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E. do REGO

IL EXISTE MILLE MANIERES DE MENTIR, MAIS UNE SEULE DE DIRE LA VERITE.

Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa .

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.










Monday, November 30, 2009

Les Suisses se prononcent pour l'interdiction des minarets

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Friday, November 20, 2009

Le soldat Guissé reconnu français au terme d’une embarrassante affaire


Les frères Guissé étaient soutenu, contre le parquet par le ministre français de la Défense, HeLes frères Guissé étaient soutenu, contre le parquet par le ministre français de la Défense, He© AFP

La cour d’appel de a reconnu mercredi la nationalité française du soldat Ounoussou Guissé. Une procédure la remettait en cause en même temps que celle de son père, accordée il y a près de 50 ans et aujourd’hui décédé.

On ne peut pas retirer la nationalité d’une famille, près de cinquante ans après l’avoir accordé. C’est ce principe que la cour d’appel de Rouen a confirmé, à propos du cas du Brigadier Ounoussou Guissé, 29 ans, à qui les autorités françaises voulaient retirer la nationalité française.

Imbroglio judicaire

Le ministère public contestait la nationalité française d’Ounoussou Guissé, qu’il avait obtenu de son père, Daouda Guissé. Ce dernier, né au Sénégal mais travaillant en France au moment de l’indépendance était devenu français comme il en avait le droit à l’époque. La nationalité française est donc logiquement accordée à ses fils.

Ce n’est qu’une fois adulte, et engagé dans l’armée – tout comme son frère Amara, dans une situation similaire – que sa nationalité est contestée par les autorités. Selon elles, Daouda Guissé n’aurait pas dû obtenir la nationalité française car sa famille n’habitait pas en métropole. Conséquence : on devait donc retirer la nationalité à Ounoussou.

Ce raisonnement est invalidé une première fois par la justice en 2008, mais le parquet fait appel.

Soutien du ministère de la Défense

Jean Glavany, le député socialiste des Hautes-Pyrénées (sud-ouest), où stationne le régiment d’Ounoussou Guissé, dénonce alors cette situation devant l’assemblée nationale. Ces procédures sont « saugrenues » et « incongrues » réagit le ministre de la Défense, Hervé Morin.

La qualité de soldat d’Ounoussou (il notamment combattu en Afghanistan) et d’ancien soldat de son frère, ne leur était d’aucun secours devant la justice. Hervé Morin avait dû promettre « une nouvelle procédure »dans le cas où « la justice viendrait à refuser la nationalité française à nos deux soldats ».

Le ministère français de l’immigration, alors contacté par Jeune Afrique, était alors resté ferme : « ce choix se heurte à l’absence de la nationalité française de leur père, qui n’a pas fixé son domicile en France ce qui a empêché de lui reconnaître la nationalité de plein droit ».

La cour d’appel de Rouen, lui a donné tord une deuxième fois : la nationalité accordée à son père il y a plus près de 50 ans ne peut plus être remise en cause, il y a prescription.

Ounoussou Guissé peut maintenant se considérer comme pleinement français, enfin. Et l’issue devrait être la même pour Amara

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En finir avec la dépendance à l'aide

Yash Tandon

L'aide est-elle ce qu'elle prétend être ?
C'est un fait bien connu, l'aide contribue aux flux financiers mondiaux. La décrire reste cependant un défi. Elle résonne positivement aux oreilles du public, comme dans les médias, parce qu'elle est associée au « développement », à la « solidarité » et à des causes « humanitaires ». Mais, toute l'aide ne se dirige pas vers de telles causes et beaucoup de ce qui passe pour du développement ou de l'humanitaire ne pourrait guère y prétendre de fait.


La question du 0,7 %

L'engagement du 0,7 % s'est transformé en promesse permettant d'enchaîner à perpétuité les pays « pauvres » qui dépendent de l'aide aux largesses des pays riches. Ce pourcentage est devenu un mantra tellement répété dans le discours sur le développement qu'il a acquis une aura mystique. Les gouvernements des pays développés se sont engagés à réserver 0,7 % de leur Revenu national brut (RNB) à l'« aide ». Proposé à l'origine, en 1958, à hauteur de 1,0 % du RNB par le Conseil mondial des églises, ce principe fut ensuite adopté par les Nations Unies en octobre 1970. La cible à atteindre fut alors fixée à 0,7 %. Au cours de ces 38 dernières années, dans toutes les résolutions importantes qui furent adoptées au nom du développement et de la croissance économique, l'engagement des 0,7 % a, de façon rituelle, occupé au minimum quelques phrases, si ce n'est des paragraphes entiers.

Dans les médias et dans le débat public, le 0,7 % est devenu LA principale référence pour mesurer l'engagement des pays développés en faveur du développement des pays sous-développés. Par exemple, les pays scandinaves sont favorablement notés. Ils sont de ce fait généralement considérés comme les pays développés les plus amicaux. Les plus défaillants sont les Etats-Unis. En 2006, leur Aide publique au développement (APD) était de 22,7 milliards de dollars, ayant accusé une baisse de 20 % en termes réels selon l'OCDE.

L'action des pays développés suggère toutefois que, à part une demi-douzaine, aucun d'entre eux n'a de sérieuses intentions de tenir ses engagements. Néanmoins, même non remplies, de telles promesses conservent toute leur utilité politique en relations publiques internes et internationales. Leur non-accomplissement permet aux gouvernements du Sud de se dédouaner - ils peuvent ainsi attribuer l'absence de développement dans leur propre pays au manque d'aide venant des pays du Nord. Et, lorsque les pays développés n'atteignent pas la cible du 0,7 %, cela donne à la société civile du Nord comme du Sud (et aux « Organisations non gouvernementales » ou ONG) un sujet sur lequel se plaindre.

Quant aux pays du Nord qui ne respectent pas leurs engagements, ils ont deux possibilités : soit ils ignorent les plaintes et gémissements, tout en refusant d'être mis au pilori ; soit ils fabriquent des aides fantomatiques et font preuve d'imagination conceptuelle et d'astuces comptables pour augmenter les chiffres de l'APD. Dans les faits, ils recourent aux deux stratégies à la fois. Allègements de dettes et échanges de créances, coûts administratifs et transactions gonflés, assistance technique surévaluée, aide à fins politiques et aide militaire, frais internes relatifs aux réfugiés, tout est considéré comme de l'APD.

Le 0,7 % est ainsi englué. Les pays en développement et la société civile ne vont pas l'abandonner de peur que le monde développé puisse ainsi se départir de ses engagements. Et, mis à part une demi-douzaine de pays, le monde développé généralement l'ignore ou recourt à des astuces comptables et conceptuelles pour en gonfler le chiffre.

En finir avec la dépendance à l'aide

Trop cynique que tout cela ? Ce n'est pas l'intention. Notre but est de prendre la mesure de l'importance de l'aide et d'essayer d'en séparer le bon grain de l'ivraie. Il est de comprendre ce qu'est l'aide, dans ses différents aspects, et de la situer dans un contexte politique et historique adéquat. Avant tout, notre but final est de rompre avec l'aide, d'en sortir, même si cela signifie permettre aux pays développés de s'en débarrasser et oblige les pays en développement à prendre en charge leur propre développement.

En d'autres termes, malgré sa connotation positive, l'aide n'est, après tout, pas une si bonne chose. Dès lors que vous ajoutez le mot « dépendance » à « aide », cette dernière perd de son lustre. Elle devient un boulet accroché au cou de qui en dépend. Pour les nations pauvres et dépendantes de l'aide, l'engagement du 0,7 % devient une attente qui lie leur sort aux largesses des riches.

Une question de responsabilité

Quelques questions méritent d'être posées aux gouvernements du Sud dépendant de l'aide. Comment un tel gouvernement, africain ou autre, fait-il pour honorer ses engagements de rendre démocratiquement compte de ses actes devant son peuple, si 25 % (et même parfois 50 %) de son budget national sont financés par l'aide de donateurs ? Quel type de « développement » encourage-t-il si 75 % (et même parfois 100 %) de cette aide dite au développement proviennent de l'étranger ? Lorsqu'un un pays tire argument de sa pauvreté pour rechercher de l'aide à l'étranger, ce pays est-il vraiment pauvre ? En invoquant le besoin d'aide ou de capitaux en provenance des pays riches, ne sous-estime-t-il pas la valeur de son propre peuple, de son intelligence et de son ingéniosité, la valeur du travail de ses ouvriers et paysans, de sa jeunesse comme celle de ses ressources naturelles ?

Un gouvernement dépendant de l'aide est-il responsable envers son peuple ou envers les donateurs qui le financent ? Les citoyens et citoyennes d'un tel pays ont-ils l'assurance que leurs intérêts seront sauvegardés et qu'ils ne resteront pas subordonnés aux contrôles que les donateurs exercent sur leur propre gouvernement national ? Pourront-ils jamais échapper à la stigmatisation alors que la valeur de leur application au travail et de leur esprit d'initiative restera à jamais ternie par l'importance de l'aide et la valeur qui lui est accordée ?

Le projet national

Toutes ces questions et quelques autres méritent d'être posées. Un chemin permettant de sortir de la dépendance à l'aide, en engageant les pays en développement sur le chemin de l'autosuffisance nationale et régionale, sera plus tard décrit dans ce livre sous le titre de « projet national ». S'émanciper de la dépendance à l'aide est un exercice d'économie politique. Il implique d'avoir confiance en la capacité du peuple d'un pays de parvenir par lui-même au développement, par l'utilisation et la gestion judicieuse de ses propres ressources naturelles, le travail de ses ouvriers, de ses paysans et entrepreneurs, l'ingéniosité de sa population. Le développement n'est pas (ne devrait pas être) affaire d'aide et, en tout cas pas, à laisser aux mains des donateurs. Ces derniers n'ont aucune obligation de transférer des ressources vers le Sud sans recevoir quelque chose en retour. Il est important de le comprendre. Même au sein du pays le plus riche de tous - les Etats-Unis - il y a des pauvres qui ont besoin de ses propres ressources. En vérité, les gouvernements du Sud devraient se sentir gênés de recevoir de l'aide de pays comme les Etats-Unis alors que dans ce pays de longues files d'attente se forment aux abords des soupes populaires, que les pauvres n'ont pas accès à des soins médicaux corrects et que l'endettement des ménages dépasse les 100 % de leurs revenus. Les gouvernements d'Afrique ne devraient pas demander de l'aide de pays comme la Chine ou l'Inde, alors que les pauvres de ces pays pourraient bien être encore plus pauvres que ceux d'Afrique. D'autres relations plus honnêtes pourraient être encouragées entre ces pays, comme celles fondées par exemple sur le commerce, les investissements, la technologie ou le tourisme, sans avoir recours à cette aide.
Cette monographie se propose de fournir quelques réflexions sur la question de savoir comment les « donateurs » et les « bénéficiaires » pourraient se libérer eux-mêmes de cette dépendance à l'aide. Sortir de l'aide serait bon pour tout le monde. Cela devrait figurer en tête de l'agenda de tous les pays.

Extraits de En finir avec la dépendance à l'aide, Yash Tandon (traduction française), préface à l'édition française par Samir Amin, PubliCetim n°34, coédition CETIM, Pambazuka Books, South Centre, Genève, novembre 2009, 224 pages, 978-2-88053-075-4, commande auprès du CETIM (www.cetim.ch), 12 CHF / 8 Euros.
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Monday, November 16, 2009

La question qui tue : « Aimez-vous la France ? »




par Sadri Khiari





La question "êtes-vous fiers d’être français" posée par Besson dans le cadre du pseudo-débat sur l’identité nationale recycle la formule de l’extrême-droite reprise par Sarkozy : « La France, tu l’aimes ou tu la quittes !" Nous en profitons, à notre tour, pour recycler un article paru en janvier 2007 dans le cadre d’un excellent dossier du numéro 3 de notre défunt journal « L’Indigène de la république ». Ci-dessous, la contribution de Sadri Khiari.

« La France, on l’aime ou on la quitte » dit l’autre. Certains, plus polis mais qui n’en pensent pas moins, nous demandent : « Aimez-vous la France ? ». Lorsque les enquêteurs de la police ont demandé aux salariés musulmans de Roissy s’ils aimaient la France, ils en ont révélé le sens. La question serait posée à un Américain qui aurait traversé l’océan pour découvrir le bar où Hemingway ingurgitait des litres d’alcool ; elle s’adresserait à un Japonais venu photographier la tour Effel, on la comprendrait. Et, pour être stupide, elle n’aurait pas plus de conséquences que cela. Mais elle est posée à des gens qui vivent ici, travaillent ici, qui souvent sont nés ici et sont donc français. Ils ont tout de même une particularité qui en fait des gens suspects : ils sont noirs, arabes ou musulmans. Leur origine plonge ses racines dans l’histoire esclavagiste et coloniale de la France. Nombreux parmi nous sont désarçonnés par une telle question. Ils sont français mais, à force d’entendre dire que leur présence ici n’est pas vraiment légitime, ils ont fini par y croire. Ils passent donc leur temps à dire « J’aime la France » et à pleurer de n’être pas aimés en retour. Et, d’une certaine manière, quand nous rappelons le rôle de nos parents dans la « reconstruction » de la France ou dans les guerres, nous nous plions à ce test permanent de loyauté. Prétendre ne pas aimer le manioc ou adorer le salé aux lentilles, c’est la même chose. D’autres, qui considèrent que quand on reçoit une claque sur la joue droite, il faut répondre par un coup de pied aux fesses, préfèrent répondre : « La France est une garce ». Ceux-là ont compris le piège.

Que signifie « Aimez-vous la France » ? A première vue, il s’agit-là d’une question. En vérité, il s’agit d’une réponse. Même deux réponses. Ou trois. La première d’entre elles, c’est la France : une entité dont l’origine se perd dans la nuit des temps (plus : qui pré-existerait à sa propre existence historique) et destinée à durer éternellement. Cette France est un territoire - un hexagone parfait -, un peuple - merveilleux -, un destin - illuminer l’humanité de ses feux libérateurs. Cette France qui en vérité n’existe pas est amenée à l’existence par cette formule magique : « Aimez-vous la France ? ». Le simple fait de poser cette question ou de dire « J’aime la France » suffit à faire du mythe une réalité. Et de nous en exclure par la même occasion. Paradoxalement, donc, quand on exige de nous d’aimer la France imaginaire, c’est bien la France réelle qu’il nous faudrait accepter sans mot dire. Tout ce qui nous offusque dans la société française telle qu’elle existe pour de vrai ne serait qu’accidents, contingences, réalités extérieures à la France fantasmée et auxquels, dans son essence, elle est censée échapper. On ne peut plus guère nous éjecter à coup de tatanes hors des frontières de la France concrète ; on nous évince alors de cette France idéelle, idéale et pure. Ce qui a pour effet très concret de nous mettre au ban de la France réellement existante. Car, quand on nous demande « Aimez-vous-la France ? », on nous signifie tout d’abord qu’on est « étranger », qu’on n’est pas d’ici. C’est là la deuxième réponse que contient la question.

Si l’on décompose la question en plusieurs sous-questions, on obtient ceci :

1) Aimez-vous l’Etat-nation français (« un et indivisible ») tel que l’ont sacralisé la Révolution de 1789 et la IIIème République ?

2) Aimez-vous les « us et coutumes » des Blancs qui peuplent ce pays et promettez-vous de vous y conformer ?

3) Aimez-vous le passé et le futur de cet Etat quoiqu’il ait pu se passer et quoiqu’il advienne ?

4) Vacillez-vous d’émotion à la pensée que Clovis s’est converti à la chrétienté ? Pleurez-vous Jeanne d’arc ? Etes-vous transportés d’allégresse en pensant aux triomphes de Napoléon ? Maudissez-vous les démons russes qui lui ont fait manger la pâtée en abandonnant leurs villes et villages comme des lâches, contraignant ainsi les pauvres soldats français à mourir de froid ? Vibrez-vous de fierté en pensant à la « prise de la smala d’Abdelkader » ?

5) Etes-vous prêts à soutenir les causes injustes de l’Etat français parce qu’au fond la France ne peut qu’être juste ?

6) Etes-vous prêts à « supporter » (odieux anglicisme) l’équipe de France contre l’équipe d’Algérie ou du Sénégal ?

7) Aimez-vous la France en bloc, y compris, les inégalités raciales qui en structurent la société ?

Toutes ces sous-questions ont l’air d’un bric-à-brac contradictoire. Mais il ne faut pas se fier aux apparences : la France idéale devant laquelle nous devrions nous prosterner, l’œil humide, est une immense brocante ; on y trouve les vieilleries de son histoire monarchique et chrétienne et les « modernités » de sa République laïque. Mixé dans la centrifugeuse nationale, tout cela donne une bouillie présentée dans de la fine porcelaine et au nom très chic d’ « exception française ». « Aimez-vous l’exception française, vous qui êtes des gens très ordinaires ? », voilà encore la question que l’on nous pose. La France imaginaire ne sert qu’à masquer la France concrète, historique, et sa république coloniale et raciste.

Si à cette question fatale, abruptement, nous répondons : « Non, je l’aime pas » ; alors de manière tout aussi fatale nous aurons avoué que nous ne sommes pas d’ici et que nous n’avons pas à nous vouloir citoyens ni à exiger quoique ce soit. Nous n’avons que les droits d’un étranger et qui plus est d’un étranger malpoli et ingrat. Si, au contraire, nous répondons « Oui, j’aime la France », alors, nous avons fait acte d’allégeance, trahi les nôtres et justifié le bannissement de tous ceux qui sont suspects de ne pas aimer cette France. Bref, si nous répondons « oui », on nous a retourné. Ceux qui répondent aimer cette France-là, la France du passé ou la France qui les écarte, ne disent pas « J’aime la France » ; ils disent « Je ne m’aime pas moi-même ». Et c’est ce qu’on attend d’eux. Parce que nous sommes coupables et que le coupable doit demander pardon. Coupables d’être ou de sembler différents. Or, la France qu’on doit aimer n’aime pas, elle, la différence puisque la différence serait la marque de son imperfection. Parfaite, la France est une essence idéale. Donc, par définition, homogène et immuable. Par conséquent, la question « Aimez-vous la France ? » signifie également ceci : « Prouvez-nous que, malgré cette différence qui fait de vous des non-Français à vie, vous êtes bien français. »

La France éternelle a une histoire mythique et, dans le même temps, comme substance, elle n’a pas d’histoire. Or, nous, nous sommes son histoire. L’histoire de l’esclavage, l’histoire de la colonisation, l’histoire de l’immigration néo-coloniale, l’histoire que nous fabriquons au jour le jour maintenant que nous sommes-là, d’ici et plus d’ailleurs. D’où le caractère anachronique de la question « Aimez-vous la France ? ». On ne nous demande pas : « Aimez-vous la France telle que vous l’avez re-créer par votre présence ? » mais « aimez-vous la France telle qu’elle existait avant que vous n’existiez ? ». Ce qui peut se dire d’une autre manière encore : « Nous, qui posons cette question, n’aimons pas cette France-là dont vous êtes malgré nous et autant que nous la chair et le sang ». En bref, la question « Aimez-vous la France » révèle chez ceux qui la posent et sont censés aimer naturellement la France, un manque de confiance dans la France. Ils ont une crise d’identité. Ou, quand il s’agit de politiciens, ils instrumentalisent la crise d’identité des Français blancs dont le « sentiment national » ne trouve plus à quoi s’accrocher. Il paraît que notre présence et la mondialisation y sont pour quelque chose...

Et la façon la plus simple, sinon la meilleure, de résoudre une crise d’identité, ce n’est pas de la questionner, c’est de construire un mur. La question « Aimez-vous la France ? » est donc comme un mur qui sépare en deux la population de ce pays. Il y a ceux qui sont censés naturellement aimer la France, même si au fond ils ne l’aiment pas ou qu’ils s’en contre-fichent - mais, ils ont le privilège d’être blancs, ce qui est synonyme d’aimer la France. Et ceux dont on imagine qu’ils n’ont aucune raison de l’aimer, de toutes façons, leur non-amour se lit dans leur corps et leurs manières de vivre. On ne peut pas aimer la France et la polluer ; or, leurs couleurs, leurs religions, leurs origines, polluent la France. C’est de nous bien sûr, Noirs, Arabes et musulmans qu’il s’agit, coupables par nature d’un grave délit : le non-amour. Comme nul n’est censé ignorer la loi, nul n’est censé ignorer l’amour de la France. Le verdict est contenu dans la question de l’enquêteur. Ainsi, les bagagistes de Roissy se sont vus privés de travail. Mais pour l’ensemble des suspects-coupables la sanction pénale du crime de non-amour supposé est le bannissement symbolique et réel à l’intérieur même des frontières de la France. Quand le tribunal France nous pose cette question, il nous montre du doigt ; il nous assigne aux yeux du reste de la communauté comme étranger à elle et potentiellement malfaisants. Aimer la France devient ainsi une nouvelle condition à la nationalité. Pour ceux qui ne sont pas français, c’est pire : aimer la France, cette France-là abstraite et mythique, est une condition pour simplement y vivre : « Aimez la France ou quittez-la ! »

La lutte pour une véritable citoyenneté de résidence et pour que le droit du sol ne débouche pas sur une nationalité vide ne peut donc se dire dans les seuls termes de l’égalité réelle. Ou plutôt, l’égalité ne sera réelle qu’à la condition de bousculer le mythe national français. Il s’agit en d’autres mots de déplacer le centre de gravité de la communauté politique pour qu’elle corresponde à la réalité présente de la France et plus encore pour qu’elle anticipe la France, région d’un monde sans centre de gravité, non-« gaulois », non-européocentrique, non blanco-centrique. Cette région, on pourra dire « Je l’aime » comme on aime sa rue, son quartier ou un vieux bonnet de nuit.

En attendant, on ne demandera pas à la France de nous aimer. On lui demandera simplement de se regarder dans un miroir. Non pas pour se dire « Je suis la plus belle » mais tout bonnement pour constater que la France est désormais noire, arabe et musulmane. Ce qui est ni moins bien, ni mieux. C’est comme ça, c’est tout.

Sadri Khiari, décembre 2007


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Sunday, November 15, 2009

L'Afrique a franchi le cap du milliard d'habitants


LE MONDE

e n'est qu'un symbole, mais il est de taille. Le continent africain aura franchi le seuil du milliard d'habitants au cours de l'année 2009. Ce passage, discrètement relevé dans un récent bulletin du Population Reference Bureau, une organisation indépendante basée à Washington, marque le spectaculaire envol démographique d'un continent resté longtemps sous-peuplé, saigné par la traite négrière (11 millions d'hommes en trois siècles) et les épidémies.

Il intervient à un moment où inquiétudes et fantasmes se concentrent plus que jamais sur l'Afrique. Vu de la partie développée et vieillissante du monde, le continent noir peut être perçu comme celui de tous les dangers - pauvreté, faim, émigration, terrorisme, conflits armés - qu'une démographie incontrôlée peut exacerber.

Le choc des chiffres, il est vrai, est rude. Alors qu'en 1950 l'Afrique (225 millions d'habitants) n'accueillait qu'un humain sur dix, le continent abrite aujourd'hui un homme sur sept. Et cette proportion devrait atteindre un sur cinq à l'horizon 2050, lorsque la population africaine aura doublé pour atteindre 2 milliards.

Aujourd'hui, déjà, un enfant sur quatre naît en Afrique, continent qui cumule les records démographiques : la plus forte fécondité (4,6 enfants par femme contre 2,5 de moyenne mondiale) et celui de la jeunesse (43 % des Africains subsahariens ont moins de 15 ans). Le troisième pays de la planète par sa natalité est le Nigeria, pays où naissent, chaque année, plus de bébés (6 millions) que dans l'ensemble de l'Union européenne (5 millions). Quant à l'Ouganda, c'est le pays le plus jeune du monde : 56 % de sa population a moins de 18 ans.

Ces marques de dynamisme se doublent d'indicateurs nettement moins enthousiasmants : la durée moyenne de la vie d'un Africain ne dépasse guère 53 ans en moyenne, soit quinze ans de moins que la moyenne planétaire ; la mortalité infantile y est vingt fois plus élevée qu'en Europe de l'Ouest, et la contraception 2,4 fois moins pratiquée qu'en Europe ou en Asie.

"C'est le moment de l'Afrique", estime néanmoins Gilles Pison, directeur de recherches à l'Institut national d'études démographiques (INED). "On a l'impression que rien ne change, que les Africains ont toujours beaucoup d'enfants. C'est à la fois vrai et faux", nuance le démographe, en soulignant la baisse continue de la natalité sur le continent. A un tableau immuable et catastrophique, il préfère la description d'une réalité contrastée, variant entre les Etats et entre zones rurales et urbaines.

Déjà, en dehors même du Maghreb, en pleine transition démographique (2,3 enfants par femme en Algérie et au Maroc, 1,9 en Tunisie), certaines zones du continent sont marquées par une nette baisse de la fécondité : 5 enfants par femme au Kenya contre 8 voilà trente ans ; 4,5 au Sénégal contre 7 il y a vingt-cinq ans. Même l'espérance de vie a fait de - lents - progrès, en dépit du sida : seize années ont été gagnées depuis 1950, grâce notamment aux campagnes de vaccination.

"La voie qu'empruntera l'Afrique subsaharienne vers la baisse de la fécondité sera probablement différente des autres régions du monde, indique M. Pison. Croire que des obstacles culturels y font irrémédiablement barrage n'est pas forcément juste. Ceux qui expliquaient voici quelques années que les machos sud-américains auraient toujours besoin de faire beaucoup d'enfants pour montrer leur virilité se sont trompés. On sous-estime la capacité de changement des sociétés."

SCOLARISATION

Tout porte à croire que la baisse de la fécondité continuera d'être plus lente en Afrique qu'ailleurs. La polygamie, clé de voûte de la structure familiale, favorise la multiplication des naissances. Mais cette inertie n'est pas à mettre au seul débit des populations. L'un des principaux vecteurs de ce changement est la scolarisation, singulièrement celle des filles, qui retarde les grossesses et facilite l'accès à la contraception. Or, pour l'heure, seuls 30 % des jeunes Africains fréquentent un établissement d'enseignement secondaire, soit la moitié de la moyenne mondiale.

"La contraception peut se diffuser à vive allure dans des campagnes africaines peu favorisées socio-économiquement", écrit Emmanuelle Guyavarch, de l'INED, qui, avec Gilles Pison, suit trois villages sénégalais sur une longue durée. Les freins et les échecs, estime-t-elle, "ne tiennent pas tant à une méconnaissance de la contraception (...) ou à un refus qu'à la difficulté d'y accéder."

Enquête à l'appui, les démographes montrent comment, dans un dispensaire rural, le seul remplacement d'un infirmier actif et convaincu par un autre, plus réticent, peut faire dégringoler la pratique de la contraception. Pointant les effets de "services souvent mal organisés et peu efficaces", ils concluent : "Les femmes et les hommes d'Afrique sont, plus qu'on ne l'imagine, prêts au changement."

Si plusieurs pays - Afrique du Sud, Namibie, Kenya, Zimbabwe - mènent une véritable politique de planning familial, la contraception reste souvent perçue en Afrique comme le produit d'une intervention étrangère. "Certains responsables entonnent un discours politiquement correct, favorable à la limitation des naissances, quand ils s'adressent aux bailleurs de fonds internationaux, constate un observateur africain averti. Mais entre Africains, ils n'en pensent pas un mot." Les influences religieuses encouragent aussi ce double langage, qui revient à présenter la contraception comme une arme des pays riches offensant les traditions locales.


Philippe Bernard
Article paru dans l'édition du 15.11.09

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Saturday, November 14, 2009

Berlin 89 – Jérusalem 09 : d’un Mur à l’autre

Benjamin Moriamé


Bien des murs ont été érigés depuis vingt ans. Tandis que la commémoration de la chute du Mur de Berlin bat son plein, les barrières du « monde moderne » restent invisibles au plus grand nombre. La plupart de ces nouveaux murs, au Mexique, au Botswana ou dans le sud de l’Europe, font obstacle à l’immigration. Le Mur du Proche-Orient, lui, n’est pas bâti sur une frontière. Il serpente à l’intérieur du territoire palestinien sur plus de 450 kilomètres – bientôt 700. Ce Mur traîne derrière lui des conséquences, à la fois humanitaires et politiques, inégalées.



C’est un triste anniversaire. Il y a cinq ans que la Cour internationale de Justice dénonce, en vain, la construction d’un mur par Israël dans les territoires occupés palestiniens. Par son « avis » du 9 juillet 2004 – les Etats-Unis ont refusé qu’il s’agisse d’un jugement contraignant – l’une des plus hautes instances judiciaires au monde établissait que la construction, dont le but officiel est de contrer les attentats palestiniens, est contraire au droit international et, en particulier, au droit de la guerre. Elle réclame par conséquent son démantèlement, l’indemnisation de tous les Palestiniens préjudiciés et une pression des autres Etats en faveur du droit. Cinq ans plus tard, les Etats occidentaux semblent supporter le Mur comme un cheval des œillères.

C’est un joyeux anniversaire. Comment ne pas se joindre, avec un soupçon de réserve toutefois, à l’enthousiasme de millions de personnes qui ont souffert durant de longues années derrière le Rideau de fer ? Vingt ans, c’est une génération libre de murs. Les Berlinois n’oublieront pas, malgré tout, ces 3 mètres 60 de béton, cette longue muraille de 155 kilomètres, avec ses miradors, son « check-point Charlie », etc.

La « barrière de séparation » – euphémisme d’usage en Israël – est sans commune mesure avec son tragique prédécesseur. L’hydre décapitée en 1989, ressuscitée à Jérusalem, a plus que quadruplé de volume. Ses nombreuses sections de béton – essentiellement dans les villes – sont parfois hautes de neuf mètres, avec un minimum de six. Les tronçons de grillages électroniques – en zones rurales – sont larges de cinquante à cent-cinquante mètres, puisqu’ils s’accompagnent d’une route de patrouille réservée aux soldats israéliens, d’un fossé, de pyramides de barbelés « lames de rasoirs » (fabriqués en Belgique), etc. Pour construire cet ensemble – 703 kilomètres sont prévus – des centaines de maisons palestiniennes ont déjà été détruites.

Ce ne sont pourtant pas les imposantes mensurations de l’édifice qui sont les plus lourdes de conséquences, mais plutôt son tracé sinueux. Le Mur déploie ses méandres à travers les territoires occupés, comme un serpent étouffe sa proie (voir carte ci-contre). Tout les points vitaux palestiniens sont gravement touchés : économie, soins de santé, enseignement, accès à l’eau…

« J’ai perdu le tiers de ma terre », se désole Nabile Shrime, loin d’être une exception parmi les nombreux agriculteurs de Qalqilya, une ville de plus de 45.000 habitants dont les quatre horizons sont barrés par le Mur. « De plus, le Mur, percé de trous, a été construit de telle façon que l’eau s’écoule depuis Israël vers nos champs et engendre de graves inondations. » Durant l’hiver, une véritable mer noie parfois les plantations. Mais l’eau potable, elle, devient encore plus rare et chère. Dans les districts de Qalqilya, Jénine et Tulkarem, une cinquantaine de puits ont été rendus inaccessibles par la construction.

« S’il vous plaît, arrêtez ce mur de l’apartheid », a tagué un anonyme de Bethléem, côté pile. Côté face, un gigantesque panneau du ministère israélien du tourisme, frappé des mots « La paix soit avec vous », semble lui répondre. Les écrits sur le Mur sont souvent éloquents. Mais, à Bethléem comme en d’autres villes, le Mur reste souvent vierge, exhibant le gris froid du béton. Avec une différence notable côté ouest : le Mur est bien moins proche des maisons et paraît plus petit aux Israéliens, qui surplombent le fossé issu de la construction.

Les enfants de la banlieue de Jérusalem côtoient étroitement le Mur. À Abou Dis, par exemple, le terrain de football s’étend au pied des remparts. Au sprint sur les gravillons, ou gigotant autour de la balle, les gamins semblent ne plus voir le béton. Jusqu’à ce que le ballon vole malencontreusement par-dessus. Dans ce cas, pas d’angoisse, il sera probablement renvoyé par un autre Palestinien... Jérusalem-Est, la partie arabe de la « ville sainte », se trouve effectivement de facto annexée à Israël par le Mur. C’est pourquoi un riverain a peint une échelle symbolique sur toute la hauteur de la fortification. Histoire sans doute de se sentir plus proche de sa famille.

Les enfants de Qalqilya arpentent eux aussi fréquemment, à pied ou à vélo, les nouvelles limites de leur ville, comme un fauve repère indéfiniment les limites de sa cage. Les abords dévastés du Mur constituent un terrain de jeu à nul autre pareil. Lorsque les bambins croisent un étranger dans le centre-ville – chose rare – ils lui proposent d’emblée de lui montrer « al jedar ». Et le prennent par la main. À l’ombre des fortifications, des cultivateurs dépités soignent ce qu’il reste de leurs champs, amputés par les bulldozers israéliens.

Encerclée, étranglée, Qalqilya étouffe. Son économie s’écroule. Son cas est éclairant car représentatif de ce qu’endurent la centaine de villes et villages palestiniens coupés du reste du pays. « Pas moins de 90% de nos ventes ont été perdues », soupire Mohammed Moustafa, devant les sacs de graines de son magasin agricole. « Désormais, chacun se contente de trouver de quoi manger. Impossible de miser sur l’avenir. Cet homme-là a perdu 12.000 m². » « Tout est resté côté ouest », confirme Abdallah Hashim. « J’ai introduit une demande de permis pour traverser le Mur, mais cela m’a été refusé sans raison. » Plus de la moitié des terres agricoles de Qalqilya ont connu pareil sort, de même que 23 puits, alors que l’agriculture est de loin la première source de revenus des habitants.

Pour les rares Qalqilyens qui ont malgré tout un produit agricole à commercialiser, reste à exporter. Les gardes de l’armée de Tsahal (forces israéliennes), à la sortie de la ville, rendent le transport si lent et incertain qu’ils sont de moins en moins nombreux à pouvoir se permettre ce risque économique. Le chômage a atteint 65% de la population – la moyenne est de 45% en Cisjordanie. La municipalité dénombre déjà 6.000 résidents absents, qui ont fui pour des régions moins affectées par l’occupation israélienne. Un tiers d’entre eux sont des pères de familles, partis seuls pour dénicher un boulot et faire vivre leur foyer à distance. Ce phénomène de transfert, observable dans bien d’autres zones proches du Mur, effraie l’Autorité palestinienne, qui y voit le résultat d’un plan d’annexion, plongeant le pays dans la crise et empêchant la création d’un État palestinien.

Sur le chemin de Jérusalem, les détours et les contretemps sont légions. Alors que la « ville trois fois sainte » est au Sud, il faut d’abord rouler plein Nord, afin d’éviter les « doigts » : il s’agit des deux incursions les plus prononcées du Mur en travers du territoire palestinien, qui ont effectivement la forme de doigts sur les cartes. Les « doigts » ont pour but essentiel de protéger les importantes colonies juives de Kedumim et Ariel, mais ont surtout pour conséquence de séparer de nombreux Palestiniens de leur lieu de travail et/ou d’une partie de leur famille. Une fois ces obstacles contournés, le véhicule peut être arrêté à tout moment, soit par un « checkpoint » volant soit par un autre permanent, souvent tenus par de jeunes Israéliens en cours de service militaire. Environ 500 de ces barrages quadrillent la Cisjordanie. Lorsqu’on en croise un sur son chemin, la durée de mise à l’arrêt s’avère imprévisible : il faut quelques minutes à quelques heures avant d’être autorisé à passer ou invité à faire demi-tour.

À hauteur de Beit Amin, le conducteur de taxi s’arrête sans raison apparente. « Ici, j’ai été contraint d’abandonner six hectares de terres sur lesquelles j’espérais cultiver et construire une maison », pointe du doigt Mohammed Abou Hijlih, en face de la colonie de Share Tikva. Les maisons palestiniennes et israéliennes, si l’on excepte la « barrière », y sont à peine séparées de quelques enjambées. À quelques kilomètres de là, la voiture s’arrête à nouveau, devant une porte. « Ici, j’ai vu un médecin obligé de soigner un patient à travers la porte agricole », se souvient Darwish Amer. Il est courant qu’un ou plusieurs villages soient isolés sans hôpital et même sans médecin.

Le paysage défile, aride, parsemé de petits villages arabes. En haut des collines, de temps en temps, des colonies israéliennes surplombent les vallées. Elles sont aisément reconnaissables à leur architecture occidentale et à leur flore verdoyante – Israël a pris le contrôle des ressources en eau. Au bout du chemin, pour passer le portail entre Bethléem et Jérusalem, les Palestiniens avancent leur carte d’identité israélienne, souvent profil bas. La plupart rejoignent leur boulot. Ils savent qu’au moindre faux pas les soldats peuvent leur barrer la route, pour un jour ou à vie. Mêmes scènes entre Jérusalem et Ramallah, dont les liens étroits sont menacés.

« Je ne peux plus voir Jérusalem, ni ma famille qui y habite », explique Mohammad Shahin, 19 ans, de Bethléem. « Je m’estime heureux, quand je pense à mon ami dont la maison a été démolie pour le Mur. À l’école, certains ne peuvent plus venir ». La jeune Hanine Albaz, 21 ans, rêvait d’être journaliste : « Comme mon père est membre d’un groupe politique, je ne passe pas aux check-points et ne peux aller à l’université », regrette-t-elle. Le Mur a brisé, sur sa route, une multitude d’espoirs. Dont, si souvent, des espoirs de paix.

Les commémorations qui accompagnent légitimement les vingt ans de la chute du Mur de Berlin ne peuvent être aveugles. Garder un œil sur le passé doit aider à construire l’avenir et non permettre de tourner le dos au présent.

FICHE TECHNIQUE

Au pied du Mur

Dimensions. Un peu plus de 700 kilomètres, dont plus de 450 sont déjà terminés. Hauteur : de 6 à 9 mètres pour les portions en béton et environ 5 mètres pour les portions en grillages. Les deux formules sont pourvues de caméras, tours de gardes, routes de patrouille, zone « neutre », fossés, pyramides de barbelés… L’ensemble occupe une bande de terre large d’au moins 50 m.

Terrorisme. L’objectif officiel de l’édifice est d’empêcher les attaques-suicides palestiniennes, qui ont surgi, en même temps que de vastes opérations israéliennes de bombardement, au début de la seconde Intifada (entamée en 2000 suite à la « visite » provocante d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des mosquées). La construction a débuté en août 2003 et touchera bientôt à sa fin. Ariel Sharon détenait des plans du Mur dès les années 70. Les attentats se sont fait plus rares depuis le début de l’édification, sans que l’on puisse dire dans quelle mesure cela est dû au Mur ou aux trêves conclues entre les deux camps.

Parcours. L’édifice sinueux s’enfonce souvent, loin de la frontière (la « ligne verte »), à l’intérieur de la Palestine. Par conséquent, 480 km² de terres, soit 8,5% de la Cisjordanie, ont été isolés côté Ouest, entre le mur et la frontière. Il s’y trouve 38 villages et 250.000 Palestiniens environ. Côté Est, 190 km² de territoires cisjordaniens (3,4%) abritent encore près de 250.000 Palestiniens totalement ou partiellement (au moins trois côtés) entourés par les méandres de la construction.

Portes. Une quarantaine de portes sont gardées par des soldats israéliens. Vingt-cinq sont des « portes agricoles », rarement ouvertes et réservées aux propriétaires terriens qui cultivent eux-mêmes leurs terres. Onze portes servent d’entrées vers Israël. Enfin, sept seulement permettent aux Palestiniens de voyager d’une partie à l’autre de leur pays. L’ouverture de toute porte, quand les soldats israéliens sont présents, demeure réservée aux détenteurs des permis adéquats, toujours très difficiles et souvent impossibles à obtenir.

Colonies. Une soixantaine de colonies, soit 400.000 colons, se situent à l’ouest de la « séparation ». Tandis que 60.000 autres colons sont restés côté est.

Droit. Le 9 juillet 2004, la cour internationale de justice a souligné l’obligation pour Israël de démanteler le Mur, en vertu des droits économiques et sociaux comme des droits de la guerre. De même, elle a rappelé les résolutions de l’ONU réclamant la fin de l’occupation et le démantèlement des colonies. Cinq ans plus tard, cet avis reste sans effet et la construction avance imperturbablement, freinée seulement par des contraintes budgétaires.

Source: envoyé par l'auteur

Images:
- Mur de séparation vu depuis la Vieille Ville de Jérusalem. Haut de 8 mètres, il isole Jérusalem de la Cisjordanie. W. Robrecht
- Graffiti in Bethelehem, Pawel Ryszawa


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Friday, November 13, 2009

African Heritage of Central America


By Kent C. Williams


©2001 - Kent C. Williams, Santa Rosa, California


El Salvador:

Afromestizos:

El Salvador is Central America’s smallest republic and the most densely populated country in the region. The 5,900,000 Salvadorenos are one of the most racially mixed populations in the western hemisphere. With 94% of its population considered to be mestizo, El Salvador ranks as having the highest percentage of “multi-racial” population in the Americas. The native American population makes up only 5%, those of European ancestry (mainly Spanish, German and English) are 1% of the population and own and control much of the land and economy. There are also smaller numbers of Palestinians and Chinese living in the larger cities and towns. Many Salvadorans today are unaware of El Salvador’s African heritage and the African contribution made to mestizo culture has often gone unrecognized by Salvadoran scholars.

A typical encyclopedia entry on El Salvador does not usually mention an African presence in the country. During my research I came across one entry that indicated the following regarding the ancestry of the Salvadoran people: “Their ancestors were predominantly Indians - Pipil, or Pokomam Maya, or Lenca - but also have included other strains - colonial African slaves, their Spanish masters, and a sprinkling of more recent immigrants from Europe and the Middle East. Except for a few white families who have remained apart, these ancestral groups have become submerged by a mixing of bloodlines”. This is one of the more clearly written examples of what the population of El Salvador consists of, that is, a blending of several different racial and ethnic strains forming the population group known in Central America as mestizo (“mixtures”).

El Salvador is the only country in Central America that does not have a Garifuna, Miskito or Afro-Antillean population. The other six republics have at least one, or all of these groups living within their borders. El Salvador’s connection with Africa goes back to a much earlier time, to the era of Spanish colonial rule. The latter migrations of African descended peoples settling in the other republics did not include El Salvador, and as a result Salvadorans will tell you that their country is the only one in Central America that does not have a “black population”. This is not all together correct. For over four and a half centuries the population of El Salvador has mixed its blood lines so completely into one multi-racial society that the remote African origins of some of its citizens are unknown even to those that have such a background.

The European settlement of El Salvador began with the founding of the capital city San Salvador by Pedro de Alvarado in 1526. At the time, the native American population of the area was estimated at between 116,000-130,000 persons (some have placed the figure as high as 500,000). By 1551 there were only 400 Spanish colonists living in the country (almost all males) and the indigenous population had been reduced as a result of the encomienda, disease and miscegenation to around 50,000-80,000. A plague in 1578 reduced still further the native population, so that by the end of the 16th century there were perhaps no more then 10,000 persons of unmixed native American ancestry living in the country. The almost complete destruction of the Pipil and Lenca civilizations had taken place within a period of only 75 years.

Early in the life of the colony cacao, sugar and indigo plantations, as well as mining operations, created a strong demand for imported slave labor (coffee did not become important in El Salvador until the 19th century).

The declining native American population might also have influenced a Royal Ordinance issued in 1541 that gave the Spanish land owners and miners permission to import African slaves into El Salvador. The following year, a Royal Ordinance known as the New Laws ended the forced laboring of native Americans in the Spanish colonies. The New Laws did not officially come into effect in El Salvador until 1548 when the president of the “Jurisdiction of Los Confines” (which included El Salvador) freed all native slaves in the country and recommended that more Africans be brought to El Salvador to take the place of those who had been freed. Over the next seventy-five years upwards of 10,000 Africans were brought to work on the haciendas and in the mines of El Salvador. Many died without leaving descendants, others however left their ethnic and cultural imprint upon the ethnically mixed population.

During the 1540’s and 50’s most slaves in El Salvador were used in local mining operations. Latter, from the 1570’s through the middle of the 18th century indigo (a blue dye) became an important export and both Africans and natives were used as laborers on plantations. It proved rather expensive to import slaves into El Salvador to harvest indigo during its short two-month season and this reduced large numbers of slaves from ever being brought into the country. Despite this, in several towns and cities Africans made up an important part of the population during the colonial era.

In 1635 the town of San Vicente was established by Spanish colonists and became an important center for the indigo trade. African slaves were brought here to work on nearby plantations. Several other towns also had African communities: Zacatecoluca (south of San Salvador), Chinameca (west of San Miguel), and Ahuachapan and Sonsonate (both west of San Salvador) all had sizable African populations at one time. The gold mines in the area around San Miguel were worked by Africans during the 1540’s and ‘50s, Santa Ana and the capital San Salvador also had its slave, “free” and “mulatto” communities. Slaves were introduced throughout the country to do the labor of a declining and “protected” native population.

With the mixing of Spanish, African and native there arose free “mulatto” and “zambo” communities in a number of towns. Zambos are persons of mixed native American and African ancestry. Some slaves attempted to gain their freedom by marrying into the native population. Laws were passed by the Spanish to prevent such Afro-Amerindian unions, but the mixing of the two groups could not be prevented. Slaves continued to marry natives with the idea that they might gain freedom, if not for themselves, then for their racially mixed offspring. The children of such unions were free under Spanish law.

In Richard Price’s book Maroon Societies (1979) he documents that among Africans and natives during the colonial period “Indian women would rather marry Negroes than Indians; and neither more or less, Negroes prefer to marry Indian women rather than Negresses, so that their children will be born free”. Price quoted this from a history by H. H. Bancroft published in 1877 refering to colonial Mexico. El Salvador’s African population lived under similar circumstances, and the mixing of African men with native women was common during colonial times.

In 1625 a planned slave rebellion in San Salvador was narrowly averted. As a result, Spanish colonial authorities became more reluctant to import any more slaves into the country then absolutely necessary. Throughout all of Central America there were growing free mestizo and mulatto populations. Together with cheap native labor, fewer slaves were brought to El Salvador and Central America after 1625 then during the previous century. A process of the mixing together in El Salvador of “mulatto”, “zambo” and “mestizo” resulted in a population that was 31% of mixed ancestry by 1779. The census that year recorded “mulattos” and “mestizos” (together) as persons of mixed racial ancestry. This census reported 25,000 “mulattos and mestizos” living in the San Salvador area in that year.

During the first 150 years the Spanish colonies in Central America saw few European women immigrate. Alister White in El Salvador (1973) writes “The first Spanish ladies do not appear to have arrived in El Salvador until Pedro de Alvarado brought twenty in 1539 to Guatemala, virtually selling them to the colonists”. African men also took native women as their wives, resulting in the creation of the zambo population group. Mullatos, mestizos and zambos eventually came to mix with each other creating the so called mestizo population of today. At the end of the colonial era the mixing of the various races in the country was well on its way in creating a population that no longer had strong ethnic identities as native, African or European.

At the time of independence (1821), the population of El Salvador was over 50% of mixed racial ancestry. Today the figure is over 90%. There are really only various “shades of brown” in the country with few extremes in color variation. American humorist P. J. O’Rouke once described the Salvadorans as being “mestizo lite” perhaps because they tend to be less “Indian looking” then many Mexicans or Guatemalans.

After the establishment of the “United Provinces of Central America” (1823-1838) three Salvadorans Jose S. Canas, Manuel J. Arce and Fr. Jose M. Delgado became instrumental in the abolition of slavery in Central America. In April of 1823 the National Assembly of the Federation met in Guatemala City to write a constitution for the new Republic. On December 31, 1823 Jose Canas, a deputy in the constituent assembly, introduced a measure providing for the abolition of slavery in Central America. The measure passed and Fr. Delgado wrote into the constitution that slavery would be abolished throughout the new Federation. The constitution was adopted in November of 1824 and in March the following year the first president of the Federation Manuel Arce proclaimed an official end to slavery in Central America. The Federation was the first nation in the “New World” (after Haiti) to abolish slavery. This was as a direct result of the efforts of three of El Salvador’s most important 19th century statesmen.

British settlers in neighboring Belize thought that the act of abolition was directed deliberately at them in order to encourage their slaves to escape and hurt the economic interests of the British in Belize! A number of slaves did in fact flee across the borders into Guatemala and Honduras. At the time of the abolition there were around 1,000 still Africans being held in bondage in the five provinces. Many belonged to the Franciscan Order. Most Afro-Central Americans living in the Federation at the time of the abolition had either obtained their freedom, or were the racially mixed descendants of the rising mestizo majority.

During my research several Salvadorans I spoke with mentioned that for many years the constitution of El Salvador prohibited the immigration and settlement of black people in the country. The small, mainly European descended oligarchy, apparently wanted to discourage the kind of immigration from the Caribbean that the other Central American republics experienced during the late 19th and early 20th centuries. Other anti-black immigration laws were also enacted in Costa Rica, Guatemala and Panama mainly against English speaking Afro-Antilleans.

In the area of folk and popular music, the influences of Africa on El Salvador become very apparent. The national folk instrument, the marimba, has its origins in Africa and was brought to Guatemala and the rest of Central America by African slaves during colonial times. The melodies played on it show native American, African and European influences in both form and style. Salvadoran popular music, as well as its social dances, show strong connections to the rhythms of western and central Africa. The most popular social dances in El Salvador are those that have been adopted from the Afro-Caribbean rhythms and dances. The Cumbia came from Colombia, the Rumba-Bolero from Cuba and the Merengue from the Dominican Republic. No Salvadoran social event is complete without the playing of these Afro-Caribbean dances. They are so completely integrated into Salvadoran life that they are today the most typical expressions of the popular musical traditions of the country. In their Salvadoran form they take on a style that is similar, yet different, from that which they originated.

The African element in the Salvadoran population, like that of the European, is of less importance then the role played by the native American element in the overall ancestry of the population. But it is in the combination of all three that Salvadorans and their culture become an example of a “multi-racial” society. Latin-American historian Hubert Herring wrote in his History of Latin America (1969) “ In the nations of Latin America the white man, the red man, and the black man have met and merged with one another to form a new kind of people: Jose Vasconcelos called it the raza cosmica - the cosmic race.” Perhaps in no other Latin American nation did the “merging” of these three racial groups become so complete. The Salvadoran’s identity today is not based on his ethnic or racial origins - he is first and always a Salvadoreno.
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Thursday, November 12, 2009

Identité nationale: les 60 commandements de la francitude


A l'occasion du débat sur l'identité nationale, Malakine s'est lancé dans une énumération à la Kipling — «Tu es français si». Drôle, ironique, affectueux, toujours bien vu. A vous de compléter…



(Photo Lautergold-flickr-cc)

Dans le cadre du grand débat sur l’identité nationale française, deux thèmes dominent, l’immigration et les valeurs républicaines. Certes, c’est le coeur du sujet. Mais tout ne se résume pas au droit de la nationalité ou au rappel des principes posés lors de la révolution française. L’identité nationale est aussi culturelle. C’est un ensemble de valeurs, d’habitudes de pensées, de comportements, de traditions, de travers aussi… qui distinguent la France des autres nations.


J’ai eu envie de rassembler ces caractéristiques dans une énumération un peu ironique et humoristique de ce qui m’a toujours étonné ou agacé dans la culture de notre vieux pays. Ces idées sont venues en vrac lors d’une insomnie déclenchée par cette idée curieuse de tenter de répondre de toutes les manières possibles à la question «Tu es français si ...»


Le résultat est évidemment décousu, subjectif et discutable, mais peut-être que vos commentaires permettront d’affiner et de compléter ce début de portrait critique mais j'espère quand même affectueux du peuple français.


Tu es Français si …

Si tu n’as jamais vraiment aimé l’entreprise privée, le profit, la concurrence et le capitalisme.

Si tu as du mal à accepter que les étrangers aient une autre mentalité, une autre langue et une autre religion que la tienne.

Si tu considères que toute foi religieuse ou spirituelle est la preuve d’une arriération mentale ou d’un endoctrinement

Si tu penses que tu paies trop d’impôts et que les gens dans ta situation ne sont pas suffisamment aidés par l’Etat

Si tu penses que l’Etat fabrique lui-même son argent et qu’il n’a qu’à « débloquer » des crédits pour satisfaire les demandes.

Si tu es en attente de l’homme providentiel, mais que tu as envie de le guillotiner dès que celui-ci est élu

Si tu es capable de voter pour un candidat en espérant qu’il ne soit pas élu

Si tu penses que la France est le seul vrai phare de la civilisation, le modèle américain n’étant qu’une imposture véhiculant une version dégénérée de nos valeurs

Si tu penses qu’on est gouverné par des incapables ou que tu ferais mieux que le sélectionneur de l’équipe de France de foot.

Si tu es un expert en analyse politique mais nul en économie,

Si tu penses qu’une politique qui a échoué doit être poursuivie si les principes qui la justifiaient sont bons

Si pour toi il n’y a pas d’issue en dehors du couple franco-allemand mais si ta connaissance de l'Allemagne se résume à Angela Merkel, Mickael Schumacher et Derrick

Si tu penses que le capital public d’une entreprise en situation de concurrence suffit à en faire un service public et à ce titre doit être sacralisé.

Si tu penses que les grèves, les pétitions, et les non aux référendums font considérablement avancer les causes que tu défends.

Si tu as besoin à intervalle régulier de rejouer une révolution

Si tu penses que l’Europe doit être une France en grand qui a vocation à changer le monde.

Si tu adores les polémiques qui réveillent des clivages idéologiques ou sociaux, y compris lorsqu’elles n’ont aucune portée et sont purement discursives.

Si tu es nostalgique du communisme, même si tu ne l’a pas connu

Si tu recherches tes modèles à l’étranger, surtout si tu fais partie de l’élite la plus éduquée

Si tu penses que le sol de France a la propriété magique de transformer en français tous ceux qui y naissent.

Si tu penses que l’édiction d’une loi suffit à transformer le réel et peut résoudre tous les problèmes

Si tu pense qu’il est absolument nécessaire d’aller consulter un médecin au moindre petit bobo ou la moindre petite fièvre et qu’il est tout aussi impératif que ça ne te coûte pas un centime.

Si tu te demandes comment on faisait avant, sans les RTT

Si tu souffres tellement de carences éducatives et affectives, que tu ressens le besoin de faire des enfants pour t’aider à mûrir et être enfin aimé de manière inconditionnelle

Si tu dénonces sans cesse les services à deux vitesses tout en recherchant systématiquement le meilleur pour toi-même et les tiens.

Si tu penses qu’il n’y a pas de maux et de souffrances pour lesquels il n’existe pas de remède prescrit sur ordonnance

Si pour toi la retraite c'est des grandes vacances bien méritées qu'on doit préparer et prendre le plus tôt possible pour en profiter au maximum

Si tu penses qu’il n’y a que deux régions en France, Paris et « la province »

Si tu penses qu’une ville à taille humaine où il fait bon vivre est une ville qui s’endort à 19h le soir comme si on avait décrété le couvre feu.

Si tu trouves beaucoup de cachet aux centres-ville anciens, mais que tu trouves parfaitement normal que l’urbanisation ne se fasse plus qu’avec des lotissements ou des cités résidentielles, des centres commerciaux et des zones d’activités.

Si tu penses que ton maire est un bon maire parce que tu aimes ta ville

Si ton rêve est de « faire construire ta maison » dans un lotissement au milieu des champs, loin de tout, en particulier de ton travail, où tu ne verras ni n'entendras jamais tes voisins

Si tu aimes dénigrer la ville voisine ou les habitants du département voisin, surtout si celui-ci est encore plus rural que le tien,

Si tu arrives à entendre que l'accent des habitants des régions limitrophes n’est pas tout à fait le même que le tien

Si tu ne parles qu’une seule langue, la tienne

Si tu pratiques la police du vocabulaire en bannissant de la langue tous les mots qui pourraient choquer les personnes concernées ou faire un écho lointain aux périodes les plus sombres de notre histoire

Si tu penses que la France a gagné les deux dernières guerres mondiales et que son pire crime a été de posséder un empire colonial, faute qu’elle n’a pas encore expiée.

Si tu appliques le principe d’égalité aussi entre parents et enfants, maître et élèves, homme et femme, étrangers et français, entre les villes et villages.

Si tu éprouves une passion particulière pour la symétrie, les plans équilibrés et les belles constructions intellectuelles

Si tu es fier de ton pays même si tu regrettes de ne pas avoir beaucoup de motifs de l'être

Si tu passes ton temps à te critiquer et à t'attribuer tous les défauts, mais qu’au fond tu te trouves absolument génial et unique.

Si tu trouves qu’une femme qui a tout conservé y compris ses lunettes, sauf son soutif taille 85A jeté négligemment sur la lampe de chevet est irrésistiblement sexy, simplement parce qu’elle braille depuis sa chambre « tu viens ? je suis prête !!»

Si tu penses que les français sont les meilleurs amants d’entre tous, même si tu considères que toute expression d’un désir est une agression pour celui qui en est l’objet.

Si tu penses que la France est la patrie du romantisme et Paris la capitale des amoureux

Si ta première attente dans un couple est d’obtenir de l’autre la promesse qu’il ne te fera jamais souffrir

Si tu considères que regarder quelqu’un d’autre que ton conjoint est déjà une infidélité et que les scènes de jalousie sont de remarquables preuves d’amour.

Si tu penses qu’un homme doit exprimer sa part de féminité et la femme sa virilité, jusqu’à rendre les genres parfaitement indifférenciés et interchangeables.

Si la couleur dominante de ta garde robe est le noir et si tu penses que la principale qualité d’un vêtement est de ne pas se faire remarquer

Si tu as appris depuis tout petit à craindre la police parce qu'elle voit en chaque citoyen un criminel en puissance

Si tu as besoin de la peur du gendarme et de radars automatiques au bord des routes pour respecter les règles

Si tu penses qu’il y a nécessairement un criminel derrière chaque drame et qu’on ne peut mourir que guéri ou vengé.

Si la fête pour toi consiste en des repas marathons où l’on bouffe quantités de plats accompagnés de quantités de vins, sans jamais chanter, danser ou même être saoul.

Si tu vis avec un chien, un chat ou n’importe quel animal que tu considères comme un membre à part entière de la famille

Si tu prépares vos vacances d'été dès le mois de Janvier, de préférence en France ou dans un pays francophone

Si tu dis mécaniquement bonjour, bon appétit et bonsoir à toutes les personnes que tu croises, même plusieurs fois par jour et même quand tu ne connais pas leur nom.

Si tu éprouves un besoin irrépressible de toucher ou d’embrasser tes collègues de bureau pour leur dire bonjour

Si tu trouves normal qu'on déclenche le plan grand froid dès que la température descend en dessous de +5 et le plan canicule au dessus de 30

Si tu es capable de faire une heure de queue le dimanche matin à la boulangerie pour acheter un gâteau commandé pour le repas de midi

Vous m'aidez à continuer ?



Mercredi 11 Novembre 2009
Malakine - Blogueur associé

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