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Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










Sunday, May 27, 2012

Eric Toussaint : « La Grèce et l’Europe dans les chaînes de la dette »

Interview d’Eric Toussaint par Przemysław Wielgosz (1)

Eric Toussaint : « La Grèce et l’Europe dans les chaînes de la dette »


Éric TOUSSAINT
Photo du film "Debtocratie”


De nombreux experts et politiciens européens considèrent que la crise des dettes publiques dans la zone euro a été maîtrisée avec la récente réduction négociée de la dette grecque de 50 %, et la nouvelle tranche d’aide de 130 milliards d’euros. Pouvons-nous effectivement pousser un soupir de soulagement ?
Tout d’abord, cette aide à la Grèce est un cadeau empoisonné. Il s’agit avant tout de sauver les grandes banques privées européennes qui investissaient auparavant dans les obligations grecques. Les gouvernements des pays européens pensent que si la Grèce avait suspendu le remboursement de la dette, on aurait eu un effet de domino, et l’Union européenne serait tombée dans une crise systémique qui toucherait également ces banques-là. Deuxièmement, ce prétendu cadeau, c’est en réalité un prêt, c’est-à-dire de nouvelles dettes. L’aide européenne pour Athènes, soi-disant si généreuse, c’est tout simplement 130 milliards de nouveaux crédits. Pas besoin d’être docteur en mathématiques pour comprendre que si d’un côté on réduit la dette de 107 milliards, et de l’autre on prête 130 milliards, alors nous aurons au bout du compte une augmentation du montant de la dette. Troisièmement, ce nouveau plan d’aide à la Grèce ne signifie pas la fin de la crise. Car, de toute manière, le niveau de l’endettement de la Grèce est insoutenable. La Troïka (la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international) prévoit qu’en 2013 la dette de la Grèce représentera 164 % du PIB. Or la politique que la Troïka impose à la Grèce a déjà abouti à une réduction des recettes fiscales du gouvernement. L’activité économique va continuer à se contracter avec les réductions des dépenses publiques et privées, des salaires et de l’emploi. Dans une telle situation, il n’y a pas pas de moyens financiers suffisants pour le remboursement de la dette. C’est pourquoi, de nombreux économistes pensent dès maintenant que à l’avenir il faudra un nouveau plan de crédits pour le gouvernement de la Grèce.
De nombreux journalistes et experts polonais répètent que la crise de la dette est le résultat de la fainéantise des travailleurs grecs, des salaires trop hauts, des prestations sociales trop élevées et du secteur public trop développé. Tout simplement, les Grecs vivaient au-dessus de leurs moyens, se sont endettés, et maintenant toute l’Europe doit payer pour eux. La même rhétorique accompagne d’ailleurs les débats sur le danger d’une crise en Pologne. Chez nous aussi, la responsabilité de l’augmentation de la dette publique est imputée aux travailleurs, à leurs prétendus hauts salaires et leurs prétendus privilèges sociaux.
C’est une campagne mensongère. Les statistiques de l’Organisation internationale du travail et de l’OCDE montrent qu’en moyenne annuelle le travailleur grec travaille plus que le travailleur allemand. Le problème n’est pas du tout que les Grecs vivent au-dessus de leurs moyens. Bien sûr, il y a des problèmes en Grèce : il y a certains catégories de la société qui ne paient pas d’impôts, mais ce ne sont pas les travailleurs. Par exemple, l’Eglise orthodoxe ne paie pas d’impôts, ainsi que tout les armateurs de navires qui constituent un secteur extrêmement puissant dans l’économie grecque. Ce sont leurs privilèges qui alimentent les déficits, lesquels débouchent sur une augmentation de la dette publique.
En Pologne, la dette publique n’est pas trop élevée en comparaison avec la Grèce, l’Italie ou l’Espagne. N’avons-nous donc rien à craindre ?
En effet, la dette publique n’est pas un danger immédiat pour la Pologne. Le danger par contre, c’est le niveau très élevé de la dette privée, parmi les plus hauts en Europe. Le deuxième danger pour la Pologne, ce sont les politiques néolibérales menées par le gouvernement polonais, conformément aux recommandations de la Commission européenne. Ces politiques font baisser la demande publique, c’est-à-dire par exemple les dépenses pour l’éducation ou la santé. En même temps, il n’y a pas de politique de création d’emplois dans le secteur public. Au lieu de cela, nous voyons en Pologne une politique consistant à réduire les salaires et toutes les prestations sociales. Le bas niveau des salaires fait que même les groupes sociaux dont la consommation augmente y arrivent moyennant l’augmentation de l’endettement privé, ce qui constitue un danger pour l’économie. La poursuite du cours politique actuel pourrait aboutir à une explosion de la dette privée, laquelle - en cas d’intervention de l’Etat (qui couvrirait des créances privées par de l’argent public) - peut rapidement se transformer en dette publique. Bien sûr, la politique néolibérale permet à une partie de la société polonaise de s’enrichir, mais il s’agit d’une petite minorité qui s’enrichit aux frais de la majorité.
Depuis l’automne de l’année dernière, il y a de plus en plus de débats sur la sortie de la zone euro comme un moyen de sortir de la crise pour des pays comme la Grèce. Parallèlement, l’éventualité de l’adoption de l’euro par des pays comme la Pologne suscite de grandes interrogations.
Je pense que dans les années à venir la Pologne ne devrait pas entrer dans la zone euro. Toutefois, en ce qui concerne la question d’une éventuelle sortie de certains pays de la zone euro, c’est une proposition importante, mais personnellement je ne recommande pas la réalisation de ce scénario à des pays comme la Grèce ou le Portugal. Je comprends néanmoins que certains économistes et certains groupes sociaux considèrent cette solution comme indispensable. Si nous voulons des solutions qui puissent être avantageuses pour la population dans son ensemble, alors nous devons reconnaître qu’une sortie de la zone euro exige la mise en œuvre d’une série de mesures radicales : l’introduction d’un contrôle total sur les mouvements de capitaux pour empêcher leur fuite, la nationalisation des banques, etc. Afin de compenser les effets d’une dévaluation de la monnaie, il faudrait augmenter les salaires et les prestations sociales. Tout ceci serait possible uniquement si l’on procédait à une redistribution radicale des richesses et du patrimoine national. Ce n’est pas impossible.
Quelle est l’alternative aux politiques imposées aux populations européennes par des instances non-démocratiques de pouvoir supranational comme la Troïka ? Autrement dit, qui devrait décider quelle partie de la dette est illégale ou injuste, illégitime ?
Je ne vois qu’une seule alternative : celle qui s’appuie sur la mobilisation des citoyens, sur leurs initiatives menées par en bas. En 2011, nous avons vu de nombreuses mobilisations sociales en Espagne et en Grèce, que l’on a appelé Mouvement des Indignés. Puis, à Londres, nous avons vu le mouvement Occupy the City, et aux Etats-Unis le mouvement Occupy Wall Street. Je pense qu’avec le printemps, les citoyens de nombreux pays d’Europe, en particulier les jeunes, sortiront sur les places publiques et recommenceront les occupations dans le but d’élaborer en commun des alternatives, et afin de faire pression sur les gouvernements pour les obliger à opérer un tournant dans la politique de l’Union européenne. En même temps, on ne peut pas attendre passivement que les gouvernements des pays de l’UE se mettent d’accord et prennent des mesures, ou que les membres de la Commission européenne se décident à changer de cap. C’est pourquoi, si un gouvernement de gauche se mettait en place dans un pays comme la Grèce, il devrait mener une politique d’indiscipline, de désobéissance envers les recommandations de la Commission européenne, de la BCE et du FMI. Il s’agit par exemple : 1. de rejeter la "règle d’or" qui limite le déficit public ; 2. de suspendre le remboursement de la dette et, de proclamer à la suite d’un audit à participation citoyenne, la répudiation de la partie illégitime de la dette publique ; 3. d’abroger tous les plans d’austérité imposés par la Troïka ; 4. d’exproprier les banques et les assurances en les transférant dans le secteur public, sous contrôle citoyen ; 5. d’instaurer des mesures fiscales pour faire payer les riches et l’église orthodoxe. Etc. De cette manière, les pouvoirs publics pourront récupérer des ressources financières pour réamorcer la croissance et relancer l’économie.
En l’absence d’un véritable gouvernement de gauche, en ce qui concerne la décision d’annuler la partie illégitime de la dette, ce qui sera décisif, c’est l’audit citoyen. Dans des pays comme la Grèce, l’Espagne ou la France, des initiatives citoyennes par en bas se développent déjà, visant à réaliser un tel audit aussi bien au niveau national que local ou municipal. Aujourd’hui, des dizaines de milliers de personnes sont engagées dans ce mouvement. L’audit ou simplement le refus de rembourser la dette illégitime a déjà réussi dans des pays comme l’Argentine (en 2001), l’Equateur (en 2008) ou l’Islande (en 2010-2011). Ces pays se sont débarrassés d’une partie du fardeau de la dette, laquelle ne faisait qu’apporter des bénéfices aux milieux financiers, tout en bloquant le développement social. Et ils s’en sont bien sortis.
Quelles sont les similitudes entre la crise de l’endettement du Tiers Monde et l’actuelle crise de la dette dans l’UE ?
Les peuples des pays de l’UE sont soumis actuellement à la même politique que celle à laquelle on soumettait les peuples d’Amérique Latine dans les années 80 et 90. Dans les pays du Tiers Monde, tout comme aujourd’hui en Europe, la crise de la dette publique était instrumentalisée par les gouvernants et les institutions financières internationales pour mettre en œuvre toute une panoplie de moyens et décisions économiques qui ressemblent énormément, presque comme deux gouttes d’eau, à la politique menée actuellement dans l’UE. Je pense avant tout à la réduction des salaires, aux licenciements massifs dans l’administration et dans le secteur public, à l’augmentation de la TVA, à la politique de zéro déficit budgétaire. Les peuples d’Amérique Latine ont payé un prix exorbitant pour la réalisation de ces recommandations, et il leur a fallu pas moins de vingt années pour s’en débarrasser. Une question se pose : de combien de temps les peuples européens auront-ils besoin pour se libérer des chaînes du néolibéralisme ?
Eric Toussaint
http://www.cadtm.org
[1] Interview publiée dans l’hebdomadaire polonais Przekrój du 20 mai 2012
http://www.przekroj.pl/artykul/815912,877906-Europa-w-petach-dlugu.html
La présente version en français a été revue par l’interviewé.
Traduit du polonais par Stefan Bekier

Thursday, May 17, 2012

Conflit d'intérêts - Mamadou Ben Soumahoro brûle RFI et fume Alain Foka


Mercredi 16 mai 2012


cap-ben-soumahoro-15-mai-2012.jpg 
Je vis dans un pays anglophone où la source la plus importante d’informations internationales reste Radio France Internationale (RFI), radio officielle de la République française et voix officielle incontournable de la France dans le monde. Les prises de position de cette radio aux ordres de la République et du gouvernement français sont parole d’évangile pour la plupart des francophones du monde qui finissent par trouver leur compte dans ce qu’on peut appeler sans risque de se tromper de la propagande néo-colonialiste.
Radio France Internationale est assurément un instrument de protection de l’influence française dans le monde sans compter son rôle touchant directement à la défense nationale dans les cas d’implication du gouvernement français dans des conflits comme ceux du Tchad, de la Lybie, de la Côte d’Ivoire et bientôt du Mali et de la Guinée Bissau, par le truchement de son bras armé : la CEDEAO. Chacun sait ici et là-bas que la radio française, comme un appui aérien nécessaire aux fantassins et autres marsouins est une puissante arme de destruction mentale et de déstabilisa- tion des Etats (notamment africains) qui ont la malchance de se trouver dans le collimateur de la diplomatie agressive et déraisonnable de la France. Il ne faut pas s’y tromper. La puissance de cette diplomatie interventionniste et destructrice d’unités nationales en Afrique repose essentiellement sur la puissance des émetteurs de la "radio mondiale". Dès lors, il appartient à chacun de comprendre qu’il est nécessaire que cet instrument de "guerre psychologique" d’un autre temps soit entouré de toutes les attentions par le pouvoir français qui a choisi ce type de coopération avec les pays anciennement colonisés, plutôt que d’aider ces derniers à bien s’équiper pour mieux répondre aux besoins de leurs populations en matière de communication. L’objet de cette note n’est pas de critiquer RFI en tant que telle, encore que cela ne manquerait nid’intérêt, ni de raisons, mais de relever quelques incongruités du fonctionnement de la Maison du 116, Avenue du Président Kennedy à Paris. La direction de RFI appelle chaque matin les auditeurs de tous les mondes à se pâmer devant la compétence, le savoir, l’intelligence et le professionnalisme de milliers de correspondants polyglottes dans le monde, qui sont autorisés à donner des leçons dans tous les domaines et à tous les peuples de la terre. Entre le facétieux Juan Gomez qui s’accorde plus de temps qu’à ses interlocuteurs à l’antenne et qui se permet de couper sans ménagement tous ceux qui ne vont pas dans le sens des instructions qu’il a reçues de ses "red-chefs" et Christophe Boisbouvier dont les invités ne sont pas forcément les plus proches de l’actualité, ni même les mieux indiqués pour servir véritablement cette actualité, il y a des personnages d’un type nouveau que la « Radio mondiale » a décidé de recruter pour se donner bonne conscience. Et pour sans doute satisfaire un besoin politique de discrimination positive galopante en France mais qu’aucun pays africain ne réclame à l’ex puissance colonisatrice.
Parmi ces nouveaux rois de l’antenne de RFI, le prolifique, l’éclectique et le fumeux Alain Foka détenteur de plusieurs types d’émissions allant du magazine à la chronique historique en passant par des grands reportages inclassables et des interviews de Chefs d’Etat d’Emirats pétroliers d’Afrique dont la générosité est bien connue sur le continent. Le talent et le professionnalisme de M. Alain Foka ne sont pas mis en cause. C’est son activité débordante et trop voyante dans des domaines qui partent de l’audiovisuel au commerce international qui intrigue plus d’un. En dehors de ce qui est visible et évident, comment RFI peut-elle expliquer que M. Alain Foka s’arroge des initiatives du type "coffret des grands hommes d’Afrique" dont il se trouve être le principal animateur, le représentant de commerce et le distributeur agréé sous l’autorité déclarée de la Radio française ?Comment expliquer d’autre part l’activité commerciale d’une radio entièrement financée par le contribuable français, activité qui concurrence et s’oppose à l’existence et au développement de l’entreprise privée ? La vocation de RFI est-elle de fabriquer des coffrets de CD, de les distribuer elle-même sous son label, à un prix exorbitant et de se payer le luxe de les faire financer par un sponsor privé ? On sait par ailleurs que les tournées de promotion de cette activité commerciale plutôt suspecte sont prises en charge par le sponsor qui se trouve être la BIAO-NSIA.
Cette affaire pose à chaque homme du monde un problème éthique qui vient de vous être exposé. Que RFI et BIAO décident de faire commerce en dehors et au dessus de toutes les règles établies par leurs statuts est leur problème et le problème des contrôleurs d’Etat Français. Mais qu’un journaliste exerçant à temps plein son métier sur une chaîne de ce type se transforme en recherchiste de sponsor et distributeur de produits dérivés de la chaîne sur tout le continent Africain pose à l’évidence un problème de déontologie. Tout le monde sait et la Direction générale de RFI sait que le financier des coffrets de CD des grands hommes de l’Afrique est le président du groupe de banques et assurances BIAO-NSIA de Côte d’Ivoire. Tout le monde sait également que ce curieux partenariat Sud-Nord n’a été possible que grâce à l’extraordinaire entregent de M. Alain Foka, ami personnel du PDG de BIAO- NSIA, M. Diagou Kacou Jean.
A ce stade des choses, la Direction générale de RFI pourrait rétorquer qu’il n’y a pas de quoi «fouetter un chat». Soit. Mais comment la Direction générale de RFI explique-t-elle que le même Alain Foka soit à la fois journaliste, chroniqueur historique, grand reporter, interviewer émérite à RFI, accessoirement vendeur de cassettes pour RFI et Directeur de la communication du groupe BIAO-NSIA, rémunéré à grands frais en tant que cadre salarié de cette entreprise ivoirienne compromise avec RFI dans des activités commerciales frisant le délit d’initié ? Comment peut-on croire qu’un tel laxisme n’implique pas d’autres responsables dans la hiérarchie de la Radio Mondiale ? Les rétrocommissions étant une pratique courante exercée au plus haut sommet de l’Etat français sarko-balladurien, qui peut empêcher RFI d’user sans modération de cette excuse ?
J’entends d’ici quelques responsables grincheux et probablement coupables de RFI s’indigner : de quoi se mêle-t-il celui là ? Oui certes, de quoi je me mêle ? Je me mêle uniquement de ce qui me regarde. D’abord, auditeur de RFI, je me considère comme un sociétaire obligé de la Radio Mondiale, parce que je n’ai pas le choix là où je réside aujourd’hui. Ensuite, je vous prie de croire que j’ai eu le privilège d’exercer ce métier magnifique pendant plus de 40 années dans mon pays la Côte d’Ivoire. A ce double titre, il m’insupporte de voir et même de subir des dérapages du type : Alain Foka /RFI /Diagou Kacou Jean-BIAO-NSIA. Sans appel d’offre et avec des dessous malsains.
Photo - dr    Texte - Mamadou Ben Soumahoro
                             (*Ex-député de la République de Côte d’Ivoire)
PS : article paru initialement in Nouveau Courrier n°515 (15/05/2012)
PS 2 : la titraille est de la rédaction

Wednesday, May 16, 2012

François HOLLANDE – discours d’investiture le 15 mai 2012

15 mai 2012


Filed under: Discours — Victorin LUREL @ 13 h 11 min
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs
En ce jour où je suis investi de la plus haute charge de l’État, j’adresse aux Français un message de confiance.
Nous sommes un grand pays qui, dans son histoire, a toujours su affronter les épreuves et relever les défis qui se présentaient à lui. A chaque fois, il y est parvenu, en restant lui-même. Toujours dans l’élévation et l’ouverture. Jamais, dans l’abaissement et le repli.
Tel est le mandat que j’ai reçu du peuple français le 6 mai : redresser la France dans la justice. Ouvrir une voie nouvelle en Europe. Contribuer à la paix du monde comme à la préservation de la planète.
Je mesure le poids des contraintes auxquelles nous faisons face : une dette massive, une croissance faible, un chômage élevé, une compétitivité dégradée et une Europe qui peine à sortir de la crise.
Mais je l’affirme ici : il n’y a pas de fatalité, dés lors qu’une volonté commune nous anime, qu’une direction claire est fixée et que nous mobilisons pleinement nos forces et nos atouts. Ils sont considérables : la productivité de notre main-d’œuvre, l’excellence de nos chercheurs, le dynamisme de nos entrepreneurs, le travail de nos agriculteurs, la qualité de nos services publics, le rayonnement de notre culture et de notre langue sans oublier la vitalité de notre démographie et l’impatience de notre jeunesse.
La première condition de la confiance retrouvée, c’est l’unité de la Nation. Nos différences ne doivent pas devenir des divisions. Nos diversités des discordes. Le pays a besoin d’apaisement, de réconciliation, de rassemblement. C’est le rôle du président de la République d’y contribuer. Faire vivre ensemble tous les Français sans distinction, autour des mêmes valeurs, celles de la République. Tel est mon impérieux devoir. Quel que soit notre âge, quelles que soient nos convictions, où que nous vivions –dans l’Hexagone ou dans les Outre mers– dans nos villes comme dans nos quartiers et nos territoires ruraux, nous sommes la France. Une France non pas dressée contre une autre, mais une France réunie dans une même communauté de destin.
Et je réaffirmerai en toutes circonstances nos principes intangibles de laïcité, comme je lutterai contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les discriminations.
La confiance, c’est aussi l’exemplarité.
Président de la République, j’assumerai pleinement les responsabilités exceptionnelles de cette haute mission. Je fixerai les priorités mais je ne déciderai pas de tout ni à la place de tous. Conformément à la Constitution, le gouvernement déterminera et conduira la politique de la Nation. Le Parlement sera respecté dans ses droits. La justice disposera de toutes les garanties de son indépendance. Le pouvoir d’Etat sera exercé avec dignité mais simplicité. Avec une grande ambition pour le pays. Et une scrupuleuse sobriété dans les comportements. L’Etat sera impartial parce qu’il est la propriété de tous les Français et qu’il n’appartient donc pas à ceux qui en ont reçu la charge. Les règles de nomination des responsables publics seront encadrées. Et la loyauté, la compétence, et le sens de l’intérêt général seront les seuls critères pour déterminer mes choix pour les plus hauts serviteurs de l’Etat. La France a la chance de disposer d’une fonction publique de qualité. Je veux lui dire ma reconnaissance et l’attente que je place en elle et en chacun de ses agents. La confiance, elle est dans la démocratie elle-même. Je crois en la démocratie locale et j’entends la revivifier par un nouvel acte de décentralisation susceptible de donner de nouvelles libertés pour le développement de nos territoires.
Je crois en la démocratie sociale, et de nouveaux espaces de négociation seront ouverts aux partenaires sociaux, que je respecterai, aussi bien les représentants des salariés que les organisations professionnelles. Je crois en la démocratie citoyenne, celle des associations et des engagements civiques qui seront soutenus pour les millions de bénévoles qui s’y dévouent.
La confiance, elle repose sur la justice dans les choix. La justice dans la conception même de la création de richesse. Il est temps de remettre la production avant la spéculation, l’investissement d’avenir avant la satisfaction du présent, l’emploi durable avant le profit immédiat. Il est temps d’engager la transition énergétique et écologique. Il est temps d’ouvrir une nouvelle frontière pour le développement technologique et pour l’innovation. Mais la justice elle aussi dans la répartition de l’effort indispensable. Il ne peut pas y avoir des sacrifices pour les uns, toujours plus nombreux, et des privilèges pour les autres, sans cesse moins nombreux. Ce sera le sens des réformes que le gouvernement conduira avec le souci de récompenser le mérite, le travail, l’initiative, et de décourager la rente et les rémunérations exorbitantes.
La justice, ce sera le critère sur lequel chaque décision publique sera prise.
Enfin la confiance, c’est à la jeunesse que la République doit l’accorder. Je lui rendrai la place qui doit être la sienne, la première. C’est le fondement de mon engagement pour l’école de la République car sa mission est vitale pour la cohésion de notre pays, la réussite de notre économie, C’est la volonté qui m’anime pour rénover la formation professionnelle, l’accompagnement des jeunes vers l’emploi et lutter contre la précarité. C’est aussi la belle idée du service civique que j’entends relancer.
Mesdames et Messieurs,
En ce jour, bien des peuples, et d’abord en Europe, nous attendent et nous regardent.
Pour surmonter la crise qui la frappe, l’Europe a besoin de projets. Elle a besoin de solidarité. Elle a besoin de croissance. A nos partenaires, je proposerai un nouveau pacte qui allie la nécessaire réduction des dettes publiques avec l’indispensable stimulation de l’économie. Et je leur dirai la nécessité pour notre continent de protéger, dans un monde si instable, non seulement ses valeurs mais ses intérêts, au nom du principe de réciprocité dans les échanges.
La France est une nation engagée dans le monde. Par son histoire, par sa culture, par ses valeurs d’humanisme, d’universalité, de liberté, elle y occupe une place singulière. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen a fait le tour du monde. Nous devons en être les dépositaires et nous situer aux cotés de toutes les forces démocratiques du monde qui se recommandent de ses principes. La France respectera tous les peuples ; elle sera, partout, fidèle à sa vocation qui est de défendre la liberté des peuples, l’honneur des opprimés, la dignité des femmes.
En cet instant où je suis chargé de présider aux destinées de notre pays et de le représenter dans le monde, je salue mes prédécesseurs, tous ceux qui avant moi ont eu la responsabilité de conduire la République, Charles de Gaulle qui mit son prestige au service de la grandeur et de la souveraineté de la France, Georges Pompidou qui fit de l’impératif industriel un enjeu national, Valéry Giscard d’ Estaing qui relança la modernisation de la société, François Mitterrand qui fit tant avancer les libertés et le progrès social, Jacques Chirac qui marqua son attachement aux valeurs de la République ; Nicolas Sarkozy à qui j’adresse mes vœux pour la nouvelle vie qui s’ouvre devant lui.
Vive la République.
Vive la France.

Wednesday, May 09, 2012

Pour éliminer la pauvreté, il faut payer les pauvres!


Dans un bidonville de Rio, en septembre 2010. REUTERS/Sergio Moraes
Le Brésil a-t-il inventé la méthode la plus efficace pour vaincre la pauvreté? La célèbre journaliste du New York Times Tina Rosenberg, qui a obtenu le prix Pulitzer pour son livreThe Haunted Land (Le territoire hanté), en est convaincue. Dans les pages opinions du New York Times, elle met en avant la capacité du Brésil à partager la richesse nouvelle créée au cours des dernières années, au contraire des Etats-Unis.
Et le Brésil vient de loin. La ville de Rio de Janeiro doit notamment «sa réputation infamante au fait qu'on peut d'une baraque dans un favela misérable pratiquement voir à travers les fenêtres d'un luxueux condominium... Une partie du Brésil ressemble au sud de la Californie et une autre à Haïti».
Tina Rosenberg ajoute qu'encore très récemment le Brésil était le pays le plus inégalitaire au monde. Mais que ces inégalités se sont réduites au cours des dernières années plus vite que dans aucun autre pays au monde. Le revenu moyen des pauvres au Brésil au augmenté entre 2003 et 2009 sept fois plus vite que celui des riches. Durant cette même période, la part de la population considérée comme pauvre est tombée de 22% à 7%.
Et cette révolution est surtout la conséquence d'un programme social que le président Lula a étendu à une grande échelle, la fameuse Bolsa Familia (bourse familiale). Il s'agit d'une pension versée aux familles pauvres sous certaines conditions, notamment d'envoyer les enfants à l'école, de leur faire passer des visites médicales, de suivre des programmes d'aide sanitaire… Les paiements sont presque toujours attribués aux femmes compte tenu du fait qu'il y a beaucoup plus de chances qu'elles dépensent cet argent pour leur famille. Une famille au Brésil vivant dans l'extrême pauvreté double ainsi ses revenus avec la Bolsa Familia.
Pour Tina Rosenberg, le succès de la Bolsa Familia est de deux ordres. Immédiat, en apportant de l'argent à ceux qui en ont le plus besoin. «Cela marche. Et non, l'argent n'est pas volé ou récupéré par des personnes en ayant moins besoin...» Et à plus long terme, en donnant aux enfants une meilleure éducation et une meilleure santé.
Au rythme où va le Brésil, les Etats-Unis seront bientôt plus inégalitaires. L'article du New York Times souligne qu'entre 1980 et 2005, les quatre cinquième de l'augmentation des revenus aux Etats-Unis sont allés au 1% des Américains les plus riches...
Photo: Dans un bidonville de Rio, en septembre 2010. REUTERS/Sergio Moraes
Photo: Dans un bidonville de Rio, en septembre 2010. REUTERS/Sergio Moraes

Tuesday, May 08, 2012

Après l’élection de François Hollande


lundi 7 mai 2012
L’élection de François Hollande à la présidence de la République avec 51,62 % des suffrages comporte au moins deux avantages.
Elle sanctionne l’échec de Nicolas Sarkozy et de son projet de transformation du pays. Le président sortant avait prétendu réconcilier les Français et l’argent. Dans son esprit, cela imposait simultanément de glorifier les riches et de les exonérer de toute responsabilité sociale dès lors qu’au combat contre les inégalités il préférait les diatribes contre l’« assistanat » ou l’immigration. Très vite, ce projet, philosophique autant qu’économique, s’est heurté au rejet du pays. Alors que la situation se dégradait, l’idée de favoriser les titulaires de fortunes, le mélange ostentatoire de la politique et des affaires (lire, dans le numéro de mai, l’article d’Alain Garrigou, « Sarkozysme, le pari d’un clan ») ont déclenché à l’encontre du président sortant une impopularité dont celui-ci n’a jamais pu s’extraire.
Le deuxième avantage de l’élection de François Hollande est qu’elle sonne le glas d’un antisarkozysme qui, miroir inversé du narcissisme du chef de l’exécutif, a personnalisé à l’excès la question des orientations politiques. Cette fixation a alimenté les fantasmes de persécution du candidat de l’UMP et de ses partisans, mais elle a surtout contribué à occulter le fait que certains choix économiques et financiers aussi importants que l’austérité, la « règle d’or », la privatisation des services publics, ou des thèmes de campagne aussi dangereux que la mise en accusation des chômeurs et des étrangers, se retrouvaient ailleurs qu’en France, déployés par des personnalités moins flamboyantes que M. Sarkozy – certaines même de gauche...
On peut espérer que dorénavant le débat entre droite et gauche portera davantage sur des questions de fond, pas de tempérament. Dans une Europe menacée par le délabrement social, les défis à relever imposent en priorité de tourner le dos à une politique aggravant la crise et les inégalités au prétexte de réduire les déficits. Les résultats électoraux en France, mais aussi, le même jour, en Grèce et en Allemagne, sanctionnent l’impopularité de cette orientation générale. Ils ne garantissent pas encore qu’elle sera interrompue, même si, selon M. Hollande, son élection aurait signalé que partout « des peuples veulent en terminer avec l’austérité  (1). »
La défaite de M. Sarkozy appelle également deux autres commentaires, l’un et l’autre susceptibles de tempérer tout éventuel sentiment d’euphorie. D’une part, elle est moins ample qu’on aurait pu l’imaginer dans le cas d’un président sortant très impopulaire et pour lequelaucun des huit candidats écartés du second tour n’avait appelé à voter. On ne peut donc pas exclure que quinze jours de campagne sur les thèmes du Front national aient contribué à réduire l’écart attendu entre les deux finalistes, ce qui dit assez le climat auquel M. Hollande peut s’attendre sitôt qu’adviendront les premières difficultés ou que s’enclencheront les campagnes d’affolement financières. De fait, la droite et le centre droit se sont accommodés de la reprise par M. Sarkozy des discours de l’extrême droite sur l’immigration (2). Péniblement mise en place par M. Jacques Chirac il y a une quinzaine d’années, une digue a sauté.
Une autre considération éclaire elle aussi à sa manière le climat politique et culturel. A la différence de l’élection de François Mitterrand en 1981, celle de M. Hollande ne traduit pas vraiment une victoire des idées de gauche. Le score plus qu’honorable du Front de gauche (lire dans le numéro de mai l’article d’Antoine Schwartz, « Front de gauche, ou la fin d’une malédiction ») constitue une avancée, mais elle n’est pas très accompagnée... Le programme du nouveau président, relativement flou et suffisamment modéré pour ne pas alarmer « les marchés », promet néanmoins d’utiles réformes fiscales et il donne un coup d’arrêt à la légitimation de thèmes xénophobes par le chef de l’Etat. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas plus. Pas assez en tout cas pour satisfaire les électeurs français qui aimeraient sans trop y croire qu’une promesse audacieuse de M. Hollande lui revienne en mémoire quand il sera à l’Elysée : « Je suis candidat pour changer le destin de la France  (3). »
(1) François Hollande, Discours de la place de la Bastille, 6 mai 2012.
(2) M. François Bayrou a néanmoins fait de cette inflexion à l’extrême droite du discours de M. Sarkozy le motif principal de sa décision de voter pour le candidat socialiste.
(3) François Hollande, Changer de destin, Laffont, 2012, p. 7.

DANS « LE MONDE DIPLOMATIQUE »

  • « Sarkozysme, le pari d’un clan » (aperçu), Alain Garrigou, mai 2012 (en kiosques).
    Si Nicolas Sarkozy a mêlé frénétiquement l’invocation des héros de la Résistance et la mobilisation électorale sur des thèmes xénophobes, son mode de gouvernement a néanmoins été marqué par une constante : le mélange ostentatoire de la politique et des affaires.
  • « Présidentielle, le débat malgré eux », La valise diplomatique, 19 avril.
    Les campagnes électorales ne sont pas toutes inutiles. Pour une fois, celle qui s’est achèvée en France n’aura pas été confisquée par les sondeurs, les commentateurs, et orientée par le désir de courtiser l’électorat bourgeois.
  • « Où se cachent les pouvoirs », Manière de voir nº 122, avril-mai 2012.
    Ce n’est pas la nature, mais leur naissance, leurs réseaux et leur patrimoine qui ont placé les dominants aux postes les plus éminents des institutions qui structurent nos sociétés. Banques, organisations internationales, écoles des élites, ces lieux de pouvoir ont un nom et une adresse.

Saturday, May 05, 2012

Français d'origine étrangère, nous refusons d'être la variable d'ajustement de l'élection présidentielle


Le Monde.fr |  • Mis à jour le 
Sitôt les résultats du premier tour de l'élection présidentielle proclamés, Nicolas Sarkozy et ses partisans de se sont emparés des idées les moins reluisantes duFront national avec une promptitude déconcertante.
Contre le droit de vote des étrangers vecteur de "communautarisme", pour l'affirmation des "racines chrétiennes" de l'Europe dans la Constitution européenne, pour la défense de "nos" coutumes, Nicolas Sarkozy s'est montré particulièrement virulent à l'égard de tout ce qui lui apparaissait insuffisamment français.
Il y a quelques jours, Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole de François Hollande, a été la cible des accusations odieuses de la députée UMP Valérie Rosso-Debord qui mettait en doute la loyauté de l'élue socialiste en raison de ses origines marocaines.
Le clip de campagne du candidat de l'UMP, diffusé depuis le début de la semaine est quasi intégralement axé autour de la peur identitaire. On y voit Nicolas Sarkozy s'inquiéter d'une "Europe passoire", pour mieux promouvoir sa vision d'une Union européenne qui doit "vous protéger, vous défendre et être au service de la protection de note civilisation et de notre mode de vie". Il en conclut qu'enFrance"le système d'intégration ne fonctionne plus parce que nous avons accueilli trop de monde".
Ce "trop de monde", c'est nous. Depuis cinq ans, nous, Français d'origine étrangère, subissons les attaques répétées de la majorité qui remet de plus en plus brutalement en cause notre appartenance à la France.
Le "débat" sur l'identité nationale qui ne questionnait en réalité que l'identité de certains Français trop bronzés pour être honnêtes, les incessants débats sur la laïcité plaçant dans le viseur celles et ceux d'entre nous qui avaient le malheur d'être musulmans, le discours de Grenoble prononcé par Nicolas Sarkozy dans l'optique de dépouiller certains Français de leur nationalité - comme si celle-ci était une option -, les difficultés et humiliations que nous avons rencontrées pourrenouveler une simple carte d'identité dès lors qu'un de nos aïeux était lié à un pays étrangers... Ces agressions répétées nous ont placés dans la plus grande insécurité identitaire.
Aujourd'hui la majorité semble prête à tout, y compris à puiser dans les peu ragoûtants tréfonds de la boîte à idées du Front national pour remporter l'élection présidentielle.
Nous refusons cette instrumentalisation de nos identités pour flatter les plus bas instincts d'un électorat raciste. Il est intolérable que les électeurs du Front national soient courtisés et pris en pitié, alors que l'on s'acharne allègrement sur notre dos. Les étrangers qui sont les cibles permanentes de la droite sont nos parents, nos grands-parents, nos voisins ou nos collègues.
Ce sont eux qui ont été expulsés par dizaines de milliers dans d'infâmes charters, ce sont eux qui malgré leur participation active à la production de la richesse du pays et leur longue présence sur le territoire français n'ont toujours pas le droit de s'exprimer dans les scrutins locaux, ce sont eux qui avant la même la levée du jour nourrissent les files d'attentes interminables devant les préfectures pourrenouveler des papiers qu'on leur délivre à chaque fois avec leur plus grand mépris.
Les conséquences quotidiennes de ces attaques permanentes en direction des étrangers et des Français d'origine étrangère sont plus que tangibles. AmnestyInternational n'a d'ailleurs pas manqué de relever l'inquiétante montée de l'islamophobie en France. La médiatisation de ces discours politiques hostiles ont des conséquences concrètes sur nos quotidiens : dans la rue et dans lestransports publics, on ne compte plus les propos injurieux, les voiles arrachés, les bousculades, sans compter les discriminations au logement ou à l'emploi.
Nous avons assisté tout au long de ce quinquennat à l'inquiétante dissémination d'idées racistes dans l'ensemble des discours politiques, "victoire idéologique" dont Marine Le Pen n'a pas tort de se vanter.
Nous sommes des immigrés, des enfants et des petits-enfants d'immigrés, et nous sommes chez nous.
Nous ne sommes pas une menace pour la France qui est notre pays.
Nous n'avons ni l'intention de nous "intégrer" ni celle de nous "assimiler" à un pays qui est déjà le nôtre.
Nous n'accepterons pas de raser les murs sous prétexte que nos couleurs de peau, nos patronymes ou nos religions ne correspondent pas à la conception étriquée de l'identité nationale promue par la majorité.
Nous sommes Français, nous sommes citoyens et nous refusons de devenir la variable d'ajustement de l'élection présidentielle, nous ne serons pas les boucs émissaires sur lesquels se défausseront des politiques incapables de répondre aux attentes du peuple.

Rokhaya Diallo, éditorialiste ; Faïza Guene, romancière ; Youssoupha, rappeur ;Alice Diop, réalisatrice ; Disiz, chanteur ; Maboula Soumahoro, maître de conférences, université de Tours François Rabelais ; Ridan, artiste interprète ;Sid Rouis, producteur d'artistes ; Marc Chebsun, directeur de la rédaction deRespect Magazine ; Fatou Diome, écrivain ; Ofer Bronchtein, président du Forum international pour la paix ; Gilles Sokoudjou, président des Indivisibles.

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