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E. do REGO

IL EXISTE MILLE MANIERES DE MENTIR, MAIS UNE SEULE DE DIRE LA VERITE.

Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










Saturday, April 23, 2011

Laurent Gbagbo, qu’as-tu fait de ta présidence?



«Laurent, ta tragédie, notre tragédie, c’est que tu n’as pas pris la mesure du rôle que le destin t’avait confié en te portant à la tête de la Côte d’Ivoire. Tu n’as vu du pouvoir que le côté jouissif.»



Venance Konan



Alassane Ouattara Cecos coup d'Etat crise postélectorale Fesci Guillaume Soro Henri Konan Bédié Laurent Gbagbo politique  Robert Guéï

Je suis venu, Laurent. Je suis venu à notre rendez-vous. Je te trouve plus détendu, plus reposé. Plus apaisé, je dirais. Je sais que tu avais demandé comme faveur à Guillaume Soro de ne pas te garder dans la même maison que Simone. Je te comprends. Tu voulais échapper à son envoûtement. Tu avais effectivement l’air d’avoir été envoûté, tant ton comportement des ces derniers mois était irrationnel.

Mais tu sais que je ne crois pas beaucoup à l’histoire du gentil Laurent qui aurait été ensorcelé par la méchanteSimone. Simone et toi formiez les deux côtés de la même pièce. Tu n’aurais jamais réussi à être le leader de l’opposition ivoirienne sans elle. Et tu ne serais pas non plus parvenu au sommet de l’Etat sans elle. Vous formiez une paire inséparable. Tout ce qui s’est passé, vous l’avez voulu ensemble. Et tu étais autant un «socialiste non pratiquant», comme tu te définissais toi-même, qu’un chrétien non pratiquant. Sinon tu n’aurais pas épousé une seconde femme —musulmane de surcroît. On est d’accord?

Laurent, le jeudi dernier, le 14 avril, j’ai participé à une vidéoconférence avec des politiciens à Kinshasa. Un député congolais a dit qu’il trouvait scandaleuses les images qu’il avait vues de toi et de Simone, presque déshabillés,humiliés, avilis. Il a dit qu’en Afrique, on ne déshabille pas en public le chef, même s’il ne l’est plus, et encore moins sa femme. Je lui ai dit qu’il avait totalement raison, et que j’avais aussi eu honte en voyant ces images ici, en France, où tu m’as contraint à me réfugier. Tu t’en souviens? Non? Laisse tomber, tu sais que je ne suis pas rancunier.

J’ai cependant précisé à ce député que celui qui a déshabillé le chef, violenté et humilié sa femme, tué le ministre Désiré Tagro, c’est toi, Laurent. C’est toi le responsable de toute cette tragédie. Tu croyais vraiment que tu allais te battre contre le monde entier et en sortir vainqueur? C’est Simone et ses pasteurs qui t’avaient dit cela? Et tu y as cru? Toi aussi, Laurent! Je comprends pourquoi tu ne peux plus la voir en peinture. Tu sais bien que n’eut été la mansuétude de tes actuels geôliers —mansuétude que tu n’aurais certainement pas eue— toi et les tiens seriez des hommes et des femmes morts aujourd’hui. Mais tu es toujours vivant, et c’est là l’essentiel.

Laurent, lorsque tu es arrivé au pouvoir, tu avais dit que tu voulais le désacraliser. Nous t’avions dit que c’était une erreur, car le pouvoir a justement un côté sacré qu’il faut toujours préserver. Je t’avais dit que tu avais tort de t’arrêter dans la rue pour manger de la banane braisée que vendent nos femmes sur les trottoirs. Tu voulais faire «peuple». Mais en fin de compte, tu as bien désacralisé le pouvoir. Or c’était toi qui l’incarnais. Tu t’es donc désacralisé. Es-tu étonné que ta carrière politique s’achève ainsi, sur cette image de toi en maillot de corps, t’essuyant les aisselles avec une serviette, et de ta femme, qui fut la plus puissante de notre pays, échevelée, brutalisée et humiliée par des soudards?

Laurent, quelle histoire! Quelle histoire! Que s’est-il donc passé pour que toi, qui nous fis rêver lorsque nous étions étudiants, toi qui fus l’un des pères de notre démocratie, tu finisses ainsi? As-tu remarqué que personne dans le monde ne te plaint? Personne. Sauf pour des questions de principes, comme le député congolais qui estimait qu’un chef, même déchu, devait être traité avec des égards. Laurent, tu as tout le temps maintenant de méditer sur ton passage à la tête de notre pays. Je vais t’y aider.

Laurent, ta tragédie, notre tragédie, c’est que tu n’as pas pris la mesure du rôle que le destin t’avait confié en te portant à la tête de la Côte d’Ivoire. Tu n’as vu du pouvoir que le côté jouissif. Et toute la formidable habileté politique que tes adversaires sont obligés de te reconnaître n’aura servie qu’à préserver ton pouvoir, juste pour en jouir. Juste quelques exemples parmi mille, Laurent.

Quel besoin avais-tu au moment où tu disais que ton pays était en guerre, de t’exhiber devant les caméras de la télévision dans une Mercedes Maybach, présentée en Côte d’Ivoire comme la voiture la plus chère du monde, de te promener sur un yacht sur la lagune Ebrié en compagnie des certains de tes ministres, de nous dire que tu as été soigner tes dents au Maroc, d’emmener Jack Lang rue Princesse, la rue de nos perditions, nous qui étions la lie de ta société?

Réalises-tu aujourd’hui que tu te conduisais comme un nouveau riche, comme un «brouteur», c’est-à-dire un de ces jeunes gens qui escroquent des naïfs sur Internet et vont flamber leurs gains dans les maquis et boîtes de nuit, s’achètent des habits très chers, des voitures de luxe, tout juste pour épater les copains et copines? Tu n’avais pas compris, Laurent, que le pouvoir est avant tout servitude. Oui; être au pouvoir, c’est être au service d’un peuple, d’une vision. Quelle était donc ta vision, Laurent?

Tu ne parlais que de ton projet de société qui se résumait à l’assurance maladie universelle pour les Ivoiriens, à la décentralisation, et à l’école gratuite. C’était un peu court comme vision, Laurent. C’est beaucoup plus tard, lorsque tu as été confronté aux difficultés que tu as sorti de ton chapeau la lutte pour la dignité de ton peuple, pour sa vraie indépendance. Mais si tant est que c’était ta vision, qu’as-tu fait pour la transformer en réalité? Ce n’est pas à toi l’enseignant que j’apprendrai que pour donner sa dignité à un peuple, pour le libérer de la domination, il faut le mettre au travail, lui enseigner des valeurs simples telles que la probité, le goût du travail.

Qu’as-tu fait de l’école, Laurent? Tu sais bien que tu ne peux parler d’indépendance tant que tu n’as pas un peuple bien formé, bien outillé pour appréhender le monde qui l’entoure, sa technologie, sa science. Qu’as-tu fait de l’école? Tu l’as livrée à la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire, la Fesci, qui l’a saccagée. Cet ancien syndicat estudiantin s’est transformé en une mafia qui tuait, rackettait, violait, et tu la protégeais.

Je comprends ta logique Laurent. C’est en manipulant l’école que tu as pu faire trembler le pouvoir d’Houphouët-Boigny, le «père» de la Côte d’Ivoire, qui a régné de 1960 à 1993, que tu as fini par faire tomber ceux d’Henri Konan Bédié et de Robert Guéï. Tu sais que ta véritable opposition ne pouvait venir que de l’école. Alors tu as donné carte blanche à la Fesci pour qu’elle étouffe toute contestation venant de l’école. Elle a donc tué ceux des étudiants qui voulaient créer des syndicats concurrents. Te souviens-tu du jeune Habib Dodo, pendu par ses camarades sur le campus, sans qu’aucun de tes procureurs si prompts à poursuivre les journalistes qui selon eux offensaient dans leurs écrits ton auguste personne ne trouve matière à ouvrir une enquête?

Tu as également donné carte blanche aux jeunes désœuvrés pour qu’ils étouffent aussi toute contestation qui viendrait de la rue. En 2001 déjà, lorsque des femmes ont pris les rues du Plateau pour aller se plaindre du coût élevé de la vie, elles ont été battues par ceux que l’on appelle les «Sorbonnards». Et ces derniers avaient été reçus par ton Premier ministre Affi N’Guessan, qui les a félicités pour le bon travail qu’ils avaient accompli.

Tu as donc tué l’école pour protéger ton pouvoir. Par quoi l’as-tu remplacée? Par ce que vous appeliez des «agoras» et des «parlements», et que vous aviez installés dans tous les quartiers, dans toutes les villes. A quoi servaient-ils? A quadriller tous les quartiers et repérer tous tes opposants, et à distiller la haine, les mensonges. Et puis tu as laissé se développer les maquis, les bars, les lieux de débauche. Quelle ville de ton pays n’avait pas sa «rue Princesse», ces rues occupées par des maquis bruyants, où les jeunes filles n’ont pas d’autre choix que d’aller se prostituer? Bon nombre de tes proches étaient d’ailleurs propriétaires de ces lieux. Ainsi, plutôt que de former ta jeunesse pour qu’elle se prenne en charge, pour qu’elle se libère, tu as choisi de l’abrutir. Et tu y es parvenu.

Ayant fermé toutes les sources de contestation de ton pouvoir, tu t’es livré à ses délices. D’abord l’argent. Parlons-en. Tu te plaignais du temps de Bédié qu’il se soit octroyé des fonds de souveraineté à hauteur de 15 milliards de francs CFA par an (22,8 millions d’euros). Toi tu as commencé à 27 milliards, pour dépasser les 70 milliards à la fin de ton règne (106,7 millions d’euros). Les fonds de souveraineté, ce sont les fonds que le chef d’Etat chez nous pouvait s’octroyer sans avoir à en justifier l’utilisation.

Et puis tu as laissé tous tes proches voler autant qu’ils pouvaient. Vous appeliez cela «la mise à niveau.» Il fallait que vous soyez aussi riches que ceux qui avaient gouverné le pays pendant plus de trente ans. Et ça, pour vous enrichir, vous vous êtes bien enrichis. En narguant le peuple. L’argent du cacao, du pétrole, de la drogue, de tous les trafics possibles —rien ne vous a échappé. Interrogé sur l’enrichissement impudique des tiens, tu avais répondu à la télévision:

«La roue tourne. Il y avait des gens qui n’avaient rien et qui sont devenus brusquement riches. C’est pareil aujourd’hui. Mais il n’y a pas que mes proches qui volent.»

Te souviens-tu de ces paroles, Laurent? Je ne parlerai pas de la luxure dans laquelle toi et les tiens vous vautriez et qui faisaient les gorges chaudes dans les maquis d’Abidjan, de la dépravation des mœurs que tu cautionnais, les concours vendus aux plus offrants, l’impudicité érigée en mode de gouvernement, l’enrichissement de certains de tes proches sur les mortels déchets toxiques. Es-tu vraiment étonné que tout cela se termine de cette façon?

Finalement, qu’as-tu laissé comme trace au bout de tes dix ans de pouvoir? Tu n’as pas construit une seule école, une seule université, un seul hôpital. Juste des monuments hideux que ton peuple s’est empressé de détruire dès que tu as chuté. Je sais, tu as toujours dit que c’était la faute à la guerre. Parlons donc de cette guerre.

Je t’ai toujours dit que l’une des premières responsabilités du chef d’un Etat est d’en assurer la sécurité. C’est d’ailleurs pour cela que l’on met à sa disposition une armée. Qu’as-tu fait pour éviter cette guerre, Laurent? Allons à sa racine. Tu es arrivé au pouvoir dans ton pays au moment où il était déchiré entre le Nord et le Sud. Certains soldats nordistes qui avaient fait le coup d’Etat avec Robert Guéï étaient pourchassés par ce dernier. Tout ce que l’on te demandait, à toi, le nouveau président de la Côte d’Ivoire, c’était de les réconcilier.

Qu’avais-tu à maintenir les poursuites engagées par Guéï? Qu’avais-tu à empêcher Alassane Ouattara d’être candidat aux législatives? Pourquoi as-tu laissé tes gendarmes et policiers tuer et violer les partisans de Ouattara? Pourquoi n’as-tu pas entériné les conclusions du Forum de réconciliation que tu avais toi-même convoqué, et qui te demandait de donner un certificat de nationalité à Ouattara et de revoir la Constitution? Pourquoi as-tu continué la chasse aux nordistes, à refuser de leur reconnaître leur citoyenneté ivoirienne?

Alors, pourquoi viens-tu jouer à l’étonné lorsque des gens de ce Nord prennent les armes contre toi? En février 2001, tu avais subi une première attaque que tu avais réussi à repousser. Comment peux-tu te laisser surprendre en septembre 2002, quand tout le monde en Côte d’Ivoire savait qu’il y avait des déserteurs de ton armée qui se préparaient au Burkina Faso? Ton ministre de l’Intérieur de l’époque, Boga Doudou n’avait-il pas dit qu’il savait exactement dans quels bars ils allaient boire, à quels feux rouges ils s’arrêtaient? Blaise Compaoré t’a-t-il, oui ou non, dit de trouver le moyen de faire rentrer chez toi tous les déserteurs de ton armée qui se trouvaient chez lui?

Alors dis-nous, une bonne fois pour toutes: comment as-tu pu te laisser surprendre? Je suis désolé Laurent, mais cette guerre que tu as toujours invoquée pour justifier tous tes abus, tous tes manquements, toutes tes carences, c’est toi qui l’as voulue. Ne l’aurais-tu pas voulue par hasard pour te débarrasser de tes adversaires politiques? Robert Guéï est mort. Ouattara et Bédié n’ont eu la vie sauve que par miracle. Ne l’aurais-tu pas aussi utilisée pour nettoyer ton propre camp? Il faudrait qu’un jour tu nous dises la vérité sur la mort de Robert Guéï et Boga Doudou.

Tu justifias tout par la guerre, Laurent. Et pourtant, c’est au cours de cette guerre que Simone et toi vous êtes construit vos palais dans vos villages respectifs, que tu as entrepris d’en construire de nouveaux à Yamoussoukro, aux côtés de ceux qu’Houphouët-Boigny avait laissés et que tu avais abandonnés, que tu étalais ta richesse, que tu offrais des dizaines de rutilantes voitures aux membres de ta famille à la veille de la nouvelle année.

Parlons aussi du sang, Laurent. Il a commencé à couler le jour où tu es devenu président de la République. Et il n’a jamais autant coulé que lors de ces quatre derniers mois de ton pouvoir usurpé. Entre ce début et cette fin, combien de morts, Laurent? Le charnier de Yopougon, les victimes de tes escadrons de la mort, les personnes assassinées par ton Cecos, ton Centre de commandement des opérations de sécurité, les opposants tués en mars 2004, les victimes de la rébellion, les victimes de tes bombardements sur Bouaké et Korhogo, les morts du carrefour de la Radio télévision ivoirienne… Laurent, auraient-ils donc raison, ces Ivoiriens qui disent que tu tenais ton pouvoir d’une sorte de génie maléfique qui avait toujours besoin de boire du sang?

Je te laisse, Laurent. Je te laisse à ta conscience. Interroge-la, maintenant que tu es en train de retrouver la paix de ton âme. Elle te dira peut-être ce que tu devrais faire pour obtenir le pardon de ton peuple et de l’Histoire. Tiken Jah Fakoly a dit que les Ivoiriens ne sont pas méchants, mais qu’on les a rendus méchants. C’est toi qui les as rendus méchants. Maintenant qu’ils vont redevenir eux-mêmes, ils pourraient peut-être te pardonner. C’est à toi de savoir quoi faire. Puisque Simone est loin de toi maintenant.

Saturday, April 16, 2011

L’Afrique endormie et esclave de l’Occident!!!!



 Comment expliquer la pauvreté matérielle des populations africaines qui vivent sur un territoire gorgé de richesses? Il importe de préciser ici qu’il ne s’agit pas de décharger l’Afrique, les africains de leurs responsabilités qui sont certes énormes dans la situation que notre continent vit. Le but est d’analyser, avec lucidité, le rôle que jouent les occidentaux sur notre continent, de dire les choses telles qu’elles sont.
La rencontre entre les occidentaux et l’Afrique nous a apporté l’esclavage, la colonisation, le néo-colonialisme, les pseudos-indépendances etc. Toutes ces notions qui reflètent exactement la même situation d’asservissement ont produit le même résultat : un Occident qui s’enrichit matériellement, et une Afrique qui régresse. Et pourtant le même disque tourne depuis des siècles, celui de la coopération internationale, de l’amitié etc. qui endort les africains, et contribue à renforcer la prospérité des occidentaux.
On peut toujours faire semblant d’expliquer cette absence de résultat : soit par l’incompétence de ceux là qui disent venir nous aider, ou alors par un choix délibéré de piller l’Afrique. La vérité est toute simple : ils sont très compétents car leurs objectifs sont bien éloignés de ce qu’ils prétendent.
Les richesses dont regorgent nos terres, et qui semblent être une bénédiction ont signé en fait notre arrêt de mort, nourri le projet de notre asservissement permanent. Les puissances occidentales, au gré de leurs alliances les exploitent avec l’aide de leurs multinationales, leurs médias, leurs armées, leurs organisations dites humanitaires et les organisations internationales sous-traitantes comme l’Onu, le Fmi, la Cour Pénale Internationale.
Le problème n’est pas tant qu’ils exploitent nos ressources largement à notre détriment, mais surtout qu’ils s’organisent pour que l’on reste faibles, incapables de négocier d’égal à égal avec eux, et de les concurrencer.
Le constat est très simple : la présence des occidentaux en Afrique depuis des siècles ne nous a jamais fait progresser, dans la mesure où ils se mêlent de tout, ils ont la maladie du contrôle dans le sens "d’exercer une domination morale, matérielle et politique", dans le but de s’accaparer de toutes nos richesses.
Ils contrôlent nos ressources, nos valeurs, nos cultures, nos dirigeants, notre santé, nos mœurs, nos traditions, nos sociétés, nos institutions, nos territoires, nos politiciens, nos sportifs, nos journalistes, notre jeunesse, notre humanité, nos guerres, notre éducation, nos intellectuels, nos scientifiques, nos marchés, nos finances, notre justice, nos droits, nos démographies, nos vies, nos environnements, nos frontières...
Nous africains, nous sommes leurs esclaves, même s’ils font semblant de ne pas l’afficher, l’admettre, et nous même l’ignorons trop souvent. Ils saupoudrent le tout par des actions d’endormissement, ils se déguisent dans des concepts comme la diplomatie, démocratie, la justice internationale, l’aide humanitaire, les échanges internationaux, la charité, la compassion, les droits de l’homme, la liberté, le prix Nobel, la coopération Internationale, les compétitions sportives internationales, Médecins du Monde, la Croix Rouge Internationale, Reporters Sans Frontières et la toute dernière invention, le commerce équitable.
L’exemple le plus flagrant du rôle négatif des ces organisations internationales est évidemment incarné par l’Organisation des Nations Unies. Les pays qui font partie par exemple de son Conseil de Sécurité Permanent sont ceux qui ont le plus de pouvoir, le véritable pouvoir décisionnel qui mène à des actions néfastes de cette organisation. Fait curieux, mais révélateur : jamais l’Onu n’agit dans ces pays qui s’octroient donc le droit d’intervenir dans des pays étrangers. Ici, on a l’exemple de ces organisations qui regroupent presque tout le monde, mais qui agissent sur les moins forts dans l’intérêt des plus puissants.
Un de leurs objectifs est de progressivement tout nous imposer, dans le sens de nous "obliger à subir ou à faire". Ils nous imposent leurs modes de pensée, leurs démocraties, leurs religions, leurs mœurs, leur justice, leurs cultures, leurs multinationales, leurs armes, leurs guerres, leurs marionnettes politiques, nos Histoires qu’ils écrivent, leurs embargos, leurs sanctions ciblées ou non, leur communauté internationale, leurs priorités, leur aide internationale, leur corruption, leur pollution, leur immigration, leurs asiles, leurs accords, leur moralité, leurs immoralités etc.
Nous sommes des esclaves en Afrique, nous n’avons pas de choix, nous sommes muselés, nous sommes des morts-vivants, aux vies embrigadées, nous sommes des sacrifiés.
L’autre objectif principal des dirigeants occidentaux et de leurs alliés économiques, médiatiques, judiciaires, financiers, humanitaires et autres en Afrique est de nous rabaisser, nous humilier dans le sens de "faire apparaître comme inférieur, méprisable en abaissant la dignité". Ils nous humilient avec leur charité, leur paternalisme intéressé, le droit de regard sur nous qu’ils s’arrogent, leurs punitions, leurs manigances, leurs pressions leurs exactions le tout assurés de l’impunité quand chaque jour qui passent eux décident quel peuple punir ou non.
Et bien sûr, la seule éventualité d’une prospérité matérielle des Nations d’Afrique leur donne des cauchemars. Dans leur projet, seul l’africain, à titre strictement individuel peut connaitre la richesse. Chez eux, la richesse est collective, et la pauvreté est individuelle.
Une Afrique riche matériellement, ce serait la fin de notre asservissement, de leur mainmise sur nos richesses, du contrôle qu’ils exercent sur notre futur, de leur grandeur usurpée par la force et la malice. La fin aussi de notre humiliation qui les élève tant. Voyez l’effroi que cette Chine qui grandit et commence à les contrôler peu à peu provoque en eux.
Dans les pays occidentaux, les populations ne peuvent subir une crise économique trop longue. Chez nous en Afrique, elle est permanente. Les institutions financières internationales qui trouvent chez nous un laboratoire pour leur pseudos-solutions veillent au grain. Le temps chez nous, on le sait, est élastique. La patience est éternelle dans nos gènes. Nous sommes la patience, notre destin se confond avec l’espoir. Le plan des occidentaux pour nous est que nous réalisions des progrès véritables… le plus tard possible. À ce rythme Aucun africain vivant aujourd’hui, pauvre, ou riche ne verra notre continent prospérer.
Et chacune des organisations de tout type qu’ils chapeautent, souvent internationales (pensez à n’importe laquelle) sont des organisations d’endormissement, qui nous accompagnent dans notre asservissement de manière à nous le faire ressentir avec plus de douceur. En nous faisant supporter dans l’espoir qu’ils sont là pour nous aider à régler nos problèmes. Toutes ces organisations internationales sensées défendre les droits, jouent dans la même cour des agents d’endormissement. Elles nous calment, de manière à réduire notre frustration et notre colère face aux injustices que nous ne cessons de subir depuis plus de 5 siècles. Leur inefficacité notoire démontre l’inutilité de leurs actions, qui ne gênent en rien les colons et les impérialistes.
Les dirigeants politiques de ces pays qui font tout pour être propres chez eux en Occident, dans leur manière de servir leurs peuples lâchent leurs instincts malveillants lorsqu’il s’agit de l’Afrique.
Chez nous, les politiciens, les multinationales, les médias occidentaux qui ont des scrupules dans leurs pays agissent de manière à perpétuer notre asservissement.
Chez eux, lorsqu’une situation politique se pose, les "journalistes" s’adressent au membre de tous les bords politiques. En Afrique, ils deviennent les représentants des puissances occidentales, en premier lieu desquels la France qui sert actuellement de cheval de Troie et les États-Unis.
Et les populations occidentales gobent (ou feignent de gober) tout. Elles se disent que les mêmes politiciens qu’elles critiquent dans leurs pays deviennent des anges en Afrique. Comment est-il possible qu’en occident, où il est de notoriété publique que les populations sont cyniques par rapport à leurs dirigeants politiques et le monde des affaires, on soit si unanimes lorsque ces mêmes représentants de l’occident agissent dans les pays du Tiers Monde? Peut-être que, comme ils ont affaire à des pays dits pauvres, ils sont charitables et ne sauraient être des vautours.
En général, on peut dire que les dirigeants occidentaux et leurs multinationales qui prennent les décisions de nous asservir, de nous contrôler, de s’imposer à nous sont les seuls responsables des malheurs qu’ils sèment chez nous, puisque d’une certaine façon, leurs propres populations subissent souvent leurs actions néfastes.
Pourtant, ce sont ces mêmes populations qui les élisent. Il est normal que pour la plupart, elles ne jugent ces autorités que sur leurs actions intérieures, nationales visant à leur rendre la vie meilleure. Pourtant, les dirigeants que ces peuples choisissent, en leur nom, prennent systématiquement des décisions qui n’ont pour véritable but que de nous asservir encore plus.
Que dire des organisations humanitaires? Malheureusement, les populations des pays occidentaux dépensent leur argent pour faire des dons, mais les résultats sont si maigres, l’impact est épars, individuel. On dira simplement, c’est déjà ça! Elles sont pourtant si efficaces chez eux, elles reflètent une vraie solidarité. D’ailleurs, leur action porte dans les pays occidentaux des noms différents, moins méprisants. Pour moi, l’humanitaire en Afrique notamment, c’est beaucoup trop souvent de la pure vanité déguisée en de l’altruisme. Ils viennent en aide à ces pauvres gens, plus petits qu’eux. On se demande pourquoi il faut attendre les problèmes pour dire qu’on aide. Et comme depuis qu’ils nous apportent cette aide, rien ne change, sinon au compte-gouttes, on peut se demander pourquoi ils insistent.
En réalité, les mêmes avions et navires qui nous amènent du riz pour nous aider, transportent nos ressources minières. À se demander qui aide qui? Les occidentaux sont trop fiers pour reconnaitre qu’ils utilisent leur force pour piller des pauvres. Quel paradoxe serait-ce? Des puissances qui représentent la force, ne peuvent pas reconnaitre qu’elles volent ceux qui sont sensés être les pauvres, démunis. Comme ces esclaves sans âme, moins qu’hommes, que l’on méprisait dans les Amériques, et dont le travail aux mains nues, forcé, permettait pourtant d’accumuler un capital qui a enrichi les occidentaux.
En tant qu’africain, ma suggestions aux populations occidentales qui, peut-être pour se donner bonne conscience donnent de leur l’argent aux organisations humanitaires est la suivante : gardez votre argent, mais demandez des comptes aussi à vos dirigeants sur leurs actions dans les pays étrangers. Cessez votre silence complice. Arrêtez de simplement vous en prendre aux dirigeants africains. Et partant de là, vous nous montrerez votre sincérité.

Par guyzoducamer

Wikio

Tuesday, April 12, 2011

Soudain, Gbagbo est là




Laurent et Simone Gbagbo à leur arrivée à l'Hôtel du Golf où ils sont détenus depuis leur arrestation, lundi 11 avril.
Laurent et Simone Gbagbo à leur arrivée à l'Hôtel du Golf où ils sont détenus depuis leur arrestation, lundi 11 avril.AFP/STR
ABIDJAN (CÔTE D'IVOIRE), ENVOYÉ SPÉCIAL - Dans le hall de l'Hôtel du Golf, la nouvelle éclate comme une grenade. A la porte du quartier général d'Alassane Ouattara, qui est aussi sa présidence temporaire, voici que survient, sans crier gare, Laurent Gbagbo. L'homme qui mène depuis le jeudi 7 avril un combat féroce pour le contrôle d'Abidjan face aux forces d'Alassane Ouattara, bunkérisé dans la résidence des chefs d'Etat de Côte d'Ivoire en essayant de déclencher le chaos total. Que diable fait-il au milieu de cette foule de soldats qui hurlent ? Il vient d'être capturé.
Pris ce matin, lundi 11 avril, par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) et amené à l'Hôtel du Golf où Alassane Ouattara, reconnu vainqueur de l'élection présidentielle de novembre 2010 par la communauté internationale, vit confiné depuis quatre mois, sous protection de l'ONU.
Les militaires et militants pro-Ouattara qui se trouvent là se referment comme une mer de colère sur l'ennemi vaincu, qui n'en mène pas large. Suppliant qu'on l'épargne, il doit être poussé jusqu'au bar Le Flamboyant, l'asile le plus proche dans le hall, puis entraîné in extremis jusqu'à l'aile protégée d'Alassane Ouattara dont les partisans, fous de rage, se jettent sur la porte.
Deux hommes se disaient présidents dans la même ville, le même pays. Désormais il n'en reste qu'un, et son rival lui doit la vie. Alassane Ouattara avait exigé de ses troupes qu'elles épargnent Laurent Gbagbo et son entourage, préférant la perspective de la justice à une victoire tachée de ce sang-là.
D'autres prisonniers arrivent derrière, déchargés des pick-up par les combattants d'Alassane Ouattara. Combien sont-ils ? Au moins soixante. On ne les compte plus. Il y a les petits-enfants de Laurent Gbagbo, sa vieille mère. On les traite avec ménagement. Au comptoir en fer à cheval du Flamboyant, ils révèlent qu'ils meurent de faim. Il n'y avait plus rien à manger dans la résidence où Laurent Gbagbo et son entourage devaient lutter jusqu'à l'apocalypse promise par leurs prédicateurs, dont l'un est amené avec eux.
CHEMIN DE CROIX
La foule du Golf, qui a instantanément grossi à mesure qu'arrivent de nouveaux combattants et militants, reconnaît les durs du camp Gbagbo, ceux qui ont hurlé à la violence, ceux qui incarnent les crimes du régime. Une femme, dont le frère a été brûlé vif sur un barrage de patriotes pro-Gbagbo, se déchausse de son escarpin et essaye d'en frapper la créature méconnaissable qui passe à sa portée.
Il s'agit de Simone Gbagbo. L'épouse du président sortant, ultra du régime qui vient de tomber. Des mains furieuses ont mis ses habits en lambeaux. Ont fini d'arracher ses tresses par pleines mèches de cheveux. Un soldat exhibe un morceau de sa chemise, d'une étoffe mauve bon marché, "made in Thaïland". Déjà, des hommes tentent de lui racheter cette prise pour en faire des "protections"magiques. Les ennemis les plus irréductibles du couple Gbagbo continuent de toute évidence à leur accorder d'étranges pouvoirs, même dans la déchéance.
D'autres captifs descendent des pick-up. Qu'il est long, pour certains d'entre eux, le chemin de croix depuis le parking, tandis que pleuvent les gifles et les coups avant d'arriver au Flamboyant. Dans la foule, certains penchent pour le lynchage, d'autres font rempart de leur corps. On peine à reconnaître les visages dont certains sont déjà tuméfiés.
Est-ce Désiré Tagro, le proche de Laurent Gbagbo, ex-ministre de l'intérieur et éphémère secrétaire général d'une présidence désormais disparue, dont la mâchoire pend ? L'a-t-on, comme l'affirment certains, blessé à coups de crosse ? Déjà, un autre membre de l'entourage est frappé dans le hall de l'Hôtel du Golf, laissant sur le mur une longue trace pourpre. Charles Blé Goudé est signalé. Ce n'est pas lui, pourtant, qui entre. Le chef des patriotes serait en train de tenter d'organiser la résistance des patriotes à Dabou, une ville des environs d'Abidjan.
Mais voici "Légionnaire", Michel, le fils que Laurent Gbagbo a eu avec sa première femme française, et il croit venue sa dernière heure lorsque des soldats parviennent à le tirer vers les jardins du Golf. Il a dans les yeux la terrible supplique des hommes qu'une foule s'apprête à supplicier. Il est torse nu. Il saigne. On le cogne contre la vitre d'une salle de conférences dans laquelle, quelques instants plus tôt, étaient projetées les images terribles d'un homme sur le point d'être, lui aussi, supplicié.
Un supposé "étranger", arrêté à un barrage de "patriotes", les partisans de son père. Sur les images, filmées par téléphone portable, la victime est à terre, couverte de branches, avant d'être brûlée vive. Voilà la signature de la fin de l'ère Gbagbo. Michel ne connaîtra pas ce sort. On l'escorte à présent avec les autres, il est sauvé.
GIFLES ET COUPS DE PIED
Le soir, dans leur chambre, Laurent et Simone reprennent leurs esprits. Simone prie, refuse le dîner, va se coucher. L'ex-chef d'Etat déchu feint-il de faire bonne figure, ou est-il sous le choc ? Il demande des nouvelles de sa mère à un responsable de l'autre camp, et finit par clamer: "Je viens de loin, j'ai faim !" Il va falloir livrer 100 repas de plus aux captifs dans un Hôtel du Golf déjà à la limite de ses stocks. Certains responsables pro-Ouattara devront donc se passer de repas, sur ordre du nouveau chef de l'Etat.
Alassane Ouattara veut que la Côte d'Ivoire change d'ère. Il a ordonné aux chefs militaires, y compris ceux aux mains les plus sales, d'épargner le clan Gbagbo au moment de la capture. Les gifles et les coups de pied ne sont que la menue monnaie de ces gigantesques comptes à régler. C'est le commandant Wattao qui, dans la présidence tout juste investie, passera un gilet pare-balles à Laurent Gbagbo qu'on emmène pour lui éviter une balle perdue sur la route de l'Hôtel du Golf.
En fin de matinée, lundi, Laurent Gbagbo et les siens avaient tenté une sortie de la résidence, en feu depuis le tir d'un missile français, la veille au soir. Cela n'a pas suffi, car au premier assaut, les tirs des dernières armes lourdes depuis le bâtiment couvert de marbre ont mis les assaillants pro-Ouattara en fuite. "Malgré les tirs , ils n'y arrivaient pas. On a dû ouvrir une brèche dans le mur [de la présidence, d'un coup de canon] pour qu'ils puissent entrer", rapporte un soldat français présent sur place.
Quelques heures plus tard, à l'intérieur de la résidence, au milieu des hommes qui cherchent à défoncer la porte d'un coffre à coups de crosse, déclenchant un tir inopiné de kalachnikov, Diarassouba Ibrahima, l'un de ceux qui ont arrêté Laurent Gbagbo, "remercie beaucoup la France pour tout ce qui s'est passé. Parce que sans les conseils de la France, on n'aurait pas pu l'avoir. Les Français nous ont donné beaucoup de conseils !" Enfumé, Laurent Gbagbo a tenté de s'enfuir à bord d'une vedette sur la lagune. En a-t-il été dissuadé par un hélicoptère français en survol ? En tout cas, il a été saisi.
LE PILLAGE, UNE VASTE COMPÉTITION
Une heure plus tard, la partie centrale du bâtiment fume encore. La bibliothèque avec sa collection des classiques grecs et latins, où Laurent Gbagbo aimait donner ses interviews, finit de se consumer. Dans la salle de sport, des soldats boivent du dom pérignon dans des coupes en cristal, puis au goulot, pour faire plus vite. Le pillage est une vaste compétition, et l'entrée dans la résidence a été dure. Personne ne trouve l'entrée du fameux bunker d'où Laurent Gbagbo ne devait jamais sortir vivant. Peut-être était-ce une illusion de plus ? L'idée se perd dans le bruit des canalisations brisées, des coups pour mettre les placards en miettes.
Les baies vitrées de la présidence sont trouées de balles. Des petits soldats frappent le socle des statues de Félix Houphouët-Boigny, à la recherche de trésors cachés. D'autres démarrent aux fils les voitures du cortège présidentiel qui n'ont pas été carbonisées la veille. "Ils sont incontrôlables. Ouattara va avoir du boulot pour les gérer", commente un militaire français en regardant ces hommes sortant de pleines valises bourrées.
Un étage plus bas, un groupe de neuf hommes est tapi dans l'ombre, serrant des armes. Ils seront vite convaincus de les abandonner, et de se rendre. Promptement déshabillés, ils sortent en se tenant par l'arrière du slip, les yeux rivés au sol. "Des miliciens", hurle un soldat. "Les cuisiniers", chuchote un autre en contemplant les bedaines de ces hommes mûrs.
La défaite n'est jamais belle. La victoire d'Alassane Ouattara a, d'extrême justesse, évité d'être tout à fait laide.
Jean-Philippe Rémy

Friday, April 08, 2011

La France, la Méditerranée et l'Afrique, vers une refondation du "troisième cercle"



Au-delà des révolutions arabes en cours, nous assistons à l'accélération d'un bouleversement stratégique plus ample, qui touche ce qu'il était convenu d'appeler le "troisième cercle" de priorité de l'action extérieure de la France. Après le cercle régional, c'est-à-dire européen, qui constitue notre environnement politique immédiat, et le cercle transatlantique, qui fixe le cadre de notre alliance à l'échelle globale, vient en effet le cercle parfois résumé rapidement comme celui de la "francophonie", mais qui s'étend en réalité au double espace méditerranéen et africain.
Dans les dernières décennies, la situation démographique, socio-économique et culturelle de ces deux espaces a considérablement évolué, pour venir finalement surprendre les pouvoir politiques les plus anciennement installés. Les implications en sont nombreuses pour la France. Elles nécessitent d'entamer une réflexion sur trois concepts stratégiques à redécouvrir : ceux d'interlocuteur, de proximité et d'intérêt partagé. Elles imposent ensuite d'innover sur deux plans : imaginer la relation "post-post-coloniale" et sortir des schémas classiques de la relation "patron-client". Ces chantiers-clés de la scène mondiale sont largement inexplorés. La France n'est pas dépourvue d'atouts pour y être pionnière, pour peu qu'elle souhaite les appréhender.
Il est ressorti des événements tunisiens et égyptiens de janvier et février que, pour placer le curseur avec justesse entre indifférence et ingérence dans sa relation à l'autre, mieux valait ne pas s'enfermer dans une relation exclusive avec le pouvoir exécutif. "L'interlocuteur" d'une politique extérieure ne doit donc pas être un système de pouvoir, mais l'ensemble des forces qui composent la vie politique nationale : ce n'est pas à un régime autoritaire de faire reconnaître son monopole de l'expression politique, mais à la politique étrangère d'une démocratie de faire reconnaître le pluralisme comme principe d'une relation.
Une telle posture, outre sa vertu éthique, a l'avantage d'éviter la dépendance à l'interlocuteur unique, lourde de conséquences lorsque ce dernier disparaît ou est rejeté de sa propre population, quand bien même il fut un partenaire fiable.
Vient alors le concept de proximité : la France entretient bien une relation privilégiée avec des pays africains et méditerranéens. Mais celle-ci, héritée de l'Histoire, est bâtie sur une interaction qui est d'abord sociale avant d'être politique. La proximité entre la France et la Tunisie, la Côte d'Ivoire ou le Liban repose sur des présences de populations, sur des ciments culturels (comme la francophonie), sur des interactions micro-économiques. Non sur l'intimité politique avec un décideur.
Le président Ben Ali n'était pas la Tunisie à lui seul, moins encore le premier ministre Saad Hariri (ni ses prédécesseurs) le Liban. Et le cas ivoirien, à cet égard, nous offre une bien absurde démonstration depuis l'élection de novembre 2010. Là où les intérêts des décideurs se révèlent plus étroits ou plus éphémères, ce sont bien les acteurs sociaux, par leurs demandes mutuelles, qui produisent entre deux pays des intérêts partagés durables : la paix et la stabilité, la réduction des inégalités, la modernisation, l'ouverture économique, sociale et culturelle... Le diplomate et le soldat y contribuent (comme au Liban et en Côte d'Ivoire, au sein de la Finul et de l'opération "Licorne"). Mais rien ne se fait plus sans les sociétés.
Prendre acte de cette donne suppose, en matière de politique extérieure, de tourner la page de la relation post-coloniale, qui eut son moment politique, mais vient de s'achever sous nos yeux. Il était sans doute incontournable, après les indépendances africaines, dans les grandes heures du non-alignement ou à l'apogée du nationalisme arabe, de refonder une relation si complexe sur la reconnaissance sans condition de la légitimité des nouveaux régimes. Il était également tentant, pour les Européens, de prolonger cette posture en voyant dans ces régimes - qui perduraient... - des alliés, des garants ou des remparts pour les intérêts stratégiques du moment (de la guerre froide à la lutte anti-terroriste).
Plusieurs populations arabes sont venues nous montrer, en ce début d'année, que cette vision devait évoluer, ou qu'elle ne devait pas primer sur toute autre considération. Une nouvelle page est donc à écrire. Elle s'avérera sans doute plus facile à élaborer avec les régimes les moins familiers (comme la Libye) qu'avec ceux que l'on connaissait mieux (comme la Tunisie, mais aussi l'Egypte). Nous entrons là, en quelque sorte, dans l'ère du "post-post-colonial".
Avec cette sortie des schémas connus, d'autres approches classiques disparaissent. Ainsi l'idée qu'il existe, dans la relation entre un pays du Nord et un pays du Sud, un Etat systématiquement patron et un autre systématiquement client, est désormais caduque. Chacun des acteurs a ses intérêts propres et se trouve en réalité, selon les dossiers, en position de fournisseur ou de demandeur.
En Afrique comme en Méditerranée, la France peut apporter beaucoup dans certains secteurs à ceux qui doivent être considérés désormais comme ses partenaires : une voix plus forte pour eux dans les instances internationales, un accès au système éducatif européen qu'il faut impérativement réformer, une meilleure prise en compte de leurs revendications politiques et économiques... Mais elle devra aussi solliciter leur soutien dans d'autres domaines, qui ne se situent pas tous dans la sphère de la sécurité : la contribution de ces pays aux enjeux environnementaux, culturels, énergétiques, entre autres, est fondamentale. Ces intérêts croisés pourront être discutés cartes sur table, pour renforcer la proximité évoquée ci-avant, et évacuer par la même occasion les ambiguïtés d'une histoire tourmentée.
Face à cette nouvelle ère qui s'ouvre, davantage de doutes nous attendent que de voies toutes tracées. Cela nécessitera la formulation de priorités claires, la définition des moyens à y consacrer et, surtout, une forte capacité d'innover et de renouveler les approches internationales. C'est là, très probablement, que la France est attendue.
Frédéric Charillon, professeur en science politique et directeur de l'Institut de recherches stratégiques de l'école militaire (Irsem)
Wikio

Wednesday, April 06, 2011

BBC News - How Nazi Adolf Eichmann's Holocaust trial unified Israel



How Nazi Adolf Eichmann's Holocaust trial unified Israel


When Nazi Adolf Eichmann stood trial for war crimes 50 years ago, it helped to unify the young state of Israel by allowing Jewish people to talk openly about the Holocaust.
Adolf Eichmann on trial in Jerusalem
"For Jews," the Israeli historian Tom Segev said, "there were always two Adolfs."
Adolf Hitler had killed himself in the ruins of his Berlin bunker but the other Adolf, SS Lt Colonel Adolf Eichmann, was what Segev called "the face of the Holocaust".
Fifty years ago this week, shortly before 9 o'clock in the morning of 11 April 1961, the "second Adolf" faced justice in a makeshift Israeli courtroom in Jerusalem.
The Eichmann trial helped create modern Israel and has profound implications for the world today.
"When I stand before you," the chief prosecutor Gideon Hausner told the court, "I do not stand alone. Here with me at this moment stand six million prosecutors."
James Bond-style kidnap
The court heard that Eichmann had been a key player in the organisation of the death camps in which millions had perished.
In this photograph taken in the Bergen-Belsen concentration camp, Adolf Eichmann (2nd right) is seen  smiling while German officers cut a Jewish prisoner's hair locks
Tipped off by the West German prosecutor, Fritz Bauer, that Eichmann was living in Argentina, Israel's intelligence agency Mossad organised a James Bond-style kidnapping in 1960.
The man who commanded the Mossad team, Rafi Eitan, is now in his mid-80s. He is physically tiny but sprightly and mischievous.
When we met in Tel Aviv, he told me how the kidnap had been organised and I suggested he was Israel's James Bond.
He laughed, and said he was only "half of James Bond".
Eichmann was spirited out of Buenos Aires and taken to a secret location in Israel where he was interrogated for many months.
Those who met him at that time were disparaging about this supposed example of the Nazi "master race".
Mr Eitan described Eichmann as "completely average". The Israeli police interrogator, Michael Goldman Gilad, who is also now in his 80s, said he was a nebbish - a pitiful man, a nobody.
Unifying event
But behind the scenes, there was a great political game being played by Israel's prime minister at the time, David Ben Gurion.
David Ben Gurion and his wife soon after the state of Israel was proclaimed in 1948
He understood that the trial, if handled properly, could become a unifying event for the young Israeli state that he was trying to build with Jewish immigrants from all over the world - people who spoke different languages and at times seemed to have little in common.
In 1961, Israel had no television service but the whole nation listened to the radio broadcasts of the trial proceedings, and tens of millions of others around the world watched on television.
Day after day, there were stories from survivors talking publicly, often for the first time, of the horrors they had endured.
Historian Tom Segev said: "Until 1960, the Holocaust was largely a taboo. Parents wouldn't talk to their children. Children wouldn't dare ask. The Eichmann trial opened up the wound."
One of Eichmann's Israeli police interrogators, Michael Goldman Gilad, survived Auschwitz but his parents and sister had been murdered.
When he came to Israel after the war, he, like many other Holocaust survivors, did not talk about what he had seen even to family and friends because other Israelis "didn't believe us".
He said: "It was impossible to believe, because it was so horrible. But the Eichmann trial opened our mouths again."
The Eichmann trial became a unifying national experience.
Tom Segev said Ben Gurion wanted everyone to recognise that "whatever the world owes to the victims, they now owe to Israel".
Revenge
Eichmann was found guilty on 11 December, 1961.
On 30 May, 1962, the only civil execution in Israel's history took place.
Interrogator Michael Goldman Gilad, was there.
He recalled that Eichmann at Auschwitz had demanded that every Jew be put to death because any who survived might one day seek revenge.
"Well, he was right," he told me, grimly.
After the execution, he was told to supervise the burning of the body and the scattering of Eichmann's ashes at sea, so there could be no neo-Nazi memorial.
Goldman Gilad explained that Eichmann's ashes were just enough to fill a two-litre container.
He was shocked, because in the extermination camps one of the jobs he had been forced to do was to spread ashes from the crematoria on the ice and snow, so that Nazi officers did not slip.
The mounds from the dead had formed "a great mountain of ash", so much more than the handful from Eichmann's body.
Fifty years on, Eichmann's evil escapes explanation. But his legacy is clear.
The theatrical nature of his trial helped create the modern Jewish state.
From a subject too painful to mention, the Holocaust is now a compulsory topic in Israeli schools, with as many as eight out of 10 Israeli high school children describing themselves as Holocaust "survivors".
This 50th anniversary is, therefore, also a time of debate within Israel about whether the inescapable shadow of the past also makes it difficult to make peace in the present, and thrive in the future.

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