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E. do REGO

IL EXISTE MILLE MANIERES DE MENTIR, MAIS UNE SEULE DE DIRE LA VERITE.

Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










Saturday, September 10, 2011

11-Septembre, qu’est-ce qui a changé ?


Les attaques contre les tours de New York et le Pentagone ont-elles marqué la naissance d’une ère nouvelle ? Le monde a-t-il changé de bases parce qu’une poignée de terroristes a commis un des raids les plus audacieux de l’histoire contemporaine ? A voir le nombre de publications consacrées à l’événement, on serait tenté de le croire. Et pourtant…



Ces attentats ont d’abord ébranlé l’Amérique, et certains ont pu affirmer que, après la chute du mur de Berlin, on allait assister à un retour d’autant plus remarqué des Etats-Unis que leur puissance militaire est alors à nulle autre pareille : à eux seuls, ils représentent un peu moins de la moitié des dépenses d’armement dans le monde. Les rapides succès en Afghanistan et en Irak ont corroboré ces analyses. Dix ans après, « la guerre contre le terrorisme », qui visait à éradiquer toute menace, y compris celle des Etats dénoncés comme « voyous », est un échec, et la rhétorique belliciste de Washington s’est atténuée. Les Etats-Unis devraient se retirer d’Irak d’ici à la fin de l’année, laissant derrière eux un pays détruit, avec un gouvernement divisé et corrompu, qui sera plus proche de Téhéran que de Washington. En Afghanistan, malgré les déclarations lénifiantes, la montée en puissance des talibans apparaît irrésistible, tandis que le Pakistan s’enfonce dans la crise. Quant à Al-Qaida, si son chef Oussama Ben Laden et nombre de ses hauts dirigeants ont été tués, elle a essaimé au Maghreb, au Yémen, au Nigeria, etc.
Le prix de ces guerres, avant tout payé par les peuples qui en ont été les victimes, pèse aussi sur les Etats-Unis et plus largement sur l’Occident, de deux manières. Elles ont permis une remise en cause des libertés au nom de la lutte contre le terrorisme, légalisé la torture, les enlèvements, les écoutes illégales, les assassinats ciblés, etc., pratiques qui se sont étendues malgré l’élection du président Barack Obama, comme le montre le maintien du bagne de Guantanamo ou l’utilisation sans restriction de drones.
Le terrorisme est devenu un concept attrape-tout permettant aux Etats de justifier leur politique de répression. Que Paris soit le siège, dans quelques jours, d’une conférence dite « des victimes du terrorisme » reflète cette intense campagne (lire « Au nom des victimes », par Sébastien Fontenelle, dans notre numéro deseptembre, en kiosques, et « Un “congrès imposture” sur le terrorisme »).
Malgré les révoltes arabes et la marginalisation des groupes islamistes radicaux et violents, malgré l’affaiblissement d’Al-Qaida, les discours sur « la menace islamiste » ont profondément infiltré les sociétés et les mentalités en Occident et déstabilisé les minorités d’origine musulmane, entraînant un repli communautaire et la montée d’un climat islamophobe qui fait le lit d’une nouvelle droite radicale.
D’autre part, ces guerres déclenchées par Washington ont coûté des sommes folles, entre 3 000 et 5 000 milliards de dollars pour les seuls Etats-Unis, selon le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz. Elles ont accéléré l’éclatement de la crise financière (favorisée aussi par les cadeaux aux banques) et réduit les marges de manœuvre de l’Etat. Malgré une situation sans précédent, les Américains semblent disposer de peu de moyens financiers pour relancer leur économie et lutter contre le chômage.
Dix ans après les attaques contre le World Trade Center, c’est le relatif déclin des Etats-Unis, désormais confrontés à la montée en puissance de la Chine, de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud, etc., qui caractérise la situation mondiale. Le 11-Septembre n’aura été, finalement, qu’une étape dans ce basculement du monde.
Alain Gresh

Dans « Le Monde diplomatique »

  • « Le Pakistan après la mort d’Oussama Ben Laden » (aperçu)
    par Jean-Luc Racine, juin 2011.
    Après l’assaut américain visant Oussama Ben Laden, le Pakistan a obtenu que les Etats-Unis annoncent le retrait de leurs deux cents militaires officiellement présents sur son territoire. Cette mesure symbolise les relations tumultueuses entre Islamabad et Washington.
  • « Dans les filets du contre-terrorisme global »
    par Didier Bigo, octobre 2008.
    Quels ont été les effets des attentats du 11 septembre 2001 dans les pays occidentaux ? Une interprétation répandue chez les défenseurs des libertés publiques considère que les mesures antiterroristes constituent une stratégie de long terme des gouvernements pour s’exonérer de la loi ordinaire et instaurer un climat de surveillance nous faisant sortir de la démocratie.
  • « Dérives de l’antiterrorisme »
    par Jean-Claude Paye, La valise diplomatique, 4 juillet 2008.
    Les enjeux du procès des « filières kamikazes », qui se déroule en Belgique, comme celui dit des « filières irakiennes », qui a lieu en France, s’inscrivent dans un nouvel ordre juridique mondial.
  • « Le spectre du califat hante les Etats-Unis »
    par Jean-Pierre Filiu, mai 2008.
    A plusieurs reprises, dans ses discours sur la « guerre mondiale contre le terrorisme », le président George W. Bush a brandi la menace de la reconstitution d’un grand « califat » musulman et totalitaire s’étendant de l’Europe à l’Asie. Cette idée a été reprise par le président Nicolas Sarkozy.
  • « “La Guerre selon Charlie Wilson” »
    par Chalmers Johnson, La valise diplomatique, 15 janvier 2008.
    En mai 2003, alors que George W. Bush venait de mettre en scène la « fin de la guerre d’Irak » (« mission accomplie »), j’ai publié une analyse du livre de George Crile La Guerre selon Charlie Wilson, qui a inspiré le film du même nom. En voici un bref extrait.
  • « Contes et légendes de l’argent du terrorisme »
    par Ibrahim Warde, septembre 2007.
    Les mensonges à propos des « armes de destruction massive » en Irak expliquent la perte de crédit du président des Etats-Unis, bien plus que ses bobards sur le financement du terrorisme. Dans les deux cas pourtant, la manipulation a été sans limite.
  • « Guerres à la portée de tous »
    par Tony Fortin, juillet 2007.
    Epousant les théories des néoconservateurs, les jeux vidéo ont été peu à peu pénétrés par la symbolique puissante du 11-Septembre. Sur la base d’une apparente dépolitisation des conflits et d’un révisionnisme historique, ils confondent lutte contre le terrorisme et criminalisation de solutions politiques alternatives.
  • « Le bien, le mal et le “terrorisme” »
    par Eric Rouleau, mai 2007.
    Une abstraction conceptuelle... C’est ce que demeure le terrorisme, la « communauté internationale » n’ayant pas réussi à lui attribuer une définition. Il n’en demeure pas moins que le thème a envahi la presse écrite et audiovisuelle. Rarement dans l’histoire de l’édition autant de livres, érudits ou non, lui ont été consacrés.
  • « Le complot du 11-Septembre n’aura pas lieu »
    par Alexander Cockburn, décembre 2006.
    L’idée que les attentats du 11-Septembre auraient été manigancés par la Maison Blanche a fait son chemin. Or, une telle croyance témoigne, paradoxalement, d’une forme d’hébétement devant la puissance américaine, alors même que celle-ci échoue dans des entreprises bien moins herculéennes que l’éventuelle réalisation (puis la dissimulation) d’un tel complot.
  • « Fascisme, islam et grossiers amalgames »
    par Stefan Durand, novembre 2006.
    L’administration Bush continue de justifier ses interventions au Proche-Orient au nom de la lutte contre le « fascisme islamique ». Ce néologisme ne fait qu’occulter les questions géopolitiques
  • « Superman et le 11-Septembre »
    par Mehdi Derfoufi, Jean-Marc Genuite et Civan Gürel, octobre 2006.
    Pas de discours homogène dans les films hollywoodiens qui sont traversés par le 11-Septembre. Certains se rangent du côté de la politique d’exception, d’autres se montrent plus critiques. La force de Hollywood est de savoir intégrer des thèses en apparence contradictoires, de façon à fédérer l’ensemble du public tout en participant à l’effort de guerre.
  • « L’archipel des prisons secrètes de la CIA »
    par Giulietto Chiesa, août 2006.
    Le fait que la CIA ait enlevé, avec la complicité de gouvernements européens, des personnes suspectées de terrorisme pour les détenir sans jugement, voire les torturer, suscite de plus en plus de remous.
  • « Une gauche endormie par l’hypocrisie impériale »
    par Jean Bricmont, août 2006.
    Face à l’instrumentalisation des droits humains, la pensée critique ou de gauche est extraordinairement faible, en particulier lorsqu’il s’agit de s’opposer aux guerres américaines en Yougoslavie, en Afghanistan et en Irak, toutes justifiées par la défense des minorités, des femmes ou de la démocratie.
  • « Quand les services de renseignement construisent un nouvel ennemi »
    par Laurent Bonelli, avril 2005.
    Avec la disparition du « péril communiste » et de l’« empire du Mal », les services de renseignement européens et américains ont été privés d’un adversaire qui justifiait leur existence et leur budget substantiel. S’appuyant sur les activités de groupes terroristes hétérogènes et disparates, ils ont, notamment depuis le 11-Septembre, construit un nouvel ennemi stratégique.
  • « Ces industries florissantes de la peur permanente »
    par Denis Duclos, août 2005.
    Sur le front intérieur, la « guerre au terrorisme » conduit à une accumulation sans limites de « données » de tous types sur les personnes. Dans un jeu de surenchère technologique, l’échec de chaque technologie justifie le déploiement d’un arsenal toujours plus complexe… et toujours aussi peu « efficace » au regard de ses objectifs avoués.
  • « La guerre de mille ans »
    par Alain Gresh, septembre 2004.
    « Barbarie » et « civilisation », « mécréants » et « croyants », M. George W. Bush et M. Oussama Ben Laden voudraient faire croire que le monde est divisé en deux, entre « eux » et « nous ». Sous couvert de guerre contre le terrorisme, l’Occident semble prêt à s’engager dans un conflit planétaire.
  • « Al-Qaida, label ou organisation ? »
    par Olivier Roy, septembre 2004.
    Tout indique que la mouvance Al-Qaida est en mutation, essentiellement en raison de changements dans le recrutement. Il sera de plus en plus difficile d’en parler en termes d’organisation structurée. En revanche, le « label » a de beaux jours devant lui dans la mesure où il permet d’assurer un impact maximum à l’action entreprise.
  • « Symptômes »
    par Giovanna Borradori, février 2004.
    Entretiens avec deux grands intellectuels contemporains, le Français Jacques Derrida (décédé en octobre 2004) et l’Allemand Jürgen Habermas, qui réfléchissent à la signification des événements de ce fatidique 11 septembre 2001.
  • « Ce dangereux concept de guerre préventive »
    par Paul-Marie de La Gorce, septembre 2002.
    Le nouveau concept de défense introduit par la doctrine stratégique dont s’inspire l’administration Bush constitue une remise en question sans complexe des principes admis jusque-là par les Etats-Unis, avec d’amples conséquences pour la conduite de leur politique étrangère, l’organisation, le commandement et la doctrine d’emploi de leurs forces.
  • « De Hiroshima aux Twin Towers »
    par John Berger, septembre 2002.
    Puisque le nombre de victimes civiles innocentes, tuées à titre « collatéral » en Afghanistan par les bombardements américains, est désormais égal au nombre de celles de l’attaque contre les Twin Towers, il est peut-être permis de replacer les événements dans une perspective plus large, mais nullement moins tragique.
  • « Complotite »
    par Serge Halimi, mai 2002.
    Retour sur la thèse de Thierry Messan, développée dans son livre L’Effroyable imposture, selon lequel il aurait existé « un complot au sein des forces armées [américaines] pour perpétrer les attentats du 11-Septembre. ». Une thèse si simple et aveuglante qu’un petit livre suffirait à la démontrer ?
  • « Prisonniers sans droits de Guantanamo »
    par Olivier Audeoud, avril 2002.
    La situation juridique des prisonniers capturés en Afghanistan par les troupes américaines est au coeur d’un débat rendu confus par les déclarations américaines et une certaine complaisance internationale au nom de la lutte contre le terrorisme.
  • « Les périlleuses tentatives pour définir le terrorisme »
    par John Brown, février 2002.
    Désormais, au nom d’une nouvelle croisade contre un ennemi insaisissable, les pays occidentaux mettent en cause leurs valeurs fondatrices et tentent de criminaliser toute contestation politique, économique ou sociale de l’ordre établi, afin de normaliser l’état d’exception.
  • « Al-Qaida, une secte millénariste »
    par Pierre Conesa, janvier 2002.
    Peu d’observateurs ont analysé les évolutions du monde islamique à la lumière des phénomènes sectaires qui traversent le monde moderne depuis quelques décennies. Pourtant, nombre de caractéristiques permettent de rapprocher Al-Qaida de certaines sectes, comme par exemple l’idéologie millénariste et la dérive mortifère.
  • « Retour à une présidence impériale aux Etats-Unis »
    par Philip S. Golub, janvier 2002.
    L’état de danger national est venu à point nommé pour justifier un renforcement de l’exécutif, y compris dans des domaines sans rapport apparent avec la conduite des opérations militaires. C’est cependant surtout dans les domaines de la justice et de la police que les attributions de l’exécutif se développent de manière frappante.
  • « Le nouveau visage du monde »
    par Ignacio Ramonet, décembre 2001.
    A la suite des les événements du 11-Septembre, il est temps de faire un premier bilan de tout ce qui change désormais dans la géopolitique planétaire et qui va affecter nos vies. Succédant au cycle entamé en 1989, avec la chute du mur de Berlin, une nouvelle période historique vient indiscutablement de démarrer.
  • « Terrorisme, l’arme des puissants »
    par Noam Chomsky, décembre 2001.
    Les dirigeants américains n’ont pas toujours conscience des effets à moyen et à long terme de leur détermination à toujours l’emporter contre n’importe quel adversaire. Et leurs exploits d’hier peuvent se payer demain d’un prix très lourd.
Dans notre numéro d’octobre 2001, nous avions publié un dossier complet : « Guerre totale contre un péril diffus »
- « L’adversaire », par Ignacio Ramonet.
- « Tous américains », par Serge Halimi.
- « Au Sud, l’argent ou les bombes ? », par Saskia Sassen.
- « Etats-Unis, excès de puissance », par Steven C. Clemons.
- « Au nom du « choc des civilisations » », par Tariq Ali.
- « L’ère des conflits asymétriques », par Marwan Bishara.
- « Ravages de la télévision continue », par Eric Klinenberg.
- « Les liaisons douteuses du Pakistan », par Selig S. Harrison.
- « Musulmans et citoyens du monde », par Hicham Ben Abdallah El Alaoui.

Dans notre DVD-ROM d’archives (1968-2010)

  • « Rêves d’Empire de l’administration américaine »
    par Philip S. Golub, juillet 2001.
    Entendant privilégier l’action unilatérale et assurer la primauté de leurs forces armées, le président George W. Bush et son équipe ont considérablement durci leurs relations avec le reste du monde.
  • « L’injustice faite aux Afghans »
    par Gilles Dorronsoro, juin 2001.
    A la veille du 11-Septembre, l’Afghanistan vit sous blocus. Alors qu’ils ont laissé gagner les talibans avec l’aide manifeste du Pakistan, les Etats-Unis décident d’isoler le pays et d’imposer des sanctions. C’est la population qui en paie le prix.
  • « Frapper les sanctuaires »
    par Claude Julien, février 1986.
    Le terrorisme est devenu l’un des grands problèmes de ce temps. Mais, tout comme la guerre, l’extrême pauvreté ou la violation des droits fondamentaux, il est d’abord un problème politique.

Dans la boutique en ligne

  • « L’empire contre l’Irak », Manière de voir nº 67, janvier-février 2003.
    Le 11 septembre 2001 a marqué un tournant dans la définition de la stratégie des Etats-Unis, avec le déclenchement de l’offensive contre le terrorisme et l’adoption de la théorie de la guerre préventive. Cette analyse préconisait aussi le renversement du régime de Saddam Hussein.

Thursday, September 08, 2011

Jacques Chirac, celui qui aura érigé la trahison en éthique politique



Le procès des emplois présumés fictifs de la Ville de Paris a commencé lundi sans son principal prévenu, Jacques Chirac, dispensé d'audiences en raison de son état de santé. Pour Périco Légasse, c'est l'occasion de tirer le bilan d'un personnage qui aura institué la trahison en politique....


Clin d’œil du destin que cette anosognosie de l’ancien président de la République à l’heure de comparaître devant ses juges. Il aurait été cité devant le tribunal de l’histoire qu’une bonne dose de vraie amnésie ne lui aurait pas fait plus de mal. Laissons aux politologues assermentés de la Chiraquie le soin de dresser l’homélie funèbre d’un personnage dont la mort mentale ne fait plus de doute. D’apologies en anathèmes sur celui qui rythma quarante années durant la vie de la République Française avec ses atermoiements, les experts sauront bien conclure qui fut le vrai Chirac. Finalement sauvé de façon assez inattendue par l’hôte actuel de l’Elysée dont le bilan, prouesse parmi les records, pourrait être encore plus calamiteux que celui de son prédécesseur, celui qui fut douze années durant le chef de l’Etat aura marqué beaucoup plus profondément qu’on ne le pense la glaise dans laquelle est inscrit le processus psychologique conduisant au pouvoir suprême.


Une des caractéristiques notoires de Jacques Chirac, c’est d’avoir su trahir. Des trahisons multiples et fulgurantes ayant donné de l’homme public une image de tueur mécanique et impavide, l’analyse politique a retenu le mythe d’un étalon fougueux broyant tout sur son passage pour satisfaire un destin grandiose au service de la France. Une lecture en ayant fasciné plus d’un et ayant valu à l’intéressé certaines indulgences, parfois admiratives, du fait que ces trahisons, paraît-il, intervenaient toujours au nom de l’intérêt supérieur du pays. Des générations de militants UDR, RPR puis UMP virent dans cette dextérité à poignarder ses amis le signe d’une puissance d’âme digne de la virilité avec laquelle la France aime à être gouvernée. Même ses opposants ont vu dans l’art de dégommer l’allié d’hier une dimension de génie visionnaire. Chirac trahissait à bon escient. Pour la France.


Au crépuscule d’un parcours assez cossu et parsemé de gloriettes, le verdict de la morale finale pourrait être tout autre. Non seulement les trahisons de Chirac furent viles et lâches, mais leur retentissement ont généré un style assez vite homologué par la classe politique française.


La spectaculaire trahison ourdie contre Jacques Chaban-Delmas, en pleine campagne présidentielle de 1974, au cours de laquelle Chirac lâcha le candidat officiel du gaullisme pour se rallier à Valéry Giscard d’Estaing avec 43 parlementaires de l’UDR, ne fut en rien guidée par le devoir de sauver une droite menacée par une gauche rassemblée derrière François Mitterrand. Elle obéissait à un simple désir de vengeance des deux mentors d’alors du député de la Corrèze, Pierre Juillet et Marie-France Garaud, qui s’étaient juré de faire la peau de celui qui avait osé leur tenir tête quand ils étaient les conseillers particuliers du président Pompidou à l’Elysée. L’opération fut un succès et, en reconnaissance, Giscard nomma Chirac à Matignon.


La deuxième méga-trahison intervint au printemps 1981 quand Jacques Chirac retourna la machine RPR, dont il était devenu le maître par un tour de force, contre Valéry Giscard d’Estaing. Du dîner secret avec François Mitterrand organisé par Edith Cresson à la veille de l’élection présidentielle découla la célèbre formule « Je laisse mes électeurs du premier tour décider selon leur conscience, je ne puis, pour ma part, que voter pour Valéry Giscard d’Estaing ». Le code était passé et la formule permit à la gauche de l’emporter. On se gaussa de la performance. Décidément, Chirac était un tueur d’Etat, un matador national. Faire voter contre son propre camp, sans aucune divergence idéologique de fonds, pour assouvir une vengeance personnelle, ce n’est peut-être pas exactement ce que le général de Gaulle aurait prôné à ses troupes, mais passons. La haute figure du gaullisme était désormais incarnée par un spécialiste du stylet. On pourrait s’en tenir à cette simple conclusion et clore le constat, mais on ne peut écarter que cette pratique, érigée en éthique, allait vite devenir le comble du chic pour prouver que l’on était forgé dans le même acier. Non pas celui du fier canon, mais de la perfide lame. Toute la vie politique française allait désormais être régentée par le protocole de la trahison. Trahir c’est gagner, aurait-on pu lire dans certains traités électoraux.


Chaque parti comptait désormais dans ses rangs celui qui porterait haut et fort la bannière de la félonie. Ce qui était montré du doigt jusqu’alors devenait soudainement la marque d’une grande intelligence stratégique. Quelle belle trahison, quelle classe ! Chirac l’apprit à ses dépends avec Edouard Balladur, «son ami de trente ans », qui n’hésita pas à présenter sa candidature contre le maire de Paris à l’élection présidentielle de 1995 bien qu’ayant solennellement juré qu’il ne le ferait pas. Il fut d’ailleurs suivi par la garde intime et rapprochée de Jacques Chirac au travers de Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy, qui n’hésitèrent pas à lâcher leur mentor au milieu du gué pour se rallier à celui que les sondages avaient scientifiquement installé à l’Elysée. La tactique devenait pratique, voire méthode pragmatique. Même la gauche ne fut pas épargnée, puisque François Mitterrand ne se priva pas de lancer un Bernard Tapie dans les pattes de Michel Rocard, pourtant tête de liste du Parti Socialistes aux élections européennes de 1994, pour lui faire mordre honteusement la poussière (14,49%). On ne saura jamais pour qui le vieux président malade opta l’année suivante entre Jospin et Chirac, mais il dissimula peu les marques d’estime apportées en public à ce dernier et le peu d’affection qu’il montrait à son successeur à la tête du PS. Il faut dire que le parcours du député de la Nièvre n’avait rien d’un serment prêté.


Ce fut ensuite une longue litanie de trahisons diverses et variées à l’intérieur de tous les partis. On fera sans doute remarquer qu’elles ont toujours existé dans cet univers-là, à ceci près qu’elle n’apparaissaient pas au grand jour comme un signe de talent. L’appareil du PS savonna autant qu’il put la candidature de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007. Plutôt Sarko que la quiche du Poitou. Et François Hollande ne fut pas en reste dans le lessivage de planche. Les querelles internes au Parti Socialiste n’opposent d’ailleurs plus les Fauristes aux Blumistes (1938), ni le courant A au courant C, mais Fabius à Strauss-Kahn, puis Valls à Montebourg et Aubry à Hollande, tous les coups étant permis pourvu que le meilleur perde. C’est tout juste si la loyauté ne devient pas ringarde et la fidélité une forme de veulerie réservée aux débiles. Jean-Louis Debré et Brice Hortefeux en savent quelque chose, Pierre Bérégovoy et François de Grossouvre les ont prises trop à cœur.


L’aura de Jacques Chirac fut tel que cette forme de comportement indiquait une largesse d’esprit, une capacité d’adaptation salutaire, une plasticité prouvant l’émancipation du traître vis à vis des clichés. La Ve République prit peu à peu l’habitude de voir le relaps récompensé.


Autant un leader de droite, Jean-Pierre Soisson, intégra-t-il un gouvernement «d’ouverture » suggéré par François Mitterrand en 1988, pour revenir à ses anciennes amours aux élections suivantes, quitte à accepter les voix du Front National pour obtenir la présidence de la région Bourgogne, autant Eric Besson et Bernard Kouchner passèrent-ils en quelques heures, avec armes et bagages, et sans autre consigne, du lit de Ségolène au harem de Nicolas. L’opprobre qu’ils suscitèrent fut sans commune mesure avec l’admiration inspirée aux médias du moment. « Il faut en avoir dans le calbar pour trahir avec un tel aplomb en gardant la tête si haute », aurait dit le mari de Bernie.


Autrefois, un renégat, ça se lynchait. Et bien aujourd’hui, ça se lèche.


Et si l’intelligentsia déteste le sinistre Eric Besson, ce n’est pas tant d’avoir rejoint celui qu’il fustigeait côté gauche avant de s’offrir à lui, que d’avoir tenu des propos faisant honte aux valeurs républicaines.


Tel sera le bilan philosophique de Jacques Chirac. Bilan dont on ne se souviendra pas forcément, mais qui aura conduit une partie de l’élite gouvernante à se prévaloir de la trahison pour plaire. Que voulez vous, ça fait moderne. Aucun de ceux la ne sont pour autant des salauds, ce ne sont que des enfants de Chirac. Il serait temps que la République se remette de cette déviance avant que le peuple ne lui tourne le dos. En effet, l’anosognosie n’a jamais été un bon remède pour la démocratie.
Wikio

Wednesday, September 07, 2011

Il y a vingt ans en URSS

L’épreuve de force décisive des 18-21 août 1991 
 
Par JEAN-MARIE CHAUVIER

Journaliste, Bruxelles.

Le coup de force des 18-21 août 1991 à Moscou, « tentative désespérée » de sauver l’URSS d’une dislocation inévitable, a précisément dégagé la voie à cette implosion et à la « thérapie de choc » ultralibérale des partisans de Boris Eltsine. Comment expliquer cet effet aussi « contre-productif » de l’aventure ? Une certaine vulgate occidentale nous présente les événements comme un western mettant aux prises une bande de méchants « communistes conservateurs » et les bons démocrates triomphant du Mal. Dès l’époque, les enjeux étaient pourtant clairs : la propriété et le pouvoir alors que la Russie avait déclaré sa souveraineté sur son territoire et ses richesses naturelles. Le « communisme » soviétique était déjà défunt et l’option en faveur du marché faisait consensus. Il restait aux divers groupes d’intérêt à « faire leur marché » dans un héritage soudainement livré à une grande braderie.

Quel contexte ? Quelles forces en présence ?

La perestroïka de M. Mikhaïl Gorbatchev est alors dans une impasse, avec une dégradation rapide de l’économie et des conditions sociales, une explosion des inégalités, des mouvements séparatistes et des conflits inter-ethniques à la périphérie. Tout le monde cherche une « sortie de secours ».
Une force nouvelle domine alors la scène politique : le pouvoir russe, son parlement et son président élu au suffrage universel, Boris Eltsine. Elle conteste le pouvoir fédéral incarné par M. Gorbatchev et n’en applique plus les lois ou projets de réformes. Elle dispose d’une large base sociale : des milieux d’affaires nouvellement créés, un mouvement ouvrier renaissant et, depuis peu, une nomenklatura économique d’Etat dégagée de l’ancien système d’économie administrée qui s’est effondré en 1989-1990.
L’équipe réformatrice russe, que mène le premier ministre Iegor Gaïdar, concocte une « thérapie de choc » comportant la libération des prix, de grandes privatisations, une réduction drastique des dépenses publiques conforme aux recommandations du Fonds monétaire international (FMI). Les libéraux russes viennent de prendre conseil auprès de Milton Friedman, l’un des papes du néolibéralisme, et des réformateurs du Chili d’Augusto Pinochet, où un séminaire fut organisé pour les Russes en avril 1991. Le modèle chilien fait alors figure d’exemple. Ses propagandistes n’excluent pas la nécessité, en Russie, d’un « pouvoir fort » pour appliquer les réformes. Cette « première force » est l’alliée temporaire des pouvoirs des autres républiques auxquelles M. Eltsine suggère de « prendre le plus possible de souveraineté ». L’indépendance des républiques baltes et sud-caucasiennes… et de la Russie est déjà une réalité. Ailleurs, on s’interroge sur les contenus éventuels de « l’indépendance » et de l’ « Union » ou « communauté » qui est censée succéder à l’URSS.
La deuxième force est celle du président soviétique Gorbatchev, initiateur de la perestroïka. Il bénéficie d’un préjugé favorable en Occident où l’on ne tarit plus d’éloges envers ce leader communiste qui a, au-delà de toute espérance, cédé tant de terrain dans les négociations sur le désarmement, la dislocation du bloc socialiste (Pacte de Varsovie) et la réunification allemande. Mais à l’intérieur, M. Gorbatchev a perdu tout appui. La population, qui avait placé tant d’espoirs en la perestroïka, supporte mal la « katastroïka » de son niveau de vie. La plupart de ses compagnons et conseillers, les intellectuels libéraux qui l’avaient porté de 1986 à 1989, ont rejoint le camp démocrate eltsinien.
M. Gorbatchev est seul. Il cherche depuis plusieurs mois un « nouveau souffle » à sa politique, qui consiste à franchir un à un tous les Rubicons (abolition du monopole du parti, feu vert aux privatisations, abandon des références communistes…), tout en maintenant un « choix socialiste » mal défini et une volonté de sauver l’Union sans trop savoir comment. Le président prend appui sur le referendum du 17 mars 1991, lors duquel 76 % des votants ont approuvé le maintien de l’Union « rénovée ». Mais les questions diversement formulées du referendum et les résultats de ce vote prêtent à discussion : s’agit-il d’une fédération rénovée, d’une confédération de « républiques souveraines » ou d’« Etats indépendants » ? Les idées que se font les citoyens soviétiques de « l’Union future », de même que des « indépendances », varient d’une république et d’une région à l’autre.
Surgit alors, au cœur de l’été 1991, la « troisième force ». Elle est attendue depuis des années, tantôt sous forme de revanche sociale ou « bunt (révolte) russe » dévastatrice, tantôt sous forme de coup d’Etat militaire. En fait, un groupe de dirigeants se constitue en Comité d’Etat pour l’état d’urgence. En l’occurrence, le vice-président de l’URSS Guennadi Ianaiev, le premier ministre Valentin Pavlov, les ministres de la défense Dmitri Iazov et de l’intérieur Boris Pougo, le chef du KGB Vladimir Kriouchtkov, le secrétaire du comité central du PCUS Oleg Baklanov. Ils passent à l’action en août.
Que veulent-ils ? Leurs déclarations évoquent la situation catastrophique du pays. Elles ne parlent aucunement du communisme à défendre et adhèrent aux réformes de marché, mais « dans l’ordre » et, manifestement, pas dans la ligne ultralibérale de Gaïdar. Leur objectif immédiat est d’empêcher la signature, prévue pour le 20 août, du nouveau Traité de l’Union concocté par Gorbatchev, que les putschistes maintiennent en résidence surveillée à Foros (Crimée). Eux aussi s’appuient, en l’interprétant à leur façon, sur le référendum de mars. Ils redoutent un traité qui abolirait de fait l’Etat central.
Les faits et gestes des putschistes sont étonnamment peu résolus. On se souvient de la conférence de presse convoquée pour se justifier : leurs visages sont blêmes, les mains de Ianaiev tremblantes. Ils ont cherché – en vain – à convaincre M. Gorbatchev de les couvrir, ils ont approché l’entourage de Boris Eltsine sans succès. Ils n’ont pas davantage obtenu la convocation d’un plénum du comité central du PCUS pour les soutenir. Les mouvements et retraits de troupes se font dans la confusion. Une partie d’entre elles se sont ralliées à Eltsine. Les démocrates ont mobilisé dans les rues des centaines de milliers de partisans, dont les employés des nouvelles firmes commerciales et les brokers de la bourse des matières premières qui ont confectionné l’immense drapeau tricolore russe qui figure dans tous les reportages filmés. Le troisième jour, le 21, le maréchal Iazov retire les troupes présentes à Moscou, la partie est perdue, Gorbatchev libéré.
Le 22 août, le ministre de la défense Boris Pougo et sa femme se suicident. Le 24, c’est le tour d’un autre partisan du putsch, le maréchal Serguei Akhromeïev. Arrêtés, accusés de trahison et emprisonnés, les putschistes seront amnistiés en janvier 1994. On connaît la suite des événements : les proclamations d’indépendance en cascade, la prise en mains des leviers de commande à Moscou par Boris Eltsine – M. Gorbatchev étant définitivement mis à l’écart – et finalement l’acte de décès de l’URSS prononcé le 8 décembre 1991.

Le rôle des communistes

Contrairement à l’idée reçue, les communistes orthodoxes n’adhèrent pas à la philosophie du putsch. Ils tentaient de défendre le socialisme et les droits des travailleurs contre les forces du marché, y compris la politique du gouvernement Pavlov. Mais la mise à l’écart de M. Gorbatchev leur convient.
Bien entendu, une majorité de l’appareil du parti soutint les putschistes et ce fut le prétexte, ensuite, à la dissolution du PCUS et à son interdiction dans plusieurs républiques. Cette réaction s’explique aisément : ces cadres politiques ou administratifs, à la différence des cadres économiques et des chefs d’entreprise séduits par la libéralisation, n’avaient que peu de chances d’embarquer dans le train du capitalisme en formation. Les affaires n’étaient pas leur spécialité. Il faut pourtant nuancer : une grande partie des cadres communistes, même les plus conservateurs, comme en Ukraine ou au Kazakhstan, ont suivi leurs dirigeants dans les séparatismes. Les indépendances contenaient la promesse de nouveaux fromages appétissants : gouvernements, administrations, ambassades etc. En Russie même, la bureaucratie d’Etat, du KGB, de l’armée s’est ralliée au nouveau pouvoir. Vladimir Poutine était dans le camp des « démocrates », au service de l’un des plus radicaux, Anatoli Sobtchak.

Les événements vus avec vingt ans de recul

Et si l’on évaluait les événements d’août 1991 et leurs enjeux avec le recul des vingt années écoulées ? Les craintes des putschistes se sont vérifiées : liquidation de l’URSS et politique de « réformes » ultralibérales, paupérisation de la majorité des populations, déchaînement de guerres civiles dans le Caucase, en Géorgie, au Tadjikistan.
Le programme des vainqueurs démocrates a été appliqué : libération des prix, le 2 janvier 1992 (confiscation de fait de décennies d’épargne populaire), privatisations en masse, réductions drastiques des dépenses publiques entraînant notamment l’effondrement du système de santé. En septembre-octobre 1993, les parlement et soviets initialement acquis à Eltsine puis rebelles à cette politique sont écrasés par la canonnade (au moins 150 morts à Moscou). Tel fut l’épilogue dramatique de l’épreuve d’août 1991.
La bataille « pour la propriété et le pouvoir » allait se révéler féroce et meurtrière. Une fois les putschistes d’août battus, la fraction moderniste de la nomenklatura, à la tête des entreprises d’Etat, allait disputer aux nouveaux milieux d’affaires (jeunes oligarques, circuits mafieux…) l’appropriation privée des moyens de production et d’échange. Le principal enjeu de cette bataille fut la maîtrise de la rente pétrolière. C’est sa captation qui fit bâtir des fortunes fabuleuses. Si le processus fut chaotique, il n’avait rien d’un « far west » spontané : la marche des privatisations fut étroitement dirigée par le nouveau pouvoir. Une oligarchie s’est installée. Après le krach financier de 1998, et sous l’impulsion du nouveau président Vladimir Poutine, la propriété fut partiellement redistribuée, le rôle de l’Etat restauré, et la reprise de la croissance permit l’émergence d’une classe moyenne aisée.
Il est douteux que les méthodes envisagées par le Comité d’Etat pour l’état d’urgence d’août 1991 – méthodes autoritaires et répression – aient pu empêcher la catastrophe qui a suivi. Les putschistes ne disposaient pas d’une base sociale importante et ne faisaient pas appel au peuple. Pas plus que M. Gorbatchev, qui s’appuyait sur une technocratie moderniste – celle-ci lui filait d’ailleurs entre les doigts. Eltsine et les autres dirigeants des républiques, communistes déjà « ex » ou nationalistes, disposaient, eux, d’une base sociale et de mobilisations populaires, alors que le soviétisme ne jouissait plus que d’une (immense) force d’inertie.
La réaction majoritaire semble avoir été l’attentisme. Même ceux qui tenaient au maintien de l’URSS ont rallié les pouvoirs en place ou se sont résignés lorsque l’emporta la dynamique de la dislocation. Par ailleurs, dans le désastre social et face à un capitalisme brutal qui modifia en profondeur les conditions d’existence, la plupart des gens optèrent pour la débrouille et les stratégies individuelles de survie. La crainte des violences, de la guerre civile, détermina la population à ne pas intervenir dans les conflits, qu’il s’agisse d’août 1991 ou de la crise de septembre-octobre 1993. De ce point de vue, on peut constater qu’en dépit de guerres périphériques très meurtrières (Nagorny Karabagh, Géorgie, Tadjikistan, Tchétchénie), la dislocation de l’URSS n’emprunta pas la voie yougoslave. Même si, par ailleurs, cette autre violence que furent « les réformes » entraîna le décès prématuré de millions de femmes, d’hommes et d’enfants qui s’avérèrent « inadaptés » au changement. Les militants du libéralisme russe ne se sont d’ailleurs pas gênés pour dire haut et fort, une fois lancées les réformes, « le prix à payer » par les Soviétiques pour avoir « vécu au dessus de leurs moyens » et pour résister encore à l’indispensable « modernisation » des institutions, des mœurs et des mentalités.
La « victoire démocrate » d’août 1991 répondait probablement aux aspirations des fractions modernistes ou indépendantistes de la société soviétique, ainsi qu’aux attentes de leurs alliés occidentaux.
On évitera pourtant de la confondre avec une victoire de la démocratie.


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Tuesday, September 06, 2011

Les tyrans pétroliers dans le monde


Après la seconde guerre mondiale, les puissances triomphantes ont commencé une nouvelle phase de contrôle hégémonique sur le monde. Des facteurs tels que la position stratégique et l'énergie, ont été les principaux éléments qui expliquent l'intervention militaire, la guerre, l’interventionnisme politique, les coups d'État et les assassinats partout dans le monde entier, comme action spécifique et historiquement démontrée de pays comme les Etats-Unis, le Royaume Uni, la France, entre autres.


 

Mais il convient de s’arrêter au facteur énergétique. Comme nous le savons, l’énergie fossile est un élément clé dans le système économique mondial. C’est le produit qui fait marcher la planète. Le pétrole est la clé du système de production des pays développés, parce qu’ils n’ont pas su concevoir un système de développement au-delà des règles du capitalisme et du faux developpementisme, dans lequel la nature du capital est de croître indéfiniment, de croître ou de périr. Cela implique l’utilisation démesurée et accélérée des ressources naturelles comme le pétrole, qui se trouve à l’extérieur des pays développés.

 

 

 

La clé de la survie des Empires, est le contrôle de l’énergie et des matières premières. C’est pourquoi, depuis le début du XXe siècle le contrôle politique de l’énergie des pays dotés d’énergie et de matières premières s’est déjà pratiqué. Ce contrôle a été imposé sur la base de l’inégalité, ce qui a évidemment historiquement favorisé les pays développés au détriment de la richesse des pays propriétaires de l’énergie et des matières premières, Cette inégalité a été imposée par le contrôle de la direction politique des pays dotés de ces ressources, par l’utilisation de la force militaire, ou par l’utilisation de règles inégales dans le commerce international. Concrètement dans le cas du pétrole, l’OPEP a pris naissance dans les années 1960 dans le but de défendre les intérêts des pays possesseurs de ce point.

 

Dans un cadre global inégal dans l’exploitation des richesses, dans commerce international injuste, dans des conditions injustes impliquant le pillage des richesses pétrolières des pays à des prix dérisoires, nous avons vu comment historiquement, dans la plupart des pays riches en ressources, leurs peuples ont été soumis à des conditions de pauvreté et d’inégalité. Un cas emblématique à cet égard, a été le Venezuela du XXe siècle, qui, alors qu’il était le principal exportateur de pétrole au monde de 1925 à 1960, a maintenu un niveau de pauvreté autour de 68 %. Les asymétries ont toujours été visibles, dans les pays riches en pétrole, c’est pourquoi s’y sont trouvés des secteurs sociaux qui ont exigé des changements dans l’utilisation de la richesse nationale, c’est pourquoi il y a eu des troubles politiques et sociaux qui sont clairement prévisible.

 

Les bouleversements sociaux et les changements politiques se sont produits par intermittence dans tous les pays riches en pétrole. Mais dans de nombreux cas, ces transformations n’ont pas eu l’approbation des pays développés, surtout des États-Unis, le pays qui consomme le plus de pétrole sur la planète. Les changements politiques dans les pays riches en pétrole qui n’ont pas été approuvés par les États-Unis, ont été précisément ceux qui imposent de nouvelles règles dans le commerce dans l’exploitation du pétrole et dans sa fourniture, par le biais de taxes, des concessions et de collecte de redevances. La création de conditions plus favorables pour les pays détenteurs de pétrole, met en péril la marge de profit des compagnies pétrolières transnationales et les sociétés captatrices de la richesse engendrée par la fourniture de cette matière première.

 

Historiquement les Etats-Unis dans leur quête de matières premières et d’énergie bon marché ont assuré ce pillage des pays du tiers-monde, en utilisant l’ingérence politique et dans beaucoup de cas l’ingérence militaire. Mais ces stratégies ne fonctionnent pas elles seules, car, après la seconde moitié du XXe siècle, ils utilisent les armes de propagande mondiale, de l’intermédiation des organismes internationaux et de l’utilisation d’alliances politiques pour sécuriser leur hégémonie. Les États-Unis et les membres de l’OTAN (organisation du traité de l’Atlantique Nord), après la deuxième guerre, se sont assuré un rôle de « policiers du monde ». Comme dans n’importe quel film où il doit y avoir les « good guys » il doit y avoir les « bad guys », qu’ils le soient vraiment, ou simplement parce qu’il est nécessaire de les diaboliser afin que les « good guys » puissent agir. C’est ainsi que les « tyrans pétroliers », ont été groupe de « bad guys » sélectionné dans le monde par les Etats-Unis, parce qu’ils sont particulièrement riches et « Tyrans ».

 

Beaucoup de dirigeants des pays riches en pétrole, ont été identifiés par les Etats-Unis comme « tyrans ». Tous les moyens de propagande mondiale ont été utilisés pour attaquer ces « tyrannies » et leurs dirigeants, toutes les formes d’ingérence politique visant à les renverser par tout moyen ont été utilisées, des organismes internationaux (comme l’ONU spatialement son Conseil de sécurité ont été utilisés pour imposer des sanctions sur ces pays et à l’occasion (pour diverses raisons) la guerre frontale a été utilisée contre ces pays pétroliers gouvernés par « tyrans ».

 

Certes, dans les pays pétroliers il y a eu des tyrannies, comme il ya pu en avoir dans n’importe quel lieu dans le monde. Mais la préférence ou des États-Unis et en Europe pour un tyran, ne dépend pas de son niveau de tyrannie, mais de la façon dont ces personnages traitent l’industrie pétrolière. Si le tyran gère l’entreprise en faveur des pays impériaux, il n’est pas un tyran, il est un « ami ». Si le tyran gère l’entreprise pétrolière dans une perspective nationaliste, c’est un tyran et un ennemi. Les Exemples sont multiples, examinons les !

 

Les bons tyrans

 

L’Arabie saoudite est gouvernée par une monarchie avec des dizaines d’années au pouvoir et dont le chef est le roi Abdullah bin Abdul Aziz, dans cette nation il n’y a pas de démocratie, mais une terrible ségrégation sociale et un processus systématique de violation des droits des femmes et des enfants. Ce n’est pas une tyrannie.

 

Le Venezuela a été gouverné pendant 4 ans à partir de 1988 et par Carlos Andres Perez, qui a envoyé à l’armée pour repousser les manifestations populaires de 1989, faisant plus de 6000 morts dans tout le pays soit au moment des émeutes, soit par la répression et la disparition systématique de personnes dans les jours suivants. Après cela, Pérez a été décrit par le père de George Bush, comme un « démocrate » exemplaire Il ne s’agissait pas d’une tyrannie.

 

L’Iran a été gouverné par Mohammad Reza Pahlavi connu comme le Shah ou l’empereur d’Iran de, qui fut roi de l’Iran du 16 septembre 1941 jusqu’à la révolution iranienne, le 11 février 1979. Il était le deuxième souverain de la dynastie Pahlavi. Il est célèbre pour avoir supprimé et interdit des partis politiques, pour avoir promu la ségrégation tribale et pour avoir appauvri le peuple iranien en favorisant les secteurs de l’aristocratie de pétrole. Son règne s’est maintenu par la répression. Cela n’était pas considéré comme une tyrannie.

 

Les exemples de tyrannies avec consentement impérial peuvent être infinis à s’effriter de l’histoire, mais ont tous un dénominateur commun : tous géraient de manière complaisante les richesses pétrolières dans l’inégalité des conditions pour leurs pays et en favorisant les intérêts économiques des transnationales étasuniennes.

 

Les mauvais tyrans

 

Regardons la liste des dirigeants des pays riches en pétrole, qui ont reçu le label de « tyrans ». Malgré les actions de ces personnages, dans tous les cas, leur description comme « tyrans » par les États-Unis et l’Europe, a apporté l’élément additionnel justifiant le renversement de ces régimes pour installer le système démocratique occidental et le développement du système économique capitaliste international. Certains d’entre eux ont été destitués par les États-Unis, par les méthodes déjà expliquées, d’autres ont donné naissance à des systèmes de gouvernement plus qu’eux-mêmes. Ce sont :

 

Mohammad Mossadegh : a été le premier ministre démocratiquement élu d’Iran, entre 1951 et 1953. Il est connu pour avoir décrété la nationalisation du pétrole le 20 mars 1951, mesure qui a conduit à l’intervention des États-Unis et la Grande-Bretagne qui financèrent un coup d’état organisé par la CIA en 1953, qui renversa Mossadegh et établit une dictature monarchique avec à sa tête le Shah Mohammad Reza Pahlavi. Il fut accusé de terrorisme international et d’avoir une attitude anti-étasunienne affectant les entreprises transnationales à partir de la nationalisation de l’industrie pétrolière iranienne. Après le départ de Mossadegh Les entreprises de pétrole, retombèrent aux mains de British Petroleum et Texaco, jusqu’à l’arrivée de la révolution islamique de 1979.

 

Cipriano Castro : était un militaire et politicien vénézuélien qui devint chef d’État de 1899 à 1908, premier président de facto après le triomphe d’une guerre civile et à partir de 1901, comme Président constitutionnel du Venezuela. Il proposa de nouvelles règles pour les taxes et les redevances des compagnies pétrolières lesquelles développaient des activités échappant au contrôle. Il entreprit des actions judiciaires spécifiquement contre la Compagnie « New York and Bermúdez, Co. » dans lesquelles la nation réclamait une indemnité de 50 millions de bolivars ; et, deuxièmement, il commence l’expropriation de l’Orénoque Steamship Co. Toutes deux compagnies pétrolières. Ces deux cas actions entraînèrent la rupture des relations diplomatiques entre le Venezuela et les États-Unis en 1908. Année où Castro fut renversé par Juan Vicente Gómez. Castro était décrit comme « tyrannique et incompétent » par les États-Unis juste après la rupture des relations diplomatiques. Sous le gouvernement de Gómez, le Venezuela devint le premier producteur mondial de pétrole, avec une fourniture préférentielle aux Etats-Unis à des prix bas et inhabituels, libres de redevances et offrant une rente préférentielle.

 

L’ayatollah Ruhollah Khomeiny était un imam et un Ayatollah chiites iraniens leader politico-spirituel de la révolution islamique de 1979 et qui le reste encore. Les puissances occidentales le considéraient comme un « leader messianique, dont les initiatives politiques mettaient en danger la stabilité internationale ». En 1979, il a renversé le Shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi. Khomeiny a dirigé l’Iran jusqu’à sa mort en 1989. Iran nationalisa la compagnie pétrolière et créa de nouvelles règles en matière de taxes et de redevances, et fit des réformes pour faire bénéficier de grands secteurs de la société des ressources pétrolières. L’Iran est maintenant qualifié (comme au temps de Khomeiny) par les Etats-Unis de « sponsor international du terrorisme et de pays hors-la-loi et tyrannique ».

 

Saddam Hussein : fut 1979 à 2003 avec le soutien de la CIA un dirigeant irakien qui entreprit une guerre contre l’Iran pour renverser le gouvernement de l’Ayatollah. Son gouvernement dans les premières années, a eu le soutien des Etats-Unis des d’armes y compris des gaz et des armes bactériologiques qu’il utiliserait contre l’Iran. Hussein était un allié clé des Etats-Unis, jusqu’à ce qu’il décide de faire des réformes pétrolières dans son pays, l’Irak devint un membre clé de l’OPEP et décida d’attaquer le Koweït (ancienne province pétrolière de l’Irak) pour le rattacher. Après, cela a engendré « Tempête du désert » et la guerre Golfe où les Etats-Unis envahirent le golfe Persique, attaquant l’Irak et créant une zone de non survol. En 2003, au prétexte de l’existence d’armes de destruction massive, les Etats-Unis et d’autres partenaires de l’OTAN, envahirent l’Irak, capturèrent puis exécutèrent Hussein et maintiennent jusqu’à présent une occupation .Il n’y a jamais eu d’armes de destruction massive en Irak. Hussein a été décrit comme « dictateur et bailleur de fonds du terrorisme international ». A présent les accords pétroliers en Irak sont excessivement injustes envers l’Irak et ont tellement libéré la production que le pays en déjà ne fait déjà plus partie de l’OPEP.

 

Gamal Abdel Nasser : était un militaire et un homme d’État égyptien et le principal dirigeant politique arabe de son temps. Il fut président de l’Égypte de 1956 jusqu’à sa mort en 1970. Il nationalisa le Canal de Suez, provoquant une intervention militaire de l’Angleterre avec le soutien des Etats-Unis. L’Egypte, pays pétrolier et pays membre de l’OPEP, fit des réformes dans ce domaine, ce qui signifiait que Nasser était au centre d’attaques et de déstabilisation systématique, sa proposition de l’unité arabe est devenue une ingérence internationale plus constante. Après sa mort naturelle, de nouveaux groupes politiques prirent le pouvoir en l’Égypte, Sadate et puis Hosni Moubarak ouvrirent Égypte au marché libre avec l’Europe et les Etats-Unis, signant de nouveaux accords pétroliers préférentiels avec ces pays.

 

Jaime Roldós Aguilera : a été président de l’Équateur de 10 août 1979 jusqu’au 24 mai 1981. Il est mort dans un accident d’avion qui selon de nombreux indices aurait été provoqué. John Perkins, présenté comme un « assassin économique » confirme les actions spécifiques de la CIA pour l’assassiner. Roldos proposa des réformes politiques majeures. Sur la question du pétrole Équateur avait à l’époque avec une production de pétrole naissante et les projections futures de gaz, l’intention de créer une entreprise de production nationale au moyen d’une excluant les sociétés transnationales. Il fut présenté par les Etats-Unis comme une « menace » et fut accusé d’être lié au réseau communiste international en seulement 2 ans du gouvernement. Après la mort de Roldos, l’Équateur, repassa sous le contrôle de la classe politique qui l’avait précédé. Le projet pétrolier de Roldos fut transporté vers le futur de telle façon qu’il se réalise aujourd’hui sous la direction de Rafael Correa, l’Équateur disposant de ressources énergétiques suffisantes pour se considérer comme un pays exportateur et être maintenant membre de l’OPEP.

 

Isaías Medina Angarita : Président de la République du Venezuela, de 1941 à 1945. Il a été renversé par un coup d’état « civil-militaire » dans lequel a participé le parti d’Action démocratique. Il décréta l’augmentation de la participation de l’Etat vénézuélien à 50 % des bénéfices du pétrole, établissant également l’obligation pour les titulaires de licences de payer, non seulement les taxes consacrées par cette loi, mais aussi toutes les taxes générales qui seraient instituées c’est pourquoi les compagnies pétrolières ont été soumises depuis au paiement de l’impôt sur le revenu. Les transnationales intéressées ont aidé à son renversement, appuyant les civils et les militaires, parmi lesquels on compte Marcos Pérez Jiménez, qui deviendra plus tard un dictateur, Medina Angarita a été accusé de « nationaliste dangereux ». Après son départ s’ouvre une autre étape dans la dynamique des concessions pétrolières vénézuéliennes.

 

Ben Bella : gouverna l’Algérie entre 1962 et 1965. Ben Bella nationalisa les propriétés abandonnées par les français après la décolonisation, ainsi que d’autres entreprises clés de l’économie du pays. Il établit un régime socialiste fondé sur l’autogestion des petites et moyennes entreprises, entreprit une réforme agraire et conçut un programme de libération des femmes, les encourageant à abandonner le voile et à s’intégrer dans la vie sociale et politique. LE pétrole comme ressource principale de l’Algérie fit l’objet de réformes. Ben Bella a été renversé et emprisonné pendant 10 ans. Il a été accusé de pratiquer la tyrannie et la persécution politique. Après son renversement, les conservateurs au pouvoir sont devenus des alliés de l’Amérique au Maghreb.

 

Mahmoud Ahmadinejad : actuel président de la République islamique d’Iran, depuis le 2 août 2005. Il a continué la politique pétrolière de son pays mise en œuvre depuis le début de la révolution islamique. Cette politique a été très nationaliste et a conduit à l’Iran à une place de puissance moyenne, étant le pays le plus puissant en Asie centrale et l’un des plus influents du golfe Persique. Ahmadinejad et l’Iran sont considérés comme ennemis des Etats-Unis comme parrains du terrorisme international et « obstacle à la paix dans le monde ».ils insistent sur le fait que le programme nucléaire iranien est pacifique (pour la production d’électricité, le dessalement d’eau de mer à usage humain et à des fins médicales) a, à la demande des membres de l’OTAN, engendré des sanctions économiques pour l’Iran. L’Iran est soumis à de possibles actions militaires des États-Unis étant considéré comme une menace contre Israël et le monde occidental par sa possible puissance militaire nucléaire, chose qui n’a pas été confirmée et l’Iran a nié en se soumettant à l’inspection internationale de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique). La droite républicaine américaine au complet, demande à Barak Obama d’agir militairement en Iran, d’envahir ce pays pour « sauvegarder la paix et la sécurité des Etats-Unis ».

 

Kadhafi : dirigeant libyen installé au pouvoir depuis 1969 et qui, depuis les années 1970 a nationalisé l’industrie pétrolière. Bien qu’actuellement l’activité pétrolière ne soit pas entièrement nationalisée, la Libye recèle près de 50 milliards de pétrole ultraléger, le plus convoité et qui avant le conflit de 2011 était dirigé vers l’Europe à raison d’environ 1 600 000 barils par jour. La Richesse de la Libye est estimée à 200 milliards de dollars en dépôts dans les banques européennes. Depuis la politique Kadhafi la Libye est considérée comme un pays hors-la-loi, il a traversé des moments d’isolement international, dont il est sorti seulement après une ouverture de Kadhafi à l’investissement International, principalement français, italien et britannique. Au début de 2011, les tribus hostiles à Kadhafi, conjointement avec la coopération internationale de mercenaires armés, ont pris des postes militaires du gouvernement, y ont pris l’armement et ont entamé une rébellion contre Kadhafi en essayant de créer une République séparatiste dans l’est pétrolier du pays. Kadhafi a répondu militairement. Les médias internationaux et la diplomatie internationale où les USA ont joué un rôle de premier plan, ont soulevé la nécessité de prendre des mesures contre Kadhafi puisqu’il attaquait des« civils sans défense, qui réclamaient la liberté ». Au moment de la rédaction de cette note, il y a des sanctions économiques et militaires et la création d’une zone d’exclusion aérienne en Libye permettant le bombardement par les États-Unis et la France, avec la collaboration des membres de l’OTAN.

Tripoli est assiégée et les habitants massacrés dans les rues par des mercenaires séditieux et infiltrés, représentant la dissidence du soi-disant Conseil national de transition, soutenu par l’Occident.

Les comptes de la Libye en Europe ont été gelés sans qu’on connaisse leur avenir, confisquant les richesses du peuple et de l’État libyen pour asphyxier Kadhafi. Le maintien au pouvoir de Kadhafi est incertain.

 

Hugo Chávez : dirigeant vénézuélien élu depuis 1998. Avec un Discours anti-impérialiste et une action progressiste, il a fait 2 changements à la Loi sur les hydrocarbures, donnant la priorité à l’État dans la capture des revenus pétroliers et le revenu par la redevance. Il a renationalisé la compagnie pétrolière, mettant un terme à « l’ouverture pétrolière » de la présidence précédente. Après un sabotage pétrolier, il a repris le contrôle complet de l’État sur PDVSA et commence une nouvelle étape dans la politique pétrolière nationale, où l’entreprise d’Etat est le principal actionnaire et l’unique gérant de l’économie pétrolière. Chavez, accusé de « Communiste » par les États-Unis, a subi un coup d’état en 2002, mais deux jours plus tard il a été réinstallé à son poste par les militaires et les civils qui le soutenaient. Il a été constamment accusé par les médias internationaux et la diplomatie étasunienne et européenne de financer le terrorisme international (FARC, ETA, HEZZBOLLAH, le HAMAS et Al-Qaïda), de mettre fin à la liberté d’expression, d’emprisonner ses ennemis politiques et d’entraîner son pays dans la pauvreté grâce à sa version du communisme. Le Venezuela est le pays qui détient les plus grandes réserves de brut lourds et ultralourds certifiées et vérifiés dans le monde, environ 296,5 milliards de barils. Hugo Chávez est la cible de toutes sortes d’attaques politiques et de complots dans son pays, par le biais de secteurs d’opposition principalement constitués par les groupes politiques et économiques (médias, partis et associations) liés aux Etats-Unis qui détenaient la richesse et le pouvoir avant son arrivée. Les gouvernements antérieurs ont conduit des politiques pétrolières préjudiciables à l’intérêt national et en faveur du premier client du pétrole du Venezuela : les Etats-Unis.

 

La liste est trop courte pour intégrer les cas de pays comme le Nigeria, l’Indonésie et le Gabon, qui ont été membres de l’OPEP, comme aussi le cas des autres pays pétroliers à l’extérieur de l’OPEP. Dans un monde aux ressources de plus en plus limitées, les puissances consommatrices et surtout les Etats-Unis et l’Europe, ont lancé une nouvelle étape dans la chasse aveugle au pétrole que ce soit par les voies régulières de l’entreprise, par la subordination politique des producteurs ou par une intervention militaire directe.

 

N’apparaissent pas dans cette note, les tyrans anonymes du pétrole, ceux qui gèrent les sociétés pétrolières transnationales qui bénéficient de ces méthodes pour le contrôle de l’énergie. Des entreprises comme Exxon, Halliburton, Chevron, BP, ENI, Shell, entre autres, ont participé ouvertement au financement des politiciens aux États-Unis et en Europe, au soutien aux forces militaires, à la création de lobbies internationaux en soutien à l’ingérence la guerre et au pillage de la richesse des pays visés.

 

La raison du captage du pétrole bon marché, par les pays développés et même de puissance émergentes comme la Chine, le Brésil et l’Inde, consiste à externaliser les dépenses, à maintenir le système de production et de consommation mondial. Externaliser les coûts, implique baisser le prix des matières premières à un niveau ridicule, afin de produire à bas prix et ainsi maximiser les profits, dans le même temps de mettre les biens de consommation sur une grande échelle au niveau mondial. Cela indique que, dans la continuité du système mondial capitaliste, aucun pays détenteur de ces matières premières(ne peut éviter ((être soumis (pacifiquement ou violemment) aux intérêts du système de domination mondiale.

 

Les guerres du pétrole, sont une réalité de notre temps. Nous avons vu le cas de l’Irak et de la Libye, comme les menaces contre l’Iran. Dans le même temps, il convient de souligner les menaces directes et indirectes contre le Venezuela, se souvenant de sénateur Paul Coverdell, qui, comme Rapporteur du Plan Colombie « pour contrôler le Venezuela, il est nécessaire d’occuper militairement la Colombie ». À présent les Etats-Unis ont 7 bases en Colombie et 6 bases dans les Caraïbes, toutes entourant le Venezuela.

 

 

 

Le système des médias internationaux dans les mains des intérêts transnationaux, ont pratiqué la soi-disant « fabrication du consentement » tant au sein des frontières de l’Europe que dans l’arène de l’opinion publique mondiale. Cela consiste à créer l’approbation, créent une masse critique, d’adopter les motifs des guerres et des invasions. Ils ont fabriqué et protégés des tyrans, comme nous l’avons dit, cela dépend sur complaisants qu’ils sont les intérêts économiques des pouvoirs. De cette façon, l’Empire a fait leurs villages dans le service des guerres, assumant un rôle de police dans le monde et en leur faisant croire leurs peuples que ces mesures d’interférence sont dus à des raisons liées à la paix et la sécurité des américains et des européens dans leur propre territoire et d’aide humanitaire. N’oubliez pas que le cas de l’Irak, a été le cas d’une « guerre préventive », c’est-à-dire, envahir l’Irak pour éviter l’attaque avec des armes de destruction massive qui n’a jamais existé, en Europe et aux USA. Ils omettent et refuser, l’entreprise transnationale découlant de la guerre dans les pays occupés.

 

« Pour voir les fanons de votre voisin brûler, mets les tiens à tremper », explique une expression populaire. Est laissée à la réflexion des pays possédant des Richesses naturelles et ses peuples, la compréhension du cycle historique de notre temps. Une ère de respect pour le droit international, la fabrication des « raisons de guerre » et les actions plus flagrantes des pouvoirs et ses multinationales par des ressources.

 

Combien de tyrans de pétrole ont été ou sont en fait une telle chose ? Quelques tyrans de pétrole n’ont jamais été ni ne seront appelés comme tel ? Seule la mémoire vivante des peuples a réponse à cette question. Cela nous ne le saurons jamais par CNN, ni par la voix officielle des maîtres du monde.

 

Mais pour déchiffrer la relation tyrannie-pétrole nous pouvons appliquer le principe du rasoir d’Occam (principe philosophique selon lequel, lorsque deux théories égales ont les mêmes conséquences, la théorie qui a le plus de chances d’être correcte est la plus simple). Exprimé en ces termes : qu’est ce qui est le plus probable ?

 

Option A :

Partout dans le monde Les pays riches en pétrole, indépendamment de leur latitude et de leur culture, pour des raisons inexpliquées, ont une forte propension à être dirigés par les tyrans terroristes.

 

Option B :

Les Etats-Unis et l’Europe qualifient tyran à tout dirigeant d’un pays de pétrole qui touche aux entreprises transnationales.

L’option la plus simple dans ce cas, est probablement en appliquant le rasoir d’Occam, est l’option B, étant la plus simple au premier abord, et étant confirmée par les lignes qui précèdent et étant une réalité inscrite dans l’histoire des pays victimes de l’impérialisme comme étape suprême du capitalisme.

 

Mon dernier message au lecteur :

Si vous vivez dans un pays pétrolier et si votre pays est gouverné selon CNN par un « tyran », n’oubliez pas qu’il est dans le collimateur d’intérêts transnationaux. Votre pays, est un pays de hors-la-loi. Il est probable que des soldats viennent de l’étranger pour vous « libérer » vous et les vôtres, qu’il est possible qu’ils entrent dans votre maison et vous soumettent vous et les vôtres. N’oubliez pas, que lorsque des soldats étrangers, certainement étasuniens sont dans votre pays, ils ne vous entendront probablement pas si vous criez que vous n’êtes pas un terroriste, parce que vous faites partie de l’ennemi. Pas plus qu’ils ne vous entendront vous si vous insistez sur le fait que vous étiez contre la « tyrannie », car vous faites partie de l’ennemi. Comprenez que vous êtes considéré un ennemi, si de l’occupation de leur pays par une force étrangère vous déplait. Comprenez que, que vous sympathisiez ou non avec votre « tyran », vous serez un ennemi de tout citoyen au sein des frontières des Etats-Unis, surtout si ce citoyen américain est un soldat, est dans l’obligation de vous tuer ou de vous arrêter ou de vous torturer. Sachez que s’ils viennent pour votre pétrole, passera sous occupation par une force étrangère pour des années, et il faudra des décennies pour que votre pays atteigne une situation économique favorable et équitable. Mais voyez le côté positif ; ce qui a conduit ces forces étrangères à « libérer » votre pays, prendra fin, le tyran et le pétrole disparaitront. Et puis ils s’en iront. Ceci suggère que plus jamais ils ne « libéreront » votre son pays pour ces mêmes raisons. A moins que ne surgisse une autre ressource et que surgisse ensuite un autre tyran qui veut la gérer pour votre bien. Mais ceci est déjà une autre histoire.

Francisco Vielma. Sociologue

 

Source : COMAGUER

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