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E. do REGO

IL EXISTE MILLE MANIERES DE MENTIR, MAIS UNE SEULE DE DIRE LA VERITE.

Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










Wednesday, August 17, 2011

La révolte des abeilles contre les frelons


Dans le monde des insectes, les abeilles travaillent et produisent du miel, tandis que les frelons, grands prédateurs, leur sucent le miel et les détruisent.
En économie, depuis la nuit des temps, les hommes n'ont trouvé que deux façons d'acquérir des ressources : prendre, comme le fait le frelon, ou créer, comme le fait l'abeille. En économie, les abeilles sont celles qui produisent de la richesse et de la valeur ajoutée : agriculteurs, monde de l'industrie et des services à la production, finance dédiée à l'investissement productif. Les frelons, en revanche, sont des prédateurs. Les plus connus, ce sont les rentiers qui exploitent et spéculent sur les richesses naturelles ou qui bénéficient de monopoles par les importations, la construction, etc.
Dans les pays arabes et africains, ces prédateurs sont encore très nombreux. Mais s'ajoutent, en Occident, des prédateurs nouveaux, très virulents, qui opèrent soit dans la manipulation de l'information, soit à travers la dérégulation financière.
Au Sud, comme au Nord, les frelons prédateurs tirent leurs revenus exorbitants non pas de la production-création-innovation, mais de leur proximité avec les pouvoirs politiques, par la corruption, en prenant directement dans les caisses de l'Etat, comme de nombreux dictateurs arabes et africains.
Ainsi, la crise actuelle du groupe Murdoch en dit long sur la capture de l'Etat opérée par des groupes privés et sur le rôle décisif de l'information pour détourner les populations des enjeux réels. De même, par avidité et court-termisme, l'économie financière qui a infléchi à son avantage les règles du jeu plonge le monde occidental dans la crise, la ruine et le déclin. Dans les pays émergents prévalent les abeilles. Ce sont elles les grandes gagnantes de la mondialisation, de par leur appétit pour l'industrie, tandis que l'Occident, depuis trente ans, n'a fait qu'accumuler de la richesse virtuelle, qui peut partir en fumée en une nuit de panique boursière.
Deux exemples : pour 1 % de "banques abeilles" qui financent encore l'activité de production de richesses existent 99 % de "banques frelons" qui capturent les politiques pour déréguler la finance et nous vendre des produits dérivés inutiles - des milliards de produits toxiques - et de la spéculation instantanée. Autre exemple, "l'esprit frelon" envahit même nos grandes écoles, puisque plus de la moitié des élèves de Polytechnique se destinent aux métiers de la finance.
Partout dans le monde, les abeilles travailleuses se révoltent contre les frelons prédateurs qui les exploitent. Un lien très fort de parenté unit les "printemps arabes", les "indignés" de Madrid, les révoltés d'Athènes, les insurgés de Tel-Aviv, et même les casseurs de Londres. Tous veulent vivre de leur travail et retrouverleur dignité. Partout dans le monde, les abeilles, agriculteurs, artisans, taxis, jeunes diplômés, artistes, chefs d'entreprise, ouvriers, clercs, etc. osent affronter dans la rue le monde des frelons prédateurs : les dictateurs, le monde de la finance, les rentiers en tout genre, les privilégiés, les oisifs, tous ceux qui vivent assis devant leur "péage" ("gate keeper business") à attendre que les ressources des abonnés à tous les services possibles leur envoient le prix de leur abonnement où de l'accès au service.
En finir avec les dictateurs des pays arabes, en finir avec les politiciens grecs corrompus, en finir avec les spéculateurs immobiliers espagnols, en finir avec le gouvernement israélien, qui privilégie inutilement la guerre, en finir avec les prédateurs qui se réfugient à Wall Street et dans la City ; partout, et dans tous les pays, c'est la même lutte : contre la dictature politique, au Sud, et contre la dictature financière, au Nord.
Ce que la crise en Occident met à nu, c'est un système dévié, bâti sur le virtuel, loin des grandes innovations. Emerge un désir de nouveau modèle économique et social, avec plus de production de biens, d'ingénieurs, d'industrie, d'agriculture et de vision à long terme, plus de travail pour les jeunes et les moins jeunes. Il est encore temps pour la France et l'Europe de redresser le cap.
Il serait injuste de demander aux abeilles de travailler plus pour réparer des dégâts occasionnés par les frelons du système financier qui ont réussi à imposer le maintien du système (produits dérégulés, agences financières impériales, dettes souveraines à leur merci...) aux politiques, qui plient devant ces nouveaux monstres qu'il faut sans cesse "rassurer". Mais qui s'occupe de rassurer les chômeurs, les ouvriers, les industriels ? Une solution : traquer tous les faux métiers que les frelons ont investis, toutes les niches proches des pouvoirs politiques où ils prospèrent, et taxer tous ces acteurs improductifs. Mais aussi regrouper toutes les abeilles et rejoindre leur révolte contre les frelons.

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Monday, August 15, 2011

Les affaires de la Françafrique continuent de tourner


Le terme de « Françafrique » est né d'une boutade, celle de la « France-à-fric », symbole des financements occultes qui ont « fluidifié » les rouages franco-africains depuis plus de cinq décennies.

Mais l'expression est devenue quasiment officielle, couvrant l'ensemble des relations, politiques autant qu'économiques, publiques comme parallèles, de l'Hexagone avec ces anciennes colonies du sud de Sahara. Elle est incarnée par un ensemble hétéroclite de chef d'Etats, de conseillers occultes, d'émissaires officieux, de gourous et d'hommes d'affaires intéressés par la préservation de certaines habitudes et rentes de situation en Afrique francophone.
En coulisses, on fait des affaires tout en faisant de la politique. A moins que ce ne soit l'inverse. La frontière est difficile à tracer entre la stricte défense d'une certaine influence politique française sur le continent noir et la préservation d'intérêts économiques privés auxquels s'arc-boutent les entreprises. Au risque de mélanger les genres.

600 entreprises françaises en Côte d'Ivoire

Prenons l'exemple de la Côte d'Ivoire, qui fut en proie à une guerre civile larvée depuis 2002, entre les rebelles du Nord qui soutenaient le nouveau président élu en novembre 2010 Alassane Ouattara, et les forces longtemps fidèles à l'ancien président Laurent Gbabgo, en poste depuis 2000 et finalement forcé de quitter le pouvoir le 11 avril 2011 après une crise de plusieurs mois.
Sur place, plus de 600 entreprises françaises tiennent encore des positions-clés de ce pays, qui demeure le poumon économique de l'Afrique de l'Ouest et le premier partenaire commercial de la France dans la zone du franc CFA.
Malgré le climat tendu de ces dernières années, notamment en 2004 lors du bombardement de troupes françaises par l'aviation ivoirienne, et malgré les discours anti-français du président Gbabgo, les affaires ont continué.
Le pétrolier Total a signé fin 2010 des contrats d'exploration au large des côtes. Déjà chargé de l'électricité et de la distribution d'eau, le groupe Bouygues, qui s'appuie sur l'ancien patron des patrons ivoiriens, Marcel Zadi Kessy, lorgne sur la construction d'un deuxième grand pont sur la lagune d'Abidjan.

Bolloré s'affiche avec Gbagbo et obtient le port d'Abidjan

Très actif dans le transport ferroviaire et l'agro-industrie, Vincent Bolloré, quant à lui, a obtenu en 2004 « de gré à gré » la concession de la gestion du port d'Abidjan.
L'industriel français s'est rendu sur place en avril 2008, prenant la pose aux côtés du président Laurent Gbabgo, qui l'a encensé dans son discours. Ce qui n'a pas empêché ce dernier de dénoncer ensuite le complot français ourdi contre lui après les élections de novembre 2010.
Il est vrai que son rival, Alassane Ouattara, ancien économiste au FMI, finalement intronisé au poste de président en mai dernier, a, lui aussi, beaucoup de contacts dans le milieu des affaires à Paris, notamment l'avocat François Meyer, qui défend par ailleurs… le groupe Bolloré. Et Martin Bouygues, qui était présent au mariage de Alassane Ouattara et de son épouse Dominique, redoutable femme d'affaires.
A Paris, Nicolas Sarkozy, en président super-VRP, mouille sa chemise pour défendre des industriels français qui sont aussi ses amis.
Par exemple en 2009 quand il a été reçu par le président congolais Denis Sassou-Nguesso, Nicolas Sarkozy lui a dit franchement qu'il ne devait pas confier la gestion du port de Pointe-Noire à des prestataires chinois, de plus en plus présents : « Il faut que tu le donnes à Vincent ! » Sous-entendu Vincent Bolloré, dont le groupe a finalement arraché le contrat, grâce à une offre jugée mieux-disante.

En Guinée, la diplomatie sarkozyste mise sur Alpha Condé

L'Elysée a déployé le même lobbying intensif en faveur de Bolloré au Togo, au Gabon, au Cameroun et au Sénégal en 2008, afin d'éviter que la gestion du port de Dakar n'échoit à un groupe du Moyen-Orient, le Dubaï Ports World. Sans succès cette fois, malgré des pressions politiques multiples.
La diplomatie sarkozyste a aussi la couleur de l'argent en Guinée. Après le départ forcé du général Dadis Camara début 2010, le nouveau président élu, Alpha Condé, figure de l'opposition, a été soutenu par la France. Arrivé au pouvoir en novembre 2010, il a suspendu quelques mois plus tard la concession du terminal de conteneurs du port de Conakry, confiée en septembre 2008 par le régime précédent au groupe français Getma.
Le président guinéen a aussitôt passé un nouveau deal portuaire avec le groupe de Vincent Bolloré, lequel, reçu à Conakry, n'a jamais caché son appui à Alpha Condé.
Ce sont d'ailleurs les équipes d'Euro-RSCG, filiale du groupe publicitaire Havas présidé par le même Bolloré, qui ont donné un coup de main pour la campagne de Condé.
La Françafrique résiste bien…
► Découvrez la suite de l'enquête, les photos, les archives, interviews et reportages vidéo sur LaFranceDesReseaux.com.
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Saturday, August 13, 2011

Déjà Vu All Over Again in Britain




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Révolte au Royaume-Uni


jeudi 11 août 2011


Pluie et déploiement policier aidant, et en dépit de tensions persistantes, la nuit dernière a été calme au Royaume-Uni. Déclenchées le 6 août, lorsqu’un homme a été tué par la police, les émeutes, qui ont essentiellement touché Londres, Birmingham, Liverpool et Manchester, ont depuis fait au moins quatre morts et un blessé grave. Lors d’une allocution, hier, le premier ministre David Cameron a affirmé que la police disposerait de « toutes les ressources dont elle a besoin » et serait autorisée à recourir à« toute tactique qu’elle juge nécessaire ».
« Il est évident que certaines choses vont très mal dans notre société », a concédé M. Cameron, dont le gouvernement a mis en place depuis son arrivée au pouvoir, en mai 2010 – grâce à une alliance entre conservateurs et libéraux-démocrates –, un plan d’austérité sans précédent. Le creusement des inégalités qui en résulte avait donné lieu au cours des derniers mois à des protestations qui, bien que d’une nature différente de celles observées ces derniers jours, avaient surpris par leur ampleur, dans un pays où la politique menée par Mme Margaret Thatcher (1979-1990) semblait avoir éradiqué toute velléité contestatrice.

Dans « Le Monde diplomatique » :

  • « Le mouvement social britannique sort de sa léthargie »
    par Tony Wood, juin 2011.
    Outre le renforcement du Parti national écossais au sein du Parlement de Holyrood, le rendez-vous électoral du 5 mai 2011 a été marqué par une sévère sanction infligée aux libéraux-démocrates : une large majorité de la population critique l’alliance nouée avec les conservateurs dans le cadre d’un programme d’austérité d’une rare ampleur.
  • « “Tous dans le même bateau” », juin 2011.
    En 2010, le salaire mensuel moyen des dirigeants des cent plus grandes entreprises cotées à Londres atteignait 312 250 livres (360 000 euros), soit 145 fois le salaire mensuel médian.
  • « Amers lendemains électoraux pour l’université britannique »
    par David Nowell-Smith, mars 2011.
    M. David Cameron avait promis que, pour compenser le retrait de l’Etat, il favoriserait l’avènement d’une communauté de bénévoles : la « Big Society ». Les Britanniques y voient plutôt un camouflage des coupes budgétaires. Lesquelles, sévères, ont commencé. Notamment à l’université.
  • « Les promesses de M. Nicholas Clegg », mars 2011.
    Au cours de la campagne pour les élections générales de mai 2010 en Grande-Bretagne, le candidat libéral-démocrate, M. Nicholas Clegg, dénonçait les « promesses non tenues »...
  • « Vivre riche dans une ville de pauvres »
    par Julien Brygo, août 2010.
    Dans une Ecosse désindustrialisée, les quartiers riches de Glasgow connaissent une prospérité insolente, tandis que les zones pauvres s’enlisent. La situation rappelle celle du XIXe siècle, quand les nantis pensaient que charité et philanthropie permettraient de perpétuer l’ordre des choses.
  • « A Parkhead, la “société brisée” » (J. B.), août 2010.
    Autour de la maison de M. Jim Doherty s’élèvent les ruines du monde postindustriel, quartiers où les rares boutiques sont bardées de grilles et d’interphones, où la drogue abonde, où les gangs pullulent. A Glasgow, la désindustrialisation menée par le gouvernement de Mme Margaret Thatcher (1979-1990) est un succès.
  • « Décontamination de la marque Tory »
    par Renaud Lambert, juin 2010.
    Les tories nouvellement élus au Royaume-Uni affichent une idéologie rénovée. A travers un discours plus « moderne » sur les questions de société, il s’agit pour eux de se dégager de l’héritage thatchérien. Sans toutefois lui tourner le dos.
  • « Elections britanniques, la fin d’un “modèle” » (R. L.), La valise diplomatique, 3 mai 2010.
    Les élections générales britanniques auront lieu jeudi 6 mai. A l’issue du scrutin, qui vise à élire les membres du Parlement, un nouveau Premier ministre sera désigné. Sa principale mission : sortir le pays de la crise en instaurant un nouveau « modèle économique »… une feuille de route encore inimaginable il y a quelque temps.
  • « La faute aux Britanniques... »
    par Jérôme Tournadre-Plancq, décembre 2009.
    Amaigrir l’Etat, réduire les interventions publiques, combattre la pesanteur des fonctionnements bureaucratiques, telle est la vocation du New Public Management (NPM), un mouvement qui imprègne la plupart des « réformes » entreprises dans les pays occidentaux depuis le début des années 1980, et qui a trouvé ses hérauts les plus zélés au Royaume-Uni.

Sur la Toile :

  • « “Austerity and Anarchy” », sur le blog de la London Review of Books.
    La revue exhume une étude qui fait le lien entre coupes budgétaires et troubles sociaux en Europe entre 1919 et 2009.


Friday, August 12, 2011

The Forgotten Catholic Kingdom of Kongo


A Forgotten African Catholic Kingdom




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