruosités, source de tant de polémiques et d’invectives aujourd’hui. Donc vous demandez à l’Anoci de répondre aux accusations de Latif Coulibaly ? Absolument. Et de la façon la plus claire et la plus courageuse possible. Restons dans le même chapitre, le nom de Karim est pratiquement sur toutes les lèvres et il est prêté au président l’intention de se faire succéder par son fils, ce scénario vous paraît-il légitime en tant que militante de première du Pds que vous êtes ? Mais si l’histoire récente du Sénégal, et l’expérience des changements intervenus en 2000 doivent nous apporter une leçon politique, elle serait que : la carte d’électeur du citoyen sénégalais est devenue l’arme fatale, et l’outil incontournable, de toutes formes de succession de pouvoir au Sénégal. L’hérédité est complètement différente de la légitimité politique. Karim a le droit de vouloir diriger le pays mais qu’il fasse ses preuves et commence à la base comme l’a fait son père. Notre pays et sa démocratie ne peuvent plus être manipulés par des lobbyistes, fréquentant les lambris du pouvoir à l’Elysée ou à Matignon, avec de solides relations dans les médias dits africains basés à Paris, faiseurs de présidents. Ces mercenaires de genre nouveaux menacent la démocratie en Afrique. La période de la monarchie est révolue et si nous devions la rétablir, je doute que Maître Wade ou Karim soient les mieux placés. Pourquoi, ils ne seraient pas les mieux placés ? Mais regardez autour de notre société, s’il s’agit d’une monarchie, je pense qu’il y a des critères bien définis. Pour être monarque au Sénégal, quels sont donc les critères, Mme Tall ? Convoquer l’histoire où allez voir les historiens. (Rires). Nous avons vu ce qui s’est passé au Gabon où le fils de Bongo a pu accéder au pouvoir grâce à des lobbies très puissants et cela a pourtant marché ? Mais le Gabon, ce n’est pas le Sénégal. Et si cela a marché au Gabon, vous voyez tout ce qui est en train de se passer. Nous avons une tradition de paix, nous avons aussi notre conservatisme qui est assez intéressant. Même si du point de vue de la modernité, nous sommes en avance. Faisons maintenant le bilan des dernières élections locales, surtout dans votre localité où vous n’êtes plus le maire ; mais aussi dans beaucoup de localités où le Pds a perdu pied. Selon quelles sont les raisons de cette déroute ? Retenez d’abord que s’agissant de Diourbel, je n’ai pas été candidate à ma succession. Cela dit, j’aime bien convoquer Mme Tchatcher surnommée « la dame de fer » qui disait avec pertinence que « l’opposition ne gagne pas les élections, c’est le gouvernement qui les perd ». C’est le cas au Sénégal. Les résultats globaux des dernières élections locales donnent encore le camp libéral majoritaire. Mais cette déroute du 22 mars est la conséquence logique de plusieurs facteurs. Je sais que la demande sociale n’est pas totalement prise en compte plutôt dans un contexte de crise particulièrement aigu avec les délestages, la pénurie d’eau dans certains endroits, de gaz, la cherté de la vie, les problèmes des inondations, l’insécurité, avec le gaspillage de nos ressources, les problèmes du monde rural, les grèves répétées des syndicats. En deuxième lieu, je constate que nous avons une mauvaise planification et une mauvaise distribution des ressources. La région de Dakar par exemple n’est pas la seule ville du Sénégal, fût-elle la capitale. Allez à l’intérieur du Sénégal, vous verrez ce que les gens vivent. Des routes cahoteuses, des localités totalement isolées, des infrastructures absentes… Nous avons par ailleurs, en quatrième lieu des promesses aux populations non tenues et vous savez ce que ça vaut à notre tradition. Nous avons également des querelles de chefs, organisées et qui ont engendré des divisions au sein du Pds. Nous avons connu des alliances contre-nature alors que la politique a quand même une éthique. Nous assistons à des bouleversements fondamentaux des canaux de la République. Pour la républicaine que je suis, on en souffre. Nous avons une absence totale d’une autorité centrale. Et tout ceci constitue à mon sens le lit de la victoire de l’opposition dans toutes les localités. Pour Dakar, est ce que ce n’est pas l’intrusion de Karim Wade qui a fait perdre la capitale aux libéraux ? Je ne sais pas pour Dakar, j’ai géré Diourbel, ma localité. Je n’ai pas voulu chercher les détails. Mais ces énoncés fondamentaux entre dans le cadre de cette déroute générale. Le Président, vous en veut avec la déroute de Diourbel ? Oui, il m’en veut. Mais c’est normal que le leader d’un parti en veuille à ses collaborateurs. C’était une réaction légitime et je n’ai rien à regretter . C’est une réaction légitime parce que la procédure na rien de canonique. Quand vous êtes dans une commune, vous responsabilisez les gens... Je n’étais pas candidat et cela a joué. Mais ce n’est pas parce que je ne suis pas candidate que je me retire de la scène politique, que je fasse preuve de non assistance à personne en danger. Pendant les élections, tout le monde est en danger… Cela prouve quoi ? Vous pouvez bien battre campagne sans donner des consignes claires de vote en faveur de votre camp. Je n’avais pas l’obligation de faire campagne. Mais je l’ai faite pour que mon camp gagne. Maintenant, quand au niveau de la direction du parti, des mesures totalement en porte-à-faux avec la réglementation et les textes du parti nous imposent un mandataire pour déposer les listes communales, vous voyez bien ce n’est pas une Aminata Tall qui va l’accepter, encore moins les responsables qui sont avec moi. L’échec, ce n’est pas l’ échec d’Aminata Tall à Diourbel encore une fois, c’est l’échec du président Wade. C’est lui qui nous a fait des promesses qu’il n’a pas tenues. Vous critiquez beaucoup Wade dans sa façon de gérer le Pds. Si pour vous, il a perdu la main, quelle en est la cause. L’âge, l’usure du pouvoir, le jeu des appétits… ? Il n’y a pas que l’âge. Je pense qu’il aurait pu continuer à être une grande chance des militants du Pds et, au-delà du parti, des Sénégalais qui ont cru en lui en un moment donné. Un peuple qui a des vertus cardinales a le doit de rêver. Un peuple croit en des utopies et, aujourd’hui, pour rallumer cette flamme, il faut encore du temps. Martin Luther King a eu son «dream» (Ndlr, rêve) et 50 ans après, Obama est devenu Président des Etats-Unis d’Amérique. L’élection présidentielle est une rencontre entre un peuple et un homme ou entre un peuple et une femme, donc il faut que cet homme ou cette femme incarne toutes les vertus, qu’il incarne tous ces rêves, toutes ces utopies. Comment donc entrevoyez-vous dans le contexte que vous décrivez, votre avenir au sein du Pds ? Si le Pds existe encore…(Rires) Ah bon, vous en doutez ? Cela voudrait-il dire que si ces conditions ne sont pas réunies, vous claqueriez alors la porte du Pds ? Dans ce cas, Aminata Tall se verrait mal continuer à voguer dans un navire sans boussole et qui continue de dévorer tous les autres navigateurs. Vous êtes en train de prédire une rupture ? On va vers ces moments-là, car le temps est dynamique. Quelle alternative dessinez-vous à cette situation ? On le saura le moment venu. Ce n’est pas encore le temps de le dire. Peut-on envisager une Aminata Tall, battant campagne pour devenir Président de la République du Sénégal ? Pourquoi pas ? Je n’ai pas peur, sinon on ne se lancerait pas en politique pour accompagner loyalement quelqu’un et après penser à jouer les mêmes rôles pour assurer la continuité du pouvoir. Revenons un peu sur votre départ du gouvernement avec le différend qui vous avait opposé au Premier ministre d’alors, Macky Sall, au sujet de la gestion du Pndl. Aujourd’hui, Macky Sall vous rend visite et vous discutez de politique. Pouvez-vous revenir sur les raisons de cette crise d’alors arbitrée par Me Wade en faveur de M. Sall ? Ne regardons pas dans le rétroviseur. L’heure est à la pro-activité. Aujourd’hui, la situation est tellement grave qu’il faille avancer après un bref coup d’œil sur le rétroviseur. Aujourd’hui, Idrissa Seck et Macky sont mes frères. Le dernier m’a rendu visite parce que nous ne sommes pas des ennemis. C’est dans l’ordre normal des choses, il n’y a rien de surréaliste. Quel est l’état de vos relations avec Idy. Vous a-t-il contacté dans le cadre de ses manœuvres politiques ? J’ai de bonnes relations avec Idrissa parce que nous avons de la hauteur, ce qui nous a permis de dépasser des situations. Les militants et le tout le monde sont unanimes à penser que le mal du parti, c’est Abdoulaye Wade. Qu’ils le disent et qu’ils ne le disent pas. D’ailleurs, c’est là que je vois une certaine hypocrisie. Wade déjoue toute forme d’alliance fraternelle au nom d’un seul principe : «diviser pour mieux régner.» J’ai été la première à théoriser les retrouvailles entre Wade et Idy et, à l’époque, j’ai été diabolisée. Aujourd’hui, je suis le jeu, et eux deux seuls sont en mesure de vous dire s’ils vont se retrouver ou pas. Comment analysez-vous ces retrouvailles justement ? Ces retrouvailles, j’y crois et, en même temps, je n’y crois pas. De toutes les façons, tout se fera fonction des contextes. C’est fluctuant. Et comme je vous l’ai dit plus haut, je ne veux pas revenir sur de vieilles querelles. Vous avez parlé de ping-pong dans la première question, je voudrais l’aborder sous l’angle de mon parcours qui me rappelle «Les éphémères», ces insectes qui vivent un jour et meurent. C’est à l’image des personnes. Même si la durée de vie des insectes est plus courte, ce sont des êtres vivants. C’est pour dire que le parcours du leader politique n’est pas en ligne droite, toutes ces péripéties sont à inscrire dans cet esprit. Un parti politique étant une organisation citoyenne qui, dans l’exercice du pouvoir conféré, gère des hommes, c’est-à-dire des ambitions et des carrières. Donc, ce n’est pas une simple affaire. Il ne peut pas être la géhenne de ses leaders ; ni avoir le comportement comme l’Hydre de la légende qui bouffe ses enfants. Il nous faut revenir à des fondamentaux, c’est-à-dire rétablir les frères et sœurs dans leur dignité, rétablir le mérite, la compétence ainsi que la représentativité. Nous devons arriver à faire de cela les seuls critères de la promotion. Mais aucune forme d’alliance ou de regroupement ne peut tenir sans ces principes. Est-ce qu’une alliance entre vous, Idy et Macky hors du Pds, est dans l’ordre du possible ? C’est bien dans l’ordre du possible. Si nous voulons maintenir la majorité dont bénéficie le camp libéral et en nous appuyant sur les principes que je viens d’évoquer, à l’intérieur ou hors du Pds, rien ne s’oppose à cette alliance. C’est d’ailleurs un socle qui me semble incontournable pour le devenir du camp libéral et celui du Sénégal. Il y a l’obstacle du leadership qu’il vous faudra franchir… Il sera surmontable, si l’intérêt de la Nation nous y convie. On a comme l’impression que vous travaillez activement dans cette perspective-là. Je vous ai dit dès le début que j’étais en silence, tout en réfléchissant. Et quand on réfléchit, on ne peut pas ne pas trouver des choses. Justement, qu’avez-vous trouvé ? On trouve des schémas et je ne peux pas vous le dire. C’est prématuré.La forme de votre question intègre plusieurs choses qui méritent explications et mises au point. Sur la forme, vous parlez de limogeage. Ce mot fait référence à la ville de Limoges en France où furent placés en résidence des officiers de l’Armée française par le Maréchal Joffre en septembre 1914, généraux jugés incapables. Par glissement sémantique, ce mot signifie aujourd’hui mesure de disgrâce : destitué, disgracié ; je ne suis nullement concernée par ce substantif. J’ai démissionné volontairement de mon dernier poste de Ministre d’Etat auprès du Président de la République pour des raisons d’éthique. Les gens disent que je suis dégoûtée de la politique. Vous savez, la politique n’est pas pour moi un concours gastronomique où le dégoût peut nous surprendre. Un grand chef religieux du siècle dernier, Pie XI, disait «que la politique est la plus haute expression de la charité» (…) J’ai donc préféré garder le silence dans la réflexion. Car, l’homme politique, que j’incarne, ne doit pas se permettre de perdre ses repères. L’écoute attentive est une donnée de la communication directe et efficace. La politique n’est pas le jeu médiatique qui consiste à occuper le devant de la scène dans les émissions ad hoc ou dans les «expéditions» devant la caméra ou le micro. Il est vrai que la discrétion est une attitude risquée. On s’interroge, comme vous le faites à juste titre, sur l’homme politique qu’on n’entend pas …Notre pays est traversé, aujourd’hui, avec brutalité, par des changements qui bousculent les repères, l’incertitude est la chose la mieux partagée, le déroulement des événements paraît échapper à tout contrôle. Les valeurs morales semblent être balayées sans ménagement. Ainsi, avec l’approfondissement de la démocratie, les citoyens sont au cœur de la crise. Crise au sens du philosophe italien Antonio Gramsci : «quand le vieux meurt et le neuf hésite à naître» ou pour parler comme Tocqueville, «le passé n’éclairant plus la vie, l’esprit marche devant les ténèbres». Donc, le silence, la réflexion, l’écoute sont des éléments de la politique qu’il faut savoir gérer, pour garder la conviction dans l’idéal qui fonde l’engagement politique. Telle est la signification de mon attitude observée ces derniers temps…
Vous venez de me l’apprendre et je ne voudrais pas faire de commentaire sur les promesses du Président de la République. Lui seul pourrait vous dire ce qu’il en est. Je remercie cependant tous ceux qui pensent que je peux assumer pleinement cette fonction. Mais sachez que je ne suis pas demandeur. Mieux, j’ai dit au Président de la République que si j’avais à lui donner un avis avant le vote de loi, je lui aurais déconseillé un tel projet. La mission telle que libellée pouvant largement être assumée par un simple Chargé de mission ou un Ministre d’Etat sans portefeuille ; la priorité du Président de la République devrait être ailleurs c’est-à-dire abréger la souffrance des populations (faim, inondations, délestage etc…)
Ecoutez, je ne suis pas dans les confidences du Président de la République. Il ne m’en a jamais parlé même si la presse en a fait des choux gras.
Bien sûr que j’en doute. Le Pds existe-t-il encore ? Pour que je continue à évoluer dans cette famille, je dirais qu’il y a au moins quatre conditions à remplir. D’abord, c’est la reconversion des mentalités qui appelle l’unité dans la paix des cœurs, l’esprit de générosité et de tolérance. Ensuite, il y a la nécessité, pour le parti, d’avoir une administration forte, des structures légitimes. A cela, s’ajoute une reconnaissance de la part du secrétaire général à l’égard de tous les anciens qui l’ont accompagné au prix de leur vie et qui, aujourd’hui, se retrouvent à la touche ou qui se considèrent comme les citrons pressés de la Fable au profit d’une nouvelle clientèle. Enfin, il faut que le Secrétaire général mette fin à sa politique du «diviser pour mieux régner».
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Sunday, July 26, 2009
Continental divide separates Africans, African-Americans
- Story Highlights
- Senegalese woman says of two cultures: We are "taught different values"
- African, African-American teenagers had myriad misconceptions of each other
- Nigerian says he tried to act like African-Americans to fit in, was still confused
- Key to dispelling myths about both cultures is education, dialogue, immigrants say
CNN
ATLANTA, Georgia (CNN) -- Africa is not a country, and Africans generally do not live in trees or hunt game with spears. Nor do they all walk around in the nude among lions and zebras.
African immigrants to the United States say cartoonish caricatures and a Western media penchant for reporting on Africa's disease, hunger and war -- rather than the continent's successes -- trivialize their cultures. They complain they have trouble dispelling the stereotypes once they arrive in the States.
They concede, though, the myths run both ways and some say they were surprised to find their values more often aligned with those of white Americans than African-Americans.
"I have been laughed at because of my accent and asked all the ignorant questions," said iReporter Ajah-Aminata N'daw, 25, of Fall River, Massachusetts. "Questions like: Did I live on a tree? Roam the jungles naked? Have wild animals at home?"
N'daw emigrated from Dakar, Senegal, in 2001. She works in a hair-braiding salon and has met African-Americans who share her values of hard work and family, but in most cases, "we are raised differently, taught different values and held up to a different moral code." iReport: Read why N'daw is not African-American
Gaddafi Nkosi, 18, recently graduated from The Piney Woods School, a historically African-American boarding school about 22 miles southeast of Jackson, Mississippi. He has since returned to Pretoria, South Africa, but recalled well the misnomers he faced in the U.S.
"I came down from South Africa and so many people thought that maybe that's a jungle or maybe I'd go out chasing lions or something like that," he said. African, black students find common ground at Mississippi school »
Nkosi's American classmates acknowledge their misconceptions. Cydney Smith, 17, of Nashville, Tennessee, said she once believed Africa was populated with "uncivilized tribes."
Raphael Craig, 17, of Hyattsville, Maryland, said the television misinformed him as well.
Before Craig visited the continent in 2005 and 2006, he thought of Africans as "half-naked, running around with tigers in the jungle," Craig said, confessing he was unaware tigers roam only Asia.
But in Ghana and Nigeria, Craig saw children playing the same games he and his siblings played. He saw many signs of modernity, including Mercedes and other brands of cars found in the United States.
"OK, this country is running how we're running, just two different schools," Craig recalled thinking. "It really opened my eyes to the point that everything you see on TV is not always the actual thing."
If the Western media are doing Africans no favors, then the African media are also a disservice to African-Americans because it portrays them as criminals, some immigrants say.
Sandi Litia, 19, a Piney Woods graduate from Limulunga, Zambia, said she was initially scared of African-Americans because the African media show them "wearing clothes like gangsters and killing each other."
Nkosi concurred that African media "made it seem as if they were these aggressive people that did nothing constructive with their lives except occupy prison space."
Trying to fit in
Chinedu Ezeamuzie, 21, of Athens, Georgia, arrived in 2003. He had spent the majority of his life in Jabriya, Kuwait, and came to the U.S. to pursue his education.
The recent Georgia Tech graduate said he considers himself Nigerian because his parents -- both from the village of Uga -- instilled in their four children strong Nigerian values of family, community, spirituality and self-betterment. Test your Africa knowledge with a quiz »
In Athens, Ezeamuzie found his ideals at odds with those who shared his skin color at Clarke Central High School, his first stint in a public school.
On his first day, he donned khakis, a button-down dress shirt and nice leather shoes. He caught the African-Americans' attention upon stepping into the cafeteria, he said.
"They give me the look," he said. "Why is this guy dressed like the white folks, like the preppy guys?"
Ezeamuzie didn't understand why so few black students were in his advanced-placement classes. He didn't understand the de facto lunchroom segregation or the accusing glances he got for eating with white classmates. One classmate called him a traitor and asked, "Do you not like black people?"
"My whole life I had reaped benefits from being in different circles and bridging them," so he wanted to fit in, he said. iReport: What are the unique struggles of being African in America?
He found clothes akin to what he saw many African-Americans wearing --- baggy pants and an oversized T-shirt. He relaxed his British-trained tongue and tried out for the basketball team, the 6-foot-5 Ezeamuzie said.
Ezeamuzie recalled finding himself more confused by his experience with some African-Americans: Why were they so cliquish? Why did they mock students for being intelligent? Why were they homophobic and bent on using the n-word? Why did every conversation seem to involve drugs, girls or materialism?
"They kind of accepted me. They saw me a little differently, but I was thinking this is a very narrow mindset," Ezeamuzie said.
Ezeamuzie and other Africans say they feel African-Americans too often dwell on slavery and the racism that has persisted for more than a century since the Emancipation Proclamation.
"We have all been tortured," said iReporter Vera Ezimora, 24, a Nigerian student living in Baltimore, Maryland. "Now that we are free, holding on to the sins of white men who have long died and gone to meet their maker is more torture than anything we have suffered." iReport: Read about questions Ezimora faced when she came to the U.S.
Values at core of misunderstanding?
Martin Mohammed, president of the U.S. African Chamber of Commerce, estimates there are 3 million African immigrants in the U.S. -- about twice the U.S. Census Bureau estimate. He has heard from numerous immigrants struggling to find commonalities with Americans who share their skin color.
Mohammed emigrated from Somalia in 1998 and is now naturalized. He considers himself African-American, but "it does not mean that I have already assimilated into the culture."
Values and upbringings may lie at the center of the cultures' misunderstanding of each other, he said.
Many Africans come to the U.S. to escape dire conditions such as poverty or civil war. Their objectives are often advancing their education or finding good jobs, Mohammed said.
They also strive to reunite their families, or at least support them back home. Remittances from the U.S. to Africa total about $20 billion annually, according to the World Bank.
However, African immigrants find that education and good jobs elude their African-American brethren, and there is a perception that many African-American men aren't committed to supporting their families, Mohammed said.
The two cultures have much to teach each other -- especially politically and economically -- but they must accept they have something to learn.
"Honestly, what we need to do is realize both cultures are important," Mohammed said.
Myths thrive on ignorance
iReporter Emeka Aniukwu, 35, hails from Ebenebe, Nigeria, and said he has heard all the American misperceptions about Africa, but the cure to ignorance is communication.
He began dating Sonya Roberts, 25, of Austin, Texas, shortly after he arrived in the U.S. in March 2005. She taught him about African-American culture, and he taught her about Nigeria. The couple married two years ago.
"Talk to people, stop showing ugly face and don't be shy about your accent," he advised African immigrants. "Most of the media coverage about Africa is all about hunger, diseases and war, so what do you expect? People are curious and just want to know, so calm down and educate them as much as you can." iReport: Read why Aniukwu loves Africa-Americans
At Piney Woods, where about 35 of the 200 students emigrate from Africa, the school's president, Reginald Nichols, concurs that education is integral to understanding.
He's heard Africans say the African-Americans are aggressive, while the African-Americans accuse Africans of being reserved -- but the more they mingle the more they mesh, he said.
"You have the African students tell me that they have learned so much about standing up from the African-American students, and the African-American students said they've learned how to simmer down, so it's a wonderful thing," Nichols said.
Mohammed, too, said he'd like to see more African-Americans dispelling myths about Africa, which is increasingly important as Africans in the U.S. begin wielding more economic influence.
The chamber estimates African immigrants have about $50 billion in annual purchasing power. Numbers from the University of Georgia's Selig Center of Economic Growth indicate the number is just behind the nation's Native American community, which had $61.8 billion in buying power last year. The entire African-American market was estimated at $913 billion and the Hispanic market at $951 billion.
History dictates that economic power precedes political power. Mohammed said Africans can learn much about politics from African-Americans because of their "level of influence in Washington."
"I'm also interested to the extent that the black population can play a role in solving global conflict. We can help these discussions around the globe, but we must begin here in the U.S.A.," he said.
iReporter Faraji Goredenna, 53, of Layton, Utah, said he encourages African-Americans to learn more about Africa and lend a hand to Africans so they know "America's institutions and opportunities are open to them, too." iReport: Read how Goredenna embraces both cultures
But he'd like a symbiotic relationship, he said, explaining, "We African-Americans want to learn more about our history and culture as it exists in Africa, but we have also created a culture for ourselves here that we ask our brothers and sisters from Africa to respect."
CNN's Jackie Adams contributed to this report.
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Thursday, July 23, 2009
Shadows Grow Across One of Africa’s Bright Lights
DAKAR, Senegal — From the air, this sprawling city looks like a metropolis on the move, a buzzing quadrilateral jutting into the Atlantic. Cars speed along a supple, newly reconstructed four-lane highway that hugs the rugged coastline. Cranes dot the seaside, building luxury hotels and conference centers, as investors from Dubai revamp the city’s port, hoping to transform it into a high-tech regional hub.
But on the ground the picture shifts. Jobless young men line the new highways, trying to scratch out a living by selling phone cards, cashews and Chinese-made calculators to passers-by. The port is full of imported food that is increasingly out of reach for most Senegalese.
Dakar will soon have a glut of five-star hotel rooms, but rising rents have pushed the city’s poor and even middle-class residents into filthy, flood-prone slums. Shortages of fuel mean daily blackouts.
It is hard to escape a sense of malaise that has settled over Senegal, one of Africa’s most stable and admired countries, a miasma of political, economic and social problems as unmistakable as the fine dust that blows in from the Sahara every winter, blotting out the sun with an ashy haze.
This month the sense of crisis reached a head, when a coalition of political and civic groups began a national conference to reassess the country’s direction. The government, seeing it as a provocation, refused to participate.
All of which raises the question: If hardship and tension are vexing Senegal — a former French colony that has never known a coup d’état or military rule, and for 48 years has been one of the most stable, peaceful and enduring democracies in a region so long beset by tyranny and strife — what could that mean for its more troubled neighbors?
This question has become all the more pressing with the implosion of Kenya, once East Africa’s oasis, into ethnically driven electoral violence earlier this year, and South Africa’s recent descent into anti-immigrant rage.
Senegal’s chattering class is increasingly worried that the country’s long run of relatively good luck could also run out.
“After years of sunshine, we have so many clouds gathering over us in Senegal,” said Abdoulaye Bathily, secretary general of Senegal’s Movement for the Labor Party, one of the parties that joined with President Abdoulaye Wade’s coalition in 2000 but have since broken with him. “We are lost, adrift. And if we can’t make it, what country can?”
The political class is in seemingly permanent crisis. The grand coalition of opposition parties that brought Mr. Wade to office in 2000 after 40 years of Socialist rule has collapsed.
Most of the major parties sat out the 2007 legislative elections, so the National Assembly is made up almost exclusively of Mr. Wade’s allies.
A series of squabbles within the governing party, along with the widespread speculation that Mr. Wade is grooming his son, Karim, as his successor, have also soured Senegal’s longstanding reputation as a beacon of democracy in a region once plagued by authoritarianism.
Mr. Wade, an indefatigable octogenarian who was re-elected last year for a five-year term, has in many ways staked his legacy on the rebirth of Dakar from a quaint colonial city to a major regional center, a kind of mini-Dubai for West Africa. It is the bequest of an aging leader to a new generation of Senegalese, the men and women he calls the Generation of Concrete.
Mr. Wade put his son, a former banking executive in London, in charge of organizing the Islamic Summit, a meeting of heads of state of Muslim countries held here in March. The vast makeover of the city was supposed to be complete beforehand, but while most of the roads were finished, the hotels were not. The government rented private homes and cruise ships to house delegates and members of the news media.
Much of the work was paid for by Islamic donors, not the public, but little accounting has been given for the reconstruction projects.
When the speaker of the National Assembly tried to question the president’s son about spending for the summit meeting, the speaker’s party leadership position was abolished and the assembly introduced a bill to cut his term to a single year.
He later reconciled with the president, but such scandals have exacted a toll on the country’s reputation. Once a darling of international donors, who have spent millions to help Senegal build schools and clinics, pay off its debts and plan infrastructure projects, the country has found itself criticized by representatives of the International Monetary Fund and the World Bank over public spending and policies that have worsened the effects of rising food prices.
A study commissioned by the United States Agency for International Development last year concluded that “a lack of transparency in public affairs and financial transactions, as well as chronic corruption, plague Senegal today.”
Africa as a whole has been enjoying high economic growth rates, but in 2006 Senegal’s economy grew by just over 2 percent. It has rebounded and is expected to reach 5.4 percent this year, but persistent unemployment and high food and fuel prices have blunted the benefits of growth for most people.
Above all, Senegal’s people seem to have lost their seemingly endless optimism. A Gallup survey completed here last year found that only 29 percent of respondents said they had a job, down from 35 percent the previous year
Most telling, 56 percent of those surveyed said they would leave Senegal permanently if they could. In recent years, tens of thousands of Senegalese have boarded rickety wooden fishing boats to try to sneak into Europe. Many thousands are believed to have died in these perilous crossings.
This frustration has largely been turned against Mr. Wade, a longtime opposition figure who endured imprisonment and political isolation for decades before bringing his quirky blend of neo-liberal and Afro-optimist ideas to the presidential palace.
To his many fans, Mr. Wade is an updated version of the founding fathers who governed Africa in the years immediately after independence. His age is a closely guarded secret, but he is believed to be 82, which would make him almost old enough to have been a contemporary of Africa’s early political giants, like Kwame Nkrumah of Ghana and Julius Nyerere of Tanzania.
El Hadji Amadou Sall, Mr. Wade’s spokesman and a senior adviser, says that the government is already spending most of its budget on sectors that directly affect the poor, like health and schools, but that these are less visible than five-star hotels. Mr. Wade has also announced ambitious plans to boost food production.
Some Senegalese are pleased. Paco Demba Dia, a 39-year-old traditional wrestler, said seeing new roads and buildings gives him a sense of pride.
“In all those years, the Socialists never did anything like this for us,” he said.
But to his critics, Mr. Wade has sullied Senegal’s reputation and has consolidated power within his own family.
The discontent is keenest among young people, and their chosen mouthpieces: rap artists who have become the griots, or musical storytellers, of their generation, providing a soundtrack to their frustrations.
“We’ve been waiting 40 years for real change in this country,” said Didier Awadi, a rapper whose rhymes in the Wolof language demanding change helped steer young people to vote the Socialist Party out of office in 2000. “But we are still waiting.”
On one of the many billboards across the city welcoming the attendees of the Islamic Summit meeting, someone scrawled paint over Mr. Wade’s face, writing: “We are hungry.”
Indeed, many Senegalese wonder whether the money to rebuild the capital was well spent. Amadou Ndiaye, a hawker who sells cheap Chinese-made shoes on the sidewalk, said that little of the new construction will benefit him. He has no car, and the new roads don’t go anywhere near his slum home.
“We can’t eat roads,” Mr. Ndiaye said. “We can’t afford to sleep in five-star hotels. So for whom is all this? Not for the ordinary Senegalese man.”Wikio
