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E. do REGO

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Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










Saturday, October 03, 2009

Fareed Zakaria : « Nous entrons dans un monde postaméricain »


Journaliste, essayiste et directeur de Newsweek International, Fareed Zakaria explique que les Etats-Unis, après avoir perdu leur hégémonie, peuvent et doivent remplir un rôle essentiel : celui d’intermédiaire des relations internationales.



Wikicommons- White House
Marianne : La thèse centrale de votre livre est que les Etats-Unis ont été victimes de leur succès. A force d’exporter partout les principes de liberté d’entreprise et de démocratie, ils ont engendré de nouveaux géants sur le point de dépasser leur maître…

Fareed Zakaria : C’est la vieille histoire des colonisateurs qui creusent leur propre tombe en répandant dans leur empire les principes de souveraineté de l’individu et de droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Les postulats américains, renforcés par l’effondrement du bloc de l’Est, sont devenus universels. Même la Chine a soustrait l’économie à l’emprise de l’idéologie, avec les résultats phénoménaux que l’on sait.

Comment expliquez-vous que les Etats-Unis, en possession de toutes les cartes maîtresses de l’hégémonie après la chute du mur de Berlin, aient perdu si vite et si aisément leur leadership ?

F.Z. : C’est, en effet, une énigme sans précédent. L’érosion de l’influence de l’Empire britannique avait été beaucoup plus lente. Je crois que cette ivresse impériale a résulté du fait que les Etats-Unis n’avaient plus aucun concurrent sérieux. Tout cela fut aggravé par l’élection de George Bush et la riposte mal pensée et mal exécutée aux attentats du 11 septembre 2001. Les Américains ne sont pas montés longtemps sur l’Olympe, et cela est salutaire d’abord pour eux…

Que voulez-vous dire ?

F.Z. : Face à la foudroyante montée en puissance de la Chine et de l’Inde, l’hégémonie des Etats-Unis en a pris un sacré coup. Même s’ils conservent leur avance pour les technologies de pointe et les dépôts de brevets dans les secteurs les plus affûtés. Sans parler de leur domination militaire qui, elle, n’est pas près de s’achever, en dépit de la prolifération des guerres asymétriques. En fait, ils vont devoir faire leur deuil de leur hégémonie et accéder à un autre rôle bien plus capital : devenir le courtier indispensable dans les relations internationales, chaque fois que surgira un conflit. A l’image de l’Allemagne bismarckienne qui réussit, un moment, à faire office d’intermédiaire lorsqu’un différend surgissait entre nations européennes.

Comment convaincre les salariés occidentaux victimes des délocalisations que, dans un monde affranchi de toute régulation, tous à long terme seront bénéficiaires ?

F.Z. : Vous avez raison. C’est vrai que je n’ai pas insisté suffisamment sur la démoralisation des salariés européens et américains, malmenés par la crise et confrontés à la stagnation de leur pouvoir d’achat, alors qu’une nouvelle élite de décideurs ne cesse de s’enrichir et d’échapper aux effets de ses erreurs de calcul. Il est dans la nature du capitalisme de toujours détruire pour reconstruire. J’admets, comme vous, qu’il serait un peu court de déclarer qu’on s’en sortira avec de la pédagogie et qu’à la fin du fin tout le monde profitera de cette accélération phénoménale des échanges marchands. Le problème de fond est que l’économie mondiale a de moins en moins besoin de bras. D’où une dégringolade dans la rémunération des salariés les moins formés. L’ennui est qu’il n’y a pas de salut hors d’une adaptation à marche forcée.

Certains évoquent presque avec nostalgie le « bon vieux temps » de la guerre froide…

F.Z. : C’est absurde ! La menace, aujourd’hui, est devenue protéiforme. Le terrorisme résiste, par définition, aux principes de la dissuasion. De plus, un très petit groupe d’individus peut avoir une redoutable capacité de nuisance pour peu qu’il réussisse à fabriquer une bombe « sale ». Cela dit, la « nostalgie » que vous évoquez fait bon marché du nombre de fois où l’humanité a failli être vitrifiée. A-t-on oublié les nombreux face-à-face mortels de la guerre froide où il s’en est fallu de très peu pour que Russes ou Américains appuient sur le bouton ? La crise de Cuba et la guerre de Corée, où l’on était à quelques secondes du désastre ? Donc, ne cédons pas à ce passéisme mal placé.

Ne croyez-vous pas que, dans cette course vers l’opulence, les démocraties sont handicapées face aux dictatures à cause de la lourdeur même de leur processus de décision ?

F.Z. : C’est vrai, la grandeur et, en même temps, la faiblesse des Etats-Unis est que chaque décision donne lieu à un débat souvent faussé par le poids exorbitant des groupes de pression économique. Les dirigeants chinois ont, eux, les coudées franches pour choisir, sans consulter personne, la stratégie la plus efficace. Reste que, dans le long terme, seul le régime représentatif a la légitimité nécessaire pour imposer les réformes. Expliquez, par exemple, aux électeurs que le système d’Etat-providence nécessite, pour survivre, d’être refondu. Cela dit, l’intensité de la crise actuelle a relégitimé le rôle de l’Etat. La seule certitude est que l’histoire n’avance jamais de façon linéaire. C’est une succession de tête-à-queue.

Samedi 03 Octobre 2009
Propos recueillis par Eric Dior
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